‹ Grammaire des langues romanesChapitre 107 sur 141 · DIEZ · texte numérisé non relu

DIEZ

à et, nec, aut, sed et nam : elles se placent toujours, conformément à l'idée qu'elles expriment, en tête de la seconde proposition. Les adverbes conjonctionnels se placent, il est vrai, généralement aussi en tête de la proposition, mais ils peuvent toutefois être précédés d'une conjonction, comp. le lat. sed etiam, et enim, aut vero, et ideo, at tamen. On ne peut ici transposer arbitrairement les propositions, comme on le fait dans la plupart des formes de la proposition composée au sens propre, parce que les pensées ne forment pas une unité ; mais si la première proposition contient une particule qui appelle une idée complémentaire, la seconde est présupposée nécessaire [non solum pater, sed etiam filius). Les particules de liaison, lorsqu'elles peuvent être suppléées par le contexte, sont souvent tout-à-fait omises : cette liberté est surtout propre à la poésie populaire.

1 . La copule et se présente dans quelques langues sous une double forme. Ainsi l'ital. e s'emploie devant les voyelles sous la forme ed (odio ed amore), le prov. e sous la forme et ou ez; l'esp. y est remplacé devant les syllabes initiales i ou ht par e accentué {é imaginacion, é hija, non pas é hierro, car hi ne forme pas syllabe dans ce mot). Il faut encore observer : 1) En général et n'est préposé qu'au dernier des membres qu'il unit; cependant, pour marquer l'insistance, on peut le préposer déjà au premier membre , comme en latin ; l'allemand en ce cas emploie la formule plus circonstanciée sowohl . . . aïs auch. Ital. resta senza e voce e moto Ger. 12, 67. Cet usage est rare et archaïque en espagnol, par ex. Arsenio me riô y por su mal y aun por el mio Diana de Montera, (voy. Herrig, Ârchiv IV, 468). Prov. molt lo laudaven e amie e parent Boèce 142; v. franc, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in adjudha et in cadhuna cosa ; franc. mod. satisfaire aux devoirs et de sœur et de femme \ je sentis tout mon corps et transir et brûler ^ — 2) L'an-

1. Le V. franc, emploie souvent cet et là même où il n'y a aucune insistance à marquer : il a les Turs et veiis et coisis Gaufr. 299 ; e secorre et aidier Sax. Il, 111 ; et mervoillox et fier 144; si l'eiisse sor sains et juré et plevi RMont. 214, 18; prov. vos avetz trop lo pel e canut e mesclat Fer. 2271; sapjaiz los grans colps e ferir e donar GA. 3004. — Au lieu de et .... et, on trouve parfois aussi dans l'ancienne langue amhoduo .... et, par ex. franc, cil anemi sont andoi ire et convoitise Barl. 1, 19 ; de même amhore .... et'- ambur en terre et en mer; ambur e saver e folage, en grec àfxçoTepov .... xai, m.b.all. belde .... unde, angl. both.... and, voy. mon Dici. étijm. H. c, s. V. amhore.

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