PROP. RELATIVE. CONSTRUCTIONS AVEC LE PRONOM SUBSTANTIF
qui vous aime, h) le datif. Ital. credi a chi ti salvô (a colui che), Esp. yo doy d quien amo. Pr. (vaiid.) la ley demostra a qui ha sen Choix I, 239 ; franc, je m'en rapporte à qui vous voudrez, c) le génitif. Ital. ho compassione di chi piange ; oltre al creder di chi non Vudù Esp. no hahleis de quien es ausente ; port, fazeis me lemhrar de quem me fez esquecer de mim. Franc, c'est V excuse de qui n'en a pas de bonne, d) le cas prépositionnel. Ital. da chi disia il il mio amor, tu mi richiami Orl. 2, 1 ; io son implacabile con chi mi contrasta. Esp. has de poner los ojos en quien ères (litt. sur celui qui tu es). — 3) On a aussi de nombreux exemples du cas où la particule est déterminée par un mot de la proposition dépendante. Ital. a chi son servidore, (colei) m'ha molto grandemente meritato (c.-à-d. premiato) PPS. I, 119 ; amate da chi mal riceveste. Esp. yo odio de quien no puedo vengarme ; yo no soy d quien Hamas ; pareciô que podia correr algun peligro cuya (de quien) era la criatura (celle à qui appartenait l'enfant) Nov. 10. Franc. vous trouverez à qui parler. — L'usage roman transgresse la règle latine selon laquelle qui ne s'emploie comme pronom substantif que dans le cas où les verbes de la proposition principale et de la proposition dépendante exigent le même cas : qui tacet consentire videtur ; coelestis ira quos premit miseros facit. Mais même en latin classique cette règle n'est pas rigoureusement observée; le latin des bas temps et celui du moyen âge se comportent sur ce point aussi librement que le roman : ils omettent is à leur gré : cui autem minus dimittitur, (is) minus diligit Vulg. ; non omnes capiunt verbum istud, sed (H) vulnera nulla timent Yen. Fortunat3, 14; qui doluit, (ei) tollis gemitus 3, 20; componat solidos XL, 7nedium régi et 77iedium (ei), eu jus aldia fuerit L. Rot h. 209. Le même procédé s'observe dans l'ancienne langue allemande où le relatif, après l'omission du démonstratif, peut nonseulement prendre le cas qui lui revient naturellement, mais encore revêtir celui du démonstratif : mir cham des ih ker was = ital. mi venne di chi io era bramoso ; er antwurta démo za imo sprah = rispose a chi gli parlava. Il y a toutefois une difîerence entre les procédés des deux langues : c'est que le roman exprime le rapport en question par une forme spéciale, celle de l'interrogatif, et que la décomposition du pronom en deux parties (di chi, a chi) voile quelque peu le libre procédé de la langue.
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2. Lorsque les deux verbes ont un seul sujet, comme dans la phrase italienne ben ascolta chi la nota (§1, n. 1), on peut aussi échanger le pronom indéfini contre la formule conditionnelle se alcuno ou quando alcuno (si quis, quuni quis). Ce qui est curieux, c'est l'usage suivant lequel la langue donne ce sens conditionnel au sujet chi, même quand la proposition principale possède son sujet propre : on dit par exemple io lo fard, chi non m'impedisce = se nessuno m'impedisce. Mais la langue moderne évite cette expression, fort usitée dans la période ancienne. Voici quelques exemples : Ital. Chérubin son niente belli, chi vede lo signore (lorsqu'on regarde le Seigneur) PPS. I, 25 ; hen è gran senno, chi lo puote fare 196 ; bon è pensare anzi la cosa ditta (detta), chi ragiona II, 54 ; siccome la candela luce men, chi la cela BLat. 8 ; le cose mortali . . . chi ben l'estima P. (7^. 