CHUTE DES VOYELLES
forte dans des formes comme t'o' (voglio), me' (meglio et niezzo), po' (poco), san (santo), gran (grande y voy. t. II, p. 61) , fra (pour frate, frère en religion) devant des noms propres : fra Dominico.
5. Certains monosyllabes peuvent être apostrophés; ainsi la particule di, les articles lo et la, les pronoms mi, ti, si, gli (ce dernier seulement devant i), li, lo, la, le (comme ace. plur., non pas comme dat. pi.), ci (devant i et e), vi, ne, mais non pas les formes accentuées m^, te, se\ ensuite che comme pronom (pas interrogatif) et particule (devant h on écrit c' par ex. c'hanno, sans doute aussi c'aveva) , che comme particule aussi dans les composés : perch' io, acciocch* egli ; enfin se (si) : s' al principio, s'io credessi. Plusieurs monosyllabes échappent à Télision en s'adjoignant un d : ainsi ad, ed, od, ned, ched, sed (pour se si), mad (ma mais); ces formes sont en partie vieillies.
6. L'z initial tombe seulement lorsqu'il est atone devant l ou n, chez d'anciens auteurs, aussi devant m: sotto'l cielo, lo'nferno, lo'mper adore.
II. Contrairement à l'italien la langue espagnole n'admet pas la chute des voyelles, aussi ne se sert-elle jamais de l'apostrophe. Seul de se fond, par élision, avec quelques pronoms en un seul mot : dél, de se, desto. En outre divers adjectifs peuvent perdre leur 0 final (parfois aussi Va féminin), ainsi bueno, malo, primer o, tercero, postrero, postrimero, alguno, ninguno; santo et ciento perdent la dernière syllabe, comp. t. II, p. 62. On abrège aussi le substantif ^ano dans quelques combinaisons, comme man salva, man derecha. Les mots esotro et estotro (eso otro, esto otro) sont traités comme des composés. — En V. espagnol l'élision des voyelles était assez usitée dans certains cas : on écrivait d'arena, d'otros, l'ignorante, m'olvidasse, m' ha, l'era (le era), l'an (le han), mirandos (mirandoos), est' ano, que (que he), querabiô, sobr' ella, de même com (como) devant des consonnes. Sur diverses combinaisons des prépositions voy. t. II, p. 28; et sur l'abréviation du pronom personnel devant des consonnes (ibid. 83), etc.
III. Le portugais fait à l'élision une place un peu plus grande que l'espagnol. Il élide parfois l'a : hum' hora\ minh' alma\ parfois aussi e dans de : d'alegria, d'alem, desse, deste. Sur les adjectifs santo, grande, cento, voy. t. II, p. 63 ; sur les pronoms personnels p. 85, 86. L'ancienne langue élidait avec une grande liberté.
IV. Le provençal élide librement Va et Ve atones : sec' aire, fais' amor, ir' e dolor, vostr' esperansa, domn' amada, cortez* esmenda, si' amatz, pauhr' enrequitz, an' ad autre, estr' emperaire. Poiir«ce qui concerne en particulier les monosyllabes, la particule casuelle de et l'article lo s'apocopent toujours devant des voyelles, la généralement, lo aussi devant des consonnes et il s'attache alors au mot précédent : portai chan, pi. portais chans (proprem. porta l's ipour porta los); voy. t. II, p. 32, 33; cette combinaison s'opère aussi là où le sens exige un temps d'arrêt entre les deux mots, par ex. domnal fin cor pour domna, lo fin cor\ et le pronom enclitique peut même être séparé par la fin du vers du nlf)t auquel il s'applique sans renoncer pour cela à se combiner avec le mot suivant, de telle sorte qu'il ne compte pas pour une syllabe, voy. t. II, p. 32, n. 1. Les pronoms mi, ti, si (ou me, te, se), H, lo , la et ne s'apocopent généralement devant des voyelles ; ces mêmes pronoms ainsi que nos, vos, los sont traités comme enclitiques devant des consonnes, voy. t. II, p. 89, 90 ^ Sur les formes possessives ma, ta, sa voy. t. II, p. 92. Il faut remarquer en ce qui concerne les particules que no résiste à l'enclise, qui causerait une confusion avec n' de inde ; pourtant on en trouve des exemples, comme dans^a n'er credutz Choix V, 7 ; n'ert Geist. Lied. num. 4, 13 ; les patois la favorisent : à côté de acou noun mi fa ren on trouve n'a ren adu (franc, il n'a rien apporté). iV^ aussi maintient sa voyelle. Il n'en est pas de même de si (si), qui est traité comme l'ital. se. Que l'est comme l'ital. che. Une manque pas d'exemples de l'aphérèse ; qui' s (qui es), si fe 'nvolopar, la 'spasa.
V. Comme en français la seule voyelle finale atone (e) est presque partout muette, l'élision n'a pas de raison d'être. Parmi les polysyllabes quelque, jusque et entre s'apostrophent dans certaines combinaisons : quelqu' autre, jusqu'à, jusqu'aujourd'hui, entr'eux, entr' autres etc. C'est ce qui a lieu généralement devant des voyelles ou Y h muette pour plusieurs monosyllabes, ainsi la particule casuelle de, les articles le, la ; les pronoms per-
1. Le pronom lo s'unit très-bien sous saforme abrégée àlatriphthongue précédente ieu comme dans ieul clam Choix III, 226, ieul vos autrei 242, ieul pren 244 ; il en est de même pour le datif il ou ill comme dans Vamors qu'ieul port Bern. Vent., ieulh servi Choix III, 267 ; et pour mi par ex. dans ieum. Lo article doit être ici distingué de lo pronom et se prête, à ce qu'il semble, moins facilement à ce traitement; on écrit par ex. qu'ieu lo mieu non pas qu'ieul mieu Choix III, 99.