‹ Grammaire des langues romanesChapitre 95 sur 141 · La conjonction pour l'explication simple est : it. perche · texte numérisé non relu

La conjonction pour l'explication simple est : it. perche

ou PERCIOCCHÈ, esp. PORQUE, port. PORQUE, PORQUANTO , fr. PARCE QUE, prOV. QUAR OU PER SO QUAR et PER SO QUE, Val.

PENTRU CE, PENTRU CE, CECI. Ex. Ital. cosï pcnso, pcrchè a noi si è forza di cosi giudicare (ita sentio, quia sic eœistimare nos est necesse) ; la cosa è notissima, perché è da molti scrittori celehrata ; egli la comincio a riguardare, perciocchè bellissima era. Esp. no pude asistir, porque estaba malo ; solo porque me has oido, te tengo de hacer pedazos Cald. I, 2^; port, estava confusa, porque cada hum os ouvia fallar em sua propria lingua ; os puzerâo em guarday porquanto ja era a tarde, Prov. pauzet lo en la crupia, quar non avia autre luoc {quia non erat eis locus) GO. 80^ ; e cuida, quar es manens, qu'autre dieus no sia Choix IV, 109 ; et ar suefre qu'Espanhas vai perden, per so quar lai trobavon ochaiso 110 ; franc, il a

été puni, parce qu'il a manqué ; je le veux bien, parce que cela est juste. — Il arrive sans doute, au moins en italien, et plus souvent encore en provençal, que ces expressions s'emploient aussi pour le motif proprement dit ; c'est ainsi qu'on lit dans Pétrarque : perché la vita é brève (considérant que la vie est courte) Cz. 8; prov. quar verais pretz fis es en N'Alazais aclis ... mi par (comme elle possède un véritable prix, il me semble que etc.) Choix IV, 35. — Le motif peut encore être indiqué par causa : ital. a cagione che, esp. à causa que, fr. à cause que.

3. La conjonction la plus usitée pour le motif est : it. poichè, ou le simple poi (très-employé dans l'ancienne langue) , aussi

POSCIACHE, esp. PUES QUE, pluS SOUVCnt PUES, port. POISQUE,

POIS, prov. pos et d'autres formes secondaires (presque toujours sans que), fr. puisque. L'expression valaque est de vreame ce (litt. depuis le temps que). Ital. poichè iddio mi ha fatto tanta grazia, io morro contento ; piacerebbevi egli, poichè altrove andar non posso, di qui ritenerini? Dec. 5, 3; perché ardire e franchezza non hai, posciaché tai tre donne benedette curan di te? Inf. 2, 123. Esp. pues huir no podemos , desde aqui escuchemos\ quiero que me lo perdones, pues te he perdonado tantos yerros ; ères simple, pues desto haces caso ; 7nal infoy^mada estais, pues que la fe de mis fiuzas dudais Cald. Port, poisque perguntados somos, seja vos notorio que etc. ; eu me vou, pois me mandais. Prov. puois fin' amors me torn'en alegrier, ben dei pensar de far gaia chanso Choix V, 163 ; pus mi preiatz qu'ieu chant, ieu chantarai III, 58 ^ V.franç. puis, encore chez Marot : allez au tect, puis le soleil tombe III, 303; franc. mod. puisque vous le voulez, j' accorde qu' il le fasse ; je le veux bien, puisque vous le voulez. En français le motif est aussi très -bien rendu par l'expression prosaïque vu que, moins usitée en espagnol et en portugais sous la forme visTO que ; l'espagnol se sert encore de supuesto que ^.

1. Certains troubadours substituent aussi mas k pois, par ex. li melhor vos van servir, mas (puisque) a vos platz Choix III, 375. Cette particule peut donc aussi se placer en tête d'une chanson : Mas camjat ay de far chanso ... a vos o deuria grazir M. n" 1072.

2. Il est remarquable que cette dernière expression, qui, originairement identique à l'ital. supposto che, n'exprime qu'une supposition, — c'est-à-dire quelque chose qui en réalité n'existe pas, — a pu devenir l'expression du motif, à l'idée duquel toute supposition est étrangère.

