QUOI
Ce pronom peut être aussi ou pronom absolu ou pronom relatif: il est pronom absolu, quand il s'emploie sans antécédent : Quoi de plus aimable que la vertu? et il est pronom relatif, quand son antécédent est exprimé : figtiore ce à quoi il pense. • Quoi 9 dans ces deux cas, se dit non des personnes, mais ont-*
quemeni des choses, et il garde toujours sa terminaisoD, sans égard au genre ûi au nombre du substantif dont il rappelle l'idée.
(D'Olivei, page isi.)
Comme pronom absolu, quoi signifie quelle chose ^ et il est surtout d'usage dans les phrases interrogatives et dans celles qui mar^ quent doute et incertitude : « Quoi de plus satisfaisant pour des pat rents que des enfants sages et laborieux? » — « Il y a dans cette « affaire je ne sais quoi que je n'entends pas. » (L'Académie. ) — c H « avait je ne sais quoi dans ses yeux perçants qui me faisait peur. »
(TélémaqitA.)
Si quoi absolu est suivi d'un adjectif, il le régit avec la préposition (Ze; et quant aux adjectifs qui peuvent se rapporter à ce pronom, ils sont toujours au masculin et au singulier : « Le jour n'inspire « point je ne sais quoi de triste et de passionné comme la nuit. » (Télémaque.) — « j4 quoi vous attendez-vous de fâcheux? »
(D*Olivet, page 189. — Restaut, page 153. ~ WaiUy, page 303.)
Comme pronom relatif, quoi tient lieu du pronom lequelf laquelle; il est des deux nombres et des deux genres, et toujours régime indirect : « Ixi chose à quoi l'avare pense le moins, c'est à secourir les pau- « Yres.»(WAiLLY.) — «C'cstencoreiciunedesraisonspourjuotjevcux « élever Emile à la campagne. » (j..j. Rousseau, Êmiie, 1. 1.)
Observez que dans ces exemples on pourrait se servir de lequel, laquelle^ duquel, auquel, etc.; et même Marmontel est d'avis que l'usuge et l'oreille désavouent l'emploi des pronom quoi , de quai, d quoi, quand ils ont pour antécédent un nom variable.
Le pronom quoi a une signification vague; c'est pour cette raison qu'on doit le préférer lorsque son antécédent est ce, voilà, rien, qu! n'ont pas une signification plus déterminée: « Les maladies de l'àmc « sont les plus dangereuses; nous devrions travailler à les guérir, « c'est d quoi cependant nous ne travaillons guère. » •— * < Foild de « quoi je voulais vous parler. » — « 11 n'y a rien sur quoi on ait « plus écrit. »
Voilà iUT quoi je veox que Bajazet prononce.
(Racine, Bajaxel, ael. I, se. 3.)
Dans ces phrases, auxquelles, de quelles choses et sur lequel ne vaudraient rien.
Cependant, comme il y a toujours un peu de bizarrerie dans les langues, on doit avec rien préférer dont à duquel et à de quai — « 11 ; • n'y a rien dont Dieu ne soit l'auteur. » (wâuiy, page 197.)
De quai a un usage étendu , et l'on s'en sert pour signifier le moyen, la faculié, la manière, enfin tout ce qui est nécessaire ou convenable
37S DES PROnOMS RELATIFS.
pour la chose dont il s*agit. Dans ce sens, on l'emploie sans aucune relation : c Donnez-moi de quoi écrire. » — « Il est riche, il a de guoi « être content. » — « Nous avons de quoi nous amuser; » mais il est employé relativement dans cette phrase et dans toutes les autres de même nature : « J'écrirais volontiers, si j'avais de qtwi. »
(Regnier-Desmarais, page 28o, et le Dlci. de FAcadémU,)
Enfin, lorsque le pronom quoi se trouve suivi de que^ il signifie quelque chose que; en ce sens, il demande le subjonctif et s'écrit eu deux mots :
Jamais un lourdaud, quoiqu'il fasse^
Ne saurait passer pour galant. (La Fontaine, fab. 65.^
Aux pronoms indéfinis, nous parlerons de remploi du pronom quoi suivi de 911e. Remarque. — On dit substantivement un je ne sais quoi, pour . dire certaine chose qu'on ne peut exprimer.
§IV