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CHAPITRE PREMIER

Méthode italienne, espagnole, portugaise, provençale et valaque.

Il faut distinguer quatre cas : la signification absolue des négations, les périphrases qui les remplacent, l'emploi des négations avec le verbe dépendant et leur renforcement. Avant tout il convient de donner un aperçu des diverses particules négatives. 1) Particule négative simple non : ital. non, esp. no (arch. non), port, nào, prov. non, no, val. nu (n'). 2) Conjonction nec : ital. né (ned), esp. ni (arch. mn), port. 7iem, prov. ni, val. nici. 3) Pronom nullus : ital. nessuno , niuno, nullo, veriino (toutes ces formes ne sont usitées qu'au singulier), esp. ninguno, nulo , port, nenhum, nullo, prov. negun, neisun, nulh, degun, val. nici un; nemo : esp. nadie, port, ninguem, val. nimenea, ce mot est remplacé par : ital. niuna persona, prov. nulhs om, etc. ; nihil : ital. nulla, niente, prov. nien, esp. port, nada, val. nemic. 4) Adverbe nunquam : esp. port. nunca, prov. nonqua.

1. Signification. — Les mots latins non, nec, nullus, nemo, nihil, nunquam expriment une négation absolue; les mots romans qui en sont dérivés ou qui les remplacent n'ont pas tous la même force ; la plupart hésitent entre la valeur négative et dubitative, et cette valeur est généralement déterminée par la

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place que ces mots occupent dans la proposition, ou par le mode ou le contenu de renonciation ; aucun de ces mots n'est devenu vraiment affirmatif. Il faut donc distinguer ici entre négation complète et incomplète, ou négation parfaite et demi-nègaiion. Nous avons à considérer en premier lieu les négations simples non et nec. 1) Non est resté la négation parfaite : l'italien non mi ricordo est exactement le latin non memini. Mais non s'emploie aussi comme intensif dans l'exclamation, surtout pour donner plus de vivacité à l'expression du souhait : ainsi ital. che non darei! esp. que non daria! (que ne donnerais-je pas !). — 2) Nec est également une négation complète en italien : egli venne ne voile andarsene. En espagnol ce mot s'emploie plus rarement seul dans une acception aussi tranchée {le dexé ni se si muerto, voy. p. 374); ici, comme dans les autres langues, ni s'appuie sur une autre négation contenue dans la proposition, ou bien se décompose en et non : no puedo ni se decirlo\ aquel vino y no quiso partir ; prov. no m'alegra cant ni critz ; non l'es honors ni hes ; lo poders nïl semblans no es en mi ; l'elme ni la cofa no H valc; ieu l'auzia e nol vezia. Cependant la force négative de cette particule est augmentée par la répétition, ce qui prouve qu'elle nie déjà par elle-même : ce n'est pas en italien seulement qu'on dit ne in confessione ne in altro atto peccô giammai, mais on trouve en espagnol des locutions telles que ni infante ni maestre soy Gald. I, 277^ ; ni poso en ramo verde ni enprado que tenga flor S Rom. 310; el mozo ni sabia que decir ni que hacer ; et en provençal de même : qui a vos se fia, ni a amor ni paria PO. 153. En espagnol on sous-entend aussi parfois le premier ni : (ni) pan, hijo, ni aun otra cosa Num. 4, 3 (p. 68); en toda mi vida me hansacado (ni) diente ni muela DQuiœ. I, 18; que (ni) una ni otra se dilate Gald. I, 28^ ; ainsi comme en m. h. allemand : dem (en) sint die engel noch die vrouwen holt. Il est d'usage aussi de nier encore spécialement le verbe principal accompagné de non : non possum reliqua nec cogitare nec scribere\ nec sursum nec deorsum non cresco Pétron. cap. 38; b.lat. nec super nec subtus terra plus de facultate non abit (habet) L. Sal. Pott 142. Ital. non voleva ne consiglio ne ajuto\ egli non rimase ne morto ne vivo. Esp. no les queria ni aconsejar ni favorecer ; no es bueno ni para uno ni para otro. Val. nu poate venî nici la prunz nici la cine (ni à dîner, ni à souper). De nfêmegr. ou aùvaxat out'sù Xé^siv out' £u TToieTv Tobç çCXo'jç; v.h.all. thaz 7nan ni swere (all.mod.

schworé) noh M himile noh M erdu. Mais lorsque la proposition contient plusieurs verbes définis le v. italien et le provençal accompagnent souvent nec de non : ital. non laudo ne non m*è a piacimento PPS . I, 145; non sie inizzatore ne non usar rampogna BLat. 138 ; non H fece motto niente ne non fece rispondere CN. 9 ; prov. nom tolh ynanjar ni dormir ni'n sent freidura ni calor\ ni non badalh ni non sospir Choix III, 438; comp. v.h.all. sie ni arbeitent noh ni spinnent.

