PERSONNE. LE RE'FLÉCHI PRIS AU SENS DU PASSIF
trarque : per chiamar ch'uom faccia Cz. 6, 1. Boccace : co7}ie nom dice Dec. 1, 7; per lo quale nom dice 3, 7. La place du pronom est quelquefois occupée par la locution munie de l'article l'uomOy qui est prise, il est vrai, dans un sens moins abstrait, comme dans Vuomo s'inganna, ruomo si liisinga. Le valaque dit de même de este oynul heteag (lorsque l'homme est malade). — Le v. espagnol emploie souvent homhre ou orne dans le sens en question. On trouve par exemple en que orne los ata Alœ. 215 ; es razon que hoyne guarde mucho aquello SPort. I, p. 76; en pocos que vos homhre diga CLuc. 44 ; lo que homhre face por su aima ^^ ; no puede homhre conocer S. Prov. 70. Le portugais dit de même : o que homen traz na fantezia R. Men, c. 7 ; segredos que homem nâo conhece Lus. 3, 69. Rajnouard cite d'autres exemples italiens, espagnols et portugais, voy. le Choix VI, 187 ss.
4. Une autre propriété de la troisième personne consiste à pouvoir rendre exactement la même personne du passif latin en s' unissant au joronom réfléchi se ; cet usage est déjà développé dans les plus anciens monuments. Il faut distinguer deux cas. 1) Expression impersonnelle, a) Avec des verbes transitifs : ital. si dice [dicitur), si è detto (dictuni est), si crede (creditur)y si sa {scitur), non si puô dire {dici non potest)\ esp. se dice, se ha dicho, se crée, se sahe\ port, diz-se, sahe-se ; val. se vorheste, s' au vorhit, se creade. Mais en provençal : om ditz, om crei ; fr. on dit, on croit, h) Avec des verbes intransitifs : ital. si va (itur), si viene {venitur), si vive (vivitur) ; esp. se anda, se viene, se vive ; val. se mearge, se vine ; fr. on va, on vient, on vit. c) Les verbes réfléchis n'admettent pas l'emploi impersonnel : si maraviglia, si lusinga est personnel (il s'étonne, il se flatte), et on ne forme pas au sens impersonnel de locutions comme si si maraviglia, si si lusinga. — 2) Expression personnelle. Le verbe, qui ici ne peut être qu'un transitif, se règle sur le nombre du sujet. Ital. il lihro non si trova, i lihri non si trovano. Esp. se teme una horrasca ; se creen muchas cosas; port, diversos pareceres se dâo ; a arvore se prantou. Prov. hlasme se mier PO. 165 ; sa porta non si degra vedar Choix IV, 364 ; franc, un hruit se répand', la hihliothèque se vendra ; l'offre s'accepte ; cela ne s'ouhlie Jamais ; il se fait des protestations. Si le sujet est, comme dans les exemples cités, une chose, rien ne s'oppose à l'emploi de l'expression réfléchie ;
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mais si c'est une personne, ou tout au moins un être vivant, cette expression peut devenir équivoque. On ne dit pas volontiers en italien il fratello si loda, i fratelli si puniscono ; mais on dit bien, puisqu'il n'y a pas de confusion à craindre : si che veder si poten tutti quanti Inf. 4, 117; la gente potrehhesi veder? 10, 7; laddove Cristo tutto di si merca Par. 17, 51; perché si de' punir donna? Orl. 4, 66 ; coloro i quali tu vuogli che s'ardano Dec. 5, 6 ; de même prov. la genser qiCel mon se mire ; l'espagnol et le portugais ne se comportent pas autrement. Le français, qui restreint autant que possible la part de l'interprétation et fixe avec la dernière précision le sens de chaque tournure, réserve le passif réfléchi pour les objets inanimés et les idées abstraites. L'emploi de cette expression avec des personnes n'est pas commun ; on dit par exemple un tel ami se trouve rarement. On a montré au livre de la flexion comment en valaque ce passif s'est à l'inverse emparé aussi de la première et de la deuxième personnel Il faut ajouter encore que la grammaire italienne prescrit l'emploi du passif propre au lieu de la forme réfléchie lorsque la phrase contient un pronom personnel, ainsi mi è stata tagliata la horsa pour mi si è tagliata. Mais en espagnol des phrases telles que si presto no se me da remedio Nov. 10 sont parfaitement admises. — Le nom dans cette locution est sujet et non point régime, aussi ne dit-on pas en italien si vede moite cose pour si vedono. L'espagnol seul a perdu le sentiment de cette formule, car il ne craint pas de placer le nom sous la dépendance du verbe. Ex. muy pocos reynos se halla (on trouve très-peu de royaumes) JMen. 79 ; se o fende d dios Nov. 6 ; dése d Cent a (qu'on rende Geuta) Gald. I, 269^ ; avisarse puede d Carlos 136^; se le enterré (on l'enterra) i^^or. éd. Wolf II, 39 ; se cita d D. Lucas etc. ; port, se soa os grandes feitos (on proclame les hauts faits) Lus. 2, 103. Des exemples de ce genre empruntés
1. Il est inutile de rappeler que dans les autres langues aussi la première et la deuxième personne peuvent rendre l'expression passive, lorsque l'action peut être considérée comme partant du sujet. « Je me dévore de chagrin, je suis dévoré par le chagrin » donnent, malgré la différence des points de vue, à peu près le même résultat; ital. il maie ond' io nel volto mi discarno Inf. 30, 69. Quand le sujet se trouve être le but d'une activité étrangère, cette tournure est hardie, aussi la rencontre-t-on rarement; ainsi un poète espagnol a dit à la façon valaque : no me venzo asi ligero del cantar de la Serena Flor. I, 236^, au lieu de soy vencido.
