‹ Grammaire des grammairesChapitre 64 sur 203 · DES PRONOMS PROPREHEHT I<ITS · texte numérisé non relu

DES PRONOMS PROPREHEHT I<ITS

celle du nom dont ils prennent la place; et c'est avec raison que Ton a critiqué ce vers de Racine :

Nulle paix pour l'impie , n la cherche, elU tait.

(Esther, act. II, se. 9.)

En efiTety la et elle ne rappellent pas nulle paix y ils rappellent seulement to/)a»j;, c'est-à-dire une idée toute contraire. Cependant il faut convenir qu'il y a dans ce vers une vivacité et une précision qui doivent d'autant plus faire pardonner cette licence au poète, qu'avant d'apercevoir la faute l'esprit a suppléé à ce qui manque à

l'expression. (Même aulorUé.)

Remarquons ici comment il se fait que le vers de Racine ne laisse aucun doute dans l'esprit, et par conséquent peut être excnsé. Le moipaix n'est pas un nom ooileclif; mais au contraire il présente une idée distincte, unique, absolue. En disant nulle paix, l'auteur nous fait entendre que la paix n'existe pas ; il réveille en nous ridée, du substantif, du nom particulier et déterminé la paix ; et voilÀ comment la logique, & défaut de la grammaire, a conduit cet habile écrivain à faire emploi du pronom. La faute, au contraire, serait complète , inexcusable, dans une phrase comme celle-ci : Nul homme n'est parfait; totês le cherchez en vain» A. L.

On divise ordinairement les pronoms en cinq classes , savoir : en pronoms personnels, en pronoms possessifs, en pronoms démonstratifs, en pronoms relatifs et en pronoms indéfinis. Nous adopterons cette division comme étant reçue par la presque totalité des Grammairiens; mais, parmi les pronoms possessifs, démonstratif et indéfinis, il en est auxquels plusieurs Grammairiens refusent, avec raison, le nom de pronom. Tels sont, par exemple, moriy ma, ItM», ta y son y sa y nuly aucuny etc., etc. En effet, si le- pronom est destiné à remplacer le nom, il est clair que les mots dont il s'agit, ne tioiant la place d'aucun nom , mais étant au contraire toujours joints à un nom qu'ils qualifient en le déterminant, ne sauraient être considérés comme pronoms; ce sont de véritables adjectifs , car ils en ont l'essence et en subissent les lois; c'est pourquoi nous les considérerons comme adjectifs, et nous les appellerons adjectifs pronominaux , à cause de l'espèce d'afllnité qu'ils ont avec les pronoms, ou du moins à cause de l'usage où l'on est souvent de les classer parmi les pronoms. Nous ferons pour chacune de ces sortes d'adjectifs un article séparé, qui viendra immédiatement après le pronom avec lequel ils ont rapport. Ainsi, après le pronom possessif , nous parlerons de l'adjectif pronominal possessif; et il en sera de même à l'égard des adjectifs pronominaux démonstratifis et indéfinis.

3IS DBS PROKOMS PfiRfiOMNCLS.

La fonction des pronoms personnels est de désigna les per sonnes.

Le mot personne^ dérivé du latin persona, personnage, n)/e, désigne, en Grammaire, le personnage, le rôle que joue dans le discours le nom ou le pronom, n y a trois personnes : la premièn* est celle qui parle, la seconde est celle à qui Ton parle, et la troisième celle de qui l'on parle.

Les pronoms personnels de la première personne sont : |>, moi^ me (pour moi ou à mot) et nous.

Ceux de la seconde sont : <u, toi, te (pour ^ ou d toi) et mus.

Ceux de la troisième sont: «/, lui, elle, ils y eUes, soi, se (pour s(n ou â soi), leur (pour â eux, à elles).

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