2. Les pronoms rentrent dans la classe des demi-négations, mais leur force négative varie d'une langue à l'autre. En italien il est d'usage de munir encore le verbe de non ou de ne lorsqu'il se trouve placé avant les pronoms : non vedo nessuno ; non trovo veruno ; da lui non rimase nidla figlia ; non ne fard nulla ; non ho niente veduto. Lorsque les pronoms précèdent le verbe, ils nient suffisamment par eux-mêmes, bien qu'en ce cas aussi on les accompagne parfois de la particule négative : nessun guardia face Inf. 10, 9; quasi niuno vicino ha delV altro cura ; veruna persona se ne accorse ; niente del rimanente si curarono\ niente nonti baie (vale) PPS. I, 7; null' altra amistanza non guadagna uomo 120; gente neuna non v'arrivava CN. 55. En espagnol le pronom qui suit le verbe doit être renforcé : non facien nul perdon Bc. Mill. 219 ; esto no es agravio en ningunamanera ; no la deœariaverdenadie ; no importa nada ; il peut se passer de la particule négative, lorsqu'il le précède : nulla ren destruia Alx. 831 ; ninguna palabra créa ; nadie osa contradecir. Cependant la particule s'emploie aussi fort souvent , surtout chez d'anciens écrivains ; voici quelques exemples : que nadi nol diessen posada PC. 25; ninguno non (es) por pagar 544; 7îada non perderd 1397; nul consejo non daba Bc. Mil. 591 ; nenguna muger non se casa FJ. 51^; nada no veo JMen. 18; que ninguno no quede Num. 1,1. Les pronoms*portugais nenhum, ninguem, nada^Q construisent de même. Les pronoms provençaux n'ont également qu'une demi-force négative : ils demandent à être appuyés par non ; canson no fetz nenguna ; aynic no pot nulhs hom partir; negus cantars no s'appellava cansos; degun assaut no fezetz ; ni nuls non pot vezer ; neguna res nom val ; il serait difficile de trouver un exemple de lomission de non. Le daco-roman aussi ajoute la particule négative : n'au zic mi aceasta ince nici unul {nemo id mihi dixit) ; nu erà niminea (nemo erat) ; nimenui nu se cuvine (nemini convenit) ; nu

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zice nimic (nihil dicat) . En ce qui concerne encore spécialement NiHiL dans tous les dialectes, il convient de remarquer que ce mot, lorsqu'il sert d'attribut, ne prend pas la négation ; ital. cid era niente (= invano)\ iutio era nulla; esp. yo soy nada\ prov. aisso es niens ChoixYY, 215; encontralui foronnienz Flam. 1582. — L'esp. port, nunca est traité comme le pronom : no pensé nunca ensolicitarlo ; que nunquaserien minguados PC. 2479; port, nam me fezera lemhrança nunca CGer. II, 52 ; nào se vira nunca em tal eœtremo ; nunca cotisa mays senty CGer, I, 129. Même le mot provençal correspondant n'exige aucune négation complémentaire lorsqu'il précède le verbe : nonca m'es gen Choix IV, 17; sitôt noqua-m faitz autre he III, 13. — Ce n'est pas sans raison qu'on fait ainsi précéder le pronom et l'adverbe d'une seconde négation. Dans le domaine roman il est reçu d'indiquer le sens négatif d'une proposition avant d'exprimer le verbe, et cela n'empêche pas le pronom ou l'adverbe qui suit d'être négatif. En effet le précepte de la grammaire latine (qui n'est même pas suivi dans tous les cas) d'après lequel deux négations équivalent à une affirmation s'accorde difficilement avec les tendances des dialectes populaires, et les idiomes romans doivent être considérés comme tels au point de vue de leur origine. Cela étant, on arrive facilement à admettre même une triple négation comme renforcement, sinon comme pléonasme ; ainsi en italien : ned a nulV uomo che sia la mia voglia non diria PPS. I, 221 ; esp. porque nosepa ninguno nada CLuc. 81 ; sin que nada d nadie envidie Cald. I, 369^; port, nâo vou nunca a casa de nenhum homem ; prov. a nul paupre no vei negus aon PO. 301. Comp. gr. oux iTOi-^dc TouTo ouca[j.ou ohlz{q\ m.h.aU. daz nie nieman nihtesinne loart. Les chartes en b. latin montrent que cet usage de la langue populaire remonte haut : nec per meion nullum ingenium nunquam per dédit Form. Mab. il; ut nidlus non praesumat de his speciehus nihil abstrahere Bréq. 108^ (a. 615); n^ nullus nihil audeat au ferre jubeo 112 (a. 615), etc. Des manuscrits d'Apulée donnent neque nullo modo (voy. Oudendorp sur Metam. p. 335). La phrase de Pétrone nemini nihil boni facere est-elle une locution populaire ou un grécisme? voy. le Rheinisches Muséum, fïtr Philologie, N.F. II, 77. Cette accumulation de mots négatifs a dû, à la vérité, porter préjudice au sens même de ces mots; c'est pourquoi les expressions romanes correspondantes à nullus, nemo, nihil, nunquam ont fini par ne plus exprimer que le sens de ullus, quisquam,

quicquam, iinquam, et cet affaiblissement est surtout sensible dans les propositions dépendantes. No?i ne supprime la négation que lorsqu'il est construit avec le pronom négatif et non avec le verbe, ce qui arrive rarement : du moins les composés esp. port. nonada et val. nu nemica équivalent-ils à non nihil.

