‹ Grammaire des grammairesChapitre 86 sur 203 · OU, D'OU, PAR OU · texte numérisé non relu

OU, D'OU, PAR OU

Où est ou pronom absolu ou pronom relatif.

Il est pronom absolu quand il n*a pas d'antécédent : 0{l aUczvous ? Où (ispirez'Vùus ? Par où commencerez-vouî cet ouvrage? D'où venez-^ous?

(Wailly, page 203. — Restant, page 53. — Léviiac, page 360, L I.)

Comme pronom absolu, où se dit seulement par interrogation, ou avec des verbes et des façons de parler qui désignent connais sance ou ignorance.

Ou, (Toùf par où sont pronoms relatifs quand Us sont précédés d'un antécédent.

L'instant où nous naissons est an pas vers la mort.

(Voltaire, Fête de BeUébai.) Le ciel devint un livre où la terre étonnée Lut en lettres de (eu Thlstoire d'ane année.

(Rosset, l'Agriculture.) Heoreui qui, satisfait de son liamble fortune. Libre du joug superbe oà je suis allachéi Vit dans l*état obscur où les dieux l'ont caché f

(Racine, Jphigénie, act. I, se. 1 .)

« Henri IV regardait la bonne éducation de la jeunesse commi? « une chose d'où dépend la félicité des peuples. »

« H n'y a pas un honnête homme qui voulût faire usage du moyen « par où cet intrigant est arrivé à la fortune. »

CRegnier-Deflmarais, page 391. — Wailly, page 199. — Restaut, page I4i.)

Om, d'ow, par où ne se disent jamais que des choses ; ils sont des deux genres et des deux nombres, et ont souvent dans le discours plus de grâce que duquel^ dans lequel^ par lequel^ dont ils font les fonctions; cependant, on ne doit en faire usage qu'avec réserve, et quand les noms auxquels ils se rapportent ou les verbes auxquels ils sont joints marquent une sorte de localité physique ou morale; on dira donc :

« La maison d'où je sors; » — « I^ péril d'ow Ton m'a sauvé; » — « Le péril où je m'engage ; » parce qu'il y a là ime idée de localité.

(Restaul^page i43. — Wailly, page 199. — Sicard, pago3i4, t. IL — Mannootel, page 29.)

Cependant, comme ces ^petits mots où y d'où^ par où sont coni-

DES PRONOMS RELATIFS. 3ft^

modes, la poésie en a fait quelquefois usage dans des cas où il n'y a pas localité physique ou morale; Racine a dit (dans Iphig. , act. III^ se. 5; et dans MiAr. y act. I, se. 3) :

L'hymen où J'étais destinée.

Et dans Alexandre (act. 11^ se. 2) :

11 ne reste qne moi

Oâl*on découvre encor les yestiges d'un roi.

Maïs si ces licences sont permises à un grand poëte, il est certain qu'elles ne le seraient pas dans la prose, et ce serait bien certainement une faute que de dire où pour à qui, à l<iqueUe et pour en gui, en

Ictquelle, etc. (Uéme autorllé.)

Ce serait également une faute que de préférer d'où à don^, lorsqu'il s'agit d'origine, de race, et de ne pas dire comme Boileau, dans sa 5* satire :

Sans respect des aieax dont elle est descendue.

Comme Racine (dans Jphig. , act. I, se. 1) :

L'hymen vous lie encore aui dieu dont tous sortez. Dans Phidrey act. IV, se. 6 :

Misérable ! et je vis ! et je soutiens la vue

De ce sacré soleil dont je suis descendue !

Enfin comme Racine le (ils (dans son poème de la Religion^ •

Ch.ll):

Le corps, né de la poudre, A la poudre est rendu ; L'esprit retourne au ciel, dontW est descendu.

Parce qu'alors c'est une idée de relation, plutôt qu'une idée d'extraction, qu'il s'agit d'exprimer.

Toutefois dont ne doit jamais être employé lorsqu'il s'agit d'un lieu quelconque, et qu'il est suivi d'un verbe qui marque l'action de sortir y de venir ^ etc. ; c'est une idée d'extraction qu'on veut exprimer, c'est d'où qu'il faut employer.

Wailly a donc blâmé avec raison la phrase suivante d'un historien moderne : « Les alliés de Rome, indignés et honteux tout à la <K fois de reconnaître pour maîtresse une ville dont la liberté parais- « sait être bannie pour toujours , commencèrent à secouer un joug « qu'ils ne portaient qu'avec peine. » (Marmomei ©iDomergue.)

§ VI

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