‹ Grammaire des langues romanesChapitre 132 sur 141 · III. ORDRE DES PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

III. ORDRE DES PROPOSITIONS

L'inversion des membres de la proposition composée, dont le but est généralement de mettre en relief l'un d'entre eux, s'opère ici comme ailleurs. Dans certaines catégories de cette proposition l'ordre inverse est même le plus usité. Il y a lieu cependant d'appeler ici aussi l'attention sur quelques traits que les langues filles ont en commun avec le latin. Mais avant tout nous devons parler de la place des mots qui servent à relier les membres de la proposition composée. Les conjonctions propres se placent en tête de la phrase ; mais, de même qu'en latin, on les met parfois avec élégance après un autre membre de phrase et toujours après le relatif. Ital. par ex. da questa tema acciocchè tu ti solve, dirotti Inf. 2, 49; questo se'l tipiace, io il ti prometto Dec. 5, 5; aile qua' poi se tu vorrai satire, anima fia Inf. 1, 121 ; il che corne egli ebbe udito, cosï si ricordo Bec. Il en est de même aussi parfois en espagnol : Io quai si es verdad, no debemos etc. S. Prov. 280; Io quai el rey como Io sintiô, desnudô su habit o ibid, 38. Prov. bar si noirisca cri, anta es a lui {vir si comam nutriat etc.) GO. 79^; de mon senhor sitôt fan grans Io brutz Choix IV, 221. Franc, dans le vulgaire obscur si le sort l'a placé Rac. Athal. L'inversion du relatif est très-rare en dehors du cas où il est sous la dépendance d'un substantif (p. 415). L'ancienne période des langues est peut-être seule à en fournir des exemples. Ital. figliuola che fu di messer N. (filia quae fuit) Malesp. c. 51 (souvent),

on trouve même viv 'onde chez d'anciens poètes pour onde vico. Prov. tuit 077ine de sapiencia qui commencen razo Boèce 234 ; la comtessa, molher que fo del comte Choix V, 173.

1. L'intercalation dune proposition secondaiy^e adverbiale dans la proposition principale est un arrangement fort usité et qui se rattache à l'inversion des conjonctions dont nous venons de parler. On dit ainsi ital. questo, poichè conceduto non è, non fard io; prov. amicœ, quan se vol partir de si dons, fai gran enfansa etc. Même une proposition relative peut se glisser entre deux noms dont l'un sert d'épithète à l'autre, ce qui ne saurait étonner en présence de la lacilité avec laquelle les substantifs se séparent des adjectifs. Ital. un boschetto, il quale era in quella contrada, bellissimo. Esp. con estas, que daba, al parecer justas escusas DQuiœ. 1, 12; las, que senti, passiones CGen. 242; port, os duros casos, que Adamastor contou, futuros Lus. 5, 60; Prov. los mais, qu*ai traitz, durs e cozens Choix III, 453. Dans certains de ces passages on peut admettre tout aussi bien une attraction (p. 347). L'entrelacement est plus hardi quand un substantif de la proposition principale s'introduit dans la proposition relative. Ital. quel che in allrui pena tempo si spende {quel tempo che) P. Cz. 16, 7; a quei che sono alti principi orditi Ger. 1, 27. Esp. los que vertiô propicios dones naturaleza {los pr. don. q. V. nat.) Flor. éd. Wolf II, 159; do son las que el viento ENSENAS VANAS dcsplegô ondeantes? ibid.228. Enfin la proposition comparative dépendante admet aussi dans la plupart des cas une semblable intercalation : ital.pm ch'io non credeva è bella ; et cela très-facilement quand elle n'a pas de verbe propre: più chel sole chiaro (comp. chiaro più che' l sole, ^oy. plus haut p. 423); esp. mas que la llama ardientes; fr. plus qu'autre profonde Mar.; de m. ital. non hai bel viso il cor men bello ; chi ha di me più stato ? prov. tant com d'argent val mais aurs LR. II. 445^^; v.lranç. il est de vous ainsnez (plus âgé que) FC. III, 470; voy. des exemples espagnols à la p. 367.

2. Intercalation de la proposition principale dans la proposition secondaire. Cette sorte d'inversion a lieu lorsque certains membres de la seconde de ces propositions, sur lesquels on veut insister, sont préposés à la première ; elle est admise même dans la prose - et se présente surtout dans les constructions formées au moyen de la conjonction che. Ital. tal modo parve a me che quivi fosse Par. 21, 40 ; questi rnercati giudico io

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