DES VOYELLES PCRES ET SIMPLES
Les consonnes, au contraire, ne sont que comme des éclats de voix qui passent dans l'instant, et qui n'afTectent que le commencement du son des voyelles auxquelles elles sont jointes.
Enfin le son des voyelles peut être aigu ou grave, tandis que le son des consonnes n'est pas susceptible de ces modifications.
Le son aigu est un son faible et délié, qui n'est produit que par un filet d'air ou de voix, et qui n'exige qu'une petite ouverture de bouche, lies sons graves sont plus forts, plus gros et plus remplis, parce qu'ils sont formés par une plus grande abondance d'air qu'on pousse delà
poitrine. (Tr<dté des $on$, p. ».)
De cette définiUon, qui nous semble Jaste^ ne faat-il pas condare, en thèie générale, qu'on son largement aecentiié , c'est-A-dfre, que les Toyelles marquées d*an accent circonflexe, deviennent nécessairement grayes, quoique toutes ne le soient pas au même degré P On ycva par les réfleiions suivantes que rauteur n'admet pas généralement celle oonséquenoei qui pourtant nous parait fort plausible. Hais d'abord que faut-il entendre par celte dénomination ? Selon Marmontel, on aurait tort de croire que les voyelles graves ont un son plus bas que les voyeUes claires; ce n'est pas l'abaissement, mais U volumâf la quantité du son qui fait la différence : il est plus ren/ftf, plus sourd , mais l'intonation est la même. Nous remarquerons d'abord que dans ce cas les graves et les longues tendraient i se confondre. Hais ou notre oreille nous trompe, ou la décision de Marmontel est erronée. Certes nous ne prétendons pas qu'on doive élever également la voix sur tous les tons aigus, et la baisser également sur tons les tons graves, de manière i faire de la prononciation un chant insupportable. Hais nous demanderons comment un son peut être plus sourd qu'on autre, si VirUonation est la même. Selon nous, les voyelles graves, dans la prononciation régulièrement accentuée, exigent que Von baisse le ton^ c^esti-dire, que la note de ces syllabes soit au-dessous delà note des syllabes alguSs qui les accompagnent dans la phrase. Et, cependant, œlt n'empêche pas que ce son, plus grave que les autres, ne reste encore très élevé au besolB : c'est sorloat on rapport de poslUon qui marque la différence. Ainsi dans cet hémistiche: « Abîme tout plutôt! » les voyelles a et u, prononcées rapidement, doivent être dites avec une intonation plus élevée que f et d, quoique celles-ci aient une accentuation plus large et plus marquée. î\ suffit, pour s'en convaincre, d'essayer le mauvais ellBt des intonations contraires. L'observaUon de ees nuances est Indispensable, non seulement dans le débit oratoire, mais encore dans la conversation oà la Jus* tesse des intonations n'est pas moins nécessabra. A. L,
Les sons graves des Toyelies 4, i exigent une graade ouverture de bouche; c'est ce qui les fait n<Mnmer $(m$ ouverts. H n'en est pas de même des sons graves des voyelles eâ et d ; pour les prononcer, les lèvres s'allongent en ddiors et ne laissent de passage à la voix que par leur milieu ; l'air, qui vient en plus grande abondance de la poitrine, s'entonne dans la bouche et en sort en rendant un s<m gros et sourd,
(TNtUé des sow, même psge.)
DES VOYELLES WIlES ET SIMPLES.
lT«f)Ni-fl pM nettre Mmêneriiigiiiiê oei deniert waf les TOTtiHei ûfiaé, qol M pronoBoent évidemmeot par le même mécenisme, et le tfonreot diM ém coDilttlons toat à fait semblables P D'oA'doos Gonclaons qae les qaatre sons grates iiidIqaéeidmMiitpai les seuls. A. L.
n est bon d'observer qu'entre le son le plus aigu et le plus grave il y a plusieurs degrés, et, pour ainsi dire, plusieurs nuances de sons plus ou moins aigus, ou plus ou moins graves, dont ladifiSrence est plus sensible, lorsqu'on saute un degré pour comparer le premier avec le iroisiémej ou le second avec le qtuUriime. Ve ouveti est la voyelle qui ofire le plus de degrés de ces sons aigus ou graves, comme dans les mots suivants : museUey meêsej pêre^ sujet, thèse, objet, presse^ fête*
{TraUé des #oiw, page lO.)
Les autres voyelles n'ont point d'autre son que le son aigu; ou, si elles acquièrent quelque gravité, elle n'est presque pas sensible. La seule dlfiérence qu'on y peut sentir ne vient que de leur brièveté ou de leur longueur, qui ne diange rien à leur son, comme on peut le voir dans les exemples suivants : donné, donnée ; ami, amie.
(idem^ même page.) D'après ces exemples, on volt qa'U s'agit ici de voyelles non marquées d'an aecent drconflexe; et cela semble confirmer notre observation. Remarquons, en passant f que Taccent appelé grave n'Indique nullement un son grave, mais bien un son ouvert. Ce signe, au contraire, se rencontre même sur les voyelles les plus algnSs, d, tà^at, oùs et quand 11 est placé sur une syllabe longue^ Il ne fait pas encore un son grave pour cela, proc^, succès. A. L.
Ainsi, les quatre voyelles qui sont susceptibles de devenir réellement graves, sont a, e, eu, o; exemple : mdfo, tempête jeûne, côte.
I/après nos observations précédentes, nous persistons à croire qu'il y a encore d'autres voyelles grives, mais à des degrés dMKrents ; flûte, Joute, abîme, etc. Du reste» 0 est bien entendu que le son grave n'est pas tant pour nous un son absolu qu'un rapport de position, une note moins élevée que les notes algues qui Ventourcnt* A* L.
Dans la langue française, les voyelles brèves sont toujours aigfles, et les graves sont toujours longues.
Mais les longues ne sont pas toujours graves, puisque, pour avoir cette dernière qualité, même en admettant l'eiteniion que nous venons de proposer, UfiuitqQe la voyelle soit prononcée avec l'accent drconflexe. A. L.
liais, que les vojrelles soient longues on brèves, graves ou aiguBs, cela n'en change point la nature, puisque leurs sons, quelque grandes que puissent être leurs variétés, sont toujours produits par la même disposition des organes, et que la différence qui se trouve entre les eonsgraves et les sons aigus ne vient que de la quantité d'air qu^on
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ftitsortir de la poitrine, et de la force plus ou moinfl grande atec la-
qudle on pousse la voix. (TraUé du wu, pi«e 11.)
Aussi plusieurs Grammairiens ontrils cru inutile de multiplier ks voyelles» comme font ceux qui comptent pour autant de voyelles celles qui sont aiguës et celles qui sont graves, et en ont-ils borné le nombre àtreize: