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VOIX DU VERBE. ACTIF, IMPERSONNEL

3. Inipéy^sonnel. — Il est essentiel ici de ne '^las perdre de vue l'idée que représente cette catégorie du verbe. M3n nomme impersonnels les verbes qui, à la troisième personne dù\ singulier, renferment un sujet impersonnel (neutre), ou l'exprir^.jnt extérieurement au moyen du pronom neutre (it. egli, fr. il). Toutefois une autre idée impersonnelle , un infinitif ou une proposition tout entière, peut jouer le rôle du sujet. Les impersonnels se construisent soit absolument (tonat), soit avec un cas oblique personnel (pudet me, licet mihï). Un petit nombre seulement de ces verbes sont simplement impersonnels et par conséquent défectifs, comme ital. mi cale, mi lece ; la plupart peuvent se construire avec un sujet personnel. Bien que quelques impersonnels latins soient maintenant, ou bien employés comme verbes personnels, comme it. egli si pente de poenitet, ou bien éteints, comme miseret, taedet, néanmoins le nombre de ceux qui se sont conservés dans les langues filles est considérable. Pourtant le français a perdu un grand nombre de ces verbes ; il les remplace par la périphrase ou d'une autre manière. En voici plusieurs que le français moderne ne connaît plus : il espart, il vente, il aserist, il avesprist, il est anuitié, il m'estuet, il m'apent, il m'afiert, il me loist, il me monte, il in'abelist, il me haite, il me deult, il me membre. — On a déjà indiqué au chapitre cinquième que les impersonnels se construisent avec le datif de la personne ; quelques verbes de cette classe qui expriment des phénomènes naturels s'emploient aussi comme transitifs : ital. piove lagrime\ prov. cel que us ploc manna Leys I, 290; v.fr. l'eve que les nues pluevent G. d'Angl. p. 56; fr.mod. il pleut du sang ; lat. pluit terram ; ail. ^5 7'egnete Feuer und Schwefel.

Parmi ces verbes il en est un qui a de l'importance et qui

trième section . Il faut remarquer ce qui suit : en italien le pronom, à Tindicatif et au subjonctif, peut précéder ou suivre le verbe: (^o) mipento et pentomi, U penti pentiti, si pente pentesi, ci pentiamo pentiamci, vi pentite pcntitevi, si pentono pentonsi. Mais à l'impératif pentiti {tu), pentasi et si penta, pentiamoci, pentitevi, pentansi et si pentano. Inf. pentirsi ; gér. peniendosi, part. pentitosL — Esp. me alegro et alégrome, te alegras alégraste, se alegra ategrase, nos alegramos, os alegrais, se alegran et alégranse. Au subjonctif le pronom précède : que me alegre. Impér. alégrate, alegrese, alegrémonos, alegraos, alégrense. Inf. alegrarse; gér. alegrandose. De même en portugais. — En français le pronom précède toujours, sauf à l'impératif propre : réjouis-toi, réjouissons-nous, réjouissez-vous. — Val. {eu) me mir, te miri, se mire etc. Impér. mirete tu, mirese el, miraizive voi; inf. a se mira, gér. mirtinduse.

