‹ Grammaire des langues romanesChapitre 108 sur 141 · ASSEMBLAGE DES PROPOSITIONS AVEC ET · texte numérisé non relu

ASSEMBLAGE DES PROPOSITIONS AVEC ET

cien style roman favorise au plus haut degré la 7^épétiHon de la copule (polysjndète) entre des mots isolés et des phrases entières. On trouve partout des exemples comme prov. montet en destrer e mes Vehn en la testa e fai soyiar las trombas e fai deserrar Los sieus confanos Choix V, 92. — 3) La suppression de la copule, même devant le dernier membre (asyndète), s'opère partout librement, et le seul fait caractéristique à observer c'est que le roman, là où il se montre abandonné à lui-même, est beaucoup moins porté que le latin à se passer de conjonctions dans une série de notions et de pensées. Mais certains poètes se passent de la copule, lorsqu'ils se proposent d'indiquer une gradation de l'expression, ainsi prov. fon de valoTy de gaug, de totz los bes Choix V, 12, uns malaprès y vilas, cobes, avars III, 358. — 4) Et pour etiam se trouve surtout encore dans le domaine itahen : ciô ch' esorta Goffredo, ed io consiglio Ger. 1, 29 ; il en est de même dans des traductions provençales : tôt aco que tws volez que vos fassunt H home, e vos faides a els (ita et vos facile illis)

00. 143^ ; v.fr. car qui merci nen a d'altrui, et dex merci ne7i a de lui Brut I, p. 380.

2. Il arrive souvent qu'on emploie et, non point pour unir des propositions, mais pour servir d'intermédiaire entre l'interpellation et la question, l'exclamation où la réponse. L'interpellation, qui consiste en un vocatif, est rarement omise. Les dialectes anciens, et maintenant encore l'espagnol, se montrent particulièrement favorables à ce mode d'expression. Ital. se i tuoi parenti trovanmi, e che mi posson fari (fare)'\ Nann. Lett. I, 3; lo vostro insegnamento, e dond' è miso? ibid. 105; damigella, e chi sete voi? CN. 156; misera, ed a quai' altra il ciel prescrisse vita mai grave ed immutabil tanto? Ger. 4, 70; il frate disse : e io son contento Dec. 1,1. Esp. valame dios, y que es esto? Nov. 9; valame dios, y quien sera aquel que puede contar etc. DQuix. 1, 9; o pan, y quan tarde vienes ! Num. 4, 1 (p. 76); ay dulce fuente mia, y de quan alto me arrojoste ! Gare. Egl. 2 ; 0 criadas, y quantas honras ilustres se han perdido ! Cald.

1, 361^; daros lo he yo, 7ni senora, y supiesse yo las tierras! SRom. 238; port, nostro senhor, e ora que serai Trov. Vat. p. 73 ; et a primeira palavra foy : e o pastor? R. Men. c. 20; hui! e que gaio he ora este! GVic. I, 256. Prov. francs cavaliers, e con estas? Jfr. 78^; e non anaretz vos ab nos? 79''*; seiner, e nonla co^ioissetz'^. 96''; barons, dis

el, e deu vos gar, a oni mon caval enselat? 100^; pueys H a dich : e qui es tu? LR. I, 552^; Johan, Johan, e dormes tu? 561^; Gausselm, e com auzatz dir? Choix IV, 21; lasî e doncx que far ai? III, 337; ai dieus, e quem fos ironda! (var. ai dieus, ar semblés irunda POcc. p. 9) ; amors e com er de me ? ibid. 247 ; v. franc, sire père, fait il, e vus que m'en loez? TCant. p. 14 ; amis, e je l'otrei Rou I, p. 365; dame, et je les amer ai Berte 12; cousins, dist Aallars, et nos le vos dirom RMont. 248, 30. — Le latin emploie et dans l'interrogation qui marque le dépit : et quisquam dubitavit? et a quo nugamenta haec comparasti? Le gr. y.at, qui dans le discours passionné se place en tête d'une proposition, tend tout-à-fait, dans la langue actuelle, à prendre le sens du roman et, ainsi dans ^épovTa, xal xivcç cTv' t' à\xT£/d ? (vieillard, à qui appartient la vigne?) Miiller, VolksL II, 24. Ce procédé n'est pas étranger non plus à l'ancien allemand ; on trouve déjà en v. h. allemand inti thu ni hortos fon themo heilante? Graô I, 362 ; voy. sur ce point les recherches étendues de Ludwig Tobler dans la G er mania XIII, 91-104.

3. Après et, il nous reste encore à traiter d'une autre copule simple. Le valaque a tiré du lat. sic la forme si, qu'il emploie exclusivement. Le v. français, au contraire, se sert aussi bien de si que de et ; il règle l'emploi de ces copules à peu près de la manière suivante. Si se place en tête d'une proposition qui n'introduit pas de sujet nouveau et toujours immédiatement devant le verbe ou les expressions conjonctives qui accompagnent le verbe. Cette copule appartient surtout à la narration : en rattachant chaque phrase à celle qui la précède, elle donne au style une certaine prohxité qui n'est pas sans grâce ; on trouve cette copule dès les plus anciens temps jusqu'au xv° siècle. Il est inutile d'en donner beaucoup d'exemples : ces d'Amalech la cited assailirent, si la pristrent LRs.\ le areisuna, si li dist ibid.; s'aparut Deus, siVapela\ en piez se dresset, si li vint cuntredire; rent mon oisel, si ne le port avant! GVian. 107; elle me fait ici attendre, si 7n' ennuie, Miracle (xiv'' siècle); sui d'espouser vous envays, si sera fait (je suis pressé de vous épouser et cela sera fait) ibid.; aler m'en vueil vers Cupido, si leur raconteray Ch. d'Orl.; il m'aperceu, si commença à rire ibid. Si la proposition a un sujet nouveau, elle doit être rehée par et, non pas par si, par ex. e cis vindrent encuntre David e il les saluad LRs.; e reprisi une altre dame e furent ambesdous ses muilliers

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