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ACCORD DES ADJECTIFS

RÈGLE GÉNÉRALE. — L'adjectif, exprimant les qualités du substantif, et ne formant qu'un avec lui, doit énoncer les mêmes rapports, c*estnà-dire que l'adjectif doit être du même genre et du même nombre que le substantif auquel il se rapporte : € Une vie « sobre, modérée, exempte d'inquiétudes et de passions, réglée et c laborieuse, retient dans les membres d'un homme sage la vive « jeunesse, qui, sans ces précautions, est toujours prête à s'envoler € sur les ailes du temps. » {reiemague, nm ix.)

Que Yotre Ame et vos mœan, peintes dani vos oavrages,

N'offlrent Jamais de vous que de nobles images.

(Boileaa, ^rt poétique, cbant IV.]

Peu importe que l'adjectif soit séparé de son substantif, du moment que les deux mots se correspondent, rien ne dispense do les

DE L ACCORD DB L'aDIBCTIV. 267

bire acoorder en genre et en nombre : t il y a det hommes qu'il na € fiiut jamais voir peiUs. » (voiuire.)

Selon qae nom idée est phu on mobu obseure, L'expienion fa sait oa moins nette oa pins pure*

(Boileaa, Art poétique, cliant I.) (Restant, piges 60 et 64 ; Wailly, page 131 ; Gondillae, page 184, S* eliapttre» et les Grammairiens modernes.)

1'* nemarqw. — Lorsque les adjectifs demi, nu^ sont placés ayant le substantif, et quand Fadjectif feu n'est ni précédé de l'article, ni d'un adjectif pronominal, l'un et l'autre ne prennent ni . genre ni nombre^ parce qu'alors ils rentrent en quelque sorte dans la classe des mots composés, grand'ianie , granéCmére^ qui sont si étroitement onis, qu'ils ne forment plus qu'un seul mot ; ainsi on écrira : une viEMi-lieue, des DEMi-Aéroa, NU-jnecfo, jxtj-jambeê, feu la mnCf feu mes oncles^ feu ma nièce.

(Th. Corneilto, sur U so et la 328* Bemarçue de Vamgeloi, -* L'Aetdtadei page 81 de ses Observ.; son Diet, aux mots demi, nu et feu ; et le plos grand nombre des GrammtirieDS modernes.)

« J'ai oui dire à feu ma sœur que sa fille et moi naquîmes la même

« année. » (Hontesqniea, 5l< lettre pen.)

c Tous étiez, madame, aussi bien que feu madame la princesse « de Conti, à la tôte de ceux qui se flattaient de cette espérance. »

(Voltaire, Ëpttre adressée à madame la dadiesse do Maine, et mise Hi tète de sa tragédie à'Oreête.)

c Si nul d'eux n'avait su marcher nu-pieds, qui sait si Genève « n'eût point été prise? »

(J.-J. Roossean; Emile, llTre H, page tsi de l'édition de Didot le Jeune.)

< Saint Louis porta la couronne d'épines nti-pieds, nu-tête, depuis a le bois de Yincennes jusqu'à Notre-Dame. » (waoïy.) Piès dn temple sacré les Grâees demî-noes.

(Voltaire, la Henriade, cliant IX.)

c Je n'aime ni les demt-vengeances ni les d^mi-firipons. »

(Le même, variantes de VEcoisaiieJ) Un homme issn d'an sang fécond en dem<-dleux. (Boileau, V* Satire.) — Noos liésitons à regarder le mot nu, dans nu~bra», nu^jambee comme an adjectif proprement dit ; c'est plutôt une location adTcrMale, et qui ne s'emploie qu'avec certains mots désignant les parties da corps ordinairement couvertes, et par droonstance mises à nu. Sans cela l'adjectif, devant un substantif, devrait prendre raccord ; ainsi l'on dit la nue propriété. Ne 4|rait-on pas de même la nue mperUde, la nue ^ouissanse? Remarquez que l'article fd précède l'adjeètif et détermine le rapport ; dans l'autre cas, au contraire, il ne s'emploie Jamais, et le rapport n'existe pas t il n'y a donc là qu'unyorle d'adverbe. A. L.

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