d'ailleurs ne^ signifie rien par lui-même et ne fait qu'indiquer rexistence/^run objet. L'ail, es gibt est rendu en roman de la manière Clivante. 1) Par est, sunt, généralement en compagnie d'un adv.'iî.'be de lieu, comme aussi l'angl. there is, there are. Ital. è, v'è, c'è (evvi, ecci), par ex. v'è un uomo, plur. sono, vi sono y ci sono uomini ; egli ci sono delV alire donne Dec. 3, 3. Prov. es hom ; non es senhora que o vuelha\ v. franc. il sunt quatre manières TCant. 170. Val. symt oameni; este vertute (il y a des vertus). Cette expression ne devient en réalité impersonnelle que lorsque le singulier est se construit avec le pluriel du sujet, liberté que se permettent les langues romanes (comp. plus haut cbap. X, § 4) : ital. ancor yion è moW anni Inf. 19, 19 ; cet est s'applique en français dans le style élevé, mais seulement au présent, à l'imparfait et au parfait de l'indicatif : il est des villes ; il était des peuples. — 2) Par habet, accompagné d'ordinaire de l'adverbe de lieu dont il a été question et d'un accusatif dépendant au singulier ou au pluriel. L'expression italienne est ha ou vi ha, havvi, v'ha, par ex. ha quindici giorni (il y a 15 jours); quivi non avea pianto ; v'ha de' principi; molti cittadini v'avea. L'expression espagnole est ha ou hay (de ha y, mais cette combinaison avec y n'a lieu qu'au présent de l'ind.), par ex. diez anos ha ; hay un hornbre ; haMa una muger ; v.esp. (ici y s'unit aussi aux autres temps) taies y ha PC. 3513 ; avie hy un calonge Bc. Mil. 330. Le portugais emploie simplement ha, p. ex. ha hum anno, houve tempo; haverâ muitos homens\ mais l'ancienne langue appliquait aussi l'adverbe de lieu : se y aprovas FGrav. 385; quantos filhos dalgos hy ha FMart. 593 ; nam ha hi outra casa R. Men. c. 10 ; encore dans Camoens. Prov. mans jocs y a Choix III, 211 ; non ac baro 413 ; non a tan fin aman cum me 397 ; se no i agues plus orne mas mi e vos GRoss. 3690 ; de tais n'i ac LR. I, 555^. En français l'adverbe est indispensable : il y a longtemps \ il y a des femmes ; mais le V. français s'en passait aussi : aguait ad e trdisun LRs. 377 ; en vous a honnour et savoir Ccy 2398. La présence de l'accusatif dans cette formule est prouvée par les exemples provençaux et V. français. En italien est et habet sont aussi usités l'un que l'autre, en espagnol et en français habet est devenu l'expression dominante. Dans les patois allemands on entend dire aussi es hat Leute. Le daco-roman semble ignorer cet emploi de habere. — 3) Une expression spécialement italienne, mais peu usitée, est si da, si danno : si puô dare un uomo

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più indegno ? non credeva si desse cd mondo una si rara virtii ; si danno di quelli che sostengono. Si da correspond à datuVy conceditur, d'où a dû se développer le sens de apparaître, exister. L'allem. es gïbt se rapproche d'autant plus de l'expression latine que le pluriel aussi, es gehen Leute^ était jadis usité, voj. Grimm IV, 230. En espagnol et en portugais on emploie pour ofrecerse l'expression darse qui concorde à peu près avec la locution italienne : dase en tierras calidas (il s'en présente dans les terres chaudes) ; que medio se dard ? Nov. 7 ; pueden darse versos que etc. Rengifo Aî^t. poet. p. 18 ; port, se se desseiJi taes circunistancias . — 4) L'idée opposée h il y a est rendue en français par il faut, il manque, expressions avec lesquelles on peut également construire un pluriel: il me faut des livres; il nous manque plusieurs décades de Tite-Live. — 5) Un verbe d'un sens analogue à celui de est, hahet est facit, qui se dit surtout du temps et de la température. Ital. fa caldo, fa freddo, fa giorno, fa notte, fa buon tempo, fa pruina, fa vento. Esp. hace frio, hace huen tiempo, hace diez anos ; de même port. faz. Franc, il fait froid \ il fait des éclairs, du vent, beau temps, il fait jour. Mais val. è cald, è frig, è timp serin (cependant se face noapte pour fit nox). — Cet usage remonte très-haut, si le passage de Grégoire de Tours 3, 37 gravein hyemem fecit, donné par tous les manuscrits, est authentique ; un seul manuscrit porte gravis hiems fuit.

