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ESCLATS

L'impie esclave De la foi, de Hionnear, de la vertu qu'il brave.

(L. Racine, la HeUçion, chant L) ExOfPT:

O vous dont les grands noms sont exempu de la mort .'

(L. Racine, la Heligion, chant II.) FiEB :

. . . loai fier d'un sang que vous déshonorei. (Boileau, Satire V.)

Fou!

Un avare idolâtre et fou de son argent. (Boileau, Satire IV.)

Globiiux :

Il n'est pas de Romain Qui ne soit glorieux de vous donner sa main. (Corneille, Horace, IV, 3.)

HONTKUX :

J'ai cru lionteux d'aimer quand on n'est plus aimable.

(OorneiUe, Sertorins, iv, 2.)

IiiincxiK ;

Joyeuse^ né d'un sang chex les Français insigne. D'une faveur si haute était le moins indigne.

(Voltaire, la Henriade, chant Itl.)

IHCAPABLK :

incapable à la fois de crainte et de fureur.

(Voluire, la ttenriade, chant VL) Ivu :

Toqloun iure de sang et tov^jonrs altéré. (L. Racine, la BeUgion, chant I.)

Las : Le ciel

... Lent à punir, mais las (fétre outragé. (L. Racine, la BeUgion, chant 111.)

Mbcohtrrt :

Mais un esprit sublime

Et toujours mécontent de ce qu'il vient de ftdre. (BoilMu, Satire IL)

Pum:

Elle est dans nn palais tout plein de ses aïeux. (Racine, Brliannicus, l,z.:

282 DO RÉGIME DU ADIECTiFS.

SowHiui:

Il offreà ma colère

Un rifil dèf longtemps solçneia de me déplilre. (Raciiie, MtUthdate^ II, i.) Sûb:

Il attfliMUU Boorboa, «âf de Taînere aTec laL (Toludre, la Henriade^ cbant I?.) TaiBUTAiRK :

Keiidez de mon pouvoir Atbteei thhuwhe» (BaoiBe, Phèdre^ D, 9.)

Vigtihb:

ïTiste Jooetdei renta, victime de leor rage,

L pilole effrajé. . . (L. Radne, la Befi^ion, duml II.)

Vidb:

Lorsque, tMe de lang, le coBor rette glacé,

Son ame s'érapore, et tout l'homme est passé*

(L. Ractoe, la Refij^lofi, chant II.)

Noos remarqoerong ici qu'an grand nombre d'adjectifs, qui s'emploient ordinairement seuls parce qu'ils ont on sens général déterminé, prennent souvent aussi on complément avec la préposition de, quand on veut préciser ou modifier la manUrt dont la quaUfication doit être entendue. Nous citerons, par exemple :

Agréable de figure ; affamé de gloire ;

Beau de gloire et d'amour (DellUe); belle de ses vertus ; brillante de toilette ;

Doux de caractère ; dur d'oreille (Àcad.) ;

Éclatant de lumière ;

Faible de santé (voy. p. 289) ; fanfaron de vertu ; fumant de carnage ;

Gueux de vingt procès gagnés (Boileau) ;

Humble de coeur ; humide de rosée ;

Large de six pieds ; lourd de corps et d'esprit;

McUbdti de sa personne ; muet de terreur ;

Pâle de colère ; perclus de tous ses membres ;

Ravissante de grAce ; robuste de corps ;

Sanglants du meurtre de leur général (Fléchier) ; sourd de naissance ;

Terrible de visage ; tremblant d'efTlroL

On volt par ces exemples, dont il est inutile de grossir la liste, que ce genre de complément peut s'appliquer i un très grand nombre d'adjectifs, qui semblent au premier abord n'en pas comporter. Ces régimes, qui ne sont pas tous de même oS' ture, et dont quelques-uns sont contestables peut-être, ont été créés en qoelqiie sorte pour le besoin de la pensée, et s'emploient seulement dans quelques cas particuliers : Us ne flontdoncy à vrai dire, que des régimes accidentels. A. L.

m. D'autres adjectifs enfin ont un régime dlflérenti selon qu'on les emploie atfant un nom ou avant un verbe, ou bien encore selon qu'on les emploie poif les personnes ou pour les choses.

Absent se dit sans régime :

Présente, je tous fuis ; absente, je vous tronve.

(Racine, Phèdre^ acte II, se. 3.) « Le sentiment de la fausseté des plaisirs présents et l'ignorance des plaiffrf 1 abswus causent l'inconstance. » rPensée de Paieal.)

DU BÉGim BBB ANBCTIPS. 283

Sediiaiinl «v^c mi régMne et It pripoÊMoa éê: 1» En parlant des lieux et des choses.

i^tentt 4te II eoor. Je nTai pa dû penser. Seigneur, qa'en l'art de feindre U fallût m'aereer.

(Racine, Urilaniiicttfj aete 11^ se. 3.) De ce même rifage absent depuis on mois.

(Le même, iphi^dirie, acte II, se. 7.) 2» En parlant des personnes.

AhietU de vous, ]e tous toIs, tous entends. (Fontenelie, X, 468.)

• Qoand J'ai été ebtent de Camille, Je veux lai rendre compte de ce que J'ai pu « Toir ou entendre » (Montesquieu, le Temple de Gnide, ch.V.;

J'étais absent de tous^ inquiet, désolé. (CampisiroD.)

Ces exemples confirmeraient remploi de cet adjectif suivi delà préposition de, rejeté par rAcadémie.

— L'Académie admet le premier cas, absent de la cour; cela ne peut faire doute. Mais absent de vota nous paraît une location forcée que l'Académie a bien fait de ne point reconnaître. A. L.

ABsuans se dit le plus souvent sans régime :

Conséquence abaurde , conduite aJbewde^ proposition absurde, raisonnement abtwrde,

• Imaginex ce que yoos pourrez de pluf monstroeax , de plu Qbewrdê, vous J|e t trouverex dans Shakspeare . » (Voltaire. )

Cependant II paraîtrait qu'on peut aussi le construire avec la préposition à :

Il menudt à son cœur en voulant expliquer

Ce dogme absurde à croire, absurde à pratiquer.

(Voltaire, Dlseotvs sw la liberté morale:^ Voyei anx Remarqws ditaehies si cet adjectif peut se dire des personnes. ^Voyez sur ce dernier exemple nos observations , p. 278. A. L. Anoai : Avec les personnes, cet adjectif régit de :

m Dlea vent être adoré de ses créatures. » (Massiilon. )

Ou bien U se dit sans régime :

« Diane adorée dans toute l'Asie. » (BossaeU)

Avec les choses, adoré s'emploie sans régime :

L^andaoe est uriomphanle, et le erime adoré. (Brébenf.)

—Cependant au figuré, par une personnlficatfon fort usitée dans le style noble. Il nous semble qu'on peut dire : la vertu adorée des àmee purea la bienfaisante adorée du malheur. A. L.

Aniorr régit la préposition à :

• Adroit à manier les esprits. > fL' Académie.}

Le merreideax Protee, adroit à nous surprendre. (L. Racine.)

Affablb se dit, ou toot seul :

Lui, parmi ces transports, affable et sans orgueil, A l'un tendait la main, flattait l'autre de l'oeil.

(Racine^ AihoMe^ acte V, se. i.) ou aveejes prépositions d, envers :

• Affable à tout le monde ou envers tout le monde. » (L* Académie et Féraud*,^

284 D<I RÉGUOC WAàSMCVm.

m Affabh à Uni avec «fignilé » cBe MYtlt eiliiiiar tef mii Miif flctar tel ^

(BOSfISBt.)

ÂLAUf ABT. Cet adjectif régit qadqiiefeif la préiKiiitton ptmr:

m Dans la plapart det romaiu, ce ne ioot qae conTersatloiifl tendra , que fenfi- « ments passlonnéf , que pdnturef sèdaisantes, que tUnations alarmanteg ptmr ia « pudeur. » (L'abbé Reyre. )

AraE. Dans le sens d'avide, cet adjectif prend à :

c Peut-être la réputation qu'il a d'éire âpre au gain contrlboe-t-elle i celle cw- « pable bonté. » (J.-J. Roosseau.)

Par extension , et signifiant ce qui est difficile et dont on ne peut Tenir à bosi qu'avec beaucoup de peine, il prend de:

c Quelques grandes difficultés qu'il 7 ait à se placer i la cour, il est encore plas • difficile et plus âpre de se rendre digne d'y être placé. • (La Bruyère.)

— Voyez sur ce régime notre observation, p. 277. A. L.

AssioD. Avant les personnes, Il régit auprès :

Assiduauprès do prince.

