CAS. GÉNITIF AVEC LE PRONOM ET LE NOM DE NOMBRE
II, 183, hom de jois sems V, 36, malastruc d'amia (maltraité par sa maîtresse) IV, 19, mescrezen de nostra lei III, 460. Franc, coupable ou innocent d'un crime, certain ou sûr d'une chose, désireux d'honneur, affamé de nouvelles, jaloux de sa femme, joyeux ou content d'une chose, plein de rage, capable de tout, digne de gloire, libéral de louanges, pauvre d'esprit, vide de raison, libre de soucis. Val. nevrednic de cunune (indignus corona), harnic de fieste ce fapte rea (capax cujuslïbet facinoris), plin de menie (p tenus ii^ae). Après divers adjectifs de ce genre on remplace aussi de par d'autres prépositions : esp. expert o en las leyes, capaz para todo ; surtout en français, ainsi expert ou savant dans une chose, fertile ou stérile en blé, riche en argent (v. franc, riche d'argent). Ex. b.lat. de omnibus scripturis hnmunis (pour ab) Gr. Tur. 4, 12, de cibis refertae gorgées de nourriture ibid. 8, 30 (le mot de Gicéron de nugis referti libri doit sans doute être jugé autrement?), vacuus de ipsa ris {res) Brun. 624 (ann. 772), parapsidem plenam de carbonibus Mar. 105"^ (viif s.), plenas naves de captivis Gest, reg. Fr. 7, 19, contentae de substantia Leg. Moth. 181.
3. Génitif avec le pronom et le no7n de nombre. — En latin la construction de ces mots, par rapport à leurs substantifs, s'effectue de trois manières. On les traite soit comme des adjectifs {quis amicus, nemo civis), soit comme des substantifs avec un nom dépendant, et ce dernier ou bien est mis au génitif {quis amicorum, nemo civium, multum pecuniae), ou bien est accompagné des prépositions ex, de, inter. Dans les deux derniers cas ces mots opèrent comme partitifs et, bien que le résultat soit le même, l'idée qu'ils présentent à l'esprit n'est pas la même que dans le premier cas ; en sorte qu'il n'est pas indifférent d'appliquer la première ou la seconde formule. Dans les langues filles le rapport partitif est rendu soit par de, qui répond aussi bien au lat. de qu'au génitif (habet aliquid de pecunia quelque argent Gr. de Tours 3, 34, de rébus suis aliquid L. SaL), soit par inter (ital. tra, fra etc.) ; mais souvent aussi la marque du génitif après un neutre fait absolument défaut. 1) Pronoms et noyns de nombre indéfinis. La construction adjectivale est soumise ici à plusieurs restrictions, car certains pronoms ne s'emploient que sous leur forme neutre, comme des substantifs ; d'autres sont de véritables substantifs. Cette construction adjectivale a été étudiée au chapitre III ; il reste encore à présenter quelques observations sur le génitif, a) Il est rare
qu'un cas se place sous la dépendance du démonstratif, toute- Ibis hoc mali peut être rendu en italien par questo di maie, en français par cela de mal. — b) Vinterrogatif partitif ou disjonctif est en français lequel, ailleurs quai (voj. p. 73). Au neutre que se rattachent des adjectifs neutres au génitif. Ital. che abhiamo di nuovo? non so che d'insolito. Esp. que tiene de malo? que hay de nuevo? Franc, que dit-on de nouveau? quoi de plus beau? Mais val. ce stii nou? [quid sois novi?). Les substantifs le suivent sans de : quid hominis, quid rei se traduit par ital. che uomo, che cosa, esp. que hombre, que cosa ; cette tournure est admise par le grec moderne : t( àvBpwTuoç, ti -x^^ctlv^cf.. Si l'on ajoute de, que prend le sens du lat. quot ou quantum : esp. que de cosas {quot res), que de suspiros [quanta suspiria); fr. que d'importunités \ val. ce de ape [quantum aquae) ; lat. captivorum quid ducunt secmn Plante Epid. 2, 26 ; m. h. ail. waz êren etc. — c) Aliquid poenae, aliquod bonum ont pour correspondants en espagnol algo de pena, algo bueno, locutions dans lesquelles algo a une valeur de substantif et d'adjectif, tandis que l'italien et le français emploient qualche et quelque comme substantifs seulement [qualche cosa di bello, quelque chose de fâcheux). — d) Conformément à la règle les mots introduits à la place de NEMO et de NiHiL exigent le génitif. Ital. nulla di più eccellente [nihil praestabilius), niente di bello, punto di valore [non punto lume Dec. 9, 10). Esp. nadie de los hombres, nada de hermoso, punto de menoscabo. Pr. ren de merce, ren d'engan, pont d'engan LR. IV, 74^ ; v.fr. n'ai point de m'espée Trist. I, p. 50 ; n'aveit mie de sun anel Lais inéd. 17 ; fr.mod. personne de ces hommes, rien de plus agréable, point de nouvelles. Mais il est à remarquer qu'en français l'adverbe ne, avec ou sans pas^ entraîne l'application du génitif lorsque l'objet dont il s'agit est désigné d'une manière générale : je n'ai pas eu de lettre aujourd'hui', je n'ai pas d'argent ; je n'ai d'ami que lui, au contraire je n'ai pas un seul ami (et non pas d'un) ; comp. prov. non ai de sen per un efan Choix III, 45. — e) Tantus, quantus, aliquantus, MULTUS, PAucus, NiMius (remplacé par troppo) sont presque partout des adjectifs déclinables, qui peuvent aussi s'employer comme neutres en se faisant accompagner d'un génitif. Ital. tanta virtù, molti popoli ; tanto di vino, alquanto di tempo, molto di maie, poco di carità, troppo di pane. Prov. tanta cortesia, mota gent, manhta gent, pauc auzel (pour parvus.