‹ Grammaire des langues romanesChapitre 102 sur 141 · CONSTRUCTIONS AVEC LE PRONOM SUBSTANTIF · texte numérisé non relu

CONSTRUCTIONS AVEC LE PRONOM SUBSTANTIF

1. L'idée pronominale w ^la, qui résulte de la combinaison du déterminatif et du relatif, peut tout aussi bien se concentrer en un simple pronom substantif, qui se distingue même par la forme du relatif propre, savoir : ital. cm et quale, esp. quien (anc. Qui^), port, quem, prov. qui, fr. qui (ace. qui : je nommerai qui je voudrai, tandis que le relatif a la forme que). Ce pronom n'est autre chose que l'interrogatif tiré de quis, auquel la langue a donné une acception conjonctionnelle, et cette acception a fini par exclure les autres dans des composés comme ital. chiunque. Le pronom latin correspondant, au point de vue syntactique, n'est pas quis, qui n'est devenu conjonctionnel que dans quisquis, mais qui, qu'on employait en même temps comme relatif. Le pronom substantif roman, de même que le latin qui et l'allemand iver, répond à is qui, non-seulement dans son sens plus précis de « celui qui », mais encore dans son sens indéterminé de « quelqu'un qui ». — Comme ce qui comprend en lui-même le démonstratif aussi bien que le relatif, le cas où on le met peut être déterminé par les mots qui gouvernent la proposition principale, aussi bien que par ceux qui gouvernent la proposition dépendante. Ainsi la phrase est tout autrement conçue dans egli è amico a chi [a colui che) odio que dans egli odia a chi {colui al quale) sono amico : dans le premier cas le datif dépend du premier verbe, dans le second du second verbe. Ce sont ces cas qui donnent lieu aux règles les plus importantes pour l'emploi de qui. 1) La construction se présente sous sa forme la plus simple lorsque le pronom est sujet des deux verbes à la fois. Ital. ben ascolta chi la nota ; quai la vede, convieneche mova sospiri PPS. 1, 524. Esp. quienteme ser enganado bien merece serlo ; port, quem nâo pede nào tem.. Prov. pauc ama qui non es aziros ; franc, qui prend s'engage. — 2) Le pronom se trouve sous la dépendance de mots de la proposition principale qui le déterminent. En ce cas il peut représenter : a) l'accusatif du pronom démonstratif ou indéfini. Ital. credo trovar chi me lo dica (c.-à-d. alcuno che). Esp. no era justo provocar d quien le ténia en su poder ; port, nâo prezo a quem me preza. Franc, aimez

1. Les deux formes sont employées concurremment dans d qui lo él mandase o â quien fuer otorgado SPart. II, p. 4 et souvent.

Page 1