‹ Grammaire des langues romanesChapitre 46 sur 141 · VOIX DU VERBE. ACTIF, PÉRIPHIUSE · texte numérisé non relu

VOIX DU VERBE. ACTIF, PÉRIPHIUSE

184; di lei son temente 202; chi è di me ferente? (qui me blesse?) 514; io son saccente di[eiG. BLat. 26. En espagnol et en portugais le parfait de ser se construit souvent avec le gérondif, mais alors il remplace le temps qui fait défaut au verbe ir (aller) ; l'ancienne langue présente aussi l'emploi d'autres temps qu'elle upit au participe, p. ex. merezientes évades Bc. Mil. 276 {^oviv mereciades)\ yo desto so creyente Bz. 140; eran creyentes que etc. Apol. 271 ; on trouve plus souvent le verbe sedere qui s'est mêlé à esse : seyense consejando PC. 122, sonrrisando 2541. Pr. cum lo leos es dormens Choix

III, 390 ; quant la vida er dur ans 87 ; siatz de mos tortz perdonans IV, 365 ; siatz desheretans dels enemicœ ibid. v.fr. vos pri que ne seiez fuiant Roi. p. 47; sont disanz QFA. 109 ; n'est lungement durant TCant. p. 10 ; en est désirant Ch. d'Orl. 41 ; d'elle estre jouissant Mar. I, 293 ; sous ceste tumhe est gisant III, 250, et souvent encore chez le même auteur. Tant que le participe reste seul, ou tant qu'il a un génitif sous sa dépendance, il se rapproche du nom ; il a plus de la nature du verbe lorsqu'il est suivi d'un datif ou d'un accusatif, mais en ce cas le gérondif est plus usité. Ital. cui sono immaginando PPS. 1 , 338 ; considerando sono li dolci intendimenti 487 (ital.mod. sto considerando). Prov. serrai li plazens e merceians Choix III, 316; me non suy damans

IV, 70; el es trastornant lo poble (commovet populmn (Vg. Luc. 23, 5) GO. 242^; v.fr. leur soyez donnans QFA. 120; sont tenant grant chasement Berte 15; suis vostre grâce attendant Ch. d'Orl. 21. En latin déjà on trouve assez souvent smn uni au participe présent pour donner au verbe un sens de permanence : sum dicens (je suis un homme qui parle) , et avec un régime : fuit temporihus inserviens\ ut senectus sit operosa et se^nper agens aliquid (comp. Haase sur Beisig, note 579). Les nombreux exemples de cette expression que présente la Vulgate ont été suggérés par l'original grec, mais les textes b. latins reflètent le procédé roman et cela jusqu'à une époque avancée, par ex. erat regnum cum justitia regens Gr. Tur. 3, 25; erat cernens magnalia dei 6, 6; sum con~ tradicens, sum resistens Cap. Car. Calv.\ que est pertinente Mur. y, 1009 (ann. 754) ; simus dimicantes, simus deo servientes Esp. sagr. XL, 403 (x® s.), et ce procédé est extrêmement commun dans les chartes. La même forme se retrouve, comme on sait, en grec (çtXûv d\)x), en gothique {vas laisjands), surtout en v. h. allemand {was beitonti) et

plus souvent encore en anglais (7 am going)K — 2) Stare indique un état transitoire (comme le m. h. ail. stmi, se trouver); on dirait par exemple en espagnol yo estaha en Madrid, mais yo soy Espanol. Ce sens passe au gérondif avec lequel 5^are s'unit, ce qu'il peut faire dans toutes les langues où il a persisté: ital. sto scrivendo (je suis en train d'écrire), stava scrivendo etc. ; esp. estoy comiendo, estaha hablando ; port, estou cantando ; prov. estauc hais an ; cette construction n'est plus possible en français. Le roman sto aspettando ne répond pas au latin sto exspectans Ter. Eun. 3, 5, qui se décompose dans les deux idées sto et eœspecto. Le v. h. ail. ez frâgen gestuont (commença) est assez près de l'expression romane. — 3) Ire (andare) avec le gérondif exprime en italien une activité continuée : andar sospirando mattina e sera ; andar pensando ; spero e vo sperando PPS. I, 54 ; vago augelletto che cantando vai P. Son. 317; e corne i gru van cantando lor lai Inf. 5, 46 ; la gia cercando Orl. 12, 3. En espagnol ce verbe tend à indiquer le commencement d'une activité : les fuè diciendo (commença à leur dire); ellos fueron perdiendo la fuerza ; se va haciendo tarde ; yo voy temiendo ; él se iha hurlando\ yo lo iré declarando. Port., comme en ital. : hradando vou CGer. 1, 205 ; foy negando 293 ; o planeta que as horas do dia vai distinguindo Lus, 2, 1, et de même se vdo lihertando, for do dilatando, andarào devastando. Parfois la périphrase semble à peine dire quelque chose de plus que le verbe simple. Prov., aussi comme en italien : trastota dia

l. Elle est moins employée en allemand moderne : ich Un verlangend es zu wissen; la phrase de Lessing, Emilia Galotti II, 7 : ich war mir sie in dem Vorzimmer nicht vermuthend, est assez lourde. — Les langues romanes, dans la période ancienne, favorisent aussi la périphrase avec esse et l'adjectif verbal en tor [amator), par ex. ital. il core sia pensatore (c.-à-d. pensi) PPS. I, 47 ; esp. como sodés sabidor {como sabeis) PC. 2962 ; dod eran movedores 3631; al otro ères destroidor Rz. 406; sera merescedor pora ser privado del rey (il méritera de devenir le confident du roi) Cal. è D. 70*; de una cosa so bien sabidor Fern. Gonz. 225; port, souvent ser ajudador, desejador, perguntador, morador, rogador, sabedor, sofredor, etc., par ex. serei rogador a deus [rogarei a. d.) Trov. n. 130; prov. vos suy de ben razonaire {vos razoni de ben) LR. I, 423 ; oui sens non es guidaire PO. 134; qui qu* en sia lauzaire Choix \\\, 318; del plus serai atendens e sufrire (uni au part.) III, 316; v.franc. li estes aideor Ben. II, 79. C'est en provençal que cette tournure est le plus usitée. B.lat. qui subter subscripturi vel signa f adores sunt HL. I, 55" (ann. 821); donatores sumus domino deo Choix II, 152 (ann. 993). Elle a lieu aussi avec facere : port. quero vos eu fazer sabedor Trov. Vat. p. 121.

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