CECI, CELA
Les proDoms démonstralirs recî, cela diiïùrent des pronoms dont on vient de parler y CD ce quMls ne se -disent proprement qne des choses, etqirils n*onl point de pluriel.
Ceciy cela s*emploienl quelqucrois dans la môme phrase, et en opposition; alors ceci désigne Tobjclquî est plus près de nous, et eela^ lobjel qui en est plus éloigné; comme : Je n'aime pas ceci, donnezmoi de CELA. CL'Académlc.)
Quand le pronom cela est seul, et sans opposition au pronom ccct> il se dit, de môme que ceci , d'une chose que Ton tient et que Ton montre : Que dites-vous de cela, cela est fort beau (L'ieadénic.)
Dans le style tout à fait familier, surtout dans la contersation, on dit ça au lieu de cela.
Ije soir Alain fit un beaa songe ; C'est toujours ça.
Quelquefois cela se dit aussi des personnes; par exemple^ l'usage permet de dire, en parlant d'un enfant, mais dans le style Camilier : Cela est heureux; cela ne fait fue jouer.
(Le Bici. de r Académie, au mol eeia.) Les auteurs de la Grammaire nationale établissent ici une distincUon Importante et curieuse sur remploi de ces pronoms dans les formes interrogaUYes. Selon eux, Il faut alors séparer les parUcules ci et là du mot ce, et écrire : qu'est-ce ci? que diable est-ce là? quel maraud est-ce ci? quels amants sont-ce là? Nous croyons cette règle fort Juste, pourvu toutefois qu'elle ne soit pas eiclusive. Selon nous, les deux locuUons existent dans notre langue, et le sens doit déterminer Torthographe. Nous écrirons donc : qu'est eeei? qu'est cela? (c'est-à-dire, quelle est ceUe chose?; quand nous voudrons désigner un objet et y fixer rattention.Mais quand il s'agira dMndiquer un mouvement de la pensée, une exclamaUon de surprise, de colère, etc., alors il faudra écrire qu'est-ce ci? qu'est-ce là? c'est-à-dire, qu'y atr41 iei? que vois -je là ? De li vient qo*on peut dire sans les particules : t qu'est-ce ? qa'aveft-voua! » Le pronom reparait quand rinterrogatlon est suivie de que, et ron ditçtf'esi-cff que ceci? n'est-ce que cela? Ces distinclions, du reste, ne sont pas toujours observées dans nos livres.
Voyez encore ce qui va être dit immédiatement sur TadJecUf pronominal ce, A. L.
384 DB8 ADJECTIFS PaOllOMWACnL DiVOMTaATin.
ARTICLE V
Les adjectifs pranùminaux démonstratifs sont ce, cet, ctUe^ ces; ils sont toujours joints à un nom, dont ils restreignent la signification, et qu'ils modiflent, en y ajoutant une idée d'indication.
De cette nuit, Pbénice, as-tu vu la splendeur?
Tes yeui oe sont-ils pas tout pleins de sa grandeur?
Ce» flaml)eaui, ee bûcher, cette nuit enflammée,
Ce» aigles, ce» falsceaoi, («peuple, cette armée,
Cette foule de rois, ce» consuls, ce sénat»
Qui tous de mon amant empruntaient leur éctal ,
Cette pourpre, celor, que rehaussait sa gloire
Et ce» lauriers enoor témoins de sa victoire.
(Racine, Bérénice, act. I, se. S.)
L'adjectif pronominal servant à déterminer la signification du substantif, il est évident que ce est adjectif pronominal dcmonstratify lorsqu'il précède un nom, soit seul, soit accompagné de son adjectif, comme dans ce château^ ce superbe monument.
L'adjectif pronominal démonstratif, ainsi qu'on a pu le remarquer dans les vers qui viennent d'être cités, se répète avant chaque substantif; on le répète aussi lorsqu'un nom est accompagné de deux adjectife qui ne qualifient pas le même substantif; comme dans cette phrase : Ces beaux et ces vilains appartements. — Cette régie ayant été expliquée, page 212 et page 344, nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire d'en parler davantage.
Quelquefois ces adjectifs amènent à leur suite les particules et, fâ, qui servent ieo déterminer la valeur démonstrative d'une manière plus précise encore : Cet hoamtet, ce monde-ci, ce temp»~là, ce bonheur-là. C'est par l'ellipse^dn substantif intermédiaire que semble s'être formé le pronom démonstratif ceci, cela. A. L.
ARTICLE VL
La fonction des pronoms relatifs est de rappeler dans le discours l'idée des personnes ou des choses dont on a déjà parlé, afin de déteraiiner l'étendue du sens qu'on leur donne. On les appelle relatifs à cause de la relation ou du rapport qu'ils ont avec les noms ou les pronoms qui les précèdent, et qui expriment les personnes ou les
DBS PRONOMS RELATIFS * S6o
dioses dont ils rappellent Fidée. Quand je dis : c II y a bien des perc sonnes qui aiment les livres comme des meubles; » qui a rapport à personnes, et c'est comme si je disais illya des personnes , lesquelles personnes aiment les livres, etc. De même, quand je dis : Vor QUE nous recherchons tant, est, etc., que se rapporte à or, et c'est comme si je disais : £ V, lequel or, — et ainsi des autres pronoms relatifs. (Restant, pagei i2t et 123.}
Ce nom ou pronom qui précède le relatif est ce que Ton appelle antécédent. Cet antécédent n'est pas toujoiirs exprimé; dans bien des phrases, il est sous^ntendu; mais l'esprit le supplée aisément, et le place près du relatif qui s'y rapporte; dans cette phrase : < 11 est « étonnant que Henri IV ait péri sous le fer d'un assassin, lui qui « n'était occupé que du bonheur de ses peuples; » lui^ antécédent de qui, tient la place de Henri IV, exprimé auparavant. Mais dans cette autre phrase : « ^t veut être heureux doit dompter ses passions, p le nom substantif est sous-entendu ; c'est comme s'il y avait : L'homme qui veut être heureux, etc. (Lé^izac, page ss»» 1. 1.)
Nota. I>ans on iiutvil nous dironi ce qoe c'est qa'uo pronom explicatif ei an pronom indéterminatif.
Les pronoms relatifs ont encore la propriété de faire l'office de conjonction, en unissant deux membres de phrase; quand on dit: « Les biens de la fortune, que nous recherchons avec un si grand < empressement, peuvent se perdre facilement; » le relatif que réunit en une seifle phrase ces deux membres : Les biens de la fortune peuvent se perdre facilement^ — Nous recherchons avec empressement les biens de la fortune; et il a de plus l'avantage de déterminer, avec le membre qui le suit, l'étendue du sens que l'on donne aux mots. Us biens de la fortune. (Même autorité.)
Nota. Qaelqoes Grammairiens, el entre autres Tabbé de Condillac, donnent A ces pronoms ie nom de pronoms conjonctifs.
Les pronoms relatifs sont qui, que, quoi, lequel, dont^ où, fe, la, les en, y.