4. D'autres conjonctions, dont la signification originaire est aussi temporelle, peuvent s'employer pour le motif. Ce sont : 1) ital. dacchè, giacchè, esp. ya que, port, ja que. Ex. Ital. dacchè (var. poiché) hai pietà del nostro mal perverse Inf. 5, 93; avrd pazienza, giacchè il cielo cosï destina. Esp. ya que me tratais asi, que delito cometi? Gald.; port, ^a que minha ventura foi essa, necessario he se gui-la. — 2) On se sert moins de quando pour quoniam ou quia qu'en latin, où l'on dit : quando ego tuum non euro, ne cura meum ; quando ita vis, dî hene vertant. Ital. cosî stimo, quando a lasciare il campo è stato il primo Orl. 1 , 67. Esp. denme mis espadas, quando mis yernos non son PC. 3169 ; querria mas la muerte, quando por mios pecados la fija he perdida Apol. 441. Prov. quant es fers, no preza Olivier Fer. 891 ; vos amer* ieu, quan aissi fui fadatz Choix III, 341 ; v. franc, dex, tu soies aorez, quant j'ai trovè celui etc. PDuch. 217; ne saiu est, quant jo nel voi Parton. II, p. 38 ; quant il est vostre huem liges, il vus deit fei porter TCant. p. 27 et souvent ; ce mot n'est pas usité en français moderne. — 3) Enfin l'expression comparative come s'applique aussi bien au motif qu'à des rapports de temps, et alors elle exprime proprement une conformité logique du motif et de l'action. La proposition principale peut être rapportée à la proposition secondaire au moyen d'un corrélatif. Ital. siccoyne il mio delitto è provenuto da amore, non credeva avesse a rimproverarmene il figlio stesso. Esp. como eran mozos y alegres, no se disgustaban de tener noticia de las hermosas de la ciudad Nov. 10 ; port. ( Venus) corao hia affrontada do caminho, tâo fermosa no gesto se mostrava (parce qu'elle était excitée) Lus. 2, 34. Prov. cum eu amei fortmen tortz es si no sui amatz GProv. 12 ; franc, comme cet homme est inconstant , aussi voit -on qu'il réussit rarement.

5. Les propositions secondaires de motif, de même que celles de temps, et tout aussi souvent, peuvent être représentées d'une façon abrégée par des locutions participiales, par ex. ital. io ti consento semhrandomi che hai ragione ; volendo trarre gli uomini di questo errore ho giudicato necessario che etc.

Supuesto que a aussi un sens concessîf comme puesto que. Le port, supposto que ne s'est pas écarté de son acception primitive, mais posto que est venu se ranger à côté de l'esp. piœsto que.

On a indiqué plus haut, p. 224, une autre manière de s'exprimer au moyen de pro suivi d'un infinitif.

Pour le but on a : 1) Des combinaisons comme ital. acciocchè

(qqf. ACCIÔ), AFFINCHÈ, FINCHÈ, esp. PARA QUE, A FIN DE QUE,

aussi A QUE (y. esp. for amor que Bc. Mil. 410), port, para QUE ou PERA QUE, franç. AFIN QUE. Le modo usité est le subjonctif. Ital. non giudicate, acciocchè non siate giudicaii ;

10 dico, affxnchè voi lo sappiate. Esp. decidme quien sois, para que yo lo sepa ; les pondéra los maies d fin de que huyan de ellos ; le t rai go d que le veas ; port, ndo mandou deus a seu filho ao mundo, pera que condenasse. Pr. totz vicis tenem per escuzatz, can se fan per qu'077i no laysshe ho mot (pour ne pas perdre une bonne expression) Leys d'am. I, 28. Franc, ^e le dis, afin que vous le sachiez. La particule Y alaque pour le but este A (p. 297), mais on se sert aussi de SE et CA se : eu am trimes, se te chieme (tnisi ut te vocent) ; cinsteste pre perintzii tei, ca se ai zile lungi [honora parentes tuos, ut haheas dies longos). — 2) Comme les idées de but et de motif sont intimement unies, certaines particules causales peuvent aussi trouver leur application dans la proposition de but. Ex. Ital. il mulattiere lo cominciô a battere, i>ERCiiÈ passasse Dec. 9, 9. Esp. lo digo, porque lo sepas; port, a casa passa o sancto Henrique, porque o tronco dos reis se sanctifique Lus. 8, 9. Prov. la laida deu gardar lo maritz senatz per ciom no veia sas foudatz Choix IV, 15 ; lojoglar cantava sa canso, per so que be la saubes V, 32.

