CAS. GÉNITIF AVEC LE PRONOM ET LE NOM DE NOMBRE
p. 83), petita boca (m. s.), tropa tenda Fer. 52, trops colps 3043 ; tan de cortesia, pauc de cortes, petit dejauzimen, trop d'onransa. Il va de soi que le masculin ou le féminin de l'adjectif possède un degré d'intensité plus grand que le neutre : tant a cortesia dit quelque chose de plus que tanto di cortesia. Le français n'a plus que des neutres : tant et autant d'amis, combien d'argent, beaucoup de gens, peu de paroles, mon peu de vaillance, trop de vin, votre trop d'amour Corn., mots auxquels il faut ajouter encore bien (pour multum) dont le nom dépendant veut l'article défini : bien du monde, mais aussi bien d'autres. Anciennement l'emploi adjectival était plus étendu et Ton avait aussi comme neutres molt (pour beaucoup) et petit a. cote de peu : m^oult de bien Ccy. 344, de Franceis asez petit Roi. p. 39. On supprimait parfois la marque casuelle après le neutre : tant i ot princes RCam. 26 ; mult poi amis TCant. p. 19; mult poi conpaignuns 20; Franceis i out poi Roi. p. 60 ; beaucoup gens Comin. — f) Satis, avec les mots romans guari et granré, qui tous se construisent aussi comme des adjectifs (sans particule casuelle). Ital. assai di iode, guari di spazio ; vizj assai, assai volte, gli assai uomini, guari tempo. V.esp. asaz de mal. Prov. asatz de poder, granre de draps LR. I, 579^; guanren de pellegrins 574 ; assatz fromen Choix lY, 182, ganren vegadas Jfr. 162^; gaire companhos G A. 934; v. franc. gaires de possession ; asez bestes LRs. 140, assez vivres Ch. d'Orl. 99 ; fr.mod. assez de courage, guère d'argent, le de est indispensable ici. Le prov. pro (= satis) se construit aussi d'ordinaire comme un adjectif : al pro manjar Choix IV, 2 ; pro avetz beutat e pro joven Y, 50 ; pro n'ai de companhos LR. I, 367; prov.mod. proun de gen, de même v.fr. il y a prou de misère partout ; prou de gents encore dans Montaigne, prou de frayeur dans Molière ; dans Gomines : LARGEMENT dc gcns, largement gens, plus anciennement aussi GRAMMENT de bien (beaucoup de bien) SGraal p. 60. — g) Plus et minus se placent en italien, en espagnol, et en portugais immédiatement avant leur substantif, régulièrement sans la particule du génitif. Ital. più terra {plus terrae), più famé, più giorni, più fiate, men luogo, men tempo, en outre manco parole {minus verborum); superl. i più uomini {plerique). Esp. mas milagro, mas discursos , menos valor, menos palabras, documentes de no menos valia, las demas gentes; superl. las mas partes, los mas hombres ; port. 7nais amor.
