BE8 DEGRÉS DE SIGNIFICATION OU DE QUALIFICATION
plaudiei le plus, dam le plus h/oui degré. — Ceux que f ai toujoun tmt fn^s le plus, dans le plus haui dégré^ etc., etc. Le mot qui exprime le saperlatif tombe donc surradjectif etnon sur lesabstaotif ; dès lors il a dû rester invariable. (Mtem intoritéi.)
C'est également le superlatif absolu qu'il fout employer; ou, ce qui est la même chose, le est également invariable, lorsque les adverbes de comparaison, plus^ fnoins^ mieux, ne sont suivis ni d'un particyte, ni d^un adjectifs on dira donc, en parlant d'une femme : « C'est elle qui me plaît le plus, ou le mieux y ou le moins. » — « De « toutes ces musiciennes, voilà celle qui chante le mietur. »
(Mêmes autorités.)
Comme cette règle sur la dédinaMité ou Tindéclinabilité de l'article présente quelques difficultés, nous croyons devoir nous y arrêter encore un moment.
C'est Marmontel qui va parler (Leçons d^un père à son fiUj page 118).
Dira-t-on : les opinions les plus ou le plus généralement suivies? les mieux ou le mieux établies, les sentiments les plus ou le plut approuvés? les opérations les plus ou le plus sagement combinées? Ceux qui étaient les plus ou le plus fovorables?
La réponse dépend de l'intention de celui qui parle et de ce qu'il veut foire entendre.
Des opinions, considérées en elles-mêmes et sans comparaison, peuvent être mal élablieSy bien établies, mieux ou plus mal établies, PLUS ou moins généralement suivies. Si c'est là ce que vous entendez, le, relatif au participe qui suit, doit rester indéclinable, et le plus, le mieux, signifiera le plus, le mieux qu'il est possible.
Si vous avez en vue d'autres opinions moins bien établies, moins suivies que celles-là, et que vous vouliez indiquer cette comparaisou, c'est au nom que doit se rapporter l'article, et vous direz les plus, les mieux.
De même, si vous n'avez égard qu'au degré d'approbation que tels sentiments ont pu obtenir, vous direz le plus approuvés. Si vous comparez cette estime à celle que d'autres sentiments obtiennent, vous direz les plus approuvés.
De même encore vous direz les opérations le plus sagement com-^ binées, s'il ne s'agit que de foire entendre qu'on a mis à les combiner toute la sagesse possible; et les plus sagement combinées, si l'on veut leur attribuer cet avantage sur d'autres opérations. Cela est si vrai, que si un objet de comparaison est indiqué, et que l'on dise
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par exemple : les opératiom le mieux combinées de la campagne^ on parlenimal; c'est les qu'on devra dire.
n en est de même de tout superlatif dont le rapport est déterminé : Les arbres les plus hauts de la forêi, ^ Les arbres les plus hauts s(mt LES PLUS exposés aux coups de la tempête^ mais si le rapport n'est pas déterminé : Les arbres le plus profondément enracinés. •— Les arbres le plus endurcis par le temps. — Les arbres le plus chargés de flruits.
En parlant d'une femme, on dit : Dans une fête^ à un spectacle,
elle était toujours Lk plus belle; maison devrait dire : (festdansson
négligé qu'elle était LE plus belle; mais cela répugne à l'oreille; que
faut-il faire alors ? Un solécisme, en disant la plus belle? Non, il fiiut
prendre une autre tournure et dire, qu'elle avait le plus de beauté.
Si l'adjectif est le même pour les deux genres, le plus, au féminin,
n'a plus rien de sauvage : C'est dans le tête-à-téte qu'elle est le plus
AiHABLE. C est quand son mari gronde qu'elle est le plus tranquille.
Remarque. *^ M. Boni&ce, qui (dans son Manuel des amat. de
la langue franc., n'* 2) a traité la question qui nous occupe en ce
moment, fait observer qu'on trouve des exemples où le précède un
adjectif à inflexion féminine. Voici les deux qu'il cite : € Je ne vois
'( dans toute la conduite de Rosalie que de ces inégalités auxquelles
« les femmes les mieux nées sont le plus sujettes. » (didbrot.) « Je
• n'ea indiquerai que deux, parce que ce sont ceux dont la vérité est
« le plus frappante. » (Lévizac.)