11 en est de même des combinaisons franc, pour que et val. PENTRU CA, dont le sens était originairement causal, mais qui ne sont pas usitées pour le motif. — 3) Parfois la simple copule suffit : ital. par ex. che non ti fai insegnare quello incantesimo, che tu possa far cavalla di me'^ Dec. 9, 10. Esp. guardanos de mal colpe, que las aimas ayan buena essida Bc. Mil. 911. Prov. chansos vai, quel chant (va, pour qu'elle te chante) Choix lll, 83; v. franc, si m'oci, que ces vassals ne m'ocient (et percute me, ne isti interficiant me) LRs. 118 ; franç.mod. approchez, que je vous parle.

2. Une autre forme de la proposition de but, lorsqu'elle n'a pas de sujet qui lui soit propre, consiste, comme nous l'avons indiqué plus haut, p. 223, dans l'emploi de l'infinitif accompagné d'une préposition.

1 . La particule la plus usitée pour le membre conditionnel de cette construction est latine. C'est en italien se (devant les voyelles aussi SED, dans l'ancienne langue) ; port, se, esp. prov. fr. si, le valaque emploie quelquefois se, mais bien plus habituellement DE. L'espagnol place aussi sa particule après des prépositions, il affectionne surtout les combinaisons por si, para si (dans le cas où) : por si acaso mis penas pueden en algo aliviarte, oyelas atento Cald. I, 3^ ; yo lo fixé en mi memoria para si sucediese tiempo de poderlo decir Nov. 12. D'autres combinaisons du même genre sont para quando, de quando, de como, en como : il en sera parlé plus tard. En latin si sert encore à indiquer le moment, par ex. herus si redierit, molendum^ ; lunam, si crescat, ortus spectare haud dubium est. La grammaire romane a renoncé à cette acception ; cependant on trouve en italien : lo saprà s'a lei arrivo Inf. 15, 90. (où le fait énoncé est certain, non pas hypothétique) ; dans le même sens : quando sarai dinanzi etc., da lei saprai 10, 130); fr. si mon frère vient, vous m'avertirez. En revanche, quando s'emploie aussi pour si.

2. Pour ce qui concerne le mode dans les propositions de ce genre, la règle est simple. Lorsque la proposition principale énonce un fait comme présent, passé ou futur, elle exige l'indicatif aussi bien que la proposition conditionnelle : ital. lo vedo, lo vidi, lo vedro, se non m'inganno ; lo vedro, se potro. Le subjonctif est appliqué dans les deux membres (ou, ce qui revient ici au même, le conditionnel dans le premier et le subjonctif dans le second) lorsque la phrase exprime une simple supposition : se Giove stanchi il suo fabbro, non ne potrehhe aver vendetta allegra Inf. 14, 52. Ce dernier mode forme la proposition hypothétique, qui a cela de particulier que les deux membres qui la composent sont la condition l'un de l'autre. Sur ce genre de proposition il faut remarquer ce qui suit : 1) Une règle commune à tout le domaiiie roman, sauf au français, prescrit pour la proposition conditionnelle l'imparfait du subjonctif et pour la proposition principale le premier ou le second conditionnel et les périphrases dérivées de ces deux formes. Dans les deux cas le latin emploie un seul et même temps, l'imparfait ou le plusque-parlait, bien que les deux temps s'accommodent ensemble. It. io il farei, se potessi {hoc ego facerem, sipossem) ; io Vavrei

