OBSERVATIONS
Si l'Académie s'était prononcée sur tous les mots de ce genre, il sufGrait d'en dresser le tableau, et l'on aurait du moins une soluUon positive de chaque difficulté. Mais loin de là, l'Académie garde le silence dans un très grand nombre de cas, et souvent encore, en constatant l'usage, elle admet pour certains mots l'orthographe française, et la rejette pour d'aulres dans des conditions tout à fait semblables. Ainsi Von ne peut guère déduire de ses décisions une règle générale qui serve de point de départ pour le raisonnement et l'analogie. Nous trouvons dans la Grammaire Nationale un essai remarquable sur la difficulté qui nous occupe; mais 11 est rédigé dans un esprit de système qui ne tient compte ni de l'usage ni des exceptions motivées. Nous allons à notre tour essayer de rassembler la plupart des mots qui peuvent faire question, et, sans nous écarter de l'Académie, dont nous reeonnaissoDS Tautorité, nous tAcherons de poser quelques règles, et d'indiquer les ivetifleattoDS que U logique nous semble réclamer encore.
IM
DU MOmftB DBS SUBSTANTIFS, oa d'iUM physionomie étrugèro, ^ paraiifttt a'aTdr point
d'emploi ooploriol.
Agio.
EnOurgo.
iBeogttilo,
Primo.
Brouillamini.
Ergo-gla,
Iota (pas un).
Prorata.
Catimini.
Far niente.
Laudanum.
Quantum.
Choiera^
Forum»
Loto.
Quia (à),
Critérium.
Franco,
Maximum.
Recta.
DIetamen.
Gaster.
Mediam,
Beetom^
Dictam,
Haro,
Minimum.
Bhmii.
Dito.
Hoonrari,
PaUadlum.
lacet.
Si queiqoea-UDs de ces molf éuient insoeptiblei de praodre le pluriel, on nm tout A l'heure les règles qu'ils doTraient sulfre.
II. Ne prennent pas la marque du ploriel, tous les mots des langnei qui sont one sorte de citation, de réclame pour indiquer les prières de TÉgUse.
Alléluia.
Conflteor.
Amen.
Credo.
Angélus.
Gloria.
Ave.
Kyrie,
Benedicite,
Lavabo,
Ubera.
Magniacat.
Miserere,
Oremus.
Pater.
PeccaTl, Requiem, Stahat. TeDeom.
Et les termes analogues de philoiopliie^ de palais, ele.
Argumentabor, Eiequatur. Qoanquam, Veto,
Ergo. Pareatis. Retentum. Vidimus, etc.
III. Suivent la même règle, toutes les locutions composées de deux ou plosleon mots étrangers.
Ab intestat, De ooromodo. In-octaro ( et par
Ab irato. De visu. suite ^ In - douie
Ab ovo. Ecce homo. in-dix-hnit.etc.).
Ad libitum. Et cetera. In pace.
Ad rem. Ex abrupto. In petto,
A latere. Ex professo. In-quarto.
Aqoa-tinta. Ex Toto. In reatu.
Assa fœlida. Fac-simile. Ipso facto.
Auto-da-ré. In-folio. Mezzo termine.
Bella dona, In giobo. Nec plus ultra.
Il en serait de même des locutions ad honores, ad patres, in extremis, in nu^ nus, in naturalibus, in partihus, etc.
Cependant quelques-uns voudraient, à cause de Tétymologie. et parce que la langue espagnole admet le s au pluriel, qu'on écrivit des autos-da-fi; mais l'Académie se prononce pour des ouio^a-fi; il faudra donc écrire également des san-4tenito sans «, et cela parce qu'il y a deux mots ; car nous verrons plus loin que les mots isolés, tirés de la même langue, aviso, hidalgo, prennent la marque du ploriel. Nous trouverons la même différence entre in-folio et folios.
L'Académie admet forte-piano, piano^ forte, et par abréviation piano, pourdé^
Nota bene {et piiT extension nota), Palma ChrisU.
Post-scriplnm, Sine quA non, Sperma ceti.
Statu qoo, Vade-mecum, Veni-mecum, Vice versA.
