Déclinaison du substantif avec l'adjectif : a) Masculin
Sing. N. pomul dulce
G. a pomului dulce D. pomului dulce A. pre pomul dulce V. pomule dulce
Plur. N. pomii dulci
G. a pomilor dulci D. pomilor dulci A. pre pomilor dulci V. pomilor dulci
dulcele pom a dulcelui pom dulcelui pom pre dulcele pom dulceÇle) pom dulcii pomi a dulcilor pomi dulcilor pomi pre dulcii pomi dulci(lor) pomi
h) Le féminin a cela de particulier qu'au génitif et au datif singulier le second nom met e pour e.
Sing. N. penura alhe
G. a penurei alhe D. penurei aïbe A. pre penura alhe V. penure alhe
Plur. N. penurile alhe
G. a penurilor alhe D. penurilor alhe A. pre penurile alhe V. penuri(lor) alhe
alha penure a alhei penure aïhei penure pre alha penure alhe penure alhele penuri a alhelor penuri alhelor penuri pre alhele penuri alhelor penuri
les noms suivent sans flexion casuelle ; le principe le plus constant est de mettre le substantif en premier lieu et l'adjectif en second : un hçrbat mare, o case mare y dat. unui herhat mare, unei case mare (Barcianu § 76). Dans cette langue, outre l'article enclitique on applique aussi le démonstratif cel, lequel ou bien précède son nom comme dans cel neroditoriii fregariu selbatec (ital. Vinfecondo moro salvatico)^ ou bien vient se placer en compagnie de l'adjectif après le substantif muni de l'article, comme dans oraiorul cel mare, aussi marele orator (il grande oratore)\ val. du sud omlu acelu bunu ou acelu omu bunu. Par là les formes de l'article s'accumulent d'une manière inconnue aux autres langues, et cela est surtout sensible au génitif et au datif : supt stepenirea lui Constantin imperatului celui d'inteiu crestinesc [sotto il governo di Costantino, primo iynperatore cristiano). Cet entassement de petits mots est un trait caractéristique de la langue valaque. L'emploi de cel est nécessaire devant le superlatif (p. 9); devant les nombres cardinaux : cei zece Romani (i dieci Romani)\ celor patru seraci (ai quattro poveri); et dans les cas où l'article a une valeur démonstrative décidée, comme dans cel de astezi (quel d'oggi, hodiernus). Nous avons signalé p. 25 l'emploi de cel devant les noms propres accompagnés d'un adjectif. — Il a été question dans le chapitre précédent de l'emploi de l'article avec l'adjectif neutre.
19. Il y a des adjectifs qui ne s'unissent pas à l'article de manière à former avec lui un groupe qualificatif, mais qui au contraire le précèdent immédiatement, à moins qu'ils ne soient, par exception, placés après le substantif ; à l'article équivalent ici le démonstratif ou le possessif. Ces adjectifs sont lotus, médius , ambo, solus. 1) Totus : ital. tutto il mondo (il mondo tutto) ; tutto quel giorno ; tutta un' ora, aussi ogni lor virtù ; esp. toda la mar (la mar toda)\ todos aquellos hombres\ todo unpueblo^\ de même en port. prov. ; franc. toute la terre ; tout un peuple ; de tout mon cœur ; val. tôt omul ; toate feptura ; totzi trei. Ce procédé est aussi connu d'autres langues qui possèdent l'article, comme gr. -Tîaaa y; à^éXy], cXr^v TYjv v'jxTa, y) r.zXiq cXy), goth. alla so haïrda , v.h.allem. aller ther liut, der liut aller. En latin aussi la construction
1. En V. espagnol quelquefois todo las hombres etc., selon la pratique du langage familier qui ne fait pas sonner Vs dans ce mot devant las, las. On a aussi en v.port. todolos pour todos os.