3. Expressions périphr astique s. — Les pronoms et les adverbes négatifs dont il vient d'être parlé peuvent aussi être remplacés par des pronoms (ou des substantifs employés pronominalement) et des adverbes de signification positive unis à non ou neCy et par ce moyen on obtient même les équivalents des négations de la langue mère qui n'ont pas subsisté. 1) Les pronoms sont aliquis, homo, res et leurs synonymes qui, construits de cette manière, expriment le sens de nullus, nemo, nihil. Ital. non hai tu spirto di pietate alcuno? Inf. 13, 36; io nol dira mai a persona ; non vedea persona che'l facesse ; non m discernea alcuna cosa ; cosa non (c.-à-^d. nihil) ha ripar che vôglia torre Orl. 2,4. Esp. no sintiô palabra alguna\ no podia decir ni una palabra; ni él conocia en toda la ciudad persona; no hay cosa {nihil est); y. esp. non podia saber orne Alx. 1S7; hombre non vos podria decir cosa CLuc. 52; port, nâo sentem vir pessôa; eu nâo Ihe perguntarei cousa alguma; nâo vos saberia negar cousa. Prov. alcus no raubira (non rapiet quisquam) GO. 258'' ; una non sai; non es hom (nemo est); no pose re donar Boèce 89; erguelhs no val res; no i trobec causa GO. 8b. — 2) Les adverbes de temps sont jam, magis, etc. ; ces adverbes accompagnés de la négation équivalent donc à nunquam ; mais l'esp. jamas a tout-à-fait pris le sens de nunca, puisqu'il nie absolument lorsqu'il est placé devant le verbe. Ital. mai non empie labramosa voglia Inf. I, 98; ne giammai avvenne che etc. ; les adverbes mai, giammai ont parfois en v. italien le sens de Y es^^. jamas. Esp. no par eciô jamas; el jamas como se debe alabado caballero; port, cithara ja mais contou Victoria. Prov. anc ieu non l'aie (jamais encore); ancmais non mi plac tan ; ja non er hom tanpros que no sia blasmatz (jamais); jamais non serai chant aire ^. Les langues romanes

1. Le provençal emploie anc pour le passé et lui oppose ja pour l'avenir, ainsi que l'a déjàobservé Raynouard, Choixl, 377 ; le premier mot répond à adhuc, le second à amplius. A anc et ja s'ajoute 7nais qui étend encore plus loin dans l'avenir l'idée de temps. L'opposition de sens de ces deux adverbes ressort nettement de phrases telles que ja non er ni anc no fo ou qu'anc fos ni er jamais (comp. t. 11, 439). Mais ja ne Vappli-

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possèdent un adverbe qui mérite d'être cité ici, car, sauf peut-être dans la proposition interrogative ou conditionnelle, il se fait toujours accompagner de la négation et prend alors le sens de non valde, haud diu, cet adverbe est ital. guari, prov. gaire (cf. t. II, 422). Ex. ne stette guari (nec diu commoratus est) ; nopretz gaire {non magni aestirad) ; pro non es gaire {non es valde utile). — Il faut encore ajouter qu'en provençal moderne les mots cités ont pris un sens négatif : cet accident est connu aussi par d'autres langues. On peut, il est vrai, dire avec la négation : acou noun mi fa ren (franc, cela ne me fait rien), mais on dit aussi : creignoun ren la magagnou (ils ne craignent pas la fatigue) ; lou pichot fay ren que plourà {V enfant ne fait que pleurer) \ lei lou faran plus mau ei fedou {les loups ne feront plus de mal aux brebis) ; lei noué valonplus ren {les noé'ls ne valent plus rien); l'y ai gayre leissa de rasin {je n'y ai laisse guère de raisins) ; de même degoun m'a respoundu {personne ne m'a répondu) ; jamai degoun mi dara tor {ne me donnera tort). Yoy. les Noëls composés par Saboly, Avignon 1836.

4. Emploi des négations dans les propositions dépendantes. — Après certaines énonciations négatives, on accompagne le verbe de la proposition dépendante rattachée par que à la proposition principale, de la négation pleine, qui ici répond généralement au lat. quin ou ne, quelquefois aussi au gr. [xy; ; la phrase interrogative exerce en ce cas la même action que renonciation négative. Cela a lieu dans les cas suivants : la négation peut y être soit littéralement exprimée, soit résulter du sens. 1) Après les locutions ne pas douter, ne pas nier. Ital. io non dubito che voi non dobbiate vivere il piû consolato signor del mondo {non dubito quin) Dec. 10, 10 ; io non posso negare che la foriuna e la milizia non fusser cagioni delV imperio romano (negare non possum quiri)Wd.Qh. 1,4. Esp. no dudo siNo que importa Num. 1, 1 ; no hay duda siNO que los caballeros pasaron mucha malaventura DQuix. 1, 13; no niego que no pudiese hacerlo. Prov. res nom fai duptar qu'el nol vencha Choix IV, 230 ; nous desdiria que ma domna tais non sia 32; ges ieu non esconditz quel

que pas seulement à l'avenir, cet adverbe peut aussi rendre le sens de son type latin jam (déjà), comme dans ja-m tem morir, ieu ai ja vist, ou renforcer une négation, sans égard au rapport de temps, par ex. ja non cugei, je n'aurais pas cru, anc non cugei, jamais je n'aurais cru; ja no vuelh;ja no volgra; ja no sia.

