MOTS DE LIAISON
fort habituée à ce mode d'assemblage qu'elle accompagne de que même des mots qui ont déjà par eux-mêmes un sens relatif; c'est ce qui a lieu pour l'ital. quando che, corne che, mentre che, quanto che, chi che (comp. gr.mod. Bti va). — C'est là tout ce que nous avons à observer sur que dans le sens de l'ail, dass. Mais cette particule sert aussi bien à relier les deux membres de la proposition comparative, elle remplace donc le lat. quam. Que est-il peut-être ici un dérivé de quam^ Cela semble à peine possible, du moins la loi phonique de l'italien, qui veut que Vu de la syllabe latine qua soit partout sonore (quale, quando, unqua, unque), s'y oppose, tandis qu'au contraire le français tire onques de unquam). Il convient d'observer que d'après la méthode de l'ancien roman ce que comparatif peut être aussi assez souvent omis : il est en cela identique à l'autre que. — Il reste encore à signaler la copule valaque de la proposition dépendante. Le relatif neutre prend ici la forme ce, qui, si l'on veut choisir entre deux étymologies, pourrait fort bien être rapporté à quid, mais en aucune manière à quod ; de sorte que l'hypothèse énoncée plus haut trouverait ici une confirmation. Mais ce ce n'est employé comme mot de liaison que lorsque des adverbes précèdent, comme dans dupe ce (ital. dopo che), indate ce (tosto che), de vreame ce (poichè). La particule qui sert à renvoyer directement à l'attribut n'est pas ce, mais ce : cette nouvelle forme a en même temps le sens de quia et nam et provient peut-être de la conjonction quod. Elle s'unit aussi à des idées adverbiales ou à des particules, par ex. dans macar ce (ital. benchè), de vreame ce (= de vrea^ne ce), pentru ce (ital. perciocchè), deacç (ital. dacchè). Une troisième expression valaque pour le roman^ que est ca, qui réunit les significations comparatives et finales de ut, et peut même aussi s'employer, comme le gr. wç, pour circiter (p. 167) : elle pourrait dériver de qua (se. ratione), et c'est aussi l'opinion de Cihac. Ce mot peut également s'unir à des particules comme dans pentru ca (ital. acciocchè), deaca (= deace) etc. Enfin à ces expressions se rattache encore se, qui est absolument étranger aux autres langues.
Pour faciliter l'intelligence de l'exposé suivant, nous rangeons les espèces diverses de la proposition composée dans un ordre déterminé par la nature du mot de liaison. On peut en conséquence distinguer les locutions suivantes : 1) avec la simple copide que (proposition conjonctionnelle pure) ; 2) avec un que combiné ou des conjonctions simples pour les idées de temps,
de motif et de qualité (propositions conjonctionnelles adverbiales); 3) avec le pronom relatif (proposition relative) ; 4) avec diverses particules interrogatives (proposition interrogative indirecte); puis une catégorie mixte, c'est-à-dire 5) des locutions avec des corrélatifs et que comparatif = lat. quam (propositions comparatives). — Mais il faut étudier d'abord le mode et le temps.