Ensuite, pour justifier les principes énoncés par Marmontel, et dont nous venons de rendre compte, ce même professeur a enrichi son journal de nombreux exemples recueillis dans les meilleurs écrivains. Nous ne les présenterons pas tous à nos lecteurs; mais, pour ne laisser rien à désirer sur cette importante question, nous avons fiiit choix de ceux-d :
« Les grands esprits sont les plus susceptibles de l'illusion des « systèmes. » (La Harpe.) — « La distinction la moins exposée est « celle qui vient d'une longue suite d'ancêtres. > (péneioD. TéUmaqmt. € Ceux mêmes qui s'y étaient le plus divertis ont eu peur de n'a- ^ voir pas ri dans les règles. » (Racine.)— « Remarquez que ces « gens à qui l'on ne peut rien apprendre ne sont pas ceux qui savent « le pins. » (La Harpe.) — € Ceux qui seraient fe mieux organisés ne « feraieni-ils pas leurs nids^ leurs cellules ou leurs coques d'une i manière plus solide? » (Buffon.) « L'homme est le même dans tous les états : si cela est, les états
'254 DBS DE<MtÉS DE SlGUIPtCATHm 013 Bfe QUALIFICATION.
« U$ plas nombreux mAltent le plus de respect. » (J.-J. RotsmiU.) — « Les mœurs sont aussi une des parties ks plus importantes de « l'épopée, et œ n'est pas celle sur laquelle les critiques aient été k « moins i^jastes envers Homère. » (La Harpe.)
« Hélie ne put condamner ses enfimts, qui étaient Ui plui coih « pables des Hébreux. »
ff Hélie ne put reprendre ses enJhnts, lors même qu'ils étaient k « plus coupables. »
c La lune n'est pas la planète la plus éloignée de la terre. »
€ La lune n'est pas aussi éloignée de la terre que le soleil, lors c même qu'dle en est leplus éloignée. »
€ Le sanglier est un des animaux qui ont la peau ta plui dure. »
« C'est sur le dos que le sanglier a la peau le plus dure. »
« n y aura un prix pour les leçons les mieux apprises dans l'aih « née. »
t C'est aujourd'hui que nos leçons ont été le mieux apprises. »
Ces huit derniers exemples sont de M. Lemare.
Parmi les adjectifs, il en est qui, lorsqu'ils sont employés au propre, ne sont pas susceptibles de comparaison, soit en plus, soit en moins; ou, si l'on veut, qui ne sont susceptibles ni d'extension, ni de restriction, et qu'on ne peut employer alors ni au comparatif, ni au superlatif, c'est-àrdire avec les mots ptus^ extrêmement^ infh nimeni, moins, aussi, auianiy n, combien, ou avec tout autre mot équivalent. Ces adjectifs sont ceux qui expriment une qualité qui résulte de la figure des corps, comme circulaire, carré, conique, etc., parce que si un million de corps ont la même figure, il faut qu'ils l'aient tous au même degré. Dire que ^ et ^ sont deux carrés, mais que AVe&X plus que B, c'est une absurdité.
n en est de même des adjectifs qui expriment des quantités finies, continues, discrètes, comme deuxy vingt, triple, quadruple, etc.; car il n'y a pas de comparaison, dans un degré plus grand ou moindre, et les quantités finies, continues ne sont pas susceptibles de cette espèce de dlfiérence. Il en est encore de même, par les mêmes motife, def adjectifs qui expriment une qualité absolue, comme divin, étemel, excelleni, extrême (247), martel, immortel, immense, impuni,
(247) EmtfiMK. L'Académie dit les maux les plxis extrêmes, et eette manière de ifei|Nrimer est conforme à raioge géDéralement salvi. Aassi Férand ne la blAne-t-ii IMS, mais II fait obsenrer qo'en général e«(r^me, ayant la force d'an soperlaUf, n'tSi