M02Y, MA, MES
Mon est pour le masculin singulier; ma pour le féminin smgulier; et mes pour le pluriel des deux genres.
Lorsqu'un nom fëminin, soit substantif , soit adjectif, commence par une voyelle ou par un /^ non aspiré, et qu'il suit immédiatement ce pronom, on met mon au lieu de ma^ afin d'éviter l'hiatus qui résulterait de la rencontre des deux voyelles : on dit mon àme^ mon épée, mon aimable amte^et non pas ma âme, ma épie , ma aimable amie; et avant un A aspiré, ma au féminin, ma hache^ma harangue.
(Th. ConeOla, no* te sao* nmn. de Vaugeim. — L'Académie, page M4 4e tes OàMfv. elK» ùict,)
On met l'article, et non pas l'adjectif pronominal possessif, avant un nom en régime, quand un des pronoms personnels, sujet ou régime, comme /e, <u, t7, me, te ^ se y nous, vous, y supplée suffisamment, ou que les circonstances ôtent toute équivoque. Ainsi,'au lieu de dire : fai mal d ma tête , il a reçu un coup de feu d son bras y on dit : fai mal d la tête^ il a reçu un coup de feu au bras.
Dans ces phrases, les pronoms personnels ;e, il indiquent d'une manière claire le sens qu'on a en vue; alors il n'y a pas d'équivoque à craindre.
Mais si le pronom personnel n'ôtepas Téquivoque, on doit joindr alors l'adjectif pronominal possessif au nom , comme : Je vois fu MA jambe s'enfle. Et si l'on s'exprime ainsi, c'est parce qu'on peu« voir s'enfler la jambe d'un autre aussi bien que la sienne. C'est encore pour cette raison que l'on dit : Elle lui donna Skmain d baiser } — •{ a donné hardùneni son bras au chirurgien ; — il perd tout son sang; car dans ces phrases il n'y a que les adjectifs possessifb qui
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indiquent d'une manière positive qu'on parle de sa main, de son bras, de son sang; et non de la main, du bras et du sang d'an
autre. (te p. Buffler, n* 705. — Regnier-Desmtrtit^ page 200. * Waiilj, page iM.)
Les verbes qui se conjuguent avec deux pronoms de la même personne ôtent communément toute équivoque; et quand je dis : Je me 3uU blessé A LA MAiNy il est évident que je parle de ma main ; alors l'emploi de Tadjectif possessif serait une faute.
(LéTizac, page 330, tome I. — Wallly, page tt9.)
Cependant Tusage autorise à dire : Je me suis tenu toute la journée SDR MES jambes; — je Fax vu de mes propres veux; — je F ai entendu de mes propres oreilles.
(Les Décisiont de V Académie, page 38, et ion Dlctiomt. — Dumanaii, page 93, tome f, et \ValUy,page 353 ) Voyez ce que nons disons sur les pléouasmes.
Les adjectifs pronominaux possessifs se remplacent par l'article avant les noms qui doivent être suivis de qui, ^ue, dont, et d'un pronom de la même personne que ces adjectifs possessifs. Ainsi, au lieu de dire : fai reçu votre lettre que vous m'avez écrite ; — tenez vos promesses que vous m'avez faites ,- il faut dire : fai reçu la lettre QUE vous m'avez écrite ; tenez les promesses que vous m^avez faites,
(Watlly, page i37. — UYiiac, page 331, tome 1.)
Les adjectifs pronominaux possessifs se répètent : 1*^ avant chaque substantif; on doit dire : Mon père et ma mèra sont venus; uoapèref MA mére^ mes frères et mes sceurs ont été en butte à la plus affreuse calomnie ; et non pas, mes père et mère sont venus ; mes père et mère, mes frères et sœurs ont été en butte^ etc.
(Vaugelas, 5i3« Remargue. — Le P. Buflier, ne 1027. — Wailly, page IS9, et LéTizac, page 333, tome I.)
2° Ils se répètent avant les adjectifs qui ne qualifient pas un seul et même substantif : « Je lui ai montré mes beaux et mes vilains
« habits. » (Mêmes autorités.)
Cette phrase équivaut à celle-ci : Je lui ai montré mes beaux habits et MES vilains habits. Or, puisqu'il y a un substantif sous-entendu y il faut bien l'indiquer et le déterminer; cela ne peut se faire qu'en répétant le déterminatif mes.
CepeDd«ntrA<»déinie elle-méine semble permettre de déroger à cette riglequsd elle dit : « Chacun sera jagé seloa ses bonnes ou mauvaiseg teuvrei, • l\ est bien vrai qae le tens ne laisse point de doate ici ; néanmoins noos croyons que la répétition est beaucoup plus correcte. A. L.
^"^ Mais les adjectifs possessifs ne se répètent pas, quand les adjectifs qui les accompagnent qualifient le même substantif : BIes
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beaux ei rkhe$ habits. En effet, les mômes habits peuvent être tout à la fois beaux et riches.
Remarque. — Lamolhe-Levayer pense que l'on a tort de bannir cette phrase, mes père et mère^ et que c'est une propriété de notre langue qu'il faut conserver. La raison qu'il en donne est qu'elle s'emploie où l'on dirait autrement mes parents ^ et où l'on veut unir les deux auteurs de notre être, sans les considérer séparément, ce qu'il trouve significatif et élégant; comme : Il a maltraité UESpèro et mère^ mes père et mère sont morts.
Chapelain et Th. Corneille ne sont pas de cet avis; ils trouvent mes père et mère une phrase de palais, un style de pratique extrêmement incorrect. — Enfin, quoique cette manière de s'exprimer soit dans la bouche de beaucoup de monde, bien certainement elle est contraire aux principes de la langue et condamnée, comme on vient de le voir, par le P. Buffler, par Vaugelas, par Wailly, par les Grammairiens modernes, et enfin par l'Académie.
Voyez, page 211 et foivantei, ce qaenoos disons sur la répéttUon de Vartieler