Avant des noms de cboses et des verbes, il régit d.*

« Assidu à l'étude ; assidu à son devoir. » (L'AcadémleO

 prier avec vous jour et nuit assidus, (RadDe, EsÛi», scie I, m. S.) ^ lyéeoliers Ubertioi une troupe îDdocilo, Loin des yeux d'un préfet ou travail tusldu^ Va tenir qoelquefois on brelan défendu. (BoUean, le iMrin, cbant IIL)

Aucun régit la préposition de devant les noms on les pronoms.

âucm d'eux (les plaisirs) n'assouvit la soif qui me dévore.

(U Racine, U BOigUm, diantU.)

« Aucun de vous ne peut se plaindre de mol. »

. . . Auam de nous ne serait téméraire Josqn'é slmaginer qu'il eût l'heur devons plaire*

(Corneille, Bodog.^ acte IV, se. 1.)

Fénelon l'emploie dans le sens de rien^ et lui fait régir la préposition de devant le adjectifs:

« II n'a eu dans tonte sa vie aucun moment d'assuré ; » de même que l'on dit: t U n'y a rien de prêL »

Féraud ne croit pas devoir condamner de dans cette phrase, mais il ne pense pas qu'on doive toujours mettre cette préposition dans des cas semblables. De fait fort bien, ajoute-t-il, quand le pronom en est joint à aucun ; ainsi, en pariant de livres, de Ubieaox, on dira :

« 11 n'y en a aucun de relié. — Il n'y en a aucun d'encadré. » Mais, hors de là, il ne faut pas, généralement pariant, mettre ce de avant l'a^jMtft et alors il faut dire :

c II n'a aucun livre relié. — U n'a aucun de ses tableaux encadré. »

AvEOOLi se dit an propre sans régime :

« Le hasard» oufeugle et farouche divinité, préside au cercle des jonenrs.

(La Bruyère, des Biens de fortune. )

« Celui <|Qi n'« jamato va la lamiëre pute est aveugle comme un a?eiigie^é. »

(FéneloD.) Aa figaré, il se dit aussi sans régime : « Rien n'était pins aveugle qae le paganisme. »

• La fortune ne parait Jamais si aveugle qu*A ceux à qui elle ne fait pas de bien. »

(La Rocliefoucanld.) ou bien avec les prépositions mr^ dam ou en. « On es) aveugle sur ses défauts, clairvoyant sur ceux des autres.

(La Rochefoucauld.) « La haine est aveugle dans sa propre cause. » (L'Académie . )

. . . Dieu veut qu'on espère en son loin paternel.

Il ne recherche point, aveugle en sa colère.

Sur le fils qui le craint rimpiété du père. (Racine, Athalie, acte I, se. 3.)

—Il nous semble que ces deux derniers exemples ne peuvent guère être regardés comme des régimes. Cependant si Ton veut que aveugle en sa colère soit l'équivalent de aveuglent sa colère, on pourra à la rigueur y trouver un complément , tandis que aveugle dans sa propre cause n'en présente même pas. Cet adjectif se construit aussi ayec d'autres prépositions qui se rapprochent tout autant d'un véritable régime. Ainsi l'on dit aveugle de naissance, aveugle par accident. Mais si l'on ne veut voir là que des compléments accidentels, ou improprement dits, il faudra du moins reconnaître les signes d'un vrai complément dans cette expression figurée aveugle de fureur et d'amour, A. L.

Avide, au propre, se dit sans régime i^ ainsi Ton ne dit point : avide de pain , avide de viande, comme on dit au figuré : avide du bien d'aotrui, avide de gloire, de savoir, de louanges, avide de sang.

Ils s'étonnent comment leurs mains, de sang avides, Volaient, sans y penser, à Uni de parricides.

(Corneille, Horace, acte I, se. 4.)

Tu n'en fis pas assez, reine de saug avide; 11 Dallait joindre encore Tinceste au parricide !

(Crébillon, SémiramiSj acte T^ se. i.;

Giiiau^ suivi d'un régime^ demande la préposition par et la préposition pour. « Célèbre par ses vertus, célèbre par ses crimes. » (L'Académie.)

c Célèbre par tout l'Orient pour sa doctrine et pour sa piélé. b (Bossnet.) Cependant Boilean a dit :

Sais -tu dans quels périls aujourd'hui tu t'engages ?

Cette mer où tu cours est célèbre en naufrages. (Ëpltre au Roi.)

Mais nous croyons que ce régime est un peu hasardé.

— Pourquoi donc ? Et comment pourrait-on mieux dire ? On va voir d'ailleurs que l'usage et l'Académie permettent de dire fameux en naufrages. L'analogie est complète. A. L.

Voir, page 203, une observation sur l'emploi de l'adjectif célèbre.

CiTlL. On dit ordinairement civil envers et civil à Végard de tout le monde.

Fléchier avait dit : « cMl à ceux à qui il ne pouvait être que favorable,* et l'Académie avait adopté ce régime dans son édition de 1762 ; mais elle ne l'a pas mis dans celles de 1798 et de Id35. En cela, elle a profité de la remarque de Féraud.

286 ou RÉGIME DES ADIE€TIFS.

CoMHUH s'emploto sans résime .*

« Le soMl, l'air^ les éléinenti sont communs. » (UActdèmie.)

et quelquefois avec un régime et les prépositions à, awe : « Le nom d'animal est commun à l'homme et d la bêle. » (L'Aeadémie.)

• Le Dieu des Hébreu n'a rien de commun avec les dWInltét pleines d'imper- « feetlons. >

c Le sentiment de l'immortalité leur est commun à tous. > (MassOlOD.)

« L'amour a cela de commun avêe les scrupules, qu'il s'aigrit par les réfleilooi.*

(La Bruyère.)

On remarquera que l'adJecUf commun n'a pas toujours le même sens employé sans régime ou employé avec un régime :

Des disgrâces communes sont des disgrâces ordinaires et peu considérahlei; mais des disgrâces communes à lous les hommes sont des disgrâces auxquelles tous les hommes peuvent être sujets, et qui peuvent être des disgrâces extraordinaires et considérables.

De cette distinction, il faut conclure avec Féraud que le P. Raptn a parlé peu e»^ tement lorsqu'il a dit t

« La fin delà tragédie est d'apprendre aux hommes à ne pas craindre trc^ faiMs- > ment les disgrâces communes.»

Assurément les disgrâces représentées sur la scène ne sont pas ordinairement dei disgrâces communes et légères ; alors il devait dire : .. .â ne pas craindre avec trop de faiblesse des disgrâces qui leur sont communes avec les grands , avec les héros.

CoMPAKABLi régit la préposition à :

• Turenne est comparable aux plus grands capitaines de l'antiquité. ■

« Les biens de ce monde ne sont pas comparables à ceux de rétemité.»

(Féraud.) Los efforts des Titans n'ont rien de comparable

Au moindre effet de sa fureur. (J.-B. Rousseau, Cantate sur l'hiver.]

Cet adjectif régit aussi la préposition avec, lorsqu'il s'agit de choses qui sontd^nne nature absolument différente , et alors 11 ne se dit qu'avec la négative : Vesprii n'est pas comparable avec la maiiire» (Laveaui .)

GoHrATiBLx. Au singulier cet adjectif régit la préposition avec :

« Il ne croit pas l'exactitude des règles do l'Évangile compatible avec les maximes B du gouvernement et avec l'Intérêt de l'état. » (Massillon.)

au pluriel il se met sans régime :

« Celui dont la postérité a fait an dieu a vécu méprisé et méprisable; deux choses « compatibles. > (Voltaire.)

Voltaire parle Ici d'Homère. Le mot méprisable n'est certainement pas Juste.

— Certes rien n'empêche de dire avec l'Académie : Cesmassimês ne sont pas compatibles avec celles de l'Évangile, Ainsi donc, au pluriel, ce mot peut s'employer avec ou sans régime. A. L.

Voyez plus bas la note sur le mot incompatible, p. 293.

GoHPLAisART. En pTosc, OU ne donne point de régime à cet acUeetif. Radne et Molière lui en ont donné un en vers :

Les dieux û vos désirs toujours si complaisants, (iphigénie, acte I, se. 9 )

..... Je bâts tous les hommes; Les ans parce qu'ils sont méchants ei mallïiistnu, Bt les aalres, pour êire aux méchants compUdscnts.

{\s Misanthrope, acte I, se. i.)

CosriDsziT.

Prêta faire sur tous éclater la vengeance

D^un geste confident de notre intelligence. (Racine, BrUannicus^ acte 111, te. T.)

Connu. Voyez plus bas le mot inconnu, p. 294.

Consolant régit pour :

« Les promesses de la religloo sont bien con$olantes pour les malbenreux. •

(L'Académie.)

« Voilà une vérité bien consolante pour vous. > (BiassilloD.)

clde(Voy. p.277j:

« C'est une ehose bien consolante dans »ts malheurs, de ne pas se les être attirés par sa faute. » (L'Académie.)

Constant régît dans ou en :

> Constant en amour. Constant dans son amour. » (L'Académie./

« Le peuple romain a été le plus constant dans ses maximes. > (feossuel.)