preiars nonaia sahor 31. De même val. nu 7ne indoesc ce nu va (non duhito, quin eat). A prendre les choses au pied de la lettre, on ne veut pas contester ni nier la négation de la seconde proposition, on l'admet sans la faire sienne. On peut, il est vrai, se placer à un point de vue uq peu différent, et alors la seconde négation tombe ; c'est ce qui a lieu ordinairement lorsque la proposition secondaire est remplacée par un infinitif, échange connu déjà du latin, qui peut rattacher aussi à non dubito la formule de l'accusatif avec l'infinitif au lieu de quin : ital. quello non negherd esser vero Dec. 2, 8; esp. nadie duda que fenece Flor. I, 27*^; que huscas mi bien^ no hay duda Gald. I, 126^; port, nào duvido que o inimigo venha. On introduit parfois la particule négative dans la proposition secondaire, même lorsque le doute et la négation sont positifs, mais c'est un pléonasme, par ex. ital. duhito que non venga oggi. Cependant si le doute qui porte sur la proposition dépendante est de telle nature qu'on incline vers l'affirmation, la particule négative trouve une application naturelle : ital. dubitava non fosse alcuna dea (il se demandait si ce n'était pas là une déesse, dubitahat an dea esset) Dec. 5, 1. — 2) Après les locutions ne pouvoir s* empêcher, ne pas manquer, ne pas tarder et autres analogues. Ital. non posso fare che non me ne dolga (facere non possum quin)', non relinque che non ne cerchi Orl. 12, 19; io non starô ch'io non adombri I, 58; v.ital. non mi posso sofferire di non fare PPS. I, 477 ; non lascia che non vada BLat. 130. Esp. no podrdn escusar que no ayan d leer CLuc. p. 3; como podrd deœar de no dolerse? Nov. 2; no se pudo contener de no cortar la balija Nov. 3; port, nam se podia ter que Iho nam mostrasse [tenere se nonpotuit quin) R. Men. c. 12; nam tardou que logo nam t ornasse. Prov. no puesc mudar no digua mon veiaire Choix V, 379 ; non estarai mon chantar non espar j a IV, 177; no pues sofrir que la lenga no vir [pati non possum quin) III, 310; non se poc tenir q'el nol dizes V, 190; nom puesc estener que no7n contenda [non possum abstinere quo minus) IV, 19 ; non laissarai que non atenda V, 58, no pot esser remazut que vas cel no volon tronso IV, 150. Ici l'action est considérée comme pouvant être niée, et c'est cette négation possible que dément la proposition principale, ce qui donne à renonciation entière plus de force. — 3) Après craindre, éviter, défendre, empêcher et autres verbes analogues qui contiennent explicitement un sens négatif : on ne désire pas, on

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ne veut pas que quelque chose arrive. Exemples. Ital. ie^no che la venuta non sia folle {tiyneo ne) Inf. 2, 35; temeoa di non peccare\ per paura di non essere accusati; dubitavano forte, non gV ingannasse ; duhitarono di non essere riconosciuti; aveva sospizione ch'eglinonlo rivelasse ; guardatevi che persona non vi miri ; guardati bene di non rispon-dere ; gli vieto che non si passasse ; comincio a pensare in che maniera potesseimpedire checio non avesse effetto Bec. 5, 1. Esp. recelo y temo que no se vuelvan; por evitar que no se aumente la dura pestilencia Nura. 3, 1 ; por miedo de no ser hallado ; guardaos que no descubrais vuestro secreto ; defendemos que non los maten FJ. ; me hallo imposibilitada de nopoder sufrir esta ausencia DQuiœ, 1, 34. Prov. deu gardar que non prenda mermansa Choix III, 7. Aussi val. me tem se nu me musche {timeo ne me mordeant). Yoy. Glemens Gramm. § 173. On supprime aussi la négation après « craindre », ainsi ital. dubita che giaccia Ger. 7, 30; esp. temo que en lugar de alaballe le ofendiese Gare. Egl. 2 ; prov. dubti que m'embles PO. 125. — 4) Après peu s'en faut : ital. poco mancô che non mori {paulum abfuit quin), et plus brièvement : per poco non mor^; prov. per pauc que nol fetz, per pauc nol fetz.

5. Si dans les cas qui viennent d'être cités le roman se modèle sur le latin, un autre emploi de la négation dont il s'agit maintenant, dans la proposition comparative, est tout-à-fait propre aux langues filles. Il faut distinguer les cas suivants : 1) Une proposition dépendante d'un comparatif prend généralement la négation, lorsque la proposition principale ne nie pas déjà par ellemême. On a considéré comme une négation le contenu de la proposition dépendante rectifié par la proposition principale ; en allemand par ex. er ist reicher als man glaubt équivaut à er ist so reich wie man nicht glaubt. Exemples : ital. ho trovato più ch'io non credeva ou piû ch'io credeva, più di quello ch'io credeva ; più bella gli parve assai che stimato non avea ; ben posso cantare più amoroso che non canta null' altro amante PPS. I, 191; {tu) entendi me' cKio non ragiono Inf. 2, 36. Esp. aquel es mas diestro que no parece ; es mejor que yo pienso ; vos traio proraessa mejor que non querrie Bc. Mil. 531 ; port, minhas coitas buscd-las me sào mais caras que nào soffré-las GVic. II, 507. Prov. dona genser que no sai dir. — 2) Si le second membre de la proposition comparative n'a pas d'attribut qui lui soit propre, l'emploi