28, 10 ; chi esaminerà la edificazione di Rowia, sarà di quelle città etc. Mach. Disc, i, 1; e vedesi, chi considéra bene ibid. 11. Ils sont rares en espagnol et en portugais : que vale la gloriosa, qui la sabe rogar Bc. Mill. 703 ; esta es de grant forcia, qui la podies' aver Alœ. 1311 ; he moor mylagre, quem qua tem dinheiro CGer. 1, 137; e poren se semellan, quen o ben entender Trov. n. 286. Prov., extrêmement souvent : non pretz colp, qui nol pot auzir Choix IV, 26 ; que quini crida nim brai, eu non aug nulha re III, 59 ; e qui tais mestiers auria, d'aisso es amors jauzia 82 ; qui lo castia el se irais GO. 288^; uns dels maiors sens es, qui demanda ni vol apenre so que non sap GProv. 70 ; v.fr. qui d'argent H donast cent onces, n'alast arrière ne avant \ c'est un vain estude, qui veult dans Montaigne, voy. OreUi 121. On se sert encore aujourd'hui de cette construction après la particule comparative corne : it. corne chi direbbe ; fr. comme qui dirait ; pr. com qui volia dir GProv. 78"^; esp. asi como qui en dice\ esso me parece como quien iiene dineros en mitad del golfo DQuiœ. 1 , 22. Dans beaucoup de circonstances cette construction pourrait s'expliquer par une ellipse de la particule casuelle, ainsi dans ital. rispose (a) chi la chiamô con fede P. Cz. 29, 1, ou dans pr. par debonaire {a) qui l'au parlar Choix I, 239. Et en fait on emploie souvent cette particule : ital. è facil cosa a chi esamina le cose passate prevedere le future Mach. 1, 19 ; mais en voulant la suppléer on ferait dans la plupart des cas une violence inutile au sentiment de la langue. — D'autres langues aussi présentent des exemples de
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cette construction où elles font entrer le relatif propre. En latin dans des phrases comme ista virtus est; quando usu'st, qui malum fert fortiter Plante Asin. 2, 2, 57 ; qui secus faxit, deus ipse vindeœ erit Gic. de le g. 2,8; Aulus minus supplicii meruit ? plus hey^cule aliquanto, qui vere rem aestimare velit Liv. 3, 19, où qui a tout-à-fait le sens du pronom roman, ainsi ce qui vere aestimare velit est assez fidèlement rendu dans les exemples cités plus liant, chi considéra hene, quen o ben entender ; mais les grammairiens latins expliquent cette forme d'après un principe différent, par l'ellipse du démonstratif : illa virtus est ejus qui etc. Le v. allemand avec le relatif der concorde exactement avec l'expression romane, par exemple dans les passages : ich izze gerne, der mirz gît (je mange volontiers, lorsqu'on me donne à manger) ; der die von dir nemen wolte, so geriuw ez dich ; après la particule comparative als, de même qu'en roman après corne : min sper brast, als der ein dûrren ast zerret nider (comme si l'on); ces passages pourraient être littéralement traduits en roman, mais non pas si facilement en latin. Le b. latin aussi a recours à cette expression, par ex. ego nonparvam censeo gratiam, qui hoc meruit Gr. Tur. 4, 5 ; hic est venditio, qui se ipsum vendit For m, Mab. n. 2. Sur quicunque, voy. plus bas § 5.
3. Le pronom substantif ne se restreint pas à l'emploi que nous venons d'indiquer, il peut aussi se rapporter, en qualité de relatif propre, comme que, à des personnes et à des objets. L'italien l'emploie assez rarement dans cette circonstance : on trouve messagier da chi Orl. 2, 62 ; Valba chi Ger. 4, 75 ; et d'autres exemples encore. Mais l'espagnol en fait très-ordinairement usage lorsque des particules casuelles ou des prépositions précèdent : duenas de quien so yo servida PC. 270, mi hijo de quien, vuestro padre de quien, pey^sonas de quienes ou de quien, el cielo d quien, la galeota con quien, aquel por quien. Il est vrai que ce pronom se rapporte mieux à des personnes qu'à des objets. Le v. espagnol qui s'emploie dans la même acception : Bios en qui creemos Bc. SU. 288 ; prado en qui Mil. 19 ; aquel qui FJ.. 62''. Et le portugais s'accorde ici aussi avec l'espagnol : on dit aquelles de quem, eternidade a quem, as tetas com quem.