DU NOXBftB DU SUBSTARTIFB. 159
MgMriin loMnuBoit éb miukioe ; miii elle n'indique pu le phirM, et pourtant il est d'un emploi continuel. Notre avis aérait d'appliquer eneore ici la même règle : de» forU-piano} les deux mots resteraient italiens ; comme aussi de» opéra buffa, de» opéra $eria ; et nous écririons en lirançais de» piano», comme on écrit de» opéra», lY. Mais quand les mots réunis et confondus n'en font plus qu'un seul passé i rétat de simi^e substantif dans notre langue, Il nous semble alors Indispensable de soumettre ce mot aux règles de la grammaire française. Ainsi, lorsque des mots à Vonumr on a fait un substantif, on a dû écrire le» alentour» : or, l'Académie donne en un seul mot :
Alinéa, au lieu de a^Hnea.
Aparté, *- a-parte.
Factotum, — fae-totmn.
impromptu, — in-promptu.
Quiproquo, — quir^pro^qw).
Et pourtant eUe veut qu'on écrlye, au plariel, alinia, aparté, quiproquo sans »; elle tolère impromptu», et elle exige factotum». Nous croyons fermement qu'on peut en appeler ici de la décision de TAcadémie A l'Académie elle-même, et que si l'on doit écrire factotum», la logique demande au pluriel lel autres mots dcTenos toul aussi fktmçals : alinéa», aparté», impromptu», quiproquo»,
Obserroiis que le mot impromptu a deux sens, et qu'il reste invariable quand 11 fait rotfice d'adrerbe (et non pas d'adjeclif, ce nous semble, comme le dit l'Aeadémie) ; de» ver» impromptu, une fête impromptu. Hais noas écrirons avec Boileaa (jirt poétique. II, A la On) :
fl met tons les malins six imfiroMp/tif an net
y. Ce qui confirme encore notre opinion, c'est que si le mot pott-eeriptum, d'après l'Académie elle-même, est invariable, ce doit être uniquement parce que les deux parties n'en sont pu réunies comme faetoium, Bn eOet, tous les mois d'oiSgine latine terminés en tim, quoique ayant conservé leur forme primitive sans aucune altération, prennent on plariel. L'Académie ne signale pas d'exceplion, et elle admet positivement ceux que nous désignons en lettres italiques ; en écrira donc au pluriel :
Albums, Faetum», Palllams,
Gompendiums, Géraniums, Peneum»,
Factotum», Muséums, Ultimatums.
H en serait de même pour critérium, dietum, médium, palladium, etc., si par hasard II se trouvait un cas où l'on dût indiquer le pluriel.
Noua UTona encore emprunté du latin quelques mots terminés par m. Ainsi, quidam fait de» quidam». Néanmoins, il aemble que tous les adverbes latins doivent rosier invariables en français : t'Mdam, Msm, item, intérim. On écrira donc de» intérim. Ici l'Académie nous laisse sans guide, eHese Ult; mais d'après sa décision, alibi, quaei ne prennent pas la marque du pluriel ; et ces mots rentrent dans la règle de ceux qui ne sont subslanUfs qu'accidentelleroent (yoy. p. 154).
VI. Noos venons de voir des noms, tout latins, devenir français par l'usage : t se fait^ll que d'autres noms analogues et tout austi usités ne le soient pas
UereDiu? Ponnivoi faaUl écrire, d'aprèi la dédiion de r Académie, d99 dvpticaia^ dêt trrata? SI l'on se reporte aa latin dans ce dernier cas, poarqooi ne l'avoir pas faîi dans le premier? Certes, il n'est pas plus barbare d'ajouter unj à duplicata qu'à faciumi et si l'on prétend que duplicata est déjà un pluriel, pourquoi permetlre qa*on dise avec le singulier un duplicata. Il y a plus ; l'Académie, qui note ks autres eiceptions, se tait sur le pluriel d^açenda, comme sur celui de tiàia ; alors il faut suivre la Grammaire et dire des agenda», comme des tibias. Or, il y a contradiction flagrante entre agendai et duplicatat qui sont également en latin des participes au pluriel neutre. Il nous parait donc très logique de prétendre qu'oi devrait écrire des erratas, des duplicatas ; mais l'usage et Taulorilé sont encon contre cette opinion ; il faut se soumettre, en attendant.
Néanmoinsi la règle générale est que les mots d'origine étrangère, terminés en a, prennent s au pluriel.
Ceux que nous marquons en Italique sont donnés formellement par l'Académie: et comme elle n'indique pas d'exception pour les autres, elle les admet impllci' tement.
Acacias,
Falbalas,
Panoramas,
Sophas,
Agendas,
Harmonicas,
Paras,
Tibias,
Boas,
Hortensias,
Parias,
Trimas^
Gamarflias,
Hourras,
Peccatas,
Villas.