Coupable. Cet adjectif, qui ne se dit au propre que des personnes, et au figuré , des choses, s'emploie quelquefois absolument.

D'une tige coupable il craint un rejeton. (Racine, Phèdre^ acte I, se. l.)

Quelquefois il régit la préposition de :

Bêlas .' de vos malheurs innocente ou coupable. (Racine.)

Coupable de la mort qu'ici tu me prépares. (Voltaire.)

quelquefois la préposition devant:

« Ils sont coupables devant Dieu des désordres publics. » (Masslllon.)

et quelquefois la préposition envers :

Pour un (Ils téméraire et coupable envers vous,

(Voltaire, SâmiramiSf acte III, se. s)

— ^Dans l'exemple cité de Masslllon, la préposition devant ne peut pas indiquer un régime : il faudrait pour cela qu'elle exprimât un rapport direct, comme envers; tandis qu'ici cette locution signifie aux yeux de Dieu, phrase incidente comme nous l'avons dit, page 27 9. lien sera de même de ces locutions: Coupable devant la loi, — d'après le code, — sur tous les points, — au premier chef, etc. A. L,

Grubl se met quelquefois avec la préposition à :

« Vaiérien ne fut cruel qv^aux chrétiens. > (Bossue!.)

Les dieux depuis un temps me sont crue^ et sourds.

(Racine, Iphig^niCt acte II, se a.) C'est cette vertu même d nos désirs cruelle Que vous louiez encore en blasphémant contre elle.

(Ck>raeille, Polyeuete, acte U, se. 3.)

On dit aussi eruel envers quelqu'un.

GnaiRUx se construit avec en devant les noms :

« Cette femme est fort curieuse en linge, en habits. > (L'Académie.)

— Il prend aussi la préposition de, L'Académie donne ponr exemple : Cet homme curieux de tableaux, de médailles. A. L.

Dahgbbbuz. Avec le verbe être employé impersonnellement, et suivi d'un infintur, cet adjectif régit la préposition de : « Il est dangereux de dire au peuple que les lois ne sont pas Justes. > (Pascal.) — Voyez notre observation p. 277. A. L. Devant les noms, dangereux se met avec la préposition pour : t De tendres entretiens sont dangereux pour l'innocence. > « Tous les grands divertissements sont dangereux pour la vie chrétienne. »

(Pascal.) Qadques écrivains ont fait usage de la préposition à : « Aman trouva la puissance et la religion des Juifs dangereueee à l'empire.»

(Massillon.) Dangereux à tui-méme, A tes TOisins terrible. (Voiture, U Henriade, ch. I.) Hais Féraud est d'avis que ce régime est un anglicisme. To ihe religion and Hberty.

Enfin, dangereux suivi d'un infinitif régit à (Voy. p. 278) : • Cet ouvrage n'est ni mauvais ni dangereux à publier. > (Pascal.)

Dédaigneux. Quand on donne un régime à cet adjectif, on se sert de la préposition de !

Tout monarqae iodoient, dédaigneux de s'instruire. Est le Jouet honteux de qui Teul le séduire.

(Voltaire, Éptire au prince royal de Prusse, 1735.) Difficile, avec le verbe é(re, régit à ou de, suivant que ce verbe est employé ou non comme impersonnel, et cela lui est commun avec un grand nombre d'adjectifs. On dit : il est difficile à conduire, et 11 est difficile de le conduire. Mais, dans le second exemple, le verbe ^(reest employé impersonnellement. (Voyez p. 277.)

c Les fautes des sots sont quelquefois si lourdes et si difficiles à prévoir, qu'elles « mettent souvent le sage en défaut.» (La Bruyère, de l'Homme.)

« La raison n'en est pas difficile à trouver. » (Masslllon.)

c Qu'il est difficile d'être victorieux et humble tout ensemble 1 > DOCU.B est quelquefois suivi d'un régime ; alors il prend la préposition à : « Docile aux leçons de son maître. » (L'Académie.J

Il fallut qu'au travail son corps rendu docile

Forçât la terre avare à devenir fertile. (Boileau, Épttre Itl.)

Cet adjectif ne se met point avant les noms de personnes ; ainsi l'on ne dît pas : Les enfants doivent être dociles à leurs pires, mais bien... dociles auxvolontit de leurs pères.

Indocile se met avec la même préposition, et ne se dit pas non plus avec les noms de personnes.

Dur et FAcn,Bux joints i erra, régissent de, quand ce verbe est employé imper sonnellement :

« Il est dur^ il est fâcheux de se voir préférer un sot.* {Le Dict. de 7)révoux. ) c II est plus dur d'appréhender la mort que de la soufTirir. •

(La Bruyère, de l'Homme,) On dit aussi, dans le sens de rude, inhumain : dur à soi-même, dur à la peine, dur au travail, dur à ses débiteurs.

—Voyez notre observation, page 277 : et un exemple du régime de avec un substantif, page 282. A* t.

DU RfiGIME DES ADJECTTIfS. 280

Efpiotaki. Cet a<Ueeaf s'emploie ordlnaireiiient mus régime » sartout en

prOM:

« Il faisait des serments effroyables. > (L'Académie.)

Ce songe et ee rapport, lout me semble effroyable,

(Kaciae, AihaUe^ acte II, se, 5.) Cependant, en yers, on pent le Taire suivre de la préposition à :

Un Hérode, un Tibère effroyable à nommer. (Boilean, lat. XI.)

^e le vois comme un monstre effroyable à mes yeux.

(Racine, Phèdre, acte III, se. S*)

Ehouici. On dit endurci aux coupi de la fortune, aux louanges, contre Tad* Tcrsité, dans le crime, au crime. (L'Académie.)

Ses yeux indifférenis ont déjA la constance D'un tyran dans le crime endurci dés l'enfance.

(Racine, Brltannlcut, acte V, se. Y.) rirais par ma constance, aux affronts endurci, Me mettre au rang des saints qu'a célébrés Bussi. (Boileau, sat. VIII.)

Étrahoib demande différents régimes, selon ses diverses acceptions. « 11 est étranger en médecine. »

« Il est étranger dans ee pays. >

« Il a des habitudes étrangères à toute espèec d'intrigue. • (L'Académie.) EzpEBT régit quelquefois la préposition en :

m Cet homme est expert en chirurgie. » (L'Académie.)

— n nous semble ayoir la quelque part un autre régime dont l'emploi peut-être serait supportable avec les verbes : cet homme est expert à mentir. L'Académie ne rindlipe pas ; mais elle admet aussi : il est expert dans cet art. A. L« PAcnuz. Voyex Dur.

FAOtH:

Ces promesses stériles

flbarmaient ces malheureux, à tromper trop faciles.

(Voltaire, la Henriade, cb. X.)

Employé Impersonnellement, facile demande la préposition de ' n n'est pas si facile qu'on pense 0^élro fort honnête homme, et de jouer gros jeu.

(Madame Deshonlières, réflexion XV.) Voyez- notre observation, p. 278. A. L.

Faibli. On trouve dans Corneille un exemple de faible de suivi d'un Infinitif* Faible d'avoir déjà combattu l'amitié.

Vaincrait-elle à la fois l'amour et la pitié?

Comme Voltaire, dans ses remarques, ne bl&me point celte construction, il paraîtrait permis de l'employer, quoiqu'on en trouve peu d'exemples.

— Ce mot, flAlon l'Académie, s'emploie souvent avec la préposition de et un substantif pour caractériser le genre de faiblesse : ouvrage faible de style ; tableau faible de eoulew. Voyez notre observation, p. 283, sur ce régime. Il est encore un autre régime de faible, indiqué par l'Académie : lÊrmie faible en nombre, en cavalerie. Enfin Molière a dit dans Tartufe : Vous êtes donc bien faible à la tentation. I 1»

MO DU hégims des ADJBcrirs.

JfiÉi eetU dernière toornnre de phreee eit pen eomMime. A. L.

Fahiux. Cet adjectif, qai se dit dei personnes et des choses, régit la prépodtiea fwr devant les noms:

« Le cardinal, fameux par la force de son génie. » (Hédiier.)

Ce brillant escadron, fameux par cent twiaiUes. (Voltaire, FontenoL)

la préposition dam i

Faut-il peindre un fHpon fameux dans celte Yille ? (Boileau, sat. VII.)

... Ce roi si fameux dans la paix, dans la guerre. (Le même.)

et quelquefois en : mais alors le nom doit élre mis an plariel : • Celte mer fameuse en naufrages. > (L'Académie et M. Laveanx.}

^ Il n'y a pas de régime quand on dit fameux dans cette ville , parce qu'aucon rapport n'existe nécessairement entre les termes de cette phrase. La préposition ici indique bien un rapport entre les choses, mais non une liaison dans les roots: on ne peut donc, selon nous, y voir un complément. Nous croyons qu'il en est de même pour les locotions : calme, ferme, intrépide dans le danger; grand dans le malheur; insolent dans la prospérité, etc. Mais au contraire il y a régime quand le sens de l'adjectif est déterminé ou expliqué par ce qui suit, fUmetus dans fart de la guerre, U n'est pas juste aussi de dire qu!après en il faille toujours le phuiel : ne pourralton pas dire fameux en peinture, en poésie ? A. L.

