‹ Grammaire des grammairesChapitre 43 sur 203 · CUIS PAR UNE PRÉPOSITION. SOI · texte numérisé non relu

CUIS PAR UNE PRÉPOSITION. SOI

pimlei ; du sirop de groseiUe; de la gelée de t^iatub^ iepaiê$<m ; de la conserve de mauve^ de violette; de la fécule de pomme de terre; des morceaux de brique; parce que les gueuei^ les crins sont tirés de l'espèce d'animal nommé cheval; les olives n'entrent pas individuellement dans la composition de l'huile, mais Yhuile en est tirée, extraite ; le suc est extrait de l'espèce de fruit nommé pomme; les gigots sont tirés, sont séparés d'un animal de l'espèce des moutons; l'eau est tirée de l'espèce d'animal que Ton nomme poulet; le «trop est tiré, est extrait de la groseille, et ce fruit n'entre pas individuellement dans sa composition; la viande^ le poisson n'entrent pas comme individus dans la composition de cette gelée ; la conserve est tirée, est extraite de l'espèce appelée mauve, violette; la fécule de pomme de terre est tirée, est extraite de la pomme de terre, qui y entre comme espèce et non comme individu ; enfin la brique est tirée de l'espèce de pierre factice que l'on nomme brique.

Dans le second cas, on écrira : une troupe de chevaux; un baril à'olives^ une assiétée d'olives; une marmelade de pommes; un troiH pean de moutons; une fricassée de poulets; de la gelée de groseilles; de la conserve de pistaches , de citrons ^ de roses ; un ragoût de pommes de terre; une muraille de briques; parce qu'une troupe de chevaux est composée de plusieurs individus de cette espèce; Y assiettée^ le baril d'olives sont composés d'un nombre d'individus de l'espèce de fruit nommé olive; les pommes entrent individuellement dans la composition de la marmelade; le troupeau de moutons est composé de plusieurs individus de cette espèce; la fricassée de poulets est composée de plusieurs individus qui portent ce nom; les groseilles entrent individuellement dans la composition de cette espèce de confiture appelée gelée; la conserve de pistaches^ de citrons, de roseSy est composée d'un nombre d'individus, de choses appelées pistaches, citrons, roses; enfin un ragoût de pommes de terre est fait avec un nombre d'individus que l'on appelle pomme de terre; et une muraille de briques est faite avec un nombre de pierres appelées briques.

Présentement il ne sera pas inutile d'ajouter quelques observations sur le nombre que l'on doit employer après la préposition de, quand elle n'est pas précédée d'un nom substantif. Les exemples suivants feront voir que la moindre attention suffit pour reconnaître s'il fiiut le singulier ou le pluriel : •

Un enfant plein de bonne volonié.

Un homme plein de défauts.

tM DU IVOMBRE DES SUBSTAlfTin

Un peintre rempli de talent.

Une jeune personne remplie de talents.

Banne volonté est au singulier , parce qu'on ne dit pas des homa volontés; défauts est au pluriel, parce qu'on ne dirait pas qu'on homme est plein de défauts s'il n'en avait qu'un. Takni est au singulier dans le premier cas, parce qu'il n'est question que d'un senl talent, celui de la peinture porté à un haut degré ; dans le second, on veut dire que la jeune personne possède les divers talents que donne une bonne éducation.

« Je me nourris de beaucoup de lait et de flruits. »

On ne dit pas des laits; mais, quand on se nourrit de fruits, on en mange nécessairement plusieurs.

« La grêle a fait beaucoup de tort dans ce eanton. »

« Cet homme a eu beaucoup de torts envers moi. »

Beaucoup est suivi d'un singulier quand il marque l'extension^ et d'un pluriel quand il marque la quantité; dans le premier eiemple, il est question d'un tort^^du^ grand, considérable; dans le second, on veut désigner plusieurs torts.

Enfin, pour compléter cet article, nous allons examiner quand le nom, précédé des propositions d, en ou «atw, doit s'employer au singulier ou au pluriel. Ce sera M. Ballin qui résoudra cette question; nous ajouterons seulement des exemples à ceux qu'il a donnés.