Gochlearias,
Opéras,
RaU6as,
DahUas,
Pachas,
Rémoras,
L'orthographe da pluriel panoramas indique celle des dioramoi, gêoramas, néoramaSf etc.
Il reste pour l'exception, d'après l'Académie, des ana, des brouhaha, des duplicata, des errata. Quant au mot visa, l'emploi du singulier est seul Indiqué. Il est probable que l'Académie n'admettrait pat le # an pluriel;
Vit. Les mots en i reçoivent la marque du pluriel, excepté quand Ils sont purement italiens. L'on écrira donc avec un s des alcalis, amphigouris, bengalis, cadis, charivaris, colibris, jurys, osmanlis,parolis, sofis {ou, sophis), tilburys, orys, wiskis} et sans s, des coneetti^ dilettanti, fantocHni, la%%i, quintetti, xani.
Nous avons expliqué A la fin du $ V pourquoi l'on écrit des alibi, des ^uoiîcoDtrats, ftiofi-délits, etc.
VIII. L'Académie indique le signe du pluriel pour certains mots d'origine élrangère terminés en o ; mais elle se tait pour le plus grand nombre, et les Grammairiens sont en désaccord complet. Nous alloni donc procéder par induction et par analogie. SI l'Académie met au pluriel altos, imbroglios, dominos, ne fant-U pas suivre la même règle pour cone«r<of, oratorios, sopranos, pianos? S\ l'on écrit mttigos, on devra écrire des lumbagos, viragos ; et folios amènera rectos, versos. Quant & memênio et lavabo, ils viennent d'un verbe latin ; mais p/acets, réeipés, récépissés, tirés également d'un verbe latin, peuvent très bien motiver le signe dy
DU IfOVBRE DES SUBSTANTIFS.
plariel. Nom écrirons donc par indadiOD^ d'après rAcadémIe, dont les exemples «ml marqués en lettres iiaUqaes, des
AUoê^
Echos,
Lambagos,
Sopranos,
Avisos,
Fabagos,
Mémentos,
Trios,
Boléros,
Fandaogosy
Numéros,
ysrtigos.
Bravos,
Folios,
Pianos,
Versos,
Coeoêj
Imbroglios,
Populoi,
Viragos.
Caeaos,
Indigos,
Oratoriosi
Zéros.
ConecrtoSi
HakM,
Rectos,
DominoSy
Hidalgos,
Schakos
Duos,
LaTabos,
Silos,
La seule exeeption marquée par l'Académie est pour solo ; elle écrit : plusieurs solo. Mais pour quelle raison P Sans doute parce que ce mot réveille l'idée d'une seule chose, d'un singulior. Cependant, dès que cette expression peut désigner plusieurs choses ensemble, ne doit-elle pas prendre le pluriel, comme en français uns, seuls? II y a Inconséquence, ce nous semble, à ne pas écrire des solos. Mais on doit dire des caractères cicéro, parce que c'est une sorte de nom propre. Le mot quinteilo, par exception, fait au pluriel quintetU.
IX. Les termes Italiens employés dans la musique pour en indiquer la marche, le um, les nuances, dolf eut rester invariables : les crescendo, les dolce, les largo, les piano^ltspisMicato, etc. Mais quand ils deviennent substantifs pour désigner ceruines parties d'une œuvre, quelle règle devront-ils suivre? L'Académie n'en dit rien. Nous pensons que la signification étant toujours la même. Us seront également invariables : plwieurs allegro, pliuieurs adagio, etc. L'Académie reconnaît qu'on peut dire andante avec un e muet ; ce mot alors devient tout français, et l'on écrira les andanies, comme les finales,
X. Enfin, un certain nombre de mots qui ne sont pas compris dans les catégories précédentes suivent des règles particulières. Void l'orthographe de l'Académie ; mais souvent elle n'indique que le singulier :
Des aeesssit (elle tolère aecessUs),
bécharuif
cancers (il faut sans doute écrire de
même des fratsrs, des magistère), Le débet (s'il a un pluriel, il doit être
comme placets).
Plusieurs déficit, Utêeaeatf Des fémurs.
Un hurluberlu (le plariel sans doute
comme hécharus).
Des placets.
Des quatuor,
quolibets,
récépissés,
ténors,
Mébus,
zigzags.
Où admet la marque du pluriel pour tous les moto anglais reçus par P Académie : des biftecks, bills, budgets, whigs, exoepCé pour sterling, qui reste invariable.