Découd. Cet adjectif, que l'on emploie fréquemment an figuré, se md, soîU^ solument, comme quand on dit : un esprit fécond, une verve, une veine féconde, un m^tA fécond, une matière /dronda; soit avec un régime amené par la prépoaitioii en •

Chaque siècle est fécond en heureux téméraires. (Boileau, éplire 1.)

Digne truii d'une race en héros si féconde. (J.-B. Rousseau, ode, 4 liv. IV.}

. • . Féconde en agréments divers, La riche fiction est le charme des vers. (L. Racine, la Keligion, ch. !▼.)

On S'en sert le plus ordinairement en parlant des choses;, cependant on peut le dire des personnes. Féraud, Bolste, M. Laveaux ont dit: auteur fécond, écrivain fécond i et ce vers de Boileau :

Qu'en nobles senUments il soit toujours fécond. (art poétique, cta. 111.) semble les justifier.

FIRTU.B régit la préposition en, au propre comme au figuré.

« Son esprit est fertile en expédients, en inventions. (L'Académie.)

Ainsi qu'en sots auteurs,

Homo siècle est fertile en sots admirateurs. (Boileau. Art poé^que, chant III.)

La satire, en leçons, en nouveautés fertile^

Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile. (Le même, satire IX.)

L'hypocrite, en fraudes fertile.

Dés l'enfonce est pétri de fard. (J.-B. Rousseau, ode 4, liv. I.)

FiBiLB demande la prépfcitioD d et la préposition en ou dans :

« Fidèle à Dieu et au Roi. > — « Fidèle en ses promesses. » (Bosstiet.;

>« Fidèle à m promesses. » — « £>ons ses promesses. > (Fléchier.)

DU RÉGIME DES ADJECTIFS. S9l

Quandon déSbère si l'on restera fidèle à son prince, on est déjà ciiminel. >

^énelon, Télimoque.) Soyons-nous donc au moins fidèles Ton d Tautre.

(Racine, iJiihridate, acte I, se. s.) Et Dieu trouYé fidèle en toutes ses menaces. (Le même, Athalie^ l, i.)

... Ah i mon flls! qu'il est partout des traîtres I QoMl est peu de sujets fidèles à leurs maîtres i (Corneille, Nicomède, V, se. 8«)

FouuDABLi se construit avec les prépositions à et par :

« Formidable par it rapidité de ses conquêtes. » (L'Académie.)

Harlal, le grand Harlai, dont l'inU'épide zële

Fut toujours formidable d ce peuple infidèle. (Voltaire, la Benrlade^ chant V.) Aux portes de Trézène

Est UD temple sacré, formidable aux parjures. (Racine, Phèdre^ acte V, se. i.)

FoKT, dans le sens d*kabile, expéritnentéf se construit avec la préposition sur et la préposition à :

« Fort 9wr rhistoire; fort sur le droit canon ; fort à tous les jeux, i»

(L'AcadéDDie«;

Maif ponr indiquer la cause qui rend fort, qui produit la force^ on fait usage de la préposition de, au propre et au figuré :

• Semblables à ces enfants forts d'un bon lait qu'ils ont sucé. • (La Bruyère.)

Je m'attachais sans crainte A senrir la princesse, Fier de mes cheveux blancs et fort de ma faiblesse.

(Corneille, Pulchérie, acte II, se 1.) Valois, plein d'espérance, et fort d'un tel appui.

(VolUire, la Henriade, ebant IV.)

FiTinuz, dans le sens de transporté de colère, d*amow, demande la préposition de :

« Dans les premiers temps de la république romaine, on était fïsrieux de liberté « et da bien public; l'amour de la patrie ne laissait rien aux mouvemenls de la na- « tore.» (Saint-Évremond.)

Il dit, et furieux de colère et d'amour.

(De SainUoge, trad. des Métamorphoses d'Ovide, li?. VI.)

« Aalarbé le vit, l'aima, et en ûtylni furieuse. • (Fénelon, Tilémaque,)

Oq dit, ainsi que le fait observer Féraad, en devint folle; mais l'auteur de Té-

lémaque a regardé cette expression comme trop familière, et en a employé une

moins ositée, mais plus noble et plus énergique.

Gaos, employé au figuré^ se dit familièrement, et même dans le style noble, avec la préposition de, devant les noms et devant un infinitif : « Le temps présent est gros de l'avenir. > (Leibnitz.)

« Les yeux gros de larmes. » (L'Académie.)

... Par un long soupir, trop sincère interprète. Son cœur, gros de chagrins, avouait sa défaite.

(Delille, les trois Règnes de la Nature, chant III.) Le cœur gros de soupirs, et Trémissant d*borreur.

(Corneille, Rodogune, acte II, se. 4.)

Le eœur gros de soupire est une expression familière, mais le second hénils'

licbe relève le premier : Il Ei*ett pas dooné à toas les poètes d'employer afee dignité les eipressiODs les plas communes, ni d'ailler le natiirel à la noMesse.

— On dit dans le langage familier avoir le cœur gro$ ; mais rexpresrioa le es«f groi de ewpira n'a jamais été ramilière; et Racine Ta admirablemeni ptaeée dans Phèdre, acte III^ se. 3. A. L.

Delille a fait plus ; il s'est swtI de cette expression (d'après Virgile) en pariam du cheval de Troie.

Quand ce colosse allier, apportant le trépas, Eolrait groa de malheurs, d'armes et de soldais.

(TraductioB de Vtnéide^ lirre IV.)

Habilk. Ge mot régit les prépositious à, dane et en, et la première n'est pas bornée A la Jorisprudence. On dit i habile dane un art ; habile à manier le ciseau; hahile «f» mathématiques.

BoUeaa a dit :

Car tti ne seras point de oes Jaloux aflTreux,

EabUet à se rendre inquiets, malheureux. (Satire X.)

J.-B. Roosseaa {Ode contre les Bypocritet.) : Habile seulement à noircir les yerlus.

HcuiinXf dans son sens le plus naturel, régit d, en, dans avant les noms, et de avant les noms et les verbes : heureux à la guerre ; heureux au Jeu. flimreuœ du bonheur des autres ; heureux d'êlre dans une honnête indigence.

« Le plus heureux en bien des choses est celui qui sait se faire la plus agréable « imagination. » (Saint-Êvremond.)

Heureux dans mes malheurs d'en aeclr pu sans erime Gonier toute l'histoire A ceux qui les ont faits.

(Racine, Béréniee, acte I, se. 4.)

Dans un sens qui lui est un peu étranger, et qui signifie le talent nmiurel, V habileté, heureux régit la préposition d devant un infinitif:

« Un esprit prompt A concevoir les matières les plus élevées, et Aeureux à les « exprimer quand il les avait une fois conçues. > (ïléchler.)

Idol ATSE, an figuré, se dit absolument et avec la préposition de :

Je ne prends point pour juge une cour idolâtre. (Racine, Bériniee, acte II, se. 2. Périsse le ooBur dur, de soi-même idoldire. (Voltaire, irerope, acte I, te. i.)

IGMORAMT régit en et sur:

m II est fort ignorant en géographie. — Il est ignorant sur ces matières. »

(L'Académie.) On donne quelquefois A cet adjectif la préposition de poor régime : « O vanité I ô mortels ignorants de leurs destinées 1 » (Bossnet.)

Mais, sans cesse ignorants de nos propre besoins.

Nous demandons au Ciel ce qu'il nous Tant le moins. (BoUeau, épttre V.)

« C'était on Jeune métaphysicien fort ignorant des choses de ce monde. >

(Voltaire.) L'Académie ne dit ignorant que des personnes. Cependant de bons antears l'ont dit des choses :

« Leurs ignorantes et iniques décisions, u (BossoeC)

« Choqué de V ignorante audace avec laquelle, etc. ^leau.)

... Un ignorant usage ITe Pesl pas moiM qu'un ignorant suffrage. (J -B. Itoniseau.)

Et puisque l'on dit : Une savante décision, une savante interftritation, pourquoi ne dirait-on pas : Une ignorante décision, une ignorante interprétation ? Tune signifie une décision, une interprétation qui montre, qui annonce de Ut sdenesy de Vinstrttction ; l'autre signifierait une décision, une interprétation qui décèle de Vignorance, Il est probable que l'Académie a oublié d'indiquer cetlc acception dans son Dictionnaire.