de la négation pleine est en dehors de la règle, bien qu'il y en ait des exemples. Machiavel par ex. dit : fu usât a meno ingiuria dalla repuhhlica che no dal principe et de même souvent. Esp. mas se yo de mi facienda que non vos Cal. é D. 40^; un grano de pimienta mas trae d' amargura que non toda la quilnia Alœ. 11'3 ; la muerte menos temiendo que no la tardanza délia JMen. est. 18; el remedio es peor que no el dano GVic. 94 "^ ; mayores a fr entas son las que estos pasaron que 710 las que aora nosotros pasamos DQuioc. 1, 15; mas vale algo que no nada ; port, he melhor que vamos sâs que nào mal acompanhados GVic. II, 525. Un verbe qui s'introduit dans le second membre de la proposition ramène facilement la négation : ital. ama più questa donna che non faceva Valtra (au lieu de che Valtra)\ troppo maggior cosa che questa non è ; prov. maiers fo que non es us taurs Jfr. 50^; per vezer suy sai vengutz mais qu'ieuno suy per vostr'aver Choix IV, 1 . — 3) D'autre part les demi-négations sont assez généralement usitées dans le second membre ; mais des pronoms et des adverbes positifs n'en sont pas exclus pour cela. Ital. era più iracondo che niun (alcun) altro. Esp. mas pena que ninguna muerte S. Prov. 224; planirè mas que ninguna CGen. 253; eran muy mas aie grès que nunca fueron antes Alœ. 603; port, mais amador que ninguem\ os ventos mais que nunca iynpetuosos Lus. 6, 205. Prov. mais am per vos morir que d'autr' aver nuljoi PO. 276. — 4) Les expressions comparatives ALTER, potius, priusquam se font aussi d'ordinaire accompagner de la négation pleine ou de la demi-négation. Ainsi ital. altre catene che non son quelle ; prima che nullaparola di ciô facesse Bec. 10, 8; senza {l'elmo) me ne vado, fincNio non ho quelfino Orl. 12^ 42. Esp. dixo otras palabras que non las que dixera el preso Cal. e I). Q^^\ otros panos que no los que tiene Nov. 10 ; antes que hallase ninguno. Prov. autra dona mas vos ; estiers que non es (autrement que ce qui est) ; no manjara tro que comhatutz se sera {non manque ici) Jfr. Qi&.

6. En outre les demi-nè gâtions s'emploient habituellement dans le sens de ullus et quisquam : 1) D'une manière générale dans les propositions dépendantes lorsque la proposition principale est négative. Ital. non so io se niente è meglio (haud scio an quidquam melius sit); non so quando trovarne potesse veruno ; non voglio che niente perda. Esp. no es bien que ninguna misericordia me valgo ; no tenemos ventanas para

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ver a nadie ; nunca mnieron fisicos que le valiesen nada ; port, nenhua cousa ha em que se deva ninguem muilo de fiar. Prov. negus hom no vei que negun paupres apel PO. 301 ; encaras fuens are que nul ben aedb 327. — 2) Après la préposition privative ^mY.. Ital. senza veruno ajuto {sine ullo auxilio) ; senza dir niente ; aussi senza alcuno indugio, etc. Esp. sin que nadie le viese; sin hablar palabra ninguna; sin duda alguna; port, sem na ninguem conhecer CGer, III, 623 ; sem vergonha de ninguem ; sem sahir nunca. Prov. ses nulh corrumpemens. — 3) Dans V interrogation. Ital. havvi nissuno che lo dica ? (estne quisquam qui id dicat ?) ; è nissuno conlei? (ecquis cum ea est?)\ sapete nulla délia mia figliuola? Ep. hizo el amor d ningun pecho cobarde? Num. 2, 2 ; quie^i vio nunca tal mal ? port, quem vio nunca tal cousa ? Prov. auzitz contar novelas de negus a far s ? Choix V, 23; com pot tan esser desvergoignatz nuls hom! IV, 330. — 4) Dans la proposition conditionnelle, aussi bien que dans celle qui en dépend. Ital. senessuno vi è (si quisquam est) ; se di niente vi demandasse ; se tu hai nulla a fare ; se alla sua giovane novità niuna fosse fatta Dec. 9, 2 ; mais aussi se alcuno conoscesse; se persona fosse stata uccisa Dec. 7, 6. Esp. si se vuelve nulla otra Bc. Mis. 173; si nunqua tornasses SU. 429 ; si èl supiese que yo estoy hablando con nadie Nov. 7 ; si alguien hubiese venido ; port, se ninguem, se alguem, se nunca fora. Prov. s'ieu anc nidh temps chantiei (si ullo unquam tempore cantavï) ; si negus falhia ; si alcus vol primer esser.

1 . Renforcement de la négation pleine. — Ce renforcement s'opère au moyen de substantifs qui signifient un rien, une bagatelle ; mais la condition que la grammaire met à l'emploi de ces mots est qu'ils doivent toujours s'unir au verbe sans article, comme des adverbes, et qu'ils ne peuvent jamais prendre la place du sujet ou du régime. Le roman a singulièrementfavorisé ce procédé expressif de marquer la négation ; naturellement toutes les langues ne l'emploient pas dans la même proportion, et le langage populaire en use plus largement que le style soigné. Il nous reste quelques observations à ajouter à ce que nous avons dit à ce sujet au tome II, p. 444. Les expressions de renforcement les plus usitées sont les suivantes : 1) Mica. Dans la construction partitive ce mot était déjà appliqué en latin comme renforcement : non micam panis, non micam sanae mentis habere. Mais l'ital. non mica s'emploie comme l'adverbe minime : egli non

