‹ Grammaire des langues romanesChapitre 28 sur 141 · GÉNITIF · texte numérisé non relu

GÉNITIF

Le roman désigne ce cas au moyen dé la préposition de, à laquelle il en a délégué toutes les fonctions. C'est précisément parce que la préposition, sans égard à sa valeur spéciale, a pris dans toute son étendue le rôle de la flexion effacée, qu'il peut être question d'uû génitif, c'est-à-dire d'une expression absolue du génitif. Il est probable qu'on a commencé par appliquer la périphrase à la représentation de ce cas lorsqu'il a une valeur partitive ou possessive, et pour cette périphrase la préposition de, qui exprime un rapport qui part d'un objet, était indiquée ; c'est ainsi que la langue populaire présente des constructions telles que quarrada de melle (un foudre de miel), monasterium, de S. Mauritio etc., pour en arriver peu à peu à attribuer la même forme aux autres acceptions du génitif, et à dire ho77io de viginti annis, villa de Bertiniaco (comme oppidum Antiochiae), desiderium de paradiso^. Il est néanmoins incontestable qu'on a gardé un sentiment plus vif pour la signification du datif que pour celle du génitif, car aucune forme organique du génitif ne s'est ni développée ni maintenue dans la déclinaison du pronom personnel : en effet le représentant du pronom inde (fr. en) contient lui-même la préposition de, c'est pour cela qu'il

1. Raynouard, Choix I, 24, a réuni des exemples b. latins de ce génitif. Nous en donnons d'autres dans les paragraphes suivants.

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