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chapitre CINQUIEME

Proposition interrogative dépendante.

Sous ce titre, il faut comprendre toutes les propositions dépendantes unies par des particules interrogatives qui ne renvoient pas, comme les propositions relatives, à une idée ou à une pensée déjà énoncée, mais qui, possédant par elles-mêmes un sens complet, sont placées comme un régime grammatical sous la domination d'une autre proposition. La double phrase italienne pensa quai fu colui peut être réduite à la question ou à l'exclamation quai fu colui, et à la conception objective rendue par pensa. Il n'est pas nécessaire que la question que renferme cette proposition exige une réponse : l'objet sur lequel elle porte peut y être examiné ou déjà décidé.

1 . C'est à peine si la syntaxe a quelque chose à enseigner au sujet de la proposition rehée par des particules interrogatives, en tant qu'elle contient une énonciation et non point une question qui attend sa réponse. Les exemples qui suivent peuvent donner une idée de cette construction : subitamente comprese quai fosse la cagione ; considéra quanti spettatori erano ; gli disse quando era yyiorto\ mirate corne il tempo vola. Voici cependant les quelques observations que suggère l'une de ces particules, l'adverbe interrogatif corne. 1) En itahen, il est souvent renforcé par si : 7nirate corne 7 tempo vola e siccome la vita fugge P. Cz. 16, 7 ; ma ben veggi'or si corne al

popol tutto favola fui Son. 1. Voici un exemple provençal : sol que ma dona conogues aissi cum ieu l'am finamen Choix III, 46. — 2) En espagnol et en portugais, on lui prépose aussi la préposition de dans les mêmes circonstances qu'à la particule que (p. 309), par ex. este capitulo hahla de como el rey non deha consentir etc.; muito mipagava de como mha senhor disse etc. Trov. vat. p. 111; mais cette expression, connue aussi de l'italien {ne saccio ragion vedere di come sia caduto PPS. I, 95), est sortie de l'usage. — 3) En français comment, la particule interrogative au sens propre, doit être distingué de comme. Le premier de ces mots se rapporte à la qualité d'un fait, le second au fait en lui-même, par ex. je ne vous dirai point comment la chose s'est passée, je ne vous dirai point comme la ville fut emportée (c.-à-d. la prise de la ville). On a déjà indiqué plus haut, p. 287, qu'en v. français comme s'employait aussi pour comment] voici un exemple des deux mots usités à la même époque avec le même sens : bien vit com jusc' a la mer chevalcha et comment il revint ariere Roh. le Diable. — 4) L'emploi de come pour che après les verba sentiendi et significandi est commun à toutes les langues romanes. Ainsi ital. dicendo come era sano CN. 90 ; pensa di scrivere come egli era vivo Bec. 10, 9; facendo intendere come eglino erano matti Mach. Lise. d, 38; subito conobbe come i vicini lo stimavano poco 1, 20. Esp. mandé cuemo veniessen (imperavit ut venirent) Alûc. 1139; quando las nuevas llegaron de como venian CLuc. 17 ; olvidàbaseme de decir como Grisostomo fué grande hombre BQuix. 1, 12 ; port, signal Ihes mostra de como a nova gente Ihes séria jugo perpetuo Lus. 8, 46. En valaque, on emploie de la même manière cum ce (litt. comme que). En b. latin, le même rapport est rendu par quomodo, mais plus souvent par qualiter, par ex. cognoscatis qualiter apostolicus vir ad nos venit Bréq. 445"= (ann. 724), comp. aussi Funccius Be inerti lat. ling. senect. p. 725. Cet emploi de come, qui est propre aussi au gr. wç et à l'allem, wie, ne mériterait pas d'être relevé s'il n'avait pas profondément pénétré dans la langue. Le grec moderne a été plus loin encore : o-ut est ici tout-à-fait remplacé par tuwç, ainsi 6 àBcAçcç aaç [xoi h(ç>cL^z Tuwç OéXci çôdaai èBw dq Buo '^jf^ipaiç (votre frère m'a écrit qu'il arriverait ici dans deux jours) Schmidt, Neugr. Gramm. p. 273.

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