Impatient. Ployez les Remarques détachées»

iMPÉRÎTBABLi. Cet adjecUr s'emploie le plus souvent sans régime. Lorsqu'il en prend un, c'est la préposition à :

« Cette cuirasse est impénétrable aux coups du mousquet. » (L'Académie.)

« Les mystères de la Foi, les décrets de la Providenee sont impénétrables à « l'esprit humain. •

m Je rencontrais de temps en temps des toallte obscures impénétrables aux < rayons du soleil. > (J.« J. Rousseau.)

iHABOaSAlLK, IRACCBSSIBLB. VoyeZ IrcOMCITABLI.

Inckbtain. Féraud pense que cet adjectif prend pour régime la préposition de -, mais il est d'avis que ce n'est qu'avec le pronon ce : Je sols incertain de ce qui arrivera. Il ne croit pas qu'on puisse dire : Incertain de son amitié^ de sa protection.

Cependant Delille a dit dans son poéroe de la Pitié (chant II) t

... A leur naissance, ineertaini d'un berceau, Ihine goutte de lait, d'uu abri, d'un tombeau.

et Racine a fait plus encore ; il s'est servi d'un tour latld, hardi, mais heureux, dans Bajazet (act. H, se. 2) :

Infortuné, proscrit, incertain de régner,

Dois -Je irriter les cœurs au lieu de les gagner ?

De sorte que, quoique l'Académie n'ait point donné d'exemple de ce régime, et malgré l'opinion de Féraud, il semble qu'on pourrait se le permettre.

—L'Académie, au mot certain, donne pour exemple ; je suis certain de réussir. Or, l'analogie est parfaite entre cette phrase et celle de Racine : incertain de régner. Le même écrivain a dit dans Phèdre, act. II, se. 2 : Du cbo^z d'un successeur Athènes incertaine.

On peut donc en toute sûreté employer ce régime A. L.

f BCOMPAT1BLX ct iNcoiiciLiABLB, ayant un sens relatif, ne doivent pas s'employer au singulier absolument et sans la préposition avec : « La pitié n'est point incompatible avec les armes. » (Fléchier.)

Sans cesse elle présente à mon âme étonnée

L'empire incompatible avec votre hjménée. (Racine, Bérénice, acte V, se. 8.)

« Cet abus était inûoneiliable avec toute espèce de constitution. » Féraud, qui émet cette opinion, a pour lui le véritable sens de ces deux expressions, dont Fane signifie qui ne peut s'accorder avec, et l'autre, qui ne peut se eonoi-

lier avêc : d*où H suit qu'on doit exprimer les deax termes de la relation^ les deu choses qui ne peuvent pas compatir^ qid ne peuvent pas se concUier ensemble.

D'après cela, on ne comprend pas comment l'Académie a donné les exemples suivants :

« C'est un esprit incompatible. — Un homme incompcttible. — C'est one chose « ineoncilicible. n

Avec qui ? avec quoi P

—L'Académie, en 1835, n'indique plus ces mots sans régime au shiguller. A. L.

Ihcohcitabli, In abobdabli et Inaccessible se construisent ordinairement sans régime :

« La grande étendue de l'unifers et la petitesse des atomes sont des dioses « ineoneevables. — Depuis qu'il est en place, il est inaccestible, iruihordable.»

(L'Académie.)

Ges adUeclIfs peuvent pourtant régir la préposition à : O doux amosemcDt: Ô charme ineomevable A ceux que du grand inonde éblouit le chaos! (J.-B. Rousseau, dde 7, Bt. llL}

« Toute la côte de la pêcherie est inabordable atuo vaisseaux de l'Europe. • « On trouve peu de cœurs inaccessibles à la flatterie. > (Bellegarde.)

. . . Une profonde obscurité AUX regards des humahu le rend inaccesHble,

(J.«B. Rousseau, parlant de Dieu.)

IBCOHCILIABLE. VoyeZ INCOMPATIBLE.

Inconnu et Connu. Inconnu régit la préposition à :

« L'ennui, qui dévore les autres hommes, est inconnu à ceux qui tovent s'oc- « cuper. > (Fénelon, Télémapu,)

Connu régit la prépQsition de :

« Quand on cherche de nouveaux amis^ c'est qu'on est trop bien connu des < anciens. »

Deiille fait régir à inconnu la préposition de :

L'hymen est inconnu de la pudique abeille. (TraducU des Géorgiques, chant IV.) mais ce régime n'est pas autorisé, puisqu'avec le verbe être et les pronoms personnels connu se construit toujours avec la préposition à.

— L'Académie^ à la vérité, donne pour exemple : ce nom m* est connu ; mais nous ne comprenons pas bien comment cela prouve que l'expression de Deiille est incorrecte. La différence doit venir de ce que connu est tantôt un participe passil avec le régime de, comme aiméi tantôt un adjectif prenant le régime à, quand il est joint aux pronoms. Le mot inconnu au contraire est un simple adjectif, légissant seulement la préposition à , tf l'on ne peut lui donner le régime du participe coftntf, sous prétexte d'une analogie qui n'existe pas. A. L.

Inconsolable. Cet adjectif régit de:

• Toute l'Egypte parut incofMo/a6/9d9cett^rte. » (Fénelon, TV/Aim^im.) L'Académie, édition de 1762, lui a donné poq^régime la préposition sur: « Il est inconsolable sur cette mort. » . . *' mais ce régime ne nous semble pas 'être*reçu. — L'Académie l'a rejeté depiii. Incurable n'a point de régimeniau propre ni au figuré : mal ineurabh, o*-

DU RtelME HBS A]y£GTlF&. 9§&

radère inewrabUj pMslon «ncurafr^é? Ce mol, dit Voltaire (Diei. pkil., U». 3), n'a eaeore été encbAssé dans un Yers que par l'indufttrieax Baetne :

ïfim mewrabU amour ramMei iaipuiiiMls. (Phèdre^ aeta I, le. S.)

ei incurable, qol n'est pas to^om trèa noMe dam notre langue, devient élégant et très poétique.

IiiDociLs. Voyez Doolb.

iNDULoiKT. Us éerlTains loi ont fait régir la prépositon det la préposition pour :

« Il est trop indtUgeni à ses enfants, pour ses enfants. >

(L'Académie et Féraud.; Iftis chacun pour soi-même est toujours iMdictgenr. (Boileau, stt IV.)

RODO hd sera-t-elle UtOidgente ou séfére ? (Racine, Birénke, acte II, se. 3.) < Henri IV était indulgent à ses amis, à ses serviteurs, à ses maîtresses. •

(Voltaire, UUtoire du Parlement,) Qooi qu'il en soit de ees impdHantes aolorltés, nous pensons qu'en prose surtout la préposition envers est préférable avec indulgent.

— Cependant l'Académie n'en donne point d'exemple, et elleindiqae les deax piépositions à et pour» Il vaut donc mieux se fier à son anlorlté. A. L.

IvtBtAHLABLi. Ou dit dans le Dictionnaire néologique que cet adjectif ae met sans régime, et l'on critique un auteur d'avoir dit : « Il demeure inébranlable à « toutes les secousses de la fortune, o Cependant il y a plosleora exemples de ce mot employé avec un régime : .

« Ce rocher est inébranlable à l'Impétuosité des venU. » — « H demeure inébranlable contre la violence des vagues. • (L'Académie.)

Mon eceur, inébranlable aux plus cruels tourments. <CoraeUIe.)

« inébranlable dans ses amitiés. »

« Inébranlable dans ses résolutions. » (L'Académie.)

lHizoaABi.K régit la préposition à :

m Saint Louis se rendit inexorable aux larmes et au repentir do blasphéma- « leur. » (Fléchler.) — « Dur au travail et à la peine, un homme inexorable à m soi-même n'est indulgent aux autres que par excès de raison. »

(La Bruyère, cbap. IV.) Est-ce m'aimer, cruel, autant que je vous aime, Que d'éU^ inexorable à mes irisies soupirs.

(Racine, les Frères ennemis, acte ir, se. 3.)

Cet adjectif se dit aussi des choses : . Le rigide et inexorable ministère de la

. justice. . (^""«^•)

Ma gloire inexorabU à toute heure me suit. (Racme, Bérénice, V, se. 8.) Jébu n'a point un arw farouche, inexorable.

(Le même, ÀthaUe, acte IU,bc. 6.)

Voy. le mot Exobabli aux Rem, dét,

iHixPLicABLi se construit quelquefois avec la préposiUond :

« Ils sont une énigme inexplicable à eux-mêmes. » (Masslllon.)

cet illustre orateur appttque cet adjectif aux personnes ; mais, comme le fait liés

bien observer Féraud, on dit d'un homme qu'il est indéfinUsable . et l'on ne peut

pu dire qu'il est inexplicable.