Yiienos furor, os mais homens. Pris comme substantifs ces mots se font suivre du génitif : il piû de' mcini, lo mas de la gente. Au nord-ouest ils sont en toutes circonstances unis à ce cas : prov. mais de lauzor, plus de companhia, meins de de ben, lo plus de las domnas Choix III, 295; franc, plus d'intérêt, moins de courage, la plu-part (et non le plus) des hommes, mais l'expression elle-même la plu-part se comporte comme l'ital. la piû parte. Un synonyme de plus est le franc, davantage, qui se place toujours à la fin de la phrase et par conséquent ne s'adjoint pas de substantif : je n'en dirai pas davantage [nihil amplius dicam). La construction adjectivale du neutre plus, qui se trouve au reste déjà en latin {plus argentum pour plus argenti Pétrone ch. 37) a déterminé son emploi au pluriel aussi : ainsi ital. i più dicono (plerique dicunt), esp. los mas, port, os mais, prov. H plus GA. 1956, v.fr. H plus TCant. p. 90. 168, FI. Bl. 1866, les plus Gom. p. 341 ; de même li mielz (optimi) TCant. 134, 7, li miax de lor gent et liplus Brut I, p. 151. — h) La suppression de la particule casuelle, qui rappelle l'allemand viel Wasser, wenig Wein, genug Brot, mehr Land, weniger Geld, ne peut pas avoir lieu lorsque le pronom a un véritable sens partitif : ital. assai di questo vino, più del mio pane, nel ciel che più délia sua luce prende Par. 1, 4; segando delV acqua più Inf. 8, 30 ; de même en espagnol et en portugais ; prov. dara pro del perdon e pauc de son argen Choix Y, 12. Il semble aussi que le même principe soit suivi lorsque deux objets sont comparés entre eux : ital. più di timor che di speranza Ger.\ esp. mas de*espiritu que de primor DQuix. — i) A propos du nom de nombre indéfini il faut parler d'une construction remarquable, vieillie aujourd'hui partout, en vertu de laquelle le neutre {tantum, multum, plus etc.) suit le genre et le nombre du substantif qui est sous sa dépendance, c'est-à-dire devient un adjectif déclinable ; c'est comme si l'on voulait dire en latin multus venti, plurima gentis au lieu de multum, plurimum. C'est en v. espagnol que ce procédé se présente le plus souvent, par ex. tantos avien de haberes (pour tanto de haberes ou tantos haberes) PC. 1809, tantas de yerbas Cal. é D. 13^, muchas de virgines ApoL 492, mucha de su gente Alx. 1225, muchas de veces (pour muchas veces) Bc. Mil. 675, on trouve aussi muchas de vegadas Cast, de D. Sancho 172^, con pocas de gentes PC. 467, dpocca dé sazon Bc. Mill. 256, d pocos de dias Alx. 519,
una poca de miel Cal, è D. 18^, con poquilla de fuerza Rz. 605, et encore chez Cervantes la mas de la gente Nov. 2. De même en port, tant as de crianças S. de Mir. Egl. 4, humas poucas de armas, huma pouca de agua (encore usité auj.), a mais da gente Lus. 2, 6. Prov. tantas d'armaduras HL. III, col. 307, tantas de partidas GA. 7269, motas de 7naneiras 4681, mantz de riccc a fars Choix Y, 7, mans d'autras gens 237, mantas d'autras GRom. 73, pauca de sa gent, tropas de reliquias GO. 225^, en hreus de jorns GRoss. 1633, v.fr. multz des homes G. Gaim. éd. Mich. p. 2 etc. Aussi ital. in poca d'ora, poca di stabilitate PPS. II, 128, la piû délia gente Bocc, chez Dante iroppa d'arte, qu'on explique par di troppa arte. On n'a pas ici une intercala tion de de après le pronom, mais une véritable attraction de genre, ainsi que l'attestent des phrases telles que pauca de sa gent, où on ne pourrait pas dire pauca sa gent. L'ensemble du procédé rappelle du reste la construction grecque v) r.oWri t^^Ç rieXoTrovvYicou (au lieu de xb xoXu), ty)v xXsicttyjv ty)ç aipaxtàç (esp. la mas de la hueste), h Y^{j,iauç tou yjp6^o\i. — 2) Les noms de nombre, lorsqu'ils ne servent pas à opérer une soustraction, s'unissent immédiatement au substantif ; ce n'est qu'en valaque qu'ils exigent l'intermédiaire de de, par ex. doozeci de coale (20 feuilles de papier), cincizeci si sase de lei (56 florins), trei mii de oi (3000 moutons) . Mais lorsque le substantif précède on emploie souvent la construction qu'on regarde comme un génitif, ainsi ital. délie miglia più di diece Orl. 23, 32 ; prov. dels rams dos o très LR. I, 425 etc. Mille aussi, dans l'ancienne période des langues, se fait volontiers accompagner de ce génitif : esp. cinqûenta veces mill de armas PC. 1634, sesenta veces mill de combatientes Alœ. 179 ; pr. X millier de cavalliers Flam. 8; v.fr. XV milie de Francs Roi. p. 97, vins mils de chevaliers Gar. I, 6.