Le nombre est toujours indiqué par le sens; ainsi il n'y a aucune difficulté à cet égard. Quelques exemples en donneront la preuve : j'écrirai avec le singulier être sur pied, être en pied, faire pied sur quelqu'un, aller àpied^ parce que pied est spécîflcatif, employé d'une manière vogue, indéfinie (230) ; mais j'écrirai sauter & pieds joints, parce que le mot joints réveille nécessairement l'idée de deux pieds.

J'écrirai : ils courent de province en province. (D'une province à l'autre ). — L'air est en feu^ parce que feu, considéré comme un des quatre éléments, n'est pas susceptible de plusieurs unités.

Elle a mis ses enfants en nourrice, parce que en nourrice est pris . métaphysiquement et généralement comme le mot nourrissage, qui

(230) L'asage, dft M. Lemare, a, dans toutes ces phrases, consacré le singalier, parce qa'on prend le pied pour signifier la marche, la base. Habiller de pied en cap, c'est^-dire, depuis la base, etc.; des valets de pied, c'est-i-dire, des valets dé marche, qai marchent et oe vont pas à cheval ; aller à pied, c'est aller en marchant, et non pas en voUare.

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signifie le soin et la manière de nourrir et d^élever les bestiani ; mais j'écrirai, en faisant usage du pluriel, (fest une femme en gougbbs, parce qu'on dit leê touches é^une femme ; sa mère « assisté à ses couchesy et que dans ce sens jamais le mot couches n^est au singulier. L'Académie cependant écrit des femmes en couche, le second mot au singulier, et Féraud approuve cette orthographe ; mais M. Lemare, qui est un bon juge en grammaire, se range à l'avis de M. Ballin.

Mdi il oe s'agit pas Id de grammaire; il s'agit de Tosage; el l'Académie constate qu'on dit la couche d'un» femme aussi bien que Us couches* Par conséquent on peut écrire, sans faire une faute, une fenwne en couche, qû fait une eonche . A. L

J'écrirai, elle avait réveniail en main, parce qu'il ne faut qu'une main pour tenir l'éventail, et, elle avait le van en mains, parce qu'on vanne avec les deux mains.

Je suis sans pain, sans argent, parce que fam et argeni sont ici pris dans un sens vague, indéfini, et qu'ils n'ont point de pluriel dans oe sens; mais j'écrirai avec le pluriel, je suis sans souliers y pares qne l'on pense nécessairement à deux souliers. J'écrirai avec le pluriel : cette mer célèbre en naufrages (231) : Tu vas donc, égaré sur l'océan du monde, AfDroDter cette mer en naufrages féconde. (Delille, Éptlre sur VVtil. delà retr.pour les gens de lelires.)

parce que une mer ne s^ait pas féconde pour un seul nauflrage (232). En voilà assez pour mettre le lecteur en état de reconnaître lui-

(2Zi) Boflean avait (fit dans la première édiUon de ses œuvres {Epître au roi) :

Regagne le rivage; GeUe mer où tu cours est célèbre en naufrage.

Mali ses amis lui conseillèrent de mettre au pluriel célèbre en naufrages, et ragagne les rivages. Cependant, comme les rivages an pluriel n'est pas une eipression tpBt à fait Juste, U changea entièrement le premier Tcn, et écrivit : Saii-ln dans quels périls avec moi tu t'engages ? Cette mer où tu cours est célèbre eu uauftages, . Oteerres aussi qo'avee les adjectifs aAondofif, dlkhre^ fécond, formidable, fertila^ fameux, stérile, aoeonpagnés d'an régime, le sulMantlf qui soit ee régime doit toujours être mis au pluriel. On verra rapplîeatlon de ceci lorsqu'il sera question du régime dont chacun de ces adJecUfs doit être suivi. (2S3) J'écrirai encore •

De voiSnif à volew on parie probité ; Llnjostioe en appelle é ses droiU légitimes ; Mais elle invoque l'équité

Pour elle et non pour ses victimes. (V. Fr. de Veufcli., f. T, l. «.;

De larrons d larron» il est bien des degrés ; Lm petiu sont pendos, et les grands sont titrés. (Le même, f, T, L 9.)

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