ADJECTIF. PRONOM. Â
romans qui répondent à ipse prennent la première ou la seconde place.
6. Les langues romanes ont comme d'autres langues la faculté de séparer l'adjectif, le participe et le pronom du substantif par d'autres mots. Ce procédé est souvent employé pour produire un effet oratoire, car il n'est pas indifférent de dire « la surprise du peuple fut grande » ou « grande fut » etc. Voici des exemples de cette inversion : Ital. loda di dio ver a ; con grave di tutta Italia danno ; un dolce di morir disio ; nulla di noi pietà ti muove ; ricchissimo ad Alete un elmo diede ; progenie scende dal ciel nuova\ degni darà supplici\ moite latrar voraci Scille; tu ben sette a fondarlo anni pugnasti; quai contra il tiranno avrà rifugi\ quanti m'hai fatto di dogliosi; tacevansi amendue già H poeti. Les poètes prennent même la hardiesse de préposer au substantifun participe dont dépendent d'autres mots : fregiati d'oro e di gemme arnesi ; gli avuti con Ruggier complessi ; Vemersa dalV eterna notte larva. Esp. la condicion de los mugeres co7nun\ hacia un espectaculo con su vista no visto ; taies de su ingenio senales ; este de la fortuna vaiven Cald. I, 273^; quanto encierra dolor ! gritos dahan desiguales\ con voz lamentandose quexosa. Port, dans Camoens : o segundo de Rhodes estranhissimo colosso\ em versos divulgado numerosos\ golpes se dào medonhos\ c'hum tom de voz começa grave e horrendo. Cette construction est surtout fréquente en provençal et en v.français. Déjà dans le Boèce, d'un style si simple : tuit a plorar repair an mei talant ; cal an li auzil signifacio (significacio). Puis dans d'autres œuvres de ce dialecte, même en prose : reys est forz en terranaz Ch. d'Alex, v. 53 ; grantpres pavors als Judeus Pass. de J. Ckr. 19, 2; in raizons hels oth sermons Leod. 6, 5; lo saint de Deu amor Gst. L. 14; messatge trametrai fizel ; comte sai euplazen ; anc Alixandres no fetz cors ni Karles tant honrat ChoixTV^ 211 \ fes gran a nos amor 469; delà quinta parlar cohla GRiq. p. 224, comp. plus haut p. 413 note; fiz et filles out plusurs LRs.; pour (peur) en ourent grant ; dous mil orent chevaliers ; vieulx semblent charbonniers QFA. 4:42 \peliçons porta vairs et gris; sor un ceval monta mult bel Brut II, p. 53; une rose d'or fin nouvele Rom. fr. 58 ^ La séparation se produit
1. Comp. Zwei altroman. Ged. p. 24. Tobler, Zum prov. Alexanderlied, p. 41, remarque avec raison qu'on a voulu, par cette construction, mettre en relief l'épithète.
surtout aisément lorsque le substantif occupe la première place. Il peut y avoir équivoque lorsque les deux expressions qui se trouvent dans des rapports différents ont même genre et même nombre, comme dans ce vers de Dante : fanno lamenti in su gli aïberi strani Inf. 13, 15, et aussi chez d'autres poètes de tous les dialectes.
On sait déjà que la place de l'article est immédiatement avant le substantif ou l'adjectif qui le qualifie, et que la seule exception à cette règle concerne l'article défini en valaque. Lorsque l'article s'intercale entre un nom propre et un adjectif {Federigo il grande) ou suit les adjectifs lotus, ambo, médius, solus (p. 35), c'est une liberté qui affecte moins l'article que le substantif ou l'adjectif placé en tête : l'article reste attaché à l'idée qu'il doit déterminer. Mais il convient d'observer que l'article n'est pas assez solidement attaché au nom pour rendre impossible toute intercalation d'autres mots. Outre l'intercalation d'un génitif comme dans ^(2 oui dirittura, l'article, défini ou indéfini, admet encore celle de la négation, d'adverbes et d'expressions adverbiales : ainsi ital. la moW anni lagrimata pace Pg. 10, 35 ; una non fallihile regola ; il non suo fallo Orl. 23, 52; esp. el no esperado aconteciîniento; el nunca como se debe alabado Tirante BQuiœ. 1, 13; la siempre senora mia, 1, 25; escuchad la no se si diga mi desdichada historia Nov. 10. C'est le français qui résiste le plus à cette séparation de l'article et du nom ^