è mica idiota ; non mica giovane ; non mica a guisa di 2oadre\ vui non tegno 7nia PPS. I, 321. Prov. (très-habituellement) miga no foBoèce 58, 123; no m.' en desconort mia ; no m'ohlidatz 7nia. Il ne semble pas se rencontrer en espagnol ni en portugais, mais on trouve le dérivé migalla, ainsi dans une chanson galicienne d'Alphonse X : ne comia nen migalha\ dans G. Yicente nào me pr est a ne migalhall, 501. — 2) PuNCTUM. Ital. (souvent)pwn^o nonlovidi; senza punto mostrarsi crucciato ; sans négation dans la proposition conditionnelle : se voi mi voleté punto di bene ; de même dans la proposition interrogative dépendante : andiamo a vedere se 7 fuoco è punto spento Dec. 8, 7. Esp. (plus rarement) sus vestiduras non fueron nin un punto ensuciadas Cast. de D.Sancho 127^; no H nuciô nin punto Bc. Mil. 365; no se dahan punto de reposo ; sin faltar punto DQuix. Prov. (plus rarement aussi) no faiponh de dampnage LE. L'allemand a pour correspondant Stich, et un vieux poète italien a dit dans le même sens : eo non son meo quanto un ago pungesse (je ne m'appartiens pas autant qu'une aiguille pique) PPS. I, 439. — 3) Le provençal remplace cette expression par gens ou ges, mot dont l'étymologie n'est pas parfaitement assurée, par ex. gens a lui non atend Boèce 131 ; non fai ges tan granfaillida ; ges ieu no sui d'aital faisson ; sans négation comme punto : ara sabrai s'a ges de cortezia en vos Choix III, 10. Les patois provençaux peuvent omettre la négation avec ges comme avec le pronom (p. 391) : Il farai ges de maou (je ne lui ferai point de mal). — 4) Passus, qui est le renforcement français, ne se trouve en dehors de cette langue qu'en provençal, mais les poètes lyriques l'évitent ici ; on trouve par ex. non degra pas dir\ non pas dosjorns', nous sai pas esmenda etc. Le provençal moderne s'en sert couramment : n'i a pas longten ; n'en trouvara pas gis ; et aussi bien sans la négation : meis affaires van pas tant 7nau ; deves pas tant vous attrista ; mas aco fu pas ren^. Passo, dans ce sens, en italien, est un gallicisme, voy. par ex. non mi muto passo PPS. II, 237. A ce roman pas on peut comparer le lat. pes et le m.h.all. fuoz, qui tous

1. La substitution de pas à ne pas a lieu aussi dans le dialecte vaudois moderne. On dit ainsi : Diou gouverna pâ le créature (Dieu ne gouverne pas les créatures) ; tu feres pagnune opre (tu ne feras aucune œuvre). En roumanche de même l'expression également positive bucca nie absolument : sunt bucca plus vangonts (je ne suis plus bon à rien), voy. tomelJ, p. 444.

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deux ont un sens local : nunquam pedem discedere, pedem penetrare, Plante Men. ; daz er niemer fuoz von mir entwîche, — 5) Gutta est un mot commun à tous les dialectes, mais il est peu employé : neque gutta certi consilii Plante, Pseud. 1, 4. Ital. fien ne gotta (ils ne deviendront rien, neppure una gotta) PPS. I, 431. Esp. nonpuedo désir go ta (je ne peux rien dire du tout) Rz. i4Q2\ gota no dormido GVic. 50^; port, nâo ver gota. L'italien se sert aussi de flos : mi par morte non vedervi fiore PPS I, 267 ; non possa comprender flore GGav. 274 ; dans la phrase conditionnelle sans négation : se fior la penna^abborra Inf. 25, 144. — 6) Nihil pour minime doit encore être signalé comme renforcement : nihil me fallis ; nifiil equidem tristis sum ; numquid iratus es ? nil profecto. Ital. nulla sbigottisce Ger. 7, 96; nulla si mosse Orl. 12, 83; niente nonmimovo PPS. 1, 13 ; niente si mosse Dec, 7, 4. Esp. yonada temo la muerte CGen. 360 ; Zamora ^ no se da nada SRom, 302 ; la muchacha es nada boba Nov, 1 ; las piernas eran no nada limpias DQuiœ. 1 , 35 ; port. sois agracadas nadaGYic. II, 512; todos seus ameaços terne nada Lus. 8, 90. B.lat. si de his nihil est laesus poenis Gr. Tur. 6, 35; nihil est dignus domino Mur. III, 1025 (a. 842); quod nihil pertinuit (= nullo modo) 1034 (a. 858). Il en est de même aussi pour res et causa : prov. no i dormirai re Choix III, QQ ; esp. no me agrada cosa este casamiento (en aucune façon) .

8. A côté de ces expressions abstraites on emploie pour le même objet un grand nombre d'autres mots qui ont un sens plus concret et qui, en leur qualité de substantifs propres, se font accompagner de l'article indéfini. Empruntés pour la plupart au langage de la vie ordinaire, c'est à la poésie populaire qu'ils sont le plus familiers, mais ils ne sont pas étrangers non plus an style élevé. Comme on peut s'y attendre, l'ancienne littérature classique n'en présente qu'un petit nombre. On trouve souvent hilum {neque proficit hilum etc.), d'où a été tiré nihilum, nihil, comp. val. nemic de ne mica, roum. nagut de ne gutta. On disait encore : non assis, non flocci, non nauci, non pensi, non viLifacere, d'après Festus aussi nonB.KïTA.^facere[Dict. étym. II, 26). Térence ne se sert d'aucune de ces expressions, mais Plante emploie : ciccuM non interduim Rud. 2, 7, 22 ; non istue emissim titivillitio (un brin?) Cas. 2, 5, 39; denegavit se dare granum tritici Stich. 4, 1, 52; pluma haud interest Most. 2, 1, 60; non ego nunc emam vitam

