FLEURS
Parce que, dans tous les exemples de la première colonne, le secoûd nom est pris dans un sens général,, indéterminé, tandis que, dans ceux de la seconde colonne, il est pris dans un sens particulier, dans un sens déterminé.
En effet, den caprices de femme sont des caprices que Ton attribue au sexe en général; donc le mot femme est pris là dans un sens général, indéterminé. ~ Une pension de femmes est composée d'individus : alors le mot femme est pris dans un sens particulier, déterminé.
(239) Un pot (te fleurs est un pot où il y t des flenis, et un pot à fleurs est un pot propre A mettre des fleurs. On dit de même : un pot de confitures et un pot à confitures ; un pot de beurre et un pot à beurre.
Observez que l'on dit un pot à Teau, un pot propre à mettre de l'eau ; et non pas pot à eati, qui est on gasconisme.
On dit aussi un pot au lait, et non un pot â lait.
(L'Académie> Férand, Gattel, Trévoux.)
Des marchands de plume sont des marchands qui rendent en masse de la plume pour faire des lits, des oreillers; là le sens est général, indéfini, indéterminé ; mais un marchand de plumes est un marchand qui vend des plumes à écrire : ici le sens est individuel, déterminé.
Des marchands de paille^ de fùin^ de cidre^ sont des marchands qui ne vendent pas individuellement une paille, deux pailles, etc.; mais qui vendent en masse des parties tirées de l'espèce ; donc le seus est général, indéterminé, et un marchand di arbres, d'otrîcolf ,de rai* sinsy vend toutes ces choses par individus, c'est-à-dire que le sens est déterminé, individuel.
Des marchands de tnn : on n'entend pas dire qu'ils vendent des vins, quoiqu'ils en aient de plusieurs espèces, on veut dire, en général, que ce sont des marchands qui vendent du vin^ du cidre, du bois^ du drap, ou toute autre marchandise : ces mots du vin sont purement spéciflcatifs, ils forment un tout, une masse de même espèce, enfin un sens général, indéterminé; mais un marchand de vins fins s'entend d'un marchand qui tient différentes sortes de vins : là le sens est individuel, déterminé.
Enfin des marchands de poisson sont des marchands qui vendent le poisson, le plus souvent, par morceaux, par tranches, conune la morue, le saumon, qui le vendent en masse, et toujours ce sont des parties de l'espèce en général; au lieu qu'un marchand de harengs y de carpes, d^anguilles, vend par individus, c'est-nà-dîre que ce sont des espèces particulières ou individuelles de ce que l'on appelle poisson.
Quelquefois aussi il s'agit d'extraction ou de composition. — ^Voyon^ dans ce cas ce que l'on doit faire :
n dut examiner s'il est question de choses tirées ou extraites d'une certaine espèce, d'une certaine classe d'êtres, comme des tfto de coq, des queues de mouUm, des coulis de chapon; ou s'il est question de choses faites, composées d'individus de certaines espèces, de certaines choses, comme gelée de groseilles, marmelade d'abricots, coulis d'écrevisses.
Dans le premier cas, le second mot ne prend jamais la marque du pluriel, parce qu'il a un sens indéterminé, et qu'il indique une espèce, une classe, une sorte. Dans le second cas, il prend le s, parce qu'il a un sens déterminé, et qu'il signifie des individus d'une espèce, d'une classe, d'une sorte qui entrent dans la composition de la chose.
On écrira donc : des queues de cheval, des crins de chewU; de l'huile d'olive; du suc de pomme: des gigots de mouton; de l'eau de