ADVERBE
alli, alla, ahï, aculld, et le portugais alli, Id (anc. alla), acold\ le français se sert de même de ici pour la proximité et de là pour réloignement. — 2) Les adverbes interrogatifs sont pour uBi et Quo : ital. ove, dove, esp. do (chez les poètes), dondey adonde, port, onde, aonde, prov. on, franc, ou, val. unde. Pour unde : it. donde, esp. de donde, port, d'onde, pr. don, franc, d'où, val. de unde. Pour cur : ital. perché (aussi ^OMV quia), esp. por que (porque i^our quia), port, porque, prov. joer ^we et gimr (rarement, par ex. quar no ten gics? PO. 136, comp. Boêce 130, Fer. 661, (7/ioz^ II, 281), franc. pourquoi, val. c?e ce. Pour quid, comme synonyme de cur, on emploie le même mot sous sa forme romane : ital. che pur vai? esp. que vas temiendo las nuevas? franc, que n'avezvous pas soin de vos affaires? Pour ut dans l'exclamation on se sert également de que : ut miser est ho7no qui amat! ut istuc est lepiduin ! esp. ah que tu esfuerzo generoso es vano ! franc, que Dieu est puissant ! ^ Pour quomodo on a : ital. corne, esp. port, como, prov. com, co et comén, cossi, franc, comme^it, qu'il faut distinguer du relatif comme, qui toutefois en v. français était aussi interrogatif, et Molière encore l'a employé dans cette acception {coymne vous en va?), val. cuni. Ce corne, sous la forme du mode et de la qualité, sert encore à questionner sur le motif, c'est-à-dire qu'il passe au sens de quare : esp. como no hablas ? port, como me deiœastes sô? prov. C07n lo volguist aucir? Choix V, 12; franc. comment vous êtes-vous avisé? le m. h. allemand dit de même : wiE iuostu SO? (pourquoi agis-tu ainsi?). Pour quando on a : ital. esp. port, quando, prov. quan avec quora, fr. quand^. 3. Adverbes qui prennent la place des prépositions. La plupart des prépositions sont en même temps des adverbes de lieu et peuvent comme tels s'attacher à l'idée du verbe, sans exercer d'influence sur un cas contenu dans la proposition, ainsi dans la phrase latine tribus annis post decessit qui s'emploie à côté de post très annos decessit. L'italien est de tous les
1. Le valaque rattache ici l'adjectif à l'adverbe au moyen de la particule de : eut de plecut! (combien cela est charmant!), cum è de frig! (combien cela est froid!); il dit de même asà de inv^izit (tout aussi instruit).
2. L'espagnol distingue depuis longtemps Tinterrogatif que du relatif que par l'accent. Quelques écrivains modernes désignent tous les interrogatifs de la même manière, ainsi quién, cudl, cûyo, cômo, cuândo, donde, dô.
dialectes romans le plus porté à cette réduction des prépositions à leur valeur adverbiale. Voici des exemples : si vede apparir la terra avante (c.-à-d. avante a se) Orl. 2, 24 ; le va davante 13, 47 ; che la dolcezza ancor dentro mi suona Pg. 2, 144; e dietro le venia Inf. 3, 45; incontra mi stette 8, 99; innanzi mi saliva Pg. 4, 136; mi veggio intorno Inf. 6, b; la penna al buon voler non puô gir presso Pétr.; che sopra gli arriva Orl. 2, 13 (comp. t. II, 400) ; io mi vidi sopra un giovane {vidi un giovane sopra di me) Dec. 4, 2 ; sotto vasi vi son {sotto quella cosa) Orl. 4, 38 ; su vi monta (se. sulla quercia) Dec. 5, 3. Esp. vayan te delante PC. 861 ; cosas que de mi no salen fuera Gare. Prov. me venon denan PO. 301 ; portar corn al fron denan Choix III, QQ; ill Juzieu li vengron sobre V, 91 ; v.franç. li fussent encontre TCant. 118, 15 ; li curent sure 101, 1; por coi avez Karlon sore coru? Agol. 1104; li corrent sus Saœ. I, 19 ; grans duels nos en est sor (= sor nos) Rom. fr. 65; la fosse o fut enz {o, où = dans laquelle) Roi. p. 95. Les locutions françaises là-contre, là-dedans, là-dessus se rattachent à cet usage : pouvez-vous tenir làcontre? que pensez-vous là-dessus?