tuam vitiosa nuce Mil. 2, 3, 45; si ex istoc loco digitum transvorsum aut unguem latum eœcesseris Aul. 1, 1, 17; TRiOBOLUM ne duis Rud. 5, 3, 11 ; neque ridiculos jam TERVNCi faciunt Capt. 3, 1, 17; libellam argenti ne duis 5, 1, 27 Horace : quam te cassa nuce pauperet Sat, 2 , 5 , 36. Pétrone : matrem nieam dupondii non facio cap. 58. Dans les glosses de Placidus : nec cicerim, nihil. Des images analogues se trouvent en roman. Ital. non lo stima U7ia BRISA (dial. lombard, comp. prov. briza c.-à-d. mica) ; non acquista cavelle; si è cavelle Dec. 8, 3- (sens inconnu); non m'impoy^ta un cavolo; non voie una fava; non -ïn' importa un fico (très-usité) ; non rileva un frullo (zeste) ; non montarono un frullo Bec. 2, 10 ; wi sol GRAND non fie che tu non saccie BLat. 34; senza costar un gran di moco (vesce) Dittam. 2, 23; non prezzo U7ia MOLLicA (mie de pain) PPS. II, 141 ; non vi aggiungo un PELO Orl. 2, 54. Esp. très agallas (noix de Galles) no7i dahan Bc. Buel. 19; quanto val un cabello Mil. 325; non valiron quanto très cannaveras (trois roseaux) Alx. 663 ; no mover el paso un dedo Gare. Egl, 2; non quiero facer un dinero de dano PC. 252 ; no valient ùna erveja (vesce) Bc. Mil. 505, Danza delamuerte p. 432 ; nonvale i^naFAVARz. 871 ; non daria una arbelha Rom. de José (Ticknor III, 398) ; non vos miento un grand Bc. SU. 262 ; non val un vil grano de MiJD (grain de mil) Rz. 380 ; 7io li valiô una nuez foradada (noix vide) Bc. Mill. 118; no valen dos pajas (fétus) JEnz. 4''; non los precio dos pinones (pommes de pin) Rz. 638; apartarse un negro de una (le noir de l'ongle) DQuiœ. 1, 20. Des locutions traditionnelles sont : no vale un ardite (liard), U7i bledd (duvet des oiseaux), un cdmind (cumin), un figd (figue) etc. Prov. no valer un aiguilent (gratte-cul) G A. 1347 ; ^n arenc (hareng) PO. 45 ; ieu no m'i presaria un auridl * (loriot) GRoss. 3235; nol pritz un bdtdn G A. 856; no lo quier pas lo valen d'un carbd 217 ; no valer una castanha 1084 ; un CLAVELH (aiguille) Choix III, 301 ; un dat (dé) G A. 1328 ; nous pretz una figa PO. ih'^\un g an (gant) G A. 2092, Choix IV, 436; valer una glan 1041 ; nom pretz un jau (coq) PO. 2 ; 710 donerend'una ndtz lo valent (noix) 1679; no valonun fais de pailla LR. III, 249 ; nom val una pdma Y, 40 ; prezar una poma porta (pomme pourrie) GA. 1041 ; ieu no 7n'o prezaria un rossinhol 3240; nols tem una rusca de vern (écorce d'aune) FO. 216; no 7n'o pretz una soritz (souris) ib.

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2; non valria un uou (œuf) Choix Y, 36. Yoy. des exemples allemands dans Grimm III, 726^

9. Quand l'idée exprimée par homo est l'objet d'une négation on peut la renforcer par des épithètes qui expriment que cette idée est aussi générale que possible, et qui s'emploient aussi bien dans la poésie que dans la prose. A Fall. kein lehendiger Mensch répondent ital. non uomo vivent e, fr. homme vivant (aussi âme vivante)^ b.lat. ullus vivens homo, quislibet homo vivens, ulla vivens persona, et l'on trouve aussi dans ces langues le correspondant de l'expression kein sterblicher Mensch. Mais parmi ces locutions il en est une qui a tout à fait pris la valeur d'une formule pronominale et qu'on peut même faire remonter jusqu'au latin le plus archaïque : c'est natus uni à hom.o ou nemo. Lucilius a dit : optumu' longe post homines natos gladiator qui fuit unus (Dousa 4, 10) ; et Plante : concedere homini nato nemini Cas. 2, 4, 15; et souvent simplement nemo natus. Chez des écrivains latins de la décadence, tels qu* Apulée, l'expression négative de homo natus sert aussi à renforcer nemo, comme en grec av6po)TCo; ttsçuxwç renforce oùBsiç. Le roman étend aussi cette négation renforcée au féminin (par ex. donna nota etc.). Exemples : Ital. non trovo uomo nato PPS. II, 238, comp. 257 ; non aggi talento di tratarcon uomo nato BLat. 56 ; non ho trovato uomo di carne nato ibid. 8; non ho trovata donna nata PPS. I, 236; non facci a donna nata BLat. 153. Esp. que non ventasen oyne nado PC. 151; non quiere casarse con otro ome nado Rz. 772; non es nado que lo pueda terminar Alx. 1315 ; non 7nepriso fljo de mugier nada PC. 3297 , aussi avec la forme nouvelle du participe : homhre nacit^o Alœ. 896, S Rom. 153; persona nacida GiViQ,. 74; port, homem nascido GYic. III, 33, mais mulher nada D. Din. p. 113. Prov. non envei nulh home nat Choix III, 197; 7io fi per home nat Fer. 912 et bien d'autres exemples; l'expression est plus individualisée dans hom de maire nat Jfr. 54^, 100^ ; v.fr. hom nez FC. I, 248;

