‹ Grammaire des langues romanesChapitre 25 sur 141 · DATIF · texte numérisé non relu

DATIF

Le datif fléchi de l'ancienne langue est remplacé dans la nouvelle par une périphrase composée du nom au cas oblique précédé de la particule ad : dare ad uno, donner à quelqu'un revient exactement, pour le sens, à dare alicui. Cette expression apparaît souvent déjà dans le plus ancien bas latin*. La syntaxe de ce cas pourrait être exposée avec la plus grande précision, n'était que ad a conservé en même temps sa valeur comme préposition. Car de même qu'on dit dare ad uno, on dit tout aussi bien accorrere ad uno = accurrere ad aliquem, en sorte que le point de séparation entre ad particule casuelle et ad préposition est difficile à fixer. Même en se mettant au point de vue du latin, la distinction des deux fonctions de ce mot ne pourrait être menée à bonne fin, car beaucoup de verbes de cette langue peuvent se construire, bien qu'il en résulte quelquefois une certaine difîérence de sens, avec ad en même temps qu'avec le datif. On dit ainsi scribere ad aliquem et alicui, et ces deux constructions se fondent dans Fit. scrivere ad uno. Pour nous tirer d'embarras nous avons un moyen qui semble se prêter

1. Voici quelques exemples des vi^ et vii'= siècles : donamus ad ecclesiam Bréq. 53** (ann. 558); ad matrem concedimus ibid.; vindedi ad venerabile fratri Form. Mab. n. 4; ad ipsa congregatione supplico Bréq. 239^ (ann. 662); monachi ad moiiasierium deservienies 240^ (ann. 662); ad loca sanclorum indulta Foi m. M. l , 4 ; si quis admissario ad homine franco furaverit L. Sal. tit. 62 éd. Schilter (al. franco homini); trèssouvent dicere ad, comme déjà dans la Vulg. dixit ad eos, d'après eiTre Trpoç aOxouç. Ce datif est employé sans hésitation à côté de l'ancien, par ex. medietas ad basllicam et alla medietas monaclns proficiat Bréq. TS** (ann. 572); ad parentes noslros et nobis 473^ (ann. 739); feci et, ad dulcissimo nepote Form. Mab. n. 35; tïbi vel ad tuisque heredis Fumag. 47 (ann. 774); mihi seu et ad filiis meis Tir. 50* (ann. 837). Gomp. encore Choix I, 24. L'abréviation a remonte haut dans le moyen âge; au tome II, 448, nous avons cité a liberto dedimus, voici d'autres exemples : a liberta mea dedi Bréq. 470*^ (ann. 739); a nos perteneat Brun. 461 ; offerimiis a tibi Esp. sagr. XVI, 446 (ann. 998).

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