296 DO ftÉOlMB DBB ABIEGTIFS.

Cette obsenration, que la plupart des leileographes <mt sanctiODiiée, n'a pas em* péché madame de Staéi de dire :

« Gei femmea sont pour l'ordinaire inewpUe^lêi. •

— Il y a sans doute inadvertance dans le reproche fait i Masailkm, car sa phrase est irréprochable de tous points. Quant i l'observation critique, l'Académie semble le confirmer en donnant seulement pour exemple : « L'homme est une énigme « inexplicable i lui-même. » Cependant^ si l'on peut dire que rhonune est une énigme, ne peut-^n pas aussi, par une synthèse naturelle, dhre qu'il est inexpliettble, STous n'osons pas condamner une expression juste et claire, que du reste le mot indéfinissable ne saurait remplacer. A. L. >

iHFATiGAaLi. Jiossuot ot io traducteur de Hume ont fait régir à cet adjectif ta préposition à et l'infinitif :

a Infatigable à instruire, à reprendre, à consoler, etc.

« Il était infatigable à expédier promptement les causes. >

Gerégime parait fort bon i Féraud — L'Académie n'en donne pas d'exemple.

iHrÉBiiuu régit d pour les personnes et en pour les choses.

« Nous les regardons comme d'un ordre inférieur à nous. » (Bossuet.)

• Les ennemis nous sont inférieuri en forces, en nombre, en infanterie. •

(L'Académie.)

iHFifiXLx. Cet adjectif, appliqué aux choses, se dit, ou sans régime :

' « La société des hommes est une mer infidèle, et plus orageuse que li mer «méme.o (L'abbé Esprit.)

ou avec un régime accompagné de la préposition à :

Infidèle à sa secte et superstitieuse. (Voltaire, la Benriade, chant 11.)

Ugiaiiux régit pour devant les noms et à devant les verbes : « Les esprits délicats, si ingénietuD pour les plaisirs des autres , ont trop de goùl • pour eux-mêmes. » (Saint-Évremond.)

« Le vice est ingénieux à se déguiser. » (Féraud.)

« Les hommes sont ingénieux à se tendre des piégea les uns aux autres. >

(L'abbé Esprit.) iRCBAT S'emploie avec la préposition envers quand le régime est un nom de personne : Ingrat envers Dieu ; ingrat envers son bienfaiteur ; et avec la préposition à quand le régime est un nom de chose. (( Une terre ingrate à la culture ; un esprit ingrat aux leçons. > (Rouoand)

... Ces mêmes dignités Ont rendu Bérénice ingrate d tos bontés. (Racine, Bérénice^ acte I, se. S.) Mais voyant que ce prince ingrat à ses mérites.

(Corneille, Pompée^ acte II, se. 3.) ingrat à les bontés, ingrtit à ton amour.

(Voltaire, Mort de Césars acte I,8C 3.)

Mallieur au citoyen ingrat à sa patrie

Qai Tend a l'étranger son avare industrie. (Delille, la Pitié.)

tAisiiTABLK. Voyez aux Remarques détachées une observation sur remploi de cet adjectif.

iNJoaiKux se construit avec la préposition à et la préposition pour

« Ga mémoire est i^iurûux aux magtitrato ; oda est infurieux pour lui» |MMir sa maisoD» pour ses amis. > (L'Académie.)

IiiQUisT a one signification dtflérente suivant qu'il demande de ou tur. Être inquiei de exprime la. cause de l'inquiétude : Je suis inquiet de ne pas recevoir de de vos nouvelles ; je sols inquiet de ce triste événement.

Être inquiet sur exprime l'objet de l'inquiétude : Je suis inquiet $ur son sort ; je suis inquiet sur ce qui résultera de cet événement.

Observez encore que l'adjectif inquiet n'exprime qu'une situation de l'àme san» avoir égard à la cause qui la produit. Il diffère en cela du participe passé inquiété, qui renferme et l'idée de cette situation et l'idée d'une cause étrangère d'oà elle vient; ainsi inquiet peut s'employer absolument; inquiété y&ii toujours un régime. C'est donc à tort que Raciue a dit dans AndromaquCi act. I, se. 2 :

La Grèce en nui fayeur est trop inquiétée, et dans Alexandre le Grand, act. II, se. 1 :

. . . Mon Ame inquiétée^ D'une erainte si juste est sans cesse agitée.

(D'Olivet, Remarque» sur Racine .) — Malgré l'autorité de D'Olivet, il nous semble qu'il n'y a rien à reprendre dans cette expression» car le participe s'emploie sans complément, aussi bien que l'adjectif, quand II porte son explication en lui-même : on dit triste ou attristé, faible ou affaibli, calme ou calmé sans aucun régime ; pourquoi ne dlrait^n pas inquiet ou inquiété ? La nuance est différente ; mais la syntaxe est la même* Yoyez encore ce qol sera dit plus loin ch. XII, art. 2, § 1er. a. L.

iHSATiABLtt. Le père Bouhours est d'avis que cet adjectif doit s'employer absolamentf et il condamne : Insatiable de biens, insatiable de voir.

Cependant l'Académie donne des exemples du régime des noms : Insatie^le de ' gloire, d'honneurs, de richesses, de louanges ; et ce régime est usité aujourd'hui ; mais celui des verl>es est très douteux.

iHSXTAiABLK. Quaud cct adjcctif se dit des personnes , il s'emploie toujours sans régime : « Ces deux amis sont inséparables, > (L'Académie.)

qaand il se dit des choses, on peut l'employer sans régime : La chaleur et le feu sont inséparables.

Mais le plus souvent il se construit avec la préposition de : « La reconnaissance est une des Qualités les plus inséparables des âmes bien c nées. * (Pensée de Louis XIV.)

« Le remords est inséparable du crime. > (L'Académie.)

« L'orgueO est presque inséparable de la faveur. » (Fléchier.)

IRSOLXVT peut être accompagné d'une des prépositions dans, en, amc : « Les âmes basses sont insolentes dans la bonne fortune et consternées dans la « mauvaise. »

— Voyex notre observation au mot fameux, p. 390. A. L. « Ce valet est insolent en paroles. — Combien de gens sont insolents avec les ■ femmes! > (L'Académie.)

Gn écrivain a fait régir à l'acUectif insolent la préposition de :

268 DU niam dbs ânbctifs

« Ils deriBieDi imoUnti de tom forées, et pooseèreot plos Mn leurs i • Uons. >

Ce régime, fait olMerrer Férand, n'est pis tsseï autorisé; eepeodaDt il b'om ie ooDdamner. Od dJt : 11 est wgusOUux de ses saeeès. Povniiioi ne dirait-«B pts : Insolent de ses «accès, de sa foroe^ de sa poissanoe?

iHYMoatk, RolUn fait régir i cet adjectif la préposition à :

« Peuples invincibles au fer et aux armes. »

Et Férand pense que ce régime , quoique peu usité , doit être autorisé. Nrai sommes d'autant plus de cet avis, que Boileau et Racine, deux des meillears modâei dans rart d'écrire, s'en sont serris :

MaU qui peut l'assurer quHnvineible aux plaisirs* (Boitean, sat. X.)

Bajazet, i tos soins tôt ou tard, plus sensible,

Madame, à tant d'atU'aits u'étaii pas invincible. (Racine, Bajaxet, acte T, se s.)

INVULNÉRABLK régft U préposltiou à:

« n est invulnérable aux traits de la médisance. > (L'Académie.)

« Socrate était aussi invulnérable aux présenU qu'Achille l'éUit à la guerre.»

(Scudéri.) Jaloux prend ordinairement de pour régime : € Une femme doit être ja/btue de son lionneur Jusqu'au scrupule. »

(L'Académie.) « On est plus jaloux de conserTcr son rang avec ses égaux qu'avec ses inférieurs.»

(L'ablié Esprit.) . , , peu jaloux de ma gloire, Dois-Je au superbe Acbille accorder la victoire ? ,

(Racine, iphigétOe^ aetelV, se. 8.)

Gepoidant, quand jaloti^ est employé dans le sens de délicat, on le fait alors quelquefois suivre de la préposition sur :

m Le» hommes sont aussi jaloux sur le chapitre de l'esprit que les femmee sur « celui de la beauté. »

L'AcadéiDie ne reconnaît pas ce dernier régime. A. L.

Jaloux, employé comme substantif, se met toujours sans végiaie. On ne dilpia : IM jaloux de sa gloire.

IHSULTAHT. Voycz Ics Bemorques détachées, lettre /. Lbmt se construit avec dans devant les noms^ et avec à devant les verbes : < Il faut être lent dans le choix de ses amis. > « L'homme juste est lent à punir^ prompt à récompenser. * ... Le bras de sa justice.

Quoique leni à frapper, se tient toujours levé. (J.-B. Rousseau, ode n, iîT. I.) LiBix régK de, dans le sens de délivré, exempt : € Libre de soins ; libre de soucis, . (L'Académie.)

Voici, voici le temps où libres de cootraiote.