fatto, se avessi potuto (fecissem, sipotuissem)\ ioil farei, se tu non fossi venuto (hoc ego facerem, nisivenisses). Esp. si yo le viese, se lo dixera ou diria ; si yo le hubiese visto, se lo hubiera ou habria dicho\ de même en portugais. Prov. si tu 0 denhesses lauzar, elhas non o degron suffrir (1^^ cond.) Choix IV, 44 ; ieu passera, si agues 136 ; si mandesson, farian (2^^ cond.) 197. — 2) Le français remplace l'imparfait du subjonctif par le temps correspondant de l'indicatif : si je pouvais, je le ferais ; si j'étais venu plus tôt, je vous aurais trouvé. Cette même forme s'emploie aussi en provençal à côté du subjonctif : que ben poiratz dechazer, s'aviatz mil niarcx de renda Choix lY, 20 ; comp. ops m'auria, si volia etc. III, 87 ; semblaria, si era 145 ; laissarian, si durava 238; si podia, salvaria 402; elle est plus rare dans les langues sœurs. — 3) En italien, on admet sou vent l'imparfait de l'indicatif dans la proposition principale lorsque la proposition conditionnelle contient le plus-que-parfait du subjonctif. Ex. s'avesse dato alV opéra gentile voce ed intelletto, di sospir molti mi sgombrava il petto P. Son. 58; vedervi, s' avessi avuto di tal tigna brama, colui potei (potevi) Inf. 15, 111; se potuto aveste veder tutto, mestier non era Pg. 3, 38 ; gli altri modi erano scarsi, se'l fîgliuol di dio non fosse Uiniliato Par. 7, 18 et souvent. Cette langue procède donc comme le latin dans jam famés quam pestilentia tristior erat, ni annonae foret subventum, et l'allemand dans er war gerettet, wenn man ihm geholfen hdtte. La réalité d'un événement restreinte par la possibilité d'un autre devient ellemême une simple possibilité. — 4) Un seul et même temps peut aussi être appliqué dans les deux membres de la proposition. Au sud-ouest, on se sert surtout du premier conditionnel pour la proposition conditionnelle et du premier ou du second pour la proposition principale : si el nombre os importdra saberle, os le dixera ou diria ; port, se o fizeras, eu séria muito contente. Le français se sert du plus-que-parfait du subjonctif : si vous fussiez {étiez) venu plus tôt, vous l'eussiez trouvé. L'emploi de l'imparfait de l'indicatif est plus général, mais il est aussi plus rare. Ital. se non era ch' altri quivi arrivar, ben l'assaliva Ger. I, 48 ; tremo cosî che ne cadea, se meno era vicina la fedele aita 12, 81. Esp. sino guardaba este artiflcio, no habia poder averiguarse con él BQuix. 1, 7. Franc, s'il bougeait, il était perdu. — 5) Il convient encore d'observer au sujet de l'idée temporelle que le temps simple

prend souvent la place du temps périphrastique. Ainsi le conditionnel simple est surtout usité en espagnol et en portugais : todo esto fuera poca parte, si no sucediera etc. (pour huhiera sidOy huhiera sucedido) Nov. 10; se passer am, deiœdram (pour tiverâo passado, tiverâo deixado) Lus. 5, 23; se a vira, matdram 2, 35; se tivera, recevera 2, 69. Le provençal donne la préférence à l'imparfait du subjonctif qui est ainsi ramené à sa signification première : e die vos, si Vaconseghes fermament, que tôt lo fendes (au lieu de agues aconsegut, agues fendut) Jfr, 62^; se Venfançon n'eust veu, il nel deist pas {n'eust pas dit) NFC. I, 309. De même lat. si esset unde id fier et, faceremus pour fuisset, fecissemus Térence Andr. 1, 2, 27. Sur l'emploi inverse du plusque-parfait pour l'imparfait du subjonctif en bas-latin, voy. plus haut p. 303 note. — Aperçu des formules de la proposition hypothétique établi d'après la correspondance logique des temps : Ital. s'egli venisse, lo troverebhe (n. 1)

se fosse venuto, Vavrébbe trovato (n. 1)

se fosse venuto, lo trovava (n. 3)

se veniva, lo trovava (n. 4) Esp. si él viniese, le halldra (hallaria) (n. 1)

si huhiese venido, le huhiera hallado (n. 1)

si viniera, le halldra (n. 4J

si huhiera venido, le huhiera hallado (n. 4)

si venia, le hallaha (n. 4) Franc, s'il venait, il le trouverait (n. 2)

s'il était venu, il l'aurait trouvé (n. 2)

s'il fût venu, il l'eût trouvé (n. 4)

s'il venait, il le trouvait (n. 4).

