‹ Grammaire des grammairesChapitre 65 sur 203 · JE · texte numérisé non relu

JE

Je, pronom de la première personne, dont nous est le pluriel, est des delix genres; masculin, si c'est un homme qui parle; féminin, si c'est une fenmie. Il est toujours sujet de la proposition, et se met ordinairement avant le verbe : je vais, je cours. Quand le verbe commence par une voyelle, on élide Te, et Ton dit : j'ordonne, f entends.

Je, cependant, se met après le verbe, soit dans les phrases interrogatives ou admiratives, comme : que deviendrai^e? que fereA^e?

Soit quand le verbe se trouve enfermé dans une parenthèse, comme (lui répondis-je)\

Soit quand on l'emploie par manière de souhait : puissé-je ! ou par manière de doute : en croirai^e mes yeux?

Soit enfin quand il est précédé de la conjonction aussi, ou de quelqu'un des adverbes peutrétre, à peine^ etc. : kvssipuis-je vous asiurer; aussi pensai-^e mourir d'effroi; inutilement voudrais-j^ me persuader; peut-être irairje; ▲ peine fus-je arrivé.

(WaiUj, page 3i3. » Restant, page 303, et lea Grammairiens modernes.) Il faat remarqaer, dans ce dernier cas, que rinversion n'est pas obligée; el qu'on dit également : aussi je vota assure, à peine je fus arrivé, etc. Le goût de l'écrivalA et l'harmonie de la phrase décideront de la forme qa'll faut empiorer.

DBS PaONÛMS PBUtmiILS. 313

Qo obaenrera que si le sens de la phrase demande l'emploi du présent de l'indicatif, et que ce temps appartienne à un verbe qui se termine par un e muet, il faudra, dans les phrases interrogaUves, changer cette finale en é fermé; ainsi, faime se changera en aimé^ je, et non pas, comme le font quelques écrivains, en aimé^e, avec un Couvert.

FHIU-JÈ? pnifl-Je croire on femblable desidoP

(Racine^ PAéd., ad. II, ic. 2.)

Si le sens de la phrase demande remploi du présent du subjonotif ou de l'imparfait du même mode , comme je dusscy je puiêie^ on écrira dussé-je, puissé^e (270) :

Duué^jêf aprèi dix aiu, voir mon palais en cendre (271) !

(Racine, Andromaque, ad. I, ac. 4.) On lit dans la première épltre de Boileau (édition de Saint-Marc et de BroBsette) :

Mais où eherehai-Jê allleors ce qu'on troaTe chez noos ?

(270) Quand la dernière syllabe d'an mot est muette , la pénoUlème ne saurait être muette, parée que deux syllabes de cette nature ne peuvent se trouver de suite i U fin du même mot ; dans ce cas, la pénultième se prononce avec le son ouvert, et prend on accent grave : père, sincère > U n*y a d'exceptton à cela qoe pour toi mois en 4ge, tawxobpUge, manège, etc., dans lesquels l'usage a voulu que la pénultième fût prononcée avec le son de Yé fermé, et prit un accent aigu. Gela s'applique aussi aux verbes de la première conjugaison, lorsque ces verbes sont suivis du pronom je; Us sembtont alors ne former avec ce pronom, du moins pour Toreille, qu'un seul et mèmemot.

(27 1) En cendre au singulier est une inexactitude. On dit réduire, ou mettre en eendreê an plorid, d non pu «n cendre au singulier ; c'est ainsi que pense Férand, ci l'Académie donne deux exemples qui confirment cette opinion.

Cendre se dit quelquefois pour pMrt, et dans cette acception il peut très bien se dbe ao singulier :

J'ai donné comme toi 4es larmes A sa cendre. (Voltaire, AUtre, acte I, se. 4.)

Hoos avoDi beau vanter noa grandeure passagères, n faut mêler aa cendre aux ceodres de ses pèrei .

(J.-B. Rousseau, Ode S, livre 1.) Si, dans la nuit du tombeau, La voix du Dieu tivaut a ranimé U cendre, (Racine, AthaUe^ aote IV, se. S.) Les Thébains de Laïus n'ont point vengé la cendre. (Voltaire, OEdipe, acte I, se 3.) .-^L'Académie écrit, il est vrai, réduire en cendres ; mais elle admet la cendre oa les cendres d'une ville détruite. Pourquoi donc proscrire une expression défendue par Radne et par l'analogie? Pourquoi ne rédulrait-on pas en cendre, comme en rédait en poudre, en poussière? Nous ne croyons pas qu'on puisse avec raison UAmer, au singulier, cette locution figurée. A. L.

314 DES PROHOMS PBRSOMilELS.

Cette fâute^ très oommime alors, ne serait point pardonnable à présent.

(Vangelas, 90S« BemcoFçuB, — L'Aetdémie, page 233 de lei Obier», sur eetu B«n.- Son Mctiotmatre. — BOf. deS^ort-Eoyal, page 211. — Ménage, il* chip. — DX)ii- Tet, Girard et tous les Gramm. modernes sont d'accord sur cette ortbograplie.)

Les mêmes Grammairiens pensent que dans le cas où je, mis après le verbe, serait susceptible de produire un son dur et désar gréable, ce qui n'a lieu que pour les verbes composés d'une seule syllabe au présent de l'indicatif, il faudrait alors prendre un autre tour et dire, au lieu de dors-jeP ments-jeP sens-je? etc., est-ce (pu je dors? est-ce que je ments? est-ce que je sens P

M. Dessiaox remarqae que ces deux formes ne sont pas identiques, et qae la première {senS'je) exprime plus positivement le doute. Cela est vrai ; mais quand 00 ne peut en faire usage, il faut rendre autrement sa pensée. La prohibition, da reste, ne s'arrête point a^x monosyllabes ; on l'étend i presque tous les verbes dont la première personne se termine par deux consonnes : ainsi l'oreille serait choquée d'entendre m'endors-Je, répands-je, interromps- je. Cependant nos lions auteurs n'ont pas craint d'employer quelques-unes de ces tournures. Ainsi tons admetteat qu'entendS'je ! n* entends- je^ pas ?

Ne /i6iM-je pas une lanteroe eu main ? (Molière.)

faux^je cela, disait en soi la belle. (La Fontaine.)

« Comment sens-je si bien ce que je ne puis t'exprimer. • (Montesquieu.) On voit d'après cela que l'oreille seule est juge de la convenance de ces expressions. A. L.

Voyez, i la fin de ce chapitre, q.uand on doit répéter le pronom J«.

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