‹ Grammaire des langues romanesChapitre 57 sur 141 · MODE. INFINITIF PBÉPOSITIONNEL. AD · texte numérisé non relu

MODE. INFINITIF PBÉPOSITIONNEL. AD

b. INFINITIF AVEC AD.

A la particule ad se joint en italien da qui, dans cette situation, ne s'applique guère qu'à la désignation du but. Une particule identique à ce da est en v. français la locution de a^ dont les éléments sont toujours séparés, mais elle s'emploie rarement : sont désirant de vous à conforter HCap. 180, 25 ; près sui de moi à baptisier Barl. 64, 37 ; de fais de mort a soustenir ibid. 30, 2; prov. la maneira de mi a chuflar PO. 339 (achuflar LRom. II, 393, GRiq. 91); de gent a gabar ço queusplaz M. n. 383 (acabar PVid. éd. B. p. 137).

1. Ad avec des verbes auxiliaires. — 1) Habere (tenere) suivi d'un infinitif avec ad exprime une nécessité objective ou subjective dans un sens actif, ce qui répond assez au temps qu'on nomme en latin le participe futur passif (avec le datif de la personne), et forme, comme ce temps, une conjugaison périphrastique qui comprend tous les temps. Ital., avec k \ ho a scrivere {scribendum est mihi)\ le cose che avean a venire; ha a perire FPS. I, 145 ; a biasimare v'arà la gente 76 ; plus souvent avec da : abbiamo tutti da morire {moriendum est omnibus) ; molto avrô da fare (multum faciendum erit mihi). Avec da on exprime aussi une possibilité objective ou subjective (moyen, motif) : non hanno da vivere {non habent unde vivant) = non hanno niente da vivere ; non avete da temere (non est quod timeas) ; ou avec d'autres verbes : trovo da fare ; resta da dire ; cf. l'expression formée avec des relatifs p. 211. Esp., avec de : se ha de saber (sciendum est); le habia de entregar (erat eum traditurus) ; tengo de escribir ; v.esp., mais aussi avec À : ovieron d morar PC. 961; avremos d yr 3482 ; an d aver FJ. 53^ ; ayan d leer CLuc, 3; aussi avec de : ovo de passar Alx. 1131 ; a de seer FJ. 55^; ovo de traer CLuc. 75 ; avia de decir 83; au xv^ siècle, au moins dans Santillana, de seul est usité. A l'ital. avère da vivere répond l'esp. tener de vivir et de même buscar de corner, comprar de cenar. Port., comme en esp. : hei de ler\ onde havemos de ir? tenho de estar alli a manhàa ; v.port. heikquitar\ m' ei a partir Trov.\ plus tard dans le Cane, gérai on trouve partout de : ey de mostrar, ey d'ouvyr, aveys de fazer ; dans G. Vicente tu has de começar, et déjà dans une chanson galicienne d'Alphonse X overa de perder, voy. Nobl. del Andal. 152^. Prov. l'emperi aig a mandar Boèce 86; ai a guérir Choix III, 4 ; de même franc, fài à

écrire ; il a beaucoup de choses à vous dire ; j'aurai à lui remercier. Val. am de scrie ou de scris (scribendum est mihi). L'ail, haben zu répond à l'expression romane, tandis que le latin habeo dicere et le grec Ixw eiTuetv n'expriment que la possibilité : nihil habeo dicere = quod dicam. En b. latin on trouve à la fois ce dernier sens et le sens roman : (h)abent latrones persequere (ont à poursuivre) L. Sal. cod. guelph.\ si aliquid habueritis opponere Form. 1, 26; habeo quaedam prosequere ibid. app. 54; deo deprecare avead Brun. 574 (ann. 763); quod ego inde habeo recipere Marc. 857 (ann. 944); habeant tenere 870; ad recipere habemus (voy. plus haut p. 202); souvent avec le gérondif: ad laborandum habuit Mur. III, 1023 (ann. 823). — 2) Esse ad constitue le passif de l'expression précédente. Ital. io sono da lodare [laudandus sum)\ non è da credere (non credendum est); quello fu da insegnare [illud praecipiendum fuit) ; questi scrittori saranno da udire (audiendi erunt). Esp. avec de comme pour haber : es de créer ; non era de oblidar ; son de venir (venturi sunt) ; v.esp. avec  : son d aguardar PC. 1831 ; es d fer 3006 ; es d complir Alœ. 630 ; port, he de crer ; nâo era de esquecer. Prov. morz no l'es a doptar [mors illi non metuenda est) Boèce 175 ; lo cavalier vos er a rendre Jfr. 117^; on se sert beaucoup de la formule non es a dire (il n y a rien à redire); franc, je suis à plaindre ; il était à désirer ; c'est à croire (de là le verbe accroire qui ne s'emploie qu'à l'infinitif, ital. accredere), c'est à savoir. Val. nu è de a se temeà [non est timendum) ou avec le supin : ce è de fecut? (quid faciendum est?). Cette expression aussi trouve un correspondant direct dans l'ail, sein accompagné de zu ; le lat. est dicere, est credere n'exprime que la possibilité, et semble du reste ne se présenter que comme impersonnel. Un exemple b. latin est donné par le passage bien connu Le Clothario est cancre rege Francorum. — 3) L'it. stare avec ad équivaut à peu près à stare avec le gérondif, par ex. egli sta a dormire (il est en train de dormir) ; egli è statto tutto il giorno a studiare ; dans ce sens on trouve aussi essere : altre son a giacere Inf. 34, 13 ; egli era a lavorare. En espagnol on dit estoy d ver (= estoy viendo)\ esta de ver = lat. est videre ; port, estou a partir. En français les temps du verbe être dérivés de stare sont employés de la même manière : les bergers de la contrée et oient à garder les vignes Rabel. 1, 25; deux armées ont été longtemps à se regarder. — 4) Ire

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