(J.-B. Rousseau, Od« sw la Mort duprinee de CotuL) Mon cœur exempt de soins, Ubre de passion,

Sait donner une borne à son amlution. (Boileau, saU IL)

liàre d'ambiUon, de soin débarrassé, ^ms^^

Je me plais dans le rang où le ciel m'a place. (L. Rsdne, la naUgion, aoB^ iv.)

DU RÉGin MS AUlBeriFS. 299

Monleiqaiea loi fait légir égaleiMDt la préposiCkm de, dans le mu de |Mti atêaehé à, peu ierupulêux êw :

< Les Étotteos étaient hardis, téméraires, toujours li^e$ de leurs paroles. » Goraeile M donne on résiineprèeédé de te préposition à t

Car eofln je suis fi^re d disposer de moi. (D. Sanche d'Aragon^ acte I, se. 8.) C'est une faute, et il n'y a pas de doute que, sans la mesure, il eût dit : Je suis /t6re de disposer.

— Ce mot s'emploie encore avec d'autres régimes, reconnus par l'Académie, Hbre\ avec le$ femmee, libre dans set paroles, A. L.

MsMAGKi. Cet adjectif fait bien au figuré, et alors il prend pour régime la prépo* siiioD de :

Le sage est ménager du temps et des paroles. (La Footaioe, liv. VI, fable S.)

MisKBicoBDiBUx. On dit sans régime : une proYidence miséricordieuse;

Dieu miséricordieux, le Sauveur miséricordiettx. (Bossuet.)

Hais on ne dit pas : Un homme miséricordietuPf une femme miséricordieuse, ! faot dire : Un homme miséricordieux envers les pauvres, une femme miséricordieuse envers les malheureux. Et avec Bossuet : Jésus-Christ a été miséricordieux envers les pécheurs.

-~ Noos ne toyons aucune raison qui empêche de dire sans régime un homme miséricordieux L'Académie dit même substantirement : bienheureux les misérU cordieu» ! A. L.

MoDtAiiT. Delille a fait usage de cet adjectif atec la préposition de :

Et sur UD Ut pompeux la porteot loin dU'joor

Mourante de douleur, et de rage et d'amour. (Traduction de VÊnélde, li?. iV )

Rien n'empêche de l'imiter.

Méckssaub s'emploie tantôt absolument :

« Cette austère sobriété dont on fait honneur aui anciens Romains était une verlu

« que l'Indigence rendait nécessaire. > (Saint-ÉTremond.)

Tantôt avec la préposition à :

« Là doctrine d'une vie à venir, des récompenses et dés châtiments après la mort,

« est nécessaire à toute société civile. » (Voltaire.;

Et qaelqnefois avec la préposition pour devant un nom : • La foi est absolument nécessaire pour le salut. > (Académie.)

Suiti d'un infinitif, l'adjectif nécessaire prend également la préposition pour : m L'ardeur et la patience sont nécessaires pour avancer dans le monde. » Ornaïux. Fléchier fait régir à cet adjectif la préposition à : t II estfacile, officieux à ceux qui sont an-dessous de lui, conunode à tts égaux, t

mais envers vaudrait mieux. — - L'Académie n'Indique que ce dernier régime. A. L. Osguulliux. Cet adjectif régit quelquefois de devant les noms et devant les

verbes : « Rome, tout orgueilleuse encore de lagloirp de son empereur. >

(L'abbé Gambaeérès.)

D^Ailli, tout orgueilleux de trente ans de combats.

(VolUire, la Benriade, chant VilL) OrgueiUeux de leur pompe, et fiers d'un camp nombreux. Sans ordre, ils s'avançaient d'un pas impétueux. (Le même, i6id., chant Ul.)

300 DU RÉCniK DES AUECTirS.

Dam le Dictionnaire grammatical, on dte cette phreie : orguêiUcax d^m eonmieadement imiyersel. Cesi, comme le fait obierver Féraod, au totliilame a^mii pari'uMgflb

PAU881UX. On ûïi paresseux àïwtqpt l'action eitmi bat qnll s'Agit d'atlcMn: il est pareiseum à remplir ses devoirs.

On emploie de lorsqu'il s'agit d'one détennlnation intérieure.

c Je sais que tous êtes un peu pare$$etêx d'écrire, mais vous ne Télés ni dépenser, « ni de rendre service. » (Voltaire.)

Vos froids raisonnements ne feront qu'attiédir Ud spectateur toujours pareueus (f applaudir.

(Boileau, Art poétique^ diantlIL)

— Ainsi le sens du mot change selon le régime : pareseeux de signifie : qui se décide lentement, diffidtement ; et pareeteux à : qui agit avec nonchalance, avec pa< resse. Mais ne pourrait-on donner à cet adjectif un substantif pour complément? li nous semble qu'on pourrait dire : // ett paresseux pour tous ses devoirs. A. L. Plausiblk. Bossuet a dit :

< Ils tournent l'écriture en mille manières plausibles au genre humain. » L'usage n'admet pas ce régime , et cet adjectif n'en demande pas. (Féraud.) PiRiBLi. Quelques auteurs ont fait régir à cet adjectif la préposition à deyant do infinitif : « Ce bois eti pénible à travailler. »

Un Urôoe est plus pénWle à quitter que la vie.

(Racine, les Frères ennemis, acte. lU, se. A.) Tout doit tendre au bon sens, mais pour y parvenir Le chemin est glissant et pénible à tenir.

(Boileau, Art poétique, chant 1.)

Vais Racine le fils n'approave pas ce régime. En efltet , l'Académie n'en donne pas d'exemple; mais Boileau et Racine sont des écrivains d'un si grand poids , qae nous n'osons pas décider contre eux.

•— Cette locution est parfaitement conforme aux règles de notre langue ; le verbe alors prend le sens passif, comme nous l'avons déji remorqué dans d'autres cas: voyex page 278. L'Académie d'ailleurs, en 1835, admet ces expressions : ekose pénible à voir^ aveu pénible à faire, intrigue pénible à suivre. A. L.

Avec le verbe $tre employé impersonnellement , pénible régit très bien la préposition de (Voy. p. 277} :

Ingrats, un Dieu si bon ne peut-il vous charmer? Est-il donc S vos cœurs, est-il si diflBcile

Et si pénible de Taimer ? (Racine, Athalie, asle I, se. 4.)

pBÉGiiux se met avec la préposition à devant les noms : « Cet. enfant est fort précieux à son père et à sa mère. > (L'Académie.)

Cet objet à mon cœur jadis si précieux. (Voltaire, Mariamne, acte IV, se. 2.)

Le mérite pourtant m'est toujours précieux. (Boileaa, sal. Vil.)

PfisLiiinAiBx. Le P. Pauiian fait régir à cet adjectif la préposition à : € cette seconde lettre lui présentera les connaissances préliminaires d larévéla* « tion surnaturelle. > {Préface duDict, phU.-ihéol.]

Ce régime, dit Féraud, est utile, mais il est peu usité.

WS RiGlMB DSS AIMKGTIFS. SOI

PaoBura i'«B|iM« fouvcnt sass régtee :

« La penoDiitt proéigt$e$ ylvoit eomuM si dtos avaient peu de temiis à titre, et les penonnes atares comme û elles ne devaient pas mourir . > (Samaln.) Qndqiiefois on loi donne la iNréposiUon en :

Yen oe temple fameux, ù cher à tes désirs.

Où le ciel fttt pour toi si prodigue en miracles. (BoUeaa, UUrtHf chant VI.)

et plof souvent la préposition de .-

> Ceux qui sont avides de louanges sont prodiguai d'argent. (Maxime lat.) Db menteur est toujours prodigue de serments.

(Corneille, le Menteur^ acte lU, se. 5.) Prodigue de ses biens, un père plein d'amour S'empresse d'enrichir ceux qu'il a mis au jour*

(L. Radoe, la nettgion chant III.) ... Les coeurs remplis d'ambition ' Sont sans foi, sans honneur et sans affection. Prodigues de serments. .... (Crébillon, le Triumvirat, acte It, se. 4.)

ou encore avec la préposition erwero .*

Et, prodigue enuert lui <te ses trésors divins,

il onfrit i ses yeux le Une des destins» (Voltaire, la BenriaSe^ chant I.)

PaoMFT, suivi d'un infinitif, veut la préposition à :

< La Jeunesse est prompte à s'enflammer. > (Fénelon.)

tm jeune homme, toujours bouillant dans ses caprices,

Bst prompt d recevoir l'Impression des vices. (BoOeau, Art poétique^ chant m.;)

a L'homme prompt à se venger n'attend que le moment de faire du mal. »

(Baoon.) — Il nous semble qu'il en doit être de même devant un substantif, et qu'on dira trèa bien : prompt à la réplique, prompt à la riposte, prompt à Vattaque. A. L. Férand ne loi donne ce régime qu'en parlant des personnes. Yoid pluslenn exemples qui prouvent qu'il a eu tort :

Aussitôt ton eiprii, prompt d se révolter, (Boileau, éplire IX.)