An reste, dans l'écriture comme dans l'Impression, il est convenable de marquer en sooHgnanly ou par des lettres Italiques, tons les termes qui font exception A la I el à la langue. Aog. Limaibi.
162 ou lf<«lR£ BBS SUBSTANTIFS.
Substantifs qu% n'ont pas de singulier.
Voici les principaux : accordaîlles, acquêts (190), affres, aguets, alentours, ancêtres (191), annales, appas (192), armoiries, arrérages, assistants (192 bis), assises (193), atours (194), besicles, bestiaux,
(190] Acquêts. Ce mot, daiu la lignification d'an Immeable acqula à Ulre onéreux on lacraUf par une personne avant le mariage , ne se dit qu'au pluriel et en terme de droit ; mais on l'emploie au singulier^ en parlant d'une chose acquise ou d'un bien acquis par donation ou autrement : « Il a fait un bel aeqtiêL — n n'y « a si bel acquit que le don.»
(191) Ancstrks. Ce mot, dit Th. Corneille, n'a point de singulier; il ne faut pu dire : tin tel est mon ancâtbb, mais un tel est un de mes ANcâTRis. Ronsard et Malherbe avaient dit mon ancêtre, leur ancêtre ; Ménage les condamne ; Trévoui, Férand approuvent cette décision, et, dans les exemples donnés par TAcadémle, ce mot n'est employé qu'au pluriel. Quelque imposantes que soient ces autorités, noos pensons cependant qu'on ne saurait blAmer ce mot sur M"**, qui avait un air si antique, qu'il ressemblait à un ancêtre.
Voy. aux Rem. ditach. le mot>ii1ett/.
(192) Appas (les charmes de la beauté) : La timide pudeur relôTe les appas.
Marivaux a dit au singulier : « L'appas que l'or a pour ceux qui le possèdent. » C'est une faate, car le mot appas employé soit au propre, soit au figuré, ne se dit Jamais qu'au pluriel.
J.-B. Rousseau en a fait une d'un genre différent; il a dit dans sa 6* cantate :
Tous let Moanu savent feindre ; Nymphes, craignei leors appa».
Il n'est point ici question de la beauté des am^pts, mais de leurs moyens de sédoc- Uon : ainsi appd<s était le mot propre.
Boilean s'est encore plus écarté de la véritable acception du mot appas, lonqoe dans sa 6« épttre, il dit i aux appas d*un hameçon perfide, car ici point d*éqaivoqne ; il n'y a ni charmes, ni beauté dans un hameçon, U n'y a que des moyens de séducUon, des choses qui attirent, et cela s'appelle appd^; il se dit au singulier comme au pluriel, au propre comme au figuré.
—Aussi les meilleures éditions de Boileau portent d Vappdt. Il est probable que l'auteur a reconnu la faute et l'a corrigée.
(192 bis) AssisTAHTs. On dit un des assistante^ et non pas un assistant
(198) Asaisi. Ce mot se dit, au singulier et au pluriel, d'un rang de pierres de taiUe de même hauteur que l'on pose horiaontalement pour construire une muraille; mais assises, signifiant les séances extraordinaires que Uennent des magistrats dans divers départements de la France pour rendre la Justice, ne se dit qu'au pluriel.
(194) Atoubs. Féraud fait observer que ce mot, qui se dit toujours au pluriel, en parlant de la parure des femmes, s'emploie au singulier avec le mot dams : Ut
DU IfOHBllS DIS ftOBSTAmiFS. 163
bornes (105) , bronssailles (106), broutilles, cataoombos, eharmoB (aUraHSy appas), ciseaui (107), confins, décombres, dépens, doléances, entonrs, entraves (108), entrailles, épousailles, fiançailles,
dames d'ÂTOV^de la reine. En effet, tous les leiicographei et rActdémie sont de cet «ris.
( 1 9b) BoBN 18. Ce D'est que lorsque ce mot se dit de ce qui sert & séparer on état, an pays, une contrée, d'un autre état, d'un antre pays, d'une autre contrée; ou bien encore lorsqu*ll est employé figurément, et qu'il signifie les limites d'une chose, qu'Un'a pas de singulier : c L'Espagne a pour bornes les deux mers et les Pyrénées. — La France a pour bornes la mer, le Rhin, les Alpes, les Pyrénées. » • n n'y a qw la religiOD qui nous puisse consoler des bornes étroites de la Tie.t
(Nicole). « Aujourd'hui le luxe et la vanité n'ont plus de bornes, • (Fléchier.)
