‹ Grammaire des langues romanesChapitre 109 sur 141 · ASSEMBLAGE DES PROPOSITIONS AVEC SIC ET NEC · texte numérisé non relu

ASSEMBLAGE DES PROPOSITIONS AVEC SIC ET NEC

ibid. Mais aussi dans des cas où si pourrait être usité, et s'emploie comme copule ordinaire, surtout devant la négation ou pour alterner avec si : David e H suen cururent par la cuntrée e enmenoent les preies LRs. ; e David guastout tute la terre e n'i laissad vivre LRs. ; e li Philistien s'asemblerent e vindrent en terre de Israël, si s'aloyereyit en Sunam ibid. Et prend aussi fort souvent la place qui lui revient de droit devant si, car en fait les phrases qui débutent par si sont asyndétiques : l'appela e si li dist LRs. ; preneiz me et si me gittiez en la mer SB.\ deus vos dont honor et si vos gart de dolor Rom. éd. B. 311 ; vers li m'en alai et se la salue ibid. 306 ; dist e si li granta TCant. p. 105*. Il est hors de doute que le pronom personnel conjonctif occasionne extrêmement souvent l'introduction de la particule si, et alors cette particule suffit à effectuer l'assemblage des propositions. Le provençal emploie si de la même manière. Les poètes lyriques l'évitent, il est vrai, probablement comme une forme vulgaire; mais si est assez usité chez les autres poètes et dans la prose, par ex. fez sos mes segre, silz fez mètre é preso Boèce V. 59; ven acorren, sil pren per lo talo 240; pren mon bon destrner, sil ne inena de grat Fer. 917 etc.^. — Il faut encore remarquer l'ital. si ... e si, parfois si ... si ou si ... e, qui a tout-à-fait le sens àe et ... et. Ici comme partout on peut encore se servir d'autres particules comparatives, par ex. cosi ... coME, si ... CHE (dispone si délia guey^ra che délia pace),

esp. Asi ... COMO, TAN ... COMO, TAMBIEN ... CCMC, fr. AUSSI ...

1. Le franç.mod. et si signifie et cependant, et cette locution avait déjà pris ce sens au xv* siècle : par ex. il les chassa et si navoit pas cent chevaux en tout Com. 364.

2. L'ancien style emploie aussi ce si au milieu de la phrase, c'est-à-dire dans un cas où on ne peut attribuer à si la valeur d'une conjonction, ou encore dans l'inversion, par ex. it. di questo Catellino di Roma si nacque un figliuolo Malesp.; allora lo 'mper adore per doitanza si lo pregb ibid.; pr. quar senker vosire nom si lo camgatz GRoss. 6678 ; Bertrans si s^appellava Raissa Choix V, 81 ; souvent en v. français après puis : et puis si s'arrestoil Berte 43; et puis si li manda TCant. p. 91 ; puis si s'en tome Ren. 111, p. 17t. Ce si roman répond au v.all. so dans des phrases comme cleinero githanko s6 ist ther selbo Franko (de subtiles pensées est ce Franc) ; umbe sin hulde s6 diente si im aile wege (pour obtenir sa faveur elle le servait de toute manière). 11 faut distinguer de cette expression le si provençal et v.français, qui renforce une énonciation affirmative et se place à côté du si espagnol et italien : e ieu si so (et c'est bien moi) GRoss. 166; e ieu si fauc 6591; amicx, si aurai eu be Choix IIJ, 163; ediex, si est grant traisons TFr. 528.

QUE, V.tr. TANT ... COMME OtC, Val. CATUT ... CUT, b.lat. SIC ... QUOMODO.

4. La copule négative nec (ital. ne etc.) unit une proposition ou un mot isolé à une négation déjà exprimée, ce dont il sera parlé dans la troisième section. Ici il convient de faire les remarques suivantes : i) Et aussi est capable de transporter, au moins à des idées de même nature, la force négative d'un non ou d'un nec contenu dans la proposition, bien que née nie d'une façon plus expressive. Ital. parente e amico non t'ave ad aitare PPS. I, 11. Esp. ni la distancia, ni interpuestos montes y proceloso mar me apartardn. Prov. si malt non es savis e pros Choix IV, 84 ; si Falco nolh secor el reys 83; s'ar no socort la crotz el monumen 92; v. franc, qu'il ne muire [meure) de duel et d'ire Rom. fr. 57 ; franc. mod. s'il n'est pas sage et docile etc. — 2) Pour unir une négation à une énonciation positive, on se sert de et non. Ital. lo cerco e non lo truovo ; l' amico mio e non délia ventura Inf. 3, Q\ . Esp. el verdadero amor ha de ser voluntario y no forzoso ; aquel vino y no quiso partir. Franc, il est mon ami et non le votre. Cependant on peut aussi employer, comme en latin, nec pour et non, tant qu'on ne cherche pas à marquer une opposition : ital. il fanciullo piange ne osa parlare {puer lacrymat nec audet loqui); mal fa il re che puô ne la correge Orl. 4, 67 ; esp. donde le dexè ni se si muerto 0 si vivo JDQuix. 1, 28 ; mais franc, l'enfant pleure et n'ose parler. Lorsque la seconde proposition ne contient pas de verbe propre, l'espagnol se sert d'ordinaire de que no : esto es artificio, que no naturaleza ; vuestra fué la culpa, que mia no SRom. 311; mas nos preciamos que menos no PC. 3312; feos, ca non lucientes Bc. Mil. 734; port, d'ouro erdo, que nâo d'al GVic. 356 ; maravilha feita de deos, que nâo de humano hraço Lus. 8, 24 ; aussi prov. (rarement) a vos sera rendut lo cavals, que a altre non Jfr. 158^ ^ — 3) Enfin

1. Je suppose que le que, dans cette combinaison, doit être pris au sens causal (voy. plus bas, § 11), bien que notre sentiment de la langue ne s'arrange pas de la traduction littérale « la faute en est à toi, car non à moi ». Une rencontre singulière est celle de ce que no, si que est vraiment causal, avec le b.lat. nam non, non enim (= non vero, comp. DC. s. V. nam), par ex. absolutus in puhplico, nam non in secreto (comme esp. que no) Form. Bal. min.; quod de adultmio naius sit, nam non de certo paire L. Roth. 164; ut meilorentur, nom non pegiorenlur Lup. 915 (anu. 881). Pourrait-on voir dans ce nam non une traduction du

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