1. Le mot « vent » si usité en m. h. allemand, sous la forme wint, ne semble pas être employé avec ce sens dans les langues romanes, qui s'en servent toutefois comme terme de comparaison dans le sens de nihil. Ainsi ital. pasciute di vento Par. 29, 108; esp. todo debe de ser cosa de viento DQuix. I, 25 ; port, qualquer outro bem julgo por vento etc. Gamoen&Son. 17; prov. lo segles non es mas vens Choix IV, 108; aco tenc a vent Jfr. 152^ ; tôt tenc a vent e a nient 109a; quesim paguava del ven Choix IV, 26; comp. esp. todas esas son aire Nov. 7.

homme ne TFr. 459 ; nus hom de mère nés Roi, p. xxvii ; très-fréquent aussi. Enfin dans quelques langues on a encore appliqué comme expression neutre res nata : prov. res que sia nada G Ross. 645 ; re nascut id. 4087 ; v. franc, riens née Ccy, 2333, QFA, 973, Berte m, Ren. 1, 177, Ruteb. I, 214 et encore dans Froissart.

10, Il nous reste encore à parler d'une acception spéciale du provençal ni (lat. nec), acception qui s'étend aussi au v. français ne. Suivant Raynouard, Choix I, 450, VI, 347, m peut avoir absolument le même sens que et ; mais aucun écrivain n'a dit ai vist lo paire nil filh pour el filh. Il est plus vrai de dire que cette particule, lorsqu'elle prend la place de et, ne s'applique qu'à renonciation négative, hypothétique, indéterminée dans les propositions dépendantes, ou bien à l'interrogation indirecte, et se comporte ainsi comme les pronoms qui jouent le rôle de deminégations. Voici quelques exemples. Ni après un que comparatif : plus belha que rosa ni flors ; ans que vent ni plueva (avant qu'il vente et qu'il pleuve). Après une proposition principale négative : anc non fo cavalliers que fos tan pros ni tan lares. Après la préposition privative : ses porta ni ses clau. Après si, quant, com, qui dans le sens conditionnel : sHeu sui avols ni recrezutz ; cant ilh peccavan ni fazian malament ; cum plus remir ni vey LR. I, 430 ; qui (si on) m* en ténia per vil ni m'o contava afolia. Dans l'interrogation négative : qui pot dire ni saher? et en général après des mots interrogatifs : ieu sai don venc ni on vauc. Dans renonciation indéterminée (concessive) : vas qualque part quieu an nim vuelf nim vire (de quelque côté que je me tourne) . Cet emploi de ni a survécu à l'époque des Troubadours. Ex. li cossols de la dicha vila que y son ni per tôt temps y seran (franc, qui y sont et seront) Charte de Gréalou, p. 74. On retrouve cette particule dans les langues sœurs. Plus rarement en italien : se viene in ricchezza ne inpotere PPS. II, 87, voy. Monti, Proposta III, 2, p. xLi. Souvent en espagnol, par ex. yo he mas emhidia que manzilla ni pesar CGen. 297 ; primero que los ofendas ni agravies Cald. I, 3^; los mas famosos hechos que se han vist 0 ni ver an DQuix. 1, 5; dexemonos (c.-à-d. no hahlemos) de cuentos ni de cdballerias 1, 17 ; sin anadirni quitar una tilde ; como sihuhiese en el niundo encantos ni palabras suficientes Nov. 5. Le plus ancien allemand se rencontre ici avec le provençal ; voici un exemple de noch après le comparatif: ein swert daz scharpfer was den (= all.mod. denn als) der DiEz m 26

guote Eckesahs noch der maere Mimminc. Mais il est à remarquer qu'en provençal une négation morale, telle qu'en présentent les idées de « injuste, mauvais, insensé, coupable, repentant », entraîne généralement l'emploi de la particule négative; ce point demande toutefois à être examiné de plus près. Yoici des phrases où la présence de ni semble s'expliquer de cette manière : gran tort as que ferit ni résidât m'as Jfr. 83^ ; fai nescieSy quan tolh las autrui heretatz nihastcastelhs Choix lY, 89; fort mal m'a servit cels que a-ls auzels espaventatz ni-ls a faitz gequir de cantarJfr. 82^ ; trop fatz gran folor, quar am ni dezire Choix III, 63; dels falhimens qu'ai fags en ditz ni en pessan, mi ren colpables penedens Choix IV, 88. En effet à tort, mal, folor on peut substituer 7io dreit, no hen, no sen. Si on trouve parfois ni employé dans des propositions secondaires, même quand il n'y est pas justifié, il est facile d'excuser cette négligence par l'habitude d'appliquer surtout la particule en question dans des propositions de cette nature. On trouve par ex. ben aia'l maire queus port et e queus noirit nius allaiet Flam. p. 58 ; vos avetz auzit qui fon Gaucelms ni com venc ni est et Choix Y, 158. Il ne semble pas que cette faute ait été commise dans des propositions principales. Yoyez aussi Leys II, 410 et, pour le v. français, Monnard, Chrest. I, 149. On peut encore comparer aux phrases irrégulières que nous avons citées les passages catalans que voici : Deus ho jutge segons la rahô que ell hi ha feyt ne hi fa RMunt. 71"; digueren li tôt ço quils era esdevengut ne com entra . . . finalment tôt quant feu ne dix 164\

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