TRAITEMENT DU PARTICIPE
167; SOS baros a fahs mandar GRoss. 3419; et de même los ans qu'ai laissatz passar Choix lY, 419; cent donas ai faitas plorar LR. III, 261 ; le sujet suit le participe : tan Va onrada dieiis. — On peut prévoir que sur ce point aussi le V. français s'est comporté comme le provençal.
L'italien se meut plus librement que le français. 1) Lorsque le participe précède le régime, il peut rester invariable ou être fléchi : ho ricevuto le lettei^e ; ho perso due zecchini ; et ho saputa la nuova ; ho perduti i danari. — 2) S'il suit son régime il s'accorde avec lui : non li ho veduti ; i danari ho presi ; le lettere che avete ricevute. On a restreint cette règle comme en français, a) Le participe accompagné d'un infinitif est fléchi lorsqu'il se rapporte au régime : la risoluzione che avete presa di andare alla campagna\ il est invariable quand le régime dépend de l'infinitif : la lettera ch' egli ha cominciato a scrivere ; gli ha restituito quei lihri che ha voluto (restituire). La distinction qui s'opère en français avec voir et entendre existe ici aussi avec vedere et udire : dans Vho veduta depingere, l'ho udiia cantarCy la est régime du participe, dans Vho veduto dipingere, Vho udito cantare, la est régime de l'infinitif. Mais fatto et lasciato peuvent s'accorder avec leur régime : una nave, la quale io ho fatta apprestare Bec. 5, 1 ; una parte vi ho lasciata a dire 2, 7. b) Une phrase qui commence par che rend également invariable le participe qui la précède : le ragioni che ho creduto ch' egli approvasse. c) Il en est de même lorsque le sujet suit le participe : le fatiche che hanno sofferto i soldati.
Voici quel est le principe suivi en espagnol : avec hader le participe reste invariable , avec tener il se fléchit ; ces deux règles doivent être observées dans toutes les circonstances : he escrito una caria ; la carta que he escrito ; tengo escrita una carta ; las cartas que tiene recibidas mi he7'mano. Mais si l'on se reporte aux anciens textes dans lesquels haber est encore l'auxiliaire prédominant, on voit que l'usage commun aux autres langues romanes est ici aussi en vigueur. Exemples : 1) Lorsque le participe précède : mio Cid ganada ha Xerica PC. 1335; sacada me avedes 1604; ovieron echados los tizones Bc. Mill. 221 ; 2) lorsque le participe suit : una tienda ha dexada PC. 590 ; ovo la miss a acabada Bc. Mill. 180 ; ovo la verdat manifestada Alx. 578 ; asï como la hobiese ganada S Part. II, 369 ; non habia las cartas rescebidas Rz. 1173; bien los ovo bastidos PC. Q^\ los avères que
avien ganados dOl ; mais aussi batalla que han arrancado 2494. Néanmoins la variabilité a dû se perdre peu à peu à partir du xiv° siècle déjà, elle semble à peine se présenter dans le Conde Lucanor, et elle a tout-à-fait disparu au xv® siècle, dans Santillana par exemple.
En portugais le participe n'admet aucune flexion : on dit tenho escrevido huma carta\ as cartas que tenho escrevido. Mais c'est là aussi un usage de la langue moderne. L'ancienne langue procédait exactement comme le v. espagnol, par ex. ouve mostradas todas estas maravillas dans une chanson galicienne d'Alphonse X; que vos a servida D. Din. 87; grandes autores muy acupados tenes CGer. II, 72; teve acupada a vista 388; ter merecida a morte III, 621. Encore chez Camoëns par ex. flores que regadas tinha 3, 132; tem as flores mudadas 4, 42.
En valaque aussi le participe est invariable, par ex. delà cine 0 ai cepetat? {a quo illam accepisti?); le am cetit (eas legi).
2. Les verbes intransitifs qui forment la périphrase avec esse ont le participe variable des verbes passifs, ceux qui Topèrent avec hahere ont, comme on peut s'y attendre, le participe invariable : ital. ella è mort a ; gli amici non sono venuti ; costoro hanno dormit o ; fr. ils sont partis ; elle a dormi ; les années qu'a duré notre liaison ; les jours que nous avons vécu ensemble ; v.esp. la noche es entrada, esp.mod. la noche ha entrado.
3. Les verbes réfléchis, dans les langues où la périphrase se fait avec 6556, ont le participe variable ou invariable. 1) Il est variable, de façon à s'accorder avec le sujet, lorsque le pronom personnel est considéré comme étant à l'accusatif, que le sens représenté par le verbe soit neutre ou passif. Ex. It. ella si è vantata\ eglino si sono maravigliati\ essa si è fatta monaca\ i libri non si sono trovati ; la donna si è fatta sedurre. Fr. mon amie s'est trompée ; elles se sont trouvées innocentes ; ils se sont repentis. Prov. lo coms s' es esforsatz Choix V, 59 ; me sui a vos donatz III, 214 ; mos cors s' es mesclatz 118. Le procédé est exactement le même que pour le passif : le participe est au nominatif, c'est ce que prouvent les exemples provençaux, que les Leys II, 12 contredisent ' en vain, en déclarant que ieu me soi ufert est plus correct que ufertz. On n'applique pas la règle lorsqu'un infinitif est placé sous la dépendance du participe, comme ital. ella si è fatto (non pas
fatta) dipingere ; fr. elle s est fait peindre. — 2) Le participe est invariable, quand le pronom personnel est regardé comme étant au datif. Ital. eglino si sono preso la lihertà ; essa si è figurato trovargli. Fr. je me suis donné toutes les peines ; elle s'est proposé de partir. — En espagnol, portugais et valaque le participe du réfléchi reste partout invariable : la cosa que se ha ganado etc.
4. Les verbes impersonnels qui forment la périphrase avec habere se séparent des verbes transitifs en ce que leur participe ne s'accorde pas avec le régime : on dit i gran calori che ha fatto ; aj)rès la pluie qu'il a fait.