On forme d'ailleurs des phrases impersonnelles au moyen de esse et de quelques autres verbes. 1) Esse s'unit avec un adjectif neutre ou un adverbe, comme dans les formules connues ital. niè grave, pr. m'es greu (m. h. ail. mir ist swaere); pr. iu'es bel, v.fr. il m'est bel (cela me fait plaisir) ; prov. 7n'es mal (cela me fait de la peine); ital. m'è tardi, v.fr. il m'est tard (il me tarde); prov. 7n'es parven (cela me paraît clair, m. h. ail. ez ist schîn); prov. pauc m'es, v.fr. il m'est peu (il m'importe peu); v.fr. de tex aluses petit m'est (m. s.) NFC. 11, 48, lor est de nos petit Parton. I, p. 160; fr.mod. il FAIT cher vivre. Ou bien il s'unit avec des substantifs, et voici les formules qu'il faut signaler. Pour opus est : it. m'è uopo, è d'uopo, FA d'uopo, uopo mi son libri ; v.esp. m'es huevos ; pr. m'es ohs, m'k obs Choix IV, 68, unaren m'A obs 111, 6; val. de op este. Pour necesse est; ital. è necesse (latinisme employé par Dante), è di bisogno, è mestieri, fa di bisogno, FA mestieri; esp. es menester, aquel ha menester una cosa;

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port, hei inister conselho; prov. mestier es, li a mestier que GO. 295^; v.fr. il lui l mestier Saœ. I, 6; fr.mod. il n'est pas besoin (affirmativement non pas il est besoin, mais j'ai besoin de). De même ital. è forza\ fr. force m'est\ àvch(v.ri èaTL Pour visuM MiHi EST : prov. m'es vis ; v.fr. il m'est vis ; v.ital. ciô m'è viso PPS. II, 236 ; fu viso a me avec l'infinitif Par. 7, 5 ; la formule procède du latin, mais eUe n'est pas un latinisme, comme on le prétend pour le passage de Dante. Au lieu de vis, où l'on croyait sentir un substantif, le provençal dit aussi m'es avis, v.fr. il m'est avis, il m'est advis ; ital. m^ è avviso. Synonyme : prov. veiaire m'es, veiaires es a mi (comme visum est mihi) GO. 15^; v.fr. il est viere; le substantif a le sens de opinio. Sur est avec l'infinitif (ital. non è da credere) voyez chap. YIII. — 2) Autres verbes. Stare et ANDARE avec des adverbes : it. mi s ta bene\ va bene, va maie ; esp. bien me va ; prov. be m'esta; mielhs me vai ; fr. il me va bien. De même aussi prendere : ital. m'è ben preso di questa cosa (bien m'en a pris); prov. ben lur en pren Choix IV, 357 ; cum m'en fora ben près 418 ; fr. il lui prendra mal ; bien lui a pris. Avec sapere : ital. mi sa buono ; esp. 7ne sabe bien ; prov. me sap bo (cela me convient). Avec SEDERE : fr. il me sied bien\ b.lat. caritatis studio sedit atque convenit Bréq. 84^ (comp. v.h.allem. ez sizit mir). Valere : ital. val poco etc.; esp. val mas ; prov. val pauc ; fr. il vaut mieux.

4. Expression périphras tique de l'actif. — Il s'agit ici non pas de la périphrase qui s'applique à certains temps et dont nous parlerons plus tard, mais de la substitution de la périphrase à l'actif dans son ensemble. Les verbes qui servent à cette périphrase sont esse, stare, ire, venire, on les construit avec le gérondif ou le participe présent d'un verbe donné. Cette méthode, qui consiste à employer deux verbes à la place d'un seul, est extrêmement répandue. La périphrase serait une prolixité inutile si elle n'en disait pas plus que l'expression simple, mais eUe a au contraire, grâce à certaines idées accessoires qui l'accompagnent, l'avantage de rendre superflus d'autres mots et de contribuer ainsi à la concision ; seulement l'abus du verbe qui sert à la périphrase finit par lui enlever toute valeur. 1) Esse a pris le sens d'une existence persistante ; le participe qui l'accompagne exprime donc une activité persistante. Ce mode d'expression aujourd'hui vieilli était jadis fort usité. Ex. : it. perdente (pour perdenti) sono PPS. I, 31 ; son di moite pêne soflerente

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