‹ Grammaire des langues romanesChapitre 133 sur 141 · ORDRE DES MOTS. PROPOSITIONS · texte numérisé non relu

ORDRE DES MOTS. PROPOSITIONS

chefossero la cagione Mach. Esp. tûque coharde has nacido, es bien que mudanza espères Cald. I, 77^ ; los forzados del rey quiere que le deœemos DQuix. I, 22 ; mala sobrevienta sabed que les cuntiô PC. 2291 ; los arboles parece que se inclinan Gare. Egl. 1 ; esta osadia terne que no es cierta EgL 2; port, vos bem sei que suspirais GVic. II, 35; este quiz 0 ceo justo que floreça Lus. 3, 20 ; Henrique dizem que Portugal houve em sorte 3, 25. Prov. cosselh m'es ops qu'ieu en prenda Choix III, 332; mos bels miraills voill quem lais 141 ; tan gent cors no are qu'el mon se mire 73; ma chansos prec que nous sia enois V, 35. Franc, la plus belle des deux je crois que ce soit Vautre Corn. Les exemples provençaux montrent que le nom placé en tête ne dépend pas du verbe de la proposition principale. Cet entrecroisement des deux propositions est parfois adouci par l'omission de la conjonction, comme dans ital. in dee non credev 'io (che) régnasse morte; voy. plus haut p. 313. On prépose de la même manière à la proposition principale des fragments de la proposition interrogative ou relative : ital. mio padre e mio fratello dimmi ove sono? esp. la fama de mi belleza pocas lenguas hay que no la publiquen.

Chute des voyelles.

Pour restreindre la rencontre de voyelles atones finales et initiales on laisse souvent tomber les premières, et rarement les secondes; le sentiment rhythmique peut demander cette abréviation du mot même devant des consonnes. Mais les langues romanes ne s'accordent pas du tout entre elles sur ce point. L'abréviation des éléments grammaticaux, c'est-à-dire des particules casuelles, de l'article, de certains pronoms, prépositions et conjonctions a été en bonne partie traitée au livre de la flexion, mais nous ne pouvons la passer sous silence dans l'aperçu qui suit. La chute de certaines voyelles dans l'intérieur des mots regarde la métrique.

L h' italien, dont presque tous les mots se terminent par des voyelles, s'est aussi réservé le droit de supprimer à son gré ces voyelles dans certaines circonstances, bien que cette langue n'ait aucune aversion pour la rencontre des voyelles. Les grammairiens donnent à ce sujet des règles détaillées auxquelles nous empruntons ce qui suit. Le signe de l'apostrophe se met à la place de la voyelle finale dans tous les cas où cette voyelle placée devant des consonnes ne pourrait pas tomber : on écrit par ex. coYïi erano, parce qu'on ne dit pas com furono. ^

1. Après une muette toute voyelle peut en général tomber devant une voyelle initiale; sa place est occupée par une apostrophe, par ex. tropp* ardito, ehh' assai, vengK ella (h a été intercalée pour conserver au g sa valeur) , fresch' erha (il en est de même ici), second' ordine, grand' uomini, quest' obbligo, cent' altri, fors' anche, die' egli.

2. Après une liquide les voyelles e, i, o tombent devant les voyelles et devant les consonnes à l'exception d's impure. L'apostrophe est exclue ici dans les deux cas : tal altro, vuol essere, la quai sentenza, suol dire, abhiam avuto , uom felice, dbbiam parlato, buon amico, man manca, aver uno, maggior dolore. La voyelle a ne s'élide que devant une voyelle initiale et alors on emploie l'apostrophe : buon anima, un' idea ; devant des consonnes elle ne tombe que dans l'adverbe ora et ses composés, et dans suora (sœur en religion): or sai, ancor bello, talor dice, suor Francesca, suor Angela. — Mais il y a quelques remarques à faire sur la règle qui s'applique aux liquides devant des consonnes : 1) L'abréviation des mots en m est la plus restreinte. Elle n'est admise que pour le substantif uoyno et pour la première personne du pluriel lorsque la voyelle qui précède immédiatement Ym est accentuée : ainsi sarém lodatiy non pas avéssim lodati. Les anciens disaient aussi com pour corne devant des consonnes. — 2) Les noms en l, n, r abrègent le singulier, mais non le pluriel ; on écrit pâli rotondi, pêne gravi, are sacre. Les poètes se permettent l'apocope de Yi : i cavalier, i giovenil furori. — 3) La l''^ et la 2*^ pers. sing. du présent ne s'abrègent pas, à l'exception de son pour sono. — 4) Les groupes de consonnes II, nn, rr laissent tomber la seconde consonne en même temps que la voyelle, et à ce propos il faut observer : a) Parmi les noms il n'y a guère que ceux de trois syllabes et plus qui admettent cette abréviation, et au singulier seulement, comme cavale fratel, fanciul ; au sujet de bel et quel voy. t. II, p. 61, 81. ô) Puis certains verbes à la 3^ pers. pi. comme han, fan, ameran, den, plus souvent chez les poètes, c) Des infinitifs : trar, condur. Lorsque Télision a lieu devant des voyelles, on écrit l'apostrophe : belV uomo, vedrann' ogni cosa.

3. Après une voyelle Yi peut tomber devant des consonnes dans diverses circonstances : cette voyelle est alors remplacée par l'apostrophe. Cette suppression affecte surtout des formes verbales : se' savio, puo' vedere, sare' felice : des combinaisons avec l'article, a', de*, da', co\ su' etc.; la voyelle o du pronom io dans la poésie : i' piansi, i' mivivea,

4. Beaucoup de mots, surtout des verbes, perdent en poésie, parfois aussi en prose, leur dernière syllabe tout entière, par ex. cre {credo), fe' {feci), ve' {vedi), die' (diedi), vuo' (vuoli), te' {tieni), e' (egli), cape' (capelli), be' (belli). Cette suppression a proprement commencé par la chute des consonnes {creo, fei etc. ) qui a entraîné celle des voyelles. Cette apocope est encore plus

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