ordinaire est totus iste mundus, totos hos menses, omnia mea hona. Il faut encore remarquer que l'italien entre tutto et un nombre cardinal n'intercale pas l'article mais le petit mot e : tutti e tre, tutte e quattro^, — 2) Médius après des prépositions : ital. per )nezza la f route ; di mezzo il cielo (mais un uomo di mezza et à d'âge moyen) ; esp. en média la fornaz Bc. Mil. 366 ; prov. per meias las palutz ; comp. le v.h.aU. untar mitten then lerarin Grimm IV, 402. Ainsi placé il finit par devenir lui-même une préposition, voy. ch. 6. — 3) Ambo : ital. arribo le mani ; ambedue gli occhi ; v.esp. amos los hrazos ; amas mis fijas ; entrambas las manos (esp.mod. ambos punos, entrambas partes) ; port, ambas as màos ; ambos os dois ; pr. amdos los huelhs ; ambdui H rei, aussi ab ambas mas Choix III, 406 ; v.fr. ambez dous les pais ; andeuz les piez ; manque en fr.mod.; val. eu amundoe munile\ imbe pertzile comme ital. ambo le parti: l'article est construit avec le substantif, non pas imbele pertzi. Il occupe la même place dans d'autres langues : grec à[i-çoîv Taîv BiaOY)7.aiv, goth. bathoskipa Luc. 5, 7, v.h.all. beidu thiu skef, thiu skef beidu y angl. both the poets. — 4) Solus (seulement); esp. deœanse llevar de solos los cuidados ; tengo sola una pena ; port, quem de sô o amor se pagava R. Men. c. 12. En italien il est d'usage de mettre solo après le substantif ou l'article : qui veder puoi l'immagine mi a sola ; la sola parola compone i lamenti ; franc, la seule imagination en fait horreur. — Si totus dans des langues si diverses se refuse à toute fusion avec l'article, cela tient sans doute à ce que les noms de nombre (et totus est aussi un nom du même genre
1. La nature de cet e est très-hypothétique. Compris comme copule {omnes et très) il n'aurait aucun sens et cette acception ne s'appuierait sur l'usage d'aucune autre langue. Salviati (voy. Blanc 233) le regarde comme une abréviation de cioè {omnes, id est très) : ce serait l'abréviation d'une locution bien lourde. L'expression tutti e tre renvoie à un nombre déjà connu et est en quelque sorte la continuation de ambo qui signifie tutti e due; e pourrait donc avoir un sens démonstratif et à cette idée répond l'opinion de Blanc /. c. qui y voit une forme de l'article qu'on retrouve dans l'ancienne langue pour i. Mais il y aurait lieu de se demander pourquoi l'on ne dit pas aussi bien tutti e cavalli, outre que Ve dans cette locution (ce qui d'ailleurs n'a pas échappé à Blanc) remplace aussi le féminin le. Enfin pour tutti e tre les anciens disaient déjà souvent tutti a tre, tuttatre, ce qui rappelle la formule espagnole toute semblable ambos à dos. Cet a est-il l'expression primitive, et quel sens la préposition pouvait-elle avoir ici?
qui détermine d'une manière définitive et qui par conséquent n'admet pas de gradation) quand ils suivent l'article supposent un objet dont on connaît déjà la quantité, « les deux amis l'ont abandonné », tandis que la fonction de totus est de déterminer cette quantité pour la première fois : « les amis Font abandonné tous». Lorsque le substantif en lui-même n'a pas besoin d'article, il ne paraît pas et l'on dit : ital. tutta Roma, esp. de todo corazon, franc, à toutes jambes \ il en est de même lorsque totus esi em'^lojQ ^o\xv quis que (voy. ch. 3). D'autres langues laissent l'article de côté d'ordinaire dans les cas oii le sens est moins précis : grec Travxsç àvGpwTrot, goth. allai gudjans Math. 27, 1, v.h.all. aller liut, aile man. L'emploi de médius et de solus doit être jugé comme celui de totus. Quant à ambo il suppose, il est vrai, un nombre déjà déterminé (deux), mais il représente ce nombre à nouveau comme un tout et cesse ainsi d'être une simple épithète : « les amis l'ont abandonné tous deux ». — Sur le prov. eis (en eissa la semana) voy. ch. 3,