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LA PERSONNE DU VERBE ET LE PR0N03I

tu me guida! III, 348; be siatz vos vengutz! G A. 605. Lat. tu fac ut diœi! tu animo bono es I Mais le pronom s'emploie aussi avec la troisième personne de ce temps, sans marquer d'insistance, ainsi ii. ella mi dica I (dites-moi!) entrino loro ! (entrez!). En français la deuxième et la première personne de l'impératif sont les seules formes de temps qui puissent se passer du pronom : chante! chantez! chantons! la troisième l'exige : qu'il chante ! qu'ils chantent ! Cette expression concise chantons (voj. plus haut p. 193) laisse loin derrière elle la formule périphrastique allemande composée avec lassen (sinere) : lasst uns singen ; mais dans l'ancienne langue le simple optatif singêm était encore usité. Exemples de l'emploi du pronom en V. français : ne passes tu noient! FC. II, 78 ; bien soies vous venus! Ccy 2154; ne vous en doublez ja! QFA. 219.

2. On doit encore tenir compte de quelques questions qui concernent la troisième personne. En premier lieu les verbes impersonnels doivent-ils être accompagnés d'un pronom neutre comme dans les dialectes allemands? Sur ce point encore les langues romanes ne s'accordent pas. En français le pronom ne peut pas manquer : il pleut, il fait chaud» il est des hommes, il y en a beaucoup, il reste quatre, il viendra de l'air, il manque bien des livres, il lui en coûte son argent etc. ; cependant l'usage a consacré n'importe, reste à savoir, plût à Dieu. Mais en v. français et en provençal le pronom neutre n'est pas plus nécessaire que le pronom personnel ; c'est surtout dans le second de ces dialectes qu'il est d'usage de l'omettre. En italien on peut indifféremment l'appliquer ou le laisser de côté : tuona, fa caldo, è vero, pare, et egli tuona, egli fa'caldo, egli è vero (même gli è vero), egli pare, corne ti pare egli? et de même lorsqu'un sujet suit : egli appare subitamente cosa Pg. 28, 37 ; egli è alcuna persona Dec. 10, 4 ; egli è qui un malvagio uomo 2, 1 ; egli è sentenza degli aiitichi scrittori ; egh è ora (il est temps) ; ou bien avec un pluriel, et dans ce cas egli est sans doute pris pour eglino : egli non sono ancora molti anni passati Dec. ; e' sono stati assai principi Mach. Disc.K L'espagnol s'abstient absolument de ce pronom abstrait ; on ne trouve pas de ello llueve, ello acaece, ello hace frio, et lorsqu'on dit ello parece muy

1. Cino da Pistoja a dit avec une certaine hardiesse : egli è secca quella fonte Canz. 20, phrase dans laquelle è est copule, c'est-à-dire n'a pas, comme plus haut, le sens de c'è.

dificil, mas no lo es y en ce cas ello a une valeur démonstrative. Le portugais a complètement renoncé au neutre ello.

3. Indépendamment du pronom abstrait il y a un sujet abstrait, exprimant une pluralité indéterminée qui peut être préposé à la troisième personne. C'est iiomo, que nous avons déjà appris à connaître plus haut (p. 79) dans le sens d'une unité indéterminée (= unus, aliquis). Homo est ici un mot atone qui se rattache au verbe et prend par rapport à ce dernier la même place que les pronoms ego, tu, ille : il répond tout-à-fait à l'ail, man. A en juger d'après des passages b. latins comme ut inter tabulas adspicere homo non posset (afin qu'on ne pût pas voir) Gr. Tur. 4, 12; sic débit {débet) homo considerare Lup. 527 (ann. 774), l'usage de cette e:^pression a dû se développer de bonne heure dans la langue vulgaire. Le français est la seule langue qui en fasse encore usage, il l'apphque aux deux genres et aux deux nombres de l'attribut : on pense ; on voit ; on doit être bon ; on doit être bonne ; on se battit en désespérés. On prépose souvent l'article à on, par raison d'euphonie, surtout après et, si, où et que, lorsqu'il n'est pas suivi dans ces cas d'un pronom commençant par un l, ou bien aussi quand il se trouve au début d'une phrase : et Von fera mieux ; si l'on veut ; où l'on trouve ; que l'on connaît ; mais on dit et on le fera ; si on la veut; où on les trouve. Le v. français employait presque indifféremment l'expression munie de l'article l'on, aussi l'en (qui se trouve d'abord dans des textes picards, d'après Fallot), ce qui prouve qu'on avait oublié l'origine de cette particule : on écrivait par ex. que l'um le voleit; que l'onjurt; deit F un livrer; le deit l'mn; se um veut; femes doit l'en honourer etc. Lorsqu'ici au lieu de 07n ou hom on emploie la forme home (qui ne convient proprement qu'au cas oblique) comme dans onques si bêle (chançon) n'oï home Ren. III, 47, ce mot est considéré non point comme un pronom conjonctif, mais comme un pronom absolu (p. 79). Le dialecte voisin, le provençal, fait également un usage libéral de ce pronom, avec ou sans article, par exemple dans la phrase l'om nol laiset a salvament annar Boèce 69, où l'om ne répond ni à homo, ni à quisquam, mais exactement à l'allem. man. — En italien cette acception de uomo est vieilhe. Des poètes du XIII® siècle disent dicess'uom, uom cresce, uom non si debbe tener (voy. les PPS. et d'autres collections où ce mot se retrouve très-souvent). Dante : com' uom fa delV orribili cose Pg. 14, 69; dove uom s' affibbia 'Imanto Inf. 31, ^Ç). Pé-

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