PERSONNE. LE PASSIF EXPRIMÉ PAR LA 3^ PERS. PLUR. DE l'aCTIF. 283
à quelques anciens écrivains italiens ont été cités par Blanc 312. L'esp. reynos se halla n'a pas son pendant dans les phrases françaises il se trouve des royaumes ; il se fait des protestations ; il s'est élevé des questions, car il occupe ici la place du sujet grammatical. — L'expression réfléchie du passif dans le domaine roman est d'autant plus heureuse qu'on l'obtient par un procédé bien simple, l'addition si aisée de la petite particule se : ital. s' intende = intelligitur, viensi = venitur, lodansi = laudantur, esp. leese = legitur, leense = leguntur ; certains patois se contentent même d'une s ajoutée en guise de suffixe, voy. t. II, p. 77. Cette expression répond à la théorie de la grammaire comparée, d'après laquelle la forme du passif latin n'est pas autre chose qu'une forme réfléchie, c'est-à-dire que legitur est pour legit-u-s = legit-se. Le v.h. allemand n'a même pas atteint sur ce point la liberté du français ^
5. Comme dans les langues anciennes, la troisième personne du singulier du passif peut être échangée contre la troisième personne plurielle de l'actif: Xé^cuat est identique syntactiquement à Xé^exai, dicunt à dicitur, ital. dicono à vien detto. Cette tournure n'a pas besoin d'être expliquée. Une particularité plus importante consiste en ce que l'espagnol et le portugais emploient la même personne de l'actif surtout pour rendre l'expression pronominale que nous connaissons déjà, homo, ou bien le passif réfléchi. Voici à l'appui de cette remarque deux passages de Calderon : d mi, por ser de nacion Alarhe, el lugar me DEBEN primero ; que los eœtranos, donde hay propios, no PREFiEREN. Donde SABEN cortesia si hacen, pues vemos siempre, que dan en qualquiera parte el m^ejor lugar al huésped I, 275^. Les verbes seraient ici en italien si deve, si preferiseono y si sa, si fa, si dà, fr. on doit, on préfère, on sait, on fait, on donne. Ce procédé est aussi très-usité à l'impératif : oiganle = ital. sia udito, uditelo ; denme = sia dato, datemi. Cet usage de l'espagnol est si voisin de celui de on en français qu'on peut entendre ce passif comme représentant une seule personne déterminée. Dans une romance le Cid dit en parlant de Urraca : una vira me han tirado (quelqu'un m'a lancé un trait) SRo7n. 304 ; Cervantes : quedô sola
1. Mais une étrange confusion s'est produite dans le dialecte toscan où la première personne de presque tous les temps se forme au moyen du réfléchi de la troisième personne du singulier : noi Toscani si dice = diciamo. Voy. Mussafia, Zeitschrift f. vgl, Sprachforsch. XV, 1.
Leocadia, reconociô el lugar donde la dexaron (où Rodolphe l'avait laissée) Nov. 6 ; Galderon : mat an d Clotaldo (SigismondtueC.) I, 13\
6. Il va de soi que partout la première et la deuxième personne des deux nombres peut représenter le sens indéterminé de la troisième. Ital. or H vedi ire altieri, or rannicchiarsi OrL 2, 9 ; qui ynille immonde Arpie vedresti Ger. 4, 5. Esp. veriedes armarse Moros PC. 705 ; vereys iocar las trompetas SRom. 21 ; luego vieras al mento las banderas tremolando Gare. Egl. 2. Prov. al s us virât z vestir aushercx Choix III, 408 etc. Lat. quocunque adspiceres, luctus gemitusque sonahant. Outre le verbe « voir », ce sont surtout les verbes « entendre, dire » et « penser » qu'on trouve employés de cette manière, c'est-à-dire à la deuxième personne.
7. Accord des formes personnelles : 1) Avec un seul pronom personnel. Il est clair qu'ici les deux mots doivent s'accorder. Quand le provençal dit es ieu qu'ai vist (litt. ego est qui vidi), il omet le démonstratif que le français exprime dans c'est moi, c'est vous ; en italien on dirait questi son io, comme en latin hic ego sum. — 2) Si le verbe se rapporte à diverses personnes, on s'écarte rarement de l'ancienne règle qui veut que la première personne prenne le pas sur la deuxième et ceUe-ci sur la troisième. Ex. Ital. tu ed egli lo sapete\ d'una radiée nacqui ed 10 ed ella Par. 9, 31 ; e voi con meco insieme prenderemo Dec. 4, 3 (mais ne io ne altri crede Inf. 2, 33). Esp. à èl 6 yo per démos las vidas ; yo y mi padre llegdhamos\ port, tu e elle me ameaçais. Prov. eu et tu et el devem disnar ensems GProv. 38 ; vos e tuich Vautr' amador etz remazutz ; franc, (la personne du verbe ne supprime pas même dans ce cas le pronom qui la complète) vous et moi NOUS avons le même intérêt ; toi et lui vous avez promis que etc. Val. eu si tatel teu te am ceutat (moi et ton père t'avons cherché).
Avant de terminer cette étude du verbe, il nous reste encore à mentionner les ellipses verbales. Elles ne sont pas aussi largement admises dans les langues modernes que dans les langues anciennes. On supprime facilement après des verbes de mode les infinitifs andare, venire et d'autres analogues, ainsi ital. egli non pot è (andare), non voile {venire); ou bien le participe de ces mêmes verbes après esse : v. franc, il est (allé) acheter NFC. 1, 307. Ce qui a lieu le plus souvent c'est Tel-