SE
Se^ pronom de la troisième personne, des deux nombres et des deux genres, s'emploie pour les personnes et pour les choses, et aceompagne toujours un verbe: « Cette femme S0 promène; ces hommes « se querellent; cette fleur 9e flétrit; ces arbres se meurent. » Les yeux de ramitié se trompent rarement.
(Voiuire, Oresie, acte TV, «c. 1.)
Il sert à la conjugaison des verbes pronominaux : il ou elle se repent de sa fnute.
Se est tantôt régime direct des verbes actifs : Se rétracter, se perdre^ rétracter soi, perdre soi ,• tantôt régime indirect : Se faire une loi, SE prescrire un devoir; faire une loi d soi, prescrire un devoir
à soi. (Le Dict. de P Académie.)
Observez que quand deux verbes sont à des temps composés se peut servir pour l'un et pour l'autre, sans qu'il soit besoin de le répéter, s'il est régime direct ou régime indirect des deux verbes ; comme dans cette phrase : k U s'est instruit et rendu recommandable « par ses lumières. »
Mais on ne saurait se dispenser de répéter ce pronom, s'il est régime direct d'un verbe, et régime indirect d'un autre. On ne dira donc pas : Il s'est instruit et acquis beaimoup d'estime par ses lumiéres, mais bien t( s'est instruit et s'est acquis, etc.
(Htrmontel et M. Laveaux.)
Le pronom se précède toujours le verbe dont il est le régime; mais dans les phrases où il y a deux verbes, sa place n'est pas aussi certaine. Autrefois on plaçait plus volontiers ce pronom avant le verbe régissant auquel il n'appartenait pas, qu'avant le verbe régi auquel ii appartenait; on disait : // se peut faire, plutôt que Upeui se faire; ils se peuvent entr^ aider, plutôt que ils peuvent s^ent-' aider.
« Votre idée se sait toujours faire place , » a dit madame de Sé« vigne.
Racine, dans Bajazet:
VIeni, sois-moi ; la sultane en ce lieu «9 doit rendre .
(Act. 1 , se. I.)
£t La Fontaine (dans sa flible de VAne et le CUe») : Il se faut eotr'alder, c'est U loi de natare.
L'abbé d'Olivet tronvait que ces deux manières de s'exprimer étaient également bonnes. Lamothe-Levayer pensait qu'il était beaucoup mieux de placer le pronom avant l'infinitif^ qui le régit; eifectivement, fait observer Féraud, cela est plus analogue au génie de la langue 9 qui est de rapprocher, autant qu'elle peut, les mots qui ont relation entre eux. Ce dernier avis a prévalu ; mais , si habituellement on doit le suivre, on peut, pour la variété ou pour la mélodie, s'en écarter quelquefois.
Voyez ce qoe nous disons plus loin au pronom le, et aossl page 318