<f Les vertus ont leurs bomet^ et ne vont point dans l'excès. » (D'Ablancourt.) « Le désordre et les fantaisies n'ont point de bornes, et font plus de pauvres que • les vrais besoins. • (J.-J. Rousseau.)
« Son ambition n'a point de bornes, est sans bornes, ne connaît point de bomes.v
(L'Académie.) « La franchise a ses bornes, au delà desquelles elle devient bêtise, étourderle. u
(Oienstiern.) Quelques écrivains estimés ont cependant, dans le sens figuré , fait usage de ce mot aaitnguUer; par exemple, Corneille a dit (dans Oinna, acte II, se. 1) : Cette grandeur sans borne et cet UlasU-e rang. Racine (dans Esther, acte H, se. 9) :
Son orgueil est sans borne aioii que sa richesse. El Boitottt (dana sa 10< SaUre) :
jMma set prétentions une femme est sans berne, Mali n fant attribuer cet emploi à la gêne de la mesure ou de la rime.
(196) BaoussAiLLis. Harmontel a dit : « Les sots sont la broussaille du genre I humain. > Cette expression employée au singulier et dans un sens figuré est bien hardie, mais elle n'étonne pas dans un écrivain qui regrettait tant de mots que 'usage actuel a proscrits de la langue française.
(V. les Rem, dit, pour l'emploi du mot charme au singulier et au pluriel).
(197) OsxAU se dit quelquefois au singulier : « On n'a pas encore mis le ciseau « djM celte étoffe. — Le chirurgien a donné trois coupa de oiseau dans celte plaie.* ~0n dit aoaal poétiquement, le ciseau de la Parque.
(La Diet, de l* Académie, et les autres Dictionn,) (193) Dans le sens propre et littéral, BRTRÀVKs ne se dit qu'an pluriel; mais, dans te sens figmé el métaphorique, il se dit au singulier et au pluriel : « La Jeunesse est natarenenem emportée^ elle a besoin de quelque entra\)e qui la retienne. »
{Le Dioi, del'AcadimU.)
164 01) MOMBBE DBS flUBSTAHTlFS.
tontA, frais (199)) AméraîUeSy bardes^ immondiees (199 ln$) , insUiioes (200) , jours (le temps pendarU lequel an tU) , limites (201) » mÈtne8(202)ymatériaux9 matines^ méoontodtfl (203), mœurs, mouchettes, nationaux (204) , nippes, nones(205) , obsèques, pincettes (206),
(199) FfeA». Dans le leas de dépemee, oviMoee, dépens, ce mot n'a Jamabdi
Faiiouf TanuMir, faifoni la guerre.
Ces deux méUera lODt pletes d'attnitii
La guerre an luoode eti ud peu chère,
L'amour eo rembourM let fralt. (Boufflen , le Bon »U.)
Moi Je tieni qu'id-bai , tans faire taot d'apprèia, La tertuie eonlenieel Tii A peu de /WHt. (Boilean, tpllfe ▼.)
Âa contraire^ dans le sens de fraSeheur, qui temph'ê la grande ehaleur, 11 n'a Jamais de pluriel : « Le frais est dangereux aux gens sujets aux fluxions. » • A peiae à la fareur du /Wii« et du f ileace, SoufllraiMl du sommeil la douée Tioleuce. (Perrault.)
(1 99 bis) IMM ONDici se dit an singulier en terme d'écriture sainte i inmondiee Mgale. Impureté légale dans laquelle les Juib tombaient lorsqu'il leur était airiTé de toucher quelque chose d'immonde.
(200) Instahcxs. Ce mot, dans le sens ûe sollicitation pressante tiriitérés, oe s'emploie point au singulier. Tel est l'avis de Féraud. de Gattel et de Bolste; et l'auteur du Dict. nioL condamne un poCte qui a dit :
Tbétis i ses genoux redouble sou instance.
Il a érité, fait-il obser? er , nne fausse rime aux dépens de l'exactitude. L'Académie dit, il est vrai, faire instance, je V ai fait à son instance, et quelques auteurs l'ont dit aussi ; mais, comme le fait observer Féraud, à son instance n'est pu de l'usage actuel ; on dit à sa prière, à sa sollicitaiion i et , si l'on veut dire quelque chose de plus fort, à son instants prière,
— L'Académie, en 1835, ne dit plus à son instance i mais elle admet UMjoun îe singulier, faire instance^ avec instance.