3. La conjonction si est prise encore dans une autre acception qui semble moins appropriée à l'idée qu'elle représente : elle s'emploie dans les invocations et les serments, et exige en ce cas toujours le subjonctif. Ital. l'uom, se dio mi vaglia, creato fu etc. BLat. 59 ; se m'aiti iddio, io il vi credo. Esp. oyd mesnadas, si vos vala el criador PC. 3139 ; si el criador vos salve 1124 ; si veas paraiso Bc. S. Laur. 59; si dios de mal mi guarde Rz. 958 ; oytme, sy Jesucristo vos perdon Fern. Gonz. 203 ; port, se deus mi perdon D. Din. p. 8 ; si deus me perdon Trov. n. 152, 2 *. Prov. perdonatz me.

1. Sur ce perdon \iOMV perdone, qui se trouve aussi en v.portugais, voy. t. II, p. 175, note.

sim sal lo filh sancta Maria Choix III, 410; si dieus mi valha, mot voluntiers irai ah luy 402 ; si Jhesu Crist m'ampar G A. 1844; si m'ajut fes PO. p. 2; si m'ajut dieus ni fes Choix III, 404; se dieus m'ajut Jfr. 117*; v. franc. si ait m'arme pardon QFA. 525 ; se m'ame soit sauvée 976 ; SE nostre sires me regart FC, II, 329 ; si deus vos voie B. Chr. fr. 201, 3 ; se diex me voie Rom. éd. Bartsch p. 168 (et ailleurs souvent); se diex me saut Ccy. 1268; SE dieu vous doint santé TFr. 496. Si a ici aussi une valeur conditionnelle : « dis la vérité, si Dieu t'aide = si tu veux que Dieu t'aide^ ».

4. D'autres mots simples et composés se prêtent à exprimer la condition : 1) Quando. Ital. quando è cosi, contento sono; ne riparar si puô ch'ella non pera, quando per lei non venga un guerrier forte Orl. 4, 59. Esp. quayido tu non quieres, yo vevir non cobicio Alx. 1542; quando rai muerte pretendas, no has menester mas armas Cald. I, Sl-"^. On voit que quando se construit aussi avec le subjonctif. Emploi de quando dans les propositions hypothétiques : Ital. la quale elezione sarebhe più savia, quando gli uomini fossero contenti Mach. Disc. 1,1. Esp. tuvierate entonces por amigOy quando con pecho y animo seguro este mio afligido traspasdras Num. 4, 1. Fr. quand on découvrirait votre démarche, on ne pourrait la blâmer. Le valaque emploie de même cimd. On trouve en allemand le même sentiment qui fait envisager la condition dans le temps, comme un simple événement, et c'est ainsi que la conjonction wenn (quand) en est venue à exprimer la condition, qui se rendait autrefois par o&. En latin la particule également temporelle quum peut aussi servir à marquer la condition : quis non, quum haec videat, irriserit? (Reisig, Vorlesungen p. 531). — 2) Expressions

1. La présence dans cette formule de la particule conditionnelle n'est proprement incontestable qu'en italien et dans la forme se du vieux portugais, du provençal et du français. Dans les passages espagnols, il n'est pas sûr que si ne doive pas être pris pour asi (voy. les Propositions comparatives g 1), comme le fait partout Sanchez et comme on doit l'admettre évidemment dans la phrase yo vos bendigo, si farja el criador Alx. 172, et peut-être dans les passages no lo feré, sin salve dios PC. 3001 ; si fago, sin salve dios 3053, où 5m pourrait répondre au port, assim : on aurait omis le régime comme dans l'ail. Gott behute, Gott bewahre. Au reste, la substitution de si à asi est assez inusitée en v.espagnol déjà. En provençal et en v.français il n'est pas non plus toujours facile de distinguer si {si) de si (sic).

