‹ Grammaire des langues romanesChapitre 17 sur 141 · GENBE ET NOMBRE DU NOM · texte numérisé non relu

GENBE ET NOMBRE DU NOM

êtes-vous mère? oui, je le suisK Mais si l'idée est individuelle on se sert du masculin ou du féminin (dont il a été question à la p. 47), qui répond ici au latin ipse, ipsa. Ital. siete la sorella di N.? la sono (ipsa sum). Esp. sois el padre de N.? le soy. Franc, êtes-vous la mère de N.? je la suis.

3. Il existe des adjectifs qui en certains cas, dans l'un ou l'autre des idiomes romans, renoncent à toute modification de flexion. 1) Certains de ces mots, lorsqu'ils sont sous la dépendance de prépositions, prennent une valeur neutre, en sorte qu'ils se comportent comme une particule ou comme un suffixe de la préposition ^. Ce procédé se présente assez généralement pour MEDIUS : it. in mezzo l'aima, per mezzo i hoschi, in mezzo alfuoco^\ esp. pormedio la cort PC. 2942, en medio aquesta fuente Gare. Egl. 2; prov. per miec la porta Jfr. 100^, per mieg los pratz Choix IV, 86 ; v.fr. en mi la mer ; le fr.mod. parmi est tout-à-fait devenu adverbe ; il en est autrement en valaque : in mizlociU bisericii (au milieu de l'église), in miezul verii (au milieu de l'été). Quand il a le sens de dirnidius, médius se construit seulement comme un adjectif : ital. mezza ora, esp. média hora, prov. mieia chanso ; mais il reste invariable en français : demi-heure. Lorsqu'il est appelé dans ce même sens à partager un objet déjà énoncé, les langues ne se comportent pas de la même manière. Ce mot est traité comme un substantif ou comme un adjectif: it. urCora e mezzo, tre once e mezzo ; mais esp. una hora y média, fr»nç. une heure et demie, une livre et demie. En italien totus est quelquefois aussi traité comme médius : per tutto Roma, per tutto la città ; et il en est de même en espagnol pour solus (seulement): con solo la imaginacion, en solo la miseria Gare. Egl. 2 = solo con, solo en. — 2) Il faut surtout remarquer les adjectifs français feu, nu et plein. Feu (olim) reste invariable lorsqu'il précède l'article, il est flécbi lorsqu'il le suit : feu la

1. Il est rare qu'on supprime le pronom comme en latin. En italien on peut dire e chi è dunque? {quis igitur est?). Le passage de la Bible èyai elfxt, ego sum Joh. 6, 20 etc. est rendu en prov. également par eu so GO. 286'' ; de même goth. ik im et v.h.all. ih Un.

2. Sur rit. esso qui, devant le pronom personnel, a tout-à-fait la valeur d'une particule {con esso meco, sovresso noi), voy. t. 11, p. 426.

3. « Quest' ultimo non mi pare che calzi. Qui mezzo non sta come aggettivo, ma è divenuto sostantivo, o a dir meglio colla prep. in è una locuzione avverbiale. Sarebbe possibile la costruzione in mezza l'aima, per mezzi i boschi; ma non e imaginabile p. es. in mezza alla (= délia) fiamma.n (Mussafla.)

reine, la feue reine. Nu demeure également invariable devant le substantif et prend la marque de la flexion lorsqu'il est placé après lui : nu-tête, nu-pieds, tête nue, pieds nus; en v. franc, on dit aussi bien nus pieds. Plein, quand il dépend du verbe avoir, peut se passer de toute flexion : avoir du vin plein sa cave, voy. le Bict. de l'Académie.

4, S'il s'agit d'attribuer une propriété complètement ou à moitié à un objet, le roman exprime ce rapport au moyen des adjectifs totus ou médius qu'il construit avec le substantif, en sorte que c'est littéralement l'objet lui-même et non la propriété qui est considérée comme un tout ou une moitié ; d'autres langues emploient des adverbes, le lat. par ex. plane, semi-. Ital. la donna era tutta livida nel viso (tout-à-fait livide); la fanciulla rimase mezza morta (à demi-morte). Esp. ellos estaban todos desnudos, medios desnudos, pg. todos mortes, meios mortos, mais aussi medio desnudos, meio mortes. Prov. totz cubertz, miegz mortz. En français tout n'est fléchi que devant les féminins qui commencent par une consonne : toutpuissant, toute-puissante, toute malade, toutes surprises, tout emportées ; mais pour l'adverbial demi on emploie d'ordinaire à moitié : il est demi-mort, demi-fou, il est à moitié ivre.

5. Il est permis à un seul adjectif de se rapporter à la fois à plusieurs substantifs. Mais si d'une part la clarté exige que cette libefté soit maintenue dans certaines limites, d'autre part celui qui parle peut agir à son gré dans beaucoup de cas. L'usage le plus suivi appelle les observations suivantes : 1) Si un adjectif sert d'épithète à plusieurs substantifs du même nombre et de genres différents, il s'accorde avec le substantif le plus rapproché : virtutem et bonum alienum; cum summa virtute et honore. Ital. in pubblica utilità ed onore ; le città ed i villaggi magnifichi. Esp. con eterno nombre y vida ; el sosiego y libertad pasada ; hombres y mugeres hermosas. Franc, son honneur et sa gloire entière. Ce procédé trouve son application le plus facilement lorsque les substantifs ont une signification analogue, et c'est quand il s'opère avec des adjectifs qui n'ont qu'une terminaison pour les deux genres qu'il compromet le moins la clarté, comme dans ital. mirabil gloria ed onore ; esp. grande amor y pasion. — 2) Avec deux substantifs du même genre au singulier, il est de règle, au moins en français, de mettre Tadjectif au pluriel : le bonheur et le courage constants ;

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