4. Bien que le pronom personnel qui s'emploie pour is qui, le neutre que (franc, qui, ace. que) ne peut pas remplacer id quod : en ce cas le déterminatif est indispensable. Ital. ben discerno cid ch'io odo ; vedo quello che vedete ; sai quel
che si lace. Esp. allï me sucediô lo que habeis visto ; port. tu bem sahes o que tenho. Prov. om resconda so qu'es malvatz e mostre so dont es honratz ; franc, vous ne savez plus ce qui s'est passé, ce que vous dites, ce dont je parle, ce à quoi l'on songeait. A cette formule ce qui répond aussi en b. latin l'expression fort usitée hoc quod, par ex. et hoc quod debes L. Sal. tit. 50, 2 ; hoc quod dicebat HL. I, 25 (ann. 782) ; hoc quod superius scriptum est possidere debeat ibid. 39 (ann. 813). Les anciens dialectes se comportent plus librement : le complément du déterminatif ne leur est pas indispensable. On trouve par ex. v.ital. faccia che le piace PPS. I, 239 ; per non mostrare che sente lo core II, 398 ; faccia Uom che de' (deve) Dittam. 1,4; prov. huei fai que platz, deman que pes Choix III, 35 ; v. franc, fai que dois, voy. Orelli 123, et encore chez des écrivains postérieurs, comme Malherbe : qui n'avoit jamais éprouvé que peut un visage d'Alcide ; de même en valaque : ce fegeduisem eu, am si plinit (quae promiseram, praestiti) ; série ce tzi spun eu (scribe quod tibi dicto). L'idée pronominale indéfinie (quelque chose) peut aussi en général se passer d'une expression spéciale : ainsi dans la phrase italienne non hanno di che disputare {non habent de quo disputent).
5. Les combinaisons qui répondent au lat. quicunque et qua- LiscuNQUE sont des pronoms indéfinis qui possèdent une valeur conjonctionnelle et qu'on traite comme qui. Ex. It. io ne starô alla sentenza di chiunque voi torrete ; batte col remo qualunque s'adagia Inf. 3, 111. Esp. Bios castigard d quienquiera habrd traspasado sus leyes ; qualquiera lo dira, sard castigado. Franc, sa peine étonne quiconque après sa 7nort aspire à la couronne. — Les règles qui viennent d'être indiquées, au § 2, à propos de qui s'appliquent aussi à quicunque ; la proposition qui en dépend peut avoir son sujet propre : quicunque non receperit vos , eœcutite pulverem de pedibus vestris Yg. Matth. 10, 14 ; pr. qualsque jurara per lo temple, nient es GO. 172^; m.h.allem. swer iuch mit 1ère hestât, deist ein verlorn arbeit (quiconque cherche à vous instruire, etc.).
6. QuALis et QUANTUS, pris substantivement ou adjectivement, peuvent, de la même manière que qui et quicunque, servir à la construction de la proposition relative, sans qu'ils aient besoin pour cela de leurs corrélatifs talis et tantus, par ex. ital. egli è quai fu suo padre ; servira con quanto potrd ; esp. serviré
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con quanto las fuerzas alcanzaren ; no hallô ninguno de quantos criados ténia (comp. plus bas, ch. VI). Il en est de même pour les particules relatives. Beaucoup de ces mots de liaison sont renforcés de la copule que, lorsque leur signification doit être étendue à tous les objets et à toutes les circonstances : de là procèdent les combinaisons italiennes chi che sia (qui que ce soit, tous sans exception) ; chenti che si fossero ; quando che sia. C'est surtout le rameau du sud-ouest qui aime à renforcer de la sorte le sens et en même temps la force conjonctionnelle de ces expressions, par ex. esp. decid la verdad d quienquiera que vos hableis; qualquier que la buscard, sepa etc.; d maravilla lo han quantos que y son PC. ; dans une charte portugaise : omne quanto que ivi est SRos. I, 129 '^; comp. omnia quantum quod ego retineo Marc. 847 (ann. 936).