4. L'adverbe prend la place de l'adjectif. 1) Avec le verbe « être ». a) Bene et maie : bene est, maie est ; comp. m. h. ail. daz ist wol, daz ist ûbele. Ital. è bene, è maie, è peggio. Franc, c'est bien, c'est mal; elle est bien (se. faite)\ mon ami est bien auprès du roi. Esse avec l'adverbe attribue au sujet un état, non pas une qualité : elle est bien exprime tout autre chose que elle est bonne ; bien est en quelque sorte une particule séparée du verbe qui se présente unie à lui dans bienêtre. Avec les verbes stare et parère, qui ont un sens plus concret, ce procédé étonne moins : ital. sto bene ; la cosa sta m.ale\ parmene maie; esp. estoy bien] la muchacha me parece bien. — b) Les adverbes de lieu et de temps doivent être jugés comme bene et maie : prope sum ; longe tibi sum ; procul este ! Ital. quando saranno più presso ; lungi fia dal becco l'erba Inf. 15, 72 ; l'ubbidir m'è tardi 2, 80. Esp. la ciudad es leœos ; es ya tarde. Franc, il est près; celui-ci est loin dans cette science ; ta fortune est bien haut Corn. Cinn.\ il est tard. — c) L'ancienne langue emploie les adverbes en -mente, dans leur sens propre, à la place de l'adjectif : ital. essendo poveramente CN. p. 8 ; prov. s'il vis lo mesquin nudamen LR. I, 550^; v.franç. cel jugement est droitement
FC. II, ld9; je me sent ynoiit faiblement NF. II, 334 ; vos truise ci molt escheriemant Saœ. I, 216 ; quant il la vit si pourement Rut. II, 210. Plus habituellement avec stare : ital. ch'eo stesse allegramente PPS. I, 185; state lietaynente Dec. 2, 2; prov. ah los fatz sap estar nesciamen Choix V, 28 ; paupramens vos vei estar PO. 350 ; el sieu senhoratge remang tôt vencudamen Choix III, 129. Le Y. allemand use du même procédé avec les adverbes en -lichen , par ex. diu ist gar jaemerlîchen\ daz er ze mûelîchen si (Grimm lY, 926)^ — 2) Nous avons déjà montré, p. 13 et 137, que certains adverbes intensifs et partitifs peuvent se construire avec le substantif. Les langues romanes ne vont guère plus loin; les tournures grecques : oi vuv àvôpwxoi, y] Téiî jjLSTaéoX-^, oi TuiXai àf/cvT£c, Ta -irplv y.aXi, o [Kixa^ù -.àr^oq^ latines : nunc ho7nines, illa tum miitatio, rétro principes, ante mala, saepe leges, anglaises : the then ministry, the above discourse trouvent à peine un écho dans notre domaine. Le b. latin employait surtout semper et quondam comme attributs (semper virgo Maria, per semper saecula, de quondam pâtre meo), l'esp. asiempre {la siempre senora mia BQuix. 1, 25, à quoi répondrait le gr. r^ àà BéaTrciva), l'ital. fu (feu), qui est proprement tiré d'un verbe [il fu re, fu mia madré ; franc, feu p. 85).
5. Un usage très-suivi en roman, comme en grec et en allemand, consiste à employer comme substantifs des adverbes et d'autres particules qu'on munit alors de l'article masculin. Dante dit par ex. ed io rimango in forse, che'l no e'I si nel capo mi tenzona Inf. 8, 110 ; state contenti al quia Pg. 3, 37 ; lo imperchè non sanno ibid. 84 ; esp. el si, el no, el porque non pas lo si etc.); franc, le pour, le contre, le pourquoi, le dedans, le oui, le non.