330 PfiOPOSlTION COMPOSÉE.

restrictives répondant au lat. c?Mmmoc?o : ital. sol che, purchè, esp. SOL QUE, coN SOLO QUE, prov. SOL QUE et le simple sol, toutes avec le subjonctif. Ital. questo fard io volentieri, sol che voi mi promettiate Dec. 10, 4; purchè mia coscienza 7ion mi garra Inf. 15, 92. Esp. los perdona, sol que se tornen d el repentiendose SPart. II, p. 15 ; yo te perdono con solo que me ^pr omet as Nov. 6. Prov. sol dieus mi gart mon escudier Choix IV, 11. Comp. lat. scies j modo ut tacere possis Térence, Phorm. 1, 2. L'esp. como se prend aussi dans le même sens de dummodo : ninguna es mata, como sea verdadera DQuiœ. 1, 9; co7no ellas no fueran tantas, fueran mas estimadas c. 6 ; podemoSy como en otro trage entremoSy llegar à hdblarle Gald. I, 93''. — 3) Mots qui expriment une présupposition : ital. in caso che, posto che, esp. cAso QUE, PUESTO CASO QUE, SUPUESTO QUE (d'autre part puesto que s'emploie pour quamquam), prov. ab que, franc. EN CAS QUE, supposé QUE, POURVU QUE et d'autrcs locutions qui, par leur nature même, exigent le subjonctif. — 4) Expressions relatives qui correspondent au lat. ubi et à l'ail, wofern : ital. ovE, DOVE, esp. donde, par ex. ove cosi non fosse, io mi rimarro Giudeo Dec. ; le disse che, dove ella volesse, egli V ajuterehhe ; Io habeis de defender, donde no conmigo sois en hatalla DQuiœ. 1, 4. A ce groupe se rattachent les combinaisons usitées déjà dans les Serments : m quant, in o QuiD, ital. inquantochè etc. — 5) Pour nisi, il faut encore remarquer le franc, a moins que ne avec le subjonctif, par ex. à moins que vous ne lui parliez ; aussi esp. port, a menos que. 5. On trouve aussi dans Tordre des mots un moyen d'exprimer la proposition hypothétique , lorsqu'elle est négative ; cependant ce procédé est vieilli ou n'est presque plus permis qu'au langage familier. La construction appliquée en cette circonstance est celle de la proposition interrogative qui place le verbe en tête. Ital. par ex. contenti saremmo ... non fosse che etc. PPS. I, 391 ; non fosti alato, morresti di freddo II, 129; mostrato avrehbe il suo valore, non fosse stato Onorio Dittam. 2, 27. Pr. retengutz fora, no fos W. d' Encontre G A. 2558; v. franc, bien lor allast, ne fust li rois Gar. I, 111 ; fr.mod. et n'eût été Léonce, ce dessein seroit tombé Corn. Héracl. ; cet ouvrage serait fort bon, n'était la négligence du style Dict. de VAcad. s. v. ne. Cette construction est plus rarement employée lorsque la phrase secondaire est positive. It. com'uomo in mar che si vede perire e cam-

peria, potesse in terra gire Nann. Lett. I, 93. Esp. /wera aun viva y en su ser Nwnancia ... me holgdra Num, 4, 4 ; port, houvera elle lido os modelas da antiguedade , fora 7nais cor recto. Prov. ieu am mais morir ... e fos mia Alamanha Choix IV, 114. V. franc, fust ilireis,nioûssum damage Roi. p. 44 ; se retraist chascun vers leur ville, voulsist le connestable ou non Froiss. A ces exemples peuvent se comparer les phrases latines volueris , de hulba faciet piscem Pétrone cap. 70 ; unum cognoris, omnes noris. — D'autres formes de propositions conditionnelles ont été indiquées à propos du participe (p. 251) et de l'infinitif avec ad et in (p. 221. 225); nous en signalerons une autre lorsque nous parlerons de la proposition relative.

Il existe un grand nombre de conjonctions pour la proposition secondaire concessive. Elles sont pour la plupart composées d'un si ou d'un quando conditionnel et d'un adverbe de concession, ou bien d'un adverbe de ce genre et de la copule que. Ex.

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