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La proposition interrogative dépendante qui appelle une

PROPOSITION INTERROGÀTIVE DÉPENDANTE. 350

réponse, la question indirecte, s'unit à une autre proposition qui exprime l'intention d'obtenir une réponse, comme les formules «je demande, dis-moi, sais-tu?», et cette intention peut même être indiquée par « je ne sais pas » . Aux deux modes d'interrogation directe (p. 291) répondent deux modes d'interrogation indirecte. S'il s'agit simplement de Vaffirmatio7i ou de la négation d'une phrase, on se sert de la conjonction siy qui rend le même service que le lat. ne, nwn, an ou iitrum. Cette conjonction remplit donc les deux fonctions de particule conditionnelle et de particule interrogative, comme le gr. £t, le v.h.all. ibii ou l'angl. if, tandis que l'all.mod. ob est restreint à l'acception interrogative. On sait qu'en latin, par un grécisme qui s'est glissé dans la langue, si s'est accommodé à la question indirecte {tentata res est, si primo impetu capi Ardea posset) ; la Vulgate emploie partout cette particule pour le gr. et ; quant au latin du moyen âge, il a suivi l'emploi populaire de cette particule indépendamment de l'influence grecque. Pour ce qui concerne le mode, la syntaxe latine prescrit le subjonctif, mais seulement dans le cas où l'interrogation indirecte, en prenant la construction directe, exigerait ce même mode , ou du moins un auxiliaire modal analogue. Ital. egli domanda se la strada è buona ; di7nmi se il tempo è cattivo ; voglio vedere se egli è arrivato ; pensa se io mi sconfortai Inf. 8, 94. Esp. dime si estas loco ; preguntaron si queria comer alguna cosa ; hay alguna diferencia de si fuè nueva fundacion (et sobre si ; sobre est ici préposition comme devant que et como)\ port, nào sei se me conheces ; pregunta se estào Christianos na terra. Fr. dites-moi s'il est venu ; voyez s'il est arrivé ; je me demande si vous viendrez. L'indicatif s'est introduit de bonne heure dans la langue populaire, car les plus anciennes chartes en présentent déjà des exemples : interrogaverunt ipsius illi se habebat homines Form. Mab. n. 29 ; interrogatum fuit si ipsa causa ver a erat Form. M. app. n. 3 ; interrogaverunt si potebat etc. HL. I, 25 (ann. 782) ; interrogavimus, si habebat aliquid Marc. 780 (ann. 843) ; ut vidissent, si erant etc. HL. I. 99 (ann. 852) ; mais aussi interrogatum ei fuit se ipsa villa vindedisit (vendidisset) Bréq. 447^ (ann. 726).

3. Si l'interrogation indirecte se rapporte à des personnes, des objets ou des circonstances, on se sert alors des pronoms interrogatifs et des adverbes de la question directe. Le mode est le même que dans la proposition interrogative commençant

par si, par ex. ital. spiegami cosa tu pensi di cio ? (explica hac de re quid sentias?); non so che ha detto (nescio quid diœerit) ; non so dov' io fugga {nescio quo fugiam). Autres exemples italiens : chiede chi gli avea adunati; domandava di che viverebhe (parfois di quello che viverehhe (p. 350); ditemi quai è costui ; volentier saprei quanto àbbiamo ad andare ; io non so corne questa la mia moglie si faccia ; vorrei sapere perché non venite più da me. En espagnol que est souvent préposé à la particule interrogative , même lorsqu'elle est elle-même que, et cela a lieu déjà dans la plus ancienne période de la langue. Exemples : preguntaron que quien era aquel ; dîme con quien andas ; dadme cuenta de quien sois, de donde venis ; preguntôle que que habia Cal. é D. p. 33^; preguntôle uno que que navio era aquel; preguntôle uno que que consejo daria, que de que se reia, que quales panos queria, que como le habia ido, que porque Io haria ; replicaronle que porque decia aquello ; les pregunto como harian ; el clerigo debe preguntar que como debe haber nombre SPart. I, p. 57. Franc, dites-moi en quoi je puis vous servir ; je ne sais quel homme c'est ; voulez-vous savoir comment la chose s'est passée? je ne sais pourquoi vous n'avez pas réussi. Val. vezi cine é (vide quis sit); noi nu stim ce este senetate {nescimus quid sit sanitas).

4. Le régime ou le sujet qui appartient au verbe dépendant est construit par attraction avec le verbe principal : c'est là un procédé bien connu du grec et aussi du latin, où il passe pour imité du grec : oT§a ^r^v bizbcr^ ècxi ; sein me in quibus sim gaudiis ? ego illum nescio qui fuerit ; os tuu?n videre vellem qui esset status ; rem vides quomodo se habeat. En roman, il appartient plutôt au style ancien, plus disposé à céder au sentiment, qu'au style moderne, plus rigide. Yoici quelques exemples : Ital. tu 'l saprai bene chi é Dec. 7, 8. Esp. ver an las moradas como se facen PC. 1650 ; se el lobo como se mata Rz. 973 ; no os conozco de donde seais ; procuraba ver d aquel hombre quien fuese\ port, ndo podes comprender seus triumphos quantos sdo GYic. II, 487. Cat. si volets saber la corona quina era RMunt. 546. Prov. contava del temporal cum es Boèce 97 ; dig vos ai Io mieu voler quais es Choix V, 50 ; Io metge sai ben qui es 325 ; be sabetz lo vassalh qui es III, 399 ; ara sai eu de pretz quais l'a plus gran lY, 94 et beaucoup d'autres exemples ; v. franc, ne

sorent la corone cui doner Saœ. I, 6. Le b. latin, qui ofFre de nombreux exemples de l'attraction, semble sur ce point aussi suivre l'exemple de la langue vulgaire, ainsi quia neque te novi unde sis Gr. Tur. 4, 47 ; confirmât illorum fortitudinem qualis fuit Fréd. Bouq. II, 461. Le v. allemand favorise aussi beaucoup cette tournure : nû sehent den honic wie sûeze er sî\ diene weiz ich war ich tuo (je ne sais pas où la mettre); disen liehen guoten man enweiz ich loiech von niir hekêre (je ne sais pas comment l'éloigner de moi), voy. Wackernagel dans les Fundgruben de Hoffmann I, 294.

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