Cet orageux torrent, prompt à se déborder.

Dans son choc ténébreux allait tout inonder. (Voltaire, la Benrtade, chant IV.)

Iphigéoie en vain s'offre é me protéger.

Et me tend une main prompte à me soulager,

(Racine, Iphigénie, acte II, se. i.) Mon cœur, je le vois bien, trop prompt à se gêner. Devait mieux tous connaître et mieux s'examiner.

(Le même, Andromaque, acte IV, se. s).

Mes homicides mafiw, promptes à me venger. Dans le sang innocent brûlent de se plonger. (Lem6me, Phèdre, acte IV, se. 6.)

Paorsi. Voyez les Remarques détachées.

Rbconnaissant. En pariant des personnes, Il régli la préposition envers, et en parlant des choses la préposition de :

« On ne saurait trop être reconnaissant envers ses parents de la bonne éducation « qu'ils vous ont donnée. > (Féraud.)

RsDXVABLE. Cet adjectif demande la préposition à devant un nom de personnes et de eboies pers<Noniflées, et la préposition de devant un nom de choses t

-302 DU lUtena des aubctips.

I etoratant êcn rwlMwMM é CM dieu 4ff la téiMIé * r*p ^me i;ioi«ilict,4elaiBrtilllédeisiifoas.> (Matilkii.)

1 i son ta^H un roi n'ctt redevable (ConeiOe, Le CU, aete n, te, t.) «Toatdtoyen «t rMtoooM» à sa patrie <!« tes talents et delà manière de les em* ptoyer.» (D'Alembcrt.)

Mais redevable aux eabu de mes tristes amis.

(Radae, Bffjazcl, acte ▼, se. il.)

RiMDTABLB régit la préposition dans, et quelquefois la préposition à • < Dès sa première campagne, le dacd'Enghien passa ponr nn capitaine égatenteal « r9doutable dans les sièges et dans les batailles. > (BoesneL)

« Saint Lottis était cher à son peuple par sa bonté, redoutable au Tîoe par sao « éqoité. > (Fiédûer.)

Coudé même, Condé, ee héros formidable.

Et oon moins qu'aux Flamands, aux flalleun redouudtU.

(Boilean, éplti« IX.}

— La phrase deFléchier^|citée pour eiemple, indique un autre régime qull ne falWl pas omettre : redoutable par; c'est bien là un complément de l'adjectif. De mène la préposition dams marque ici nn rapport direct; redoutable dans les tiiges restreint la qualification ; il y a donc un régime. Voyez toutefois ee que nous avons dit an root fameux, page 290. A. L.

RisricTABLB se met avec la préposition par, ou la préposition à : • Ce Tielllard est respectable par son âge et par ses vertus. » ( L'Académie.}

Et crois que yotra front prête à mon diadème Un éclat qui le rend respectable aux dieux même.

(Racine, Esther, acte U, se. 7.)

RiSPOMABLK régit la préposition de et la préposition à ou envers :

« Vous serez responsables d Dieu (ou envers Dieu} des manvaia eflMsfol

« pourront naître de vos opinions inhumaines. > « Il (Henri de Bourbon) s'estimait responsable à Dieu, otcx hommes et d soi-

• même delà grâce qu'il avait reçue en quittant le parti de l'erreur. » (BoordakHie.)

Des froideurs de Titus je serai responsable?

Je me verrai puni parce qu'il est coupable 7 (Racine, Bérénice^ acte III, se. 4.)

...Non, il n'eut rien dont je ne sois capable; Vous voilà de mes Jours maintenant responsable.

(Le même, ibUt.^ acte V, se 6.j

RICHi demande ordin^rement la préposition en et la préposition de :

« Les patriarches n'étaient riches qu'an bestiaux. Ce pays est riche an blés, en

Tins, an sel, etc. » (L'Académie.)

Uehe de ses forêu, de ses prés« de ses eaux. (DeUlle, les Jardins^ chant L)

« Du reste , je suis dc^cn bons mémoires. >

(Racine, lettre à Boileast,) H est ficha en vertu, cela vaut des U'ésors.

.Hioiière, Femmes savantes, acte II, m. 4.) Moins riche de ce qu'il possède.

Que pauvre de ce qu'il n'a pas. (j.-B. Rousseau.)

La Brofère met par et de dans la même phrasé ; de pour les nonf qpA eipriment les biens; par poar ceux qol expriment les moyens de les acquérir :

« Nos ancêtres en avalent moins que nous, et ils en avalent assez;. pins riches « par leur économie et par leur modestie, que de leurs revenus et de leurs d<>-

Gea deux régimes dlllérenla peuvent faire on bon eflët dans des phrases semblables.

SÉTiax demande fMmr, envers, à V égard:

« Un magistrat doit être sivére et Impitoyable pour les perturbateurs du repos « public. 9 « Ce père n'est pas assez sévère envers ses enfants ; à l'égard de ses enfants. » Quelques auteurs lui ont donné la préposition à :

. . . Que fauit'il que Bérénice espère?

Rome lui sera-t-elle iodulgeote ou sévère? (Racine, Bérénice, acte II, se 2.)

Promettei sur ce livre

Que, sévère aux méchants et des bons le refage, Entre le pauvre et vous vous prendra Dieu pour Juge.

(Le même, Athalie, acte iV, se. 3.)

• Gorîolaa éttit sévère aux autres comme à lui-même. »

SouBD, employé au figuré, régit la préposition à ;

> ta colère est sourde aux remontrances de la raison. (L'abbé Esprit. )

Il (le eiel) devrait être sourd aux aveugles souliaits.

(La Fontaine, la Tête et la Queue du Serpent,)

Exemples pris dans Racine: Sourde à la pitié. [TMbaide^ act.!!, se. 3.) — Sourd à la voix d'une mère. {Iphigénie, act. IV, se. 6.)

Et dans Voltaire : Sourd aux cris. {La enriade, chant IIL)

Observez que l'on dit sourd à la voix, aux cris, aux menaces, parce que Ton peut être sourd à toutes les choses qui peuvent s'entendre ; mais quand Racine a dit dans Iphigénie (act. V, se. 2) : En vain sourd à Calchas, pour dire sourd à la voix de Galchas^ c'est par une ellipse hardie^ qui est autorisée dans la poésie, parce que cette sorte de figure contribue à l'animer.

SuppoBTABLE, daus le sens de tolérable, se met sans régime ou avec un régime et la préposition à : L'égolsme n'est pas supportable.

m Employez vos richesses à rendre la vie plus supportable à des infortunés que « l'excès de la misère a peut-être réduits mille fois à désirer la mort. > (Hasslllon.)

Quelques auteurs lui ont fait aussi régir la préposition à dans le sens d'ad^cusaàle.

m Les offenses sont supportables à un homme sage. » (Mallebranche.) Mais , comme le fait observer Laveaux, ce régime n'est pas celui qui lui convient ; il faut dire : Les offenses sont supportables dans un homme sage. — Cette expression n'est pas supportable dans une tragédie.

— Quand ce mot signifie excusable, l'Académie admet les deux régimes : Cela fC est pas supportable à un homme, dans un homme de son dge. Pour le premier sens {tolérable], elle n'indique pas de régime; mais il doit en prendre un comme ineupportable. A. L.

ViCToaiiux s'emploie, oh sans régime :

304 pu RÉGnfB DES ADJECTIFS.

« Un oooqoèrani raiiM preiqin aotaot M ùaa<m t^fortnc«« qoe lei n^^ < enw. » (Féodon, Télimaqw, IW. IV.)

ouavee ktpfépoiltion <itf .•

Vietorteutes des années,

Mymphas, dont les inTeotlons, cic. (Ricse.)

. . . : . Victorieux de cent peuples altiers. (ikMleam éptire IV.V

Vos iUnstres trtTaux de^ us victorieux, (Mâdsine beslioaiiéreft. )

Radoe a dit dans le prologue d'Bslher :

Et sur l'impiété la foi vieiorleute' ViP. Bossaet, dans VOraUon flmébrede la duchesse d^Orlians, fait régir à cet adjecur et la préposition à et rinfinitif :

«c Elle aimait à prévenir les Injures par la douceur; vive à les sentir, facile à les • pardonner.»

Voisin. Quand cet adjectif prend un régime, c'est la piéposition de que Ton e«ploie:

• Ces terres sont trop voisines du grand chemin. > (L'Académie. )

Fnsses-ta par delà les eolonnes d'Alcide,

Je me croirais eneor trop voialfi d^m perfide- (Racine, Pkédre^ acte IV, se. S.)

Cependant La fontaine a dit :

. • • • . n déradno

Gelai de qui la tête au ciel était Toisioe.

(Fable du Chêne et le Boseau,)

Mais le datif, dans le latin proxima eœlo, a pu tromper le poète.

ARTICLE m.

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