(201) Umiti se dit quelquefois au singulier : « Cette rivière est la limite de sa a puissance. » {Le Dict, de V^icadémie.)
Et l'on appelle en astronomie la limite septentrionale et méridionale, les points de Texoentrique de la lune les plus éloignés de l'écliplique.
(202) M ANis se dit toujours au pluriel, même quand il s'agit d'un seul : « Polyxène « Ait sacrifiée aux mânes d' Achille. • (L'Académie et tons les lexicographes.)
(208) MBCoimMTS. Ce n'est que comme substantif, et lorsqu'on veut désigner eeux qui se plaignent du gouvernement et de l'administration des alblres, que ce mot ne se dit qu'au pluriel : « La fermeté d'un roi et l'amour de ses sujets a|»aiseDt « tei méoontents, on du moins les compriment. » •— On se sert aussi du slngiiller : e'esf un mécontent, (L'Académie.)
(204) Natiovaox. Ce substantif se dit des habitants d'un même pays ; il est TopfOié é'iirangere. « Cet étabUssement n'est peut-être pas asseï connu des étrangers.
DU VOMBRE DEft SUBSTANTIFS. 165
pleurs (207), prémices (208), proches (309), ténèbres^ vApres (210), Yergettes(211), vitraax, vivres, etc., etc.
S'il T a dans noire langue des noms qui n'ont point de singoller, c'est paice qu'ils exprimeot plosienn dioses disUndes lénnfes soui la même dénomination.
et même des natùmmêx. • (Vtlbhé Grosier.; — « Slle rappelle Jean de Rainant et - qaelqoe caTalerie;» dont U discipline et les armes étalent préférables à celles des • nationatêx. » (Histoire d'^nffUUrrê.)
Dans le Dictionnaire gramm,, on critique an aatenr moderne, qai emploie notUmal sobstantivement ; un national, les nationaux, 11 est vrai que le singulier nu se dit point ; mais depuis quelque temps on emploie le pluriel. (Féraud.)
(205) NoHi se dit an singulier pour celle des sept heures canoniales qui se rédi* on se chante après Sexte. Au pluriel, fl se dit pour le 5» jour de certains mois chez les Romains» le 7« dans d'autres, et toujours le 8« jour ayant les Ides.
{Le Dict. de V Académie,)
(206) PiHCRTK se dit quelquefois au singulier dans la même acception qu'au pluriel : donneM'-mùi la nifcxTTx. — M. LsTcaux, dans son Diet, des Difieul' tés, etc., critique cette décision donnée par l'Académie; mais, dans son nouveau Dictionnaire, il parait l'approuver.
(307) Plidis : voyez les Remarques détachées,
(208) Pbkmicxs. L'Académie dit que ce mot désigne les premien (hdts de la terre ou du bétail, et par extension les premières productions de l'esprit ; mais prémices a une signification beaucoup plus étendue. — - L'Académie le reconnaît maintenant.
ToDjoars U tyrannie a d'heureuses pr^mloet, a dit Racine dans Britannieus (act. \, se. 1).
Et l'abbé d'Olivet avait critiqué ce vers. L'abbé Desfontalnes répondit qu'avoir A* heureuses prémices est une Aicon de parler poétique et élégante, qu'on peot employer même en prose, dans le style noble. Racine le fils trouvait que l'abbé Desfontaines avait raison ; quant A Féraud, il pense que celte expression va fort bien dans ce vers de Radne, mais que dans un grand nombre de phrases elle irait fort mai. C'est une de ces expressions délicates qui ont besoin d'être placées A propos, et dont remploi n'est pas indlOérent.
On Ht encore dans Rachie (Bérénice, act I, se. 5] i
Cependant Rome entière, en ce même moment, Fait des vœoz pour Titus, et, par des sacriflcei, De son règne naissant célèbre les prémices,
et Féraud, à l'occasion de ce vers , est d'avis que, puisqu'on dit les pr^mloas de mon traiwil, on peut dire aussi les prémices d'un règne, c'est-A-dlre, ses eommencemenU. Cette remarque de Féraod est d'autant meiUeure» que Radne a dit dans Britannieus (aet. V, se. 6) :
Ma main de cette coupe épanche les prémiees» DiBS IpUgénU (act. Y, se 6) t
Déji coulait le sang, prémiees du carnage.
166 DU HOMBIIB BBS SfJB8TAIITIF8.