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DES DEGRÉS DE SIGNIFICATION OU DE QUALIFICATION

infime, parfaU^ unique, universel, suprême (248), etc., etc. 11 n'y a donc que les qualités relatives qui admettent le plus et le moins. On dit la neige est plus blanche que le lait, Par est plus dtteak que l'argent, parce qu'il y a différents degrés dans la blancheur, dans la ductilité; mais conçoitH)n un degré au delà ou en deçà de Isl perfection, de Vimmortalité , de Yuniversalité , de larfttjîniié, etc., etc.? La perfection est le plus haut degré; ce qui est aD delà ou en deçà n'est plus la perfection. Vuniversalité embrasse tout; dira-t-on qu'il y a quelque chose au delà de l'universalité rigoureuse et absolue ?

(DcMMTgve, Soba. gramm,j iMge 1T2 ; M. Bonirtoe et le plos grand nombre dei Grammairieiif; J. Barris (Hermès, livre I, cb. a), et Voluire^ dai» ion Cùtnm, sur Comei/to, au sujet du mot unique, que ce grand tragique a employé areo le mot ptus dans les Boraces, acte \, se. 8.) Noof reeomidiaoïiB, sans doute, qnll n'y a rien aa delà de ces qualités absoloei qui expriment le loprême degré oa le dernier terme des choses. Mais comme les jugements de notre esprit portent sur des objets finis et déterminés, qui, tout en paraissant posséder ces qualités absolues, laissent place cependant à des rapports de rapprochement ou de différence : il arrive qu'on emploie souvent les degrés de comparaison avec ces mêmes a4JecUrs qui semblent les repousser. Ainsi deux œuvres sont parfaites dans leur genre ; mais l'une nous plaît encore plus qoe Taulre, et nous disons qu'elle est plus parfaite, Cest-i-dire qu'elle touche dé plus près encore kX^perfeetitm absolue. Cest ainsi qu'on trouye dans nos bons écrivains, plus exe9llent,plus universel, plus divin, plus impossible, moins in/lni, etc. : toutes locutions qui ne peuvent point s'employer au hasard, mais qui, choisies et bien

pas suscepUble de degrés de comparaison, et qu'ainsi ce serait une faute de dire une douleur si extrême, plus extrême^ etc.

H. Uveanx ne pense pas ainsi ; il soutient f^aieV extrémité a des degrés, puisqu'on dit : être réduit aux dernières extrémités. Mais M. Laveaux n'a pas pris garde que le mot extrémité, dans cette dernière phrase, a quitté sa véritable signification pour en prendre une susceptible de degrés, et qu'on dit les dernières extrémités comme on dirait les derniers malheurs, les dernières misères, etc. Dans sa signification propre, qpi est celle qu'il a presque tOMiours, le mol extré^ miti a une signification absolue, et certes personne ne s'aviserait de dire les dernières extrémités d^une ligne; autrement il faudrait avouer qu'une ligne a plus de deux extrémités.

(248) DiTi», PAiFArr. Beaucoup d'écrivains ont dit plus divin, plus parfaU; mais, quoique plusieurs d'entre eux soient du nombre des autorités que nous invo^ quoDs avec le plus de confiance, ce n'est pas un motif pour les imiter, puisque la «alnè raifon et les principes, fondés sur l'acception que leur ont donnée l'Académie et les lexicographes, ne veulent pas que ces adjeclifs soient susceptibles de comparaison.

256 DE l'aggord de l'adjegtif.

placées par on écrivain de tact et de goût, peu? ent donner à la pensée plus de grandeur oa d'énergie. A. L.

Excepté le mot généralissime^ qui est tout français^ et que le cardînai de Richelieu fit de son autorité privée, eu allant oonunander les armées de France en Italie, la langue française n'a point de ces termes qu'on appelle superlatifs. Ceux dont nous faisons usage nous Tiennent de la lange italienne; nous leur avons seulement donné une terminaison française; tels sont grandissime, nobiUssime^ iUwtnssime, révérendissime, exeellenUssime^ éminetUissime, sérénissimi ^ ces deux derniers sont des qualificatif qui accompagnent toujours le mot altesse; mais, en général, ces superlatifo ne sortent guère de la conversation; on les souffre tout au plus dans une lettre, pourvu qu'elle ne soit pas trop sérieuse. Au surplus, il y a dans la langue française plus de précision et de justesse que dans quelques langues étrangères, puisqu'avec son secours on peut exprimer les deux sortes d'excellences, VabsoliAsei la relative; comme dans cette phrase: € On peut être un très grand .seigneur en Angleterre, sans en être c le plus grand seigneur. »

(Le P. BoalioQrB, page 312 de ses Renu noiw.; Tabbé Le Balleox ; Regnte^Desnuotif, page iSft; Balzac, Doutes sw la langue françiAte; Marmootel, page m*)

ARTICLE II

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