SUJET VERBAL
est assimilé aux verbes auxiliaires du mode il veut etc.), puis il fait bon, beau : il fait bon être protégé par elle, il me semble : // me semble avoir vu remuer cette porte, enfin // vaut mieux : il vaut mieux se taire que parler, plus souvent il vaut mieux se taire que de parler, tandis que dans les autres cas on recourt à de (voy, p. léo). Pourquoi ces expressions se sont-elles soustraites à l'usage moderne ? Il est difficile de le dire. C'est peut-être avec la première que le fait se comprend le mieux, car // faut forme avec l'infinitif qui le suit un tout indivisible. — L'Ouest au contraire a conservé dans son intégrité le plus ancien état de choses : en esp. les parecia ser bien conocerlo (Nov. ej. 174), me ha acontecido muchas veces sonar, que caia de una torre abajo (D. Quich. I, 16), es me for-^oso decir yo tal ve:( las mias alaban:(as (2, 16), séria posible salir (2, 55) etc., en port, cumpre-me confessar (Diniz, Pup. 71), nào se importa fa^el-o (175), basta ser pedido teu (42), é preciso tambem trabalhar (84), era quasi impossivel responder {(>C). Mais le portugais dit aussi, même quand' le sujet de l'infinitif n'a aucun rapport avec le verbe personnel : mays me plas morrer meu cor que non faser ningunt pessar a quem me pode alegrar (C. Baena 25 b), é difficil fugirmos (Diniz, Pup. 93) avec l'infinitif personnel ou fléchi (p. 25).
§ 340. Or, à côté de cela, l'infinitif-sujet apparaît également accompagné de prépositions, à savoir tantôt de de, tantôt de ad. Le fait n'est pas autrement étrange en roumain, où des phrases comme mat ferice iaste mai vràtosu a da decâtu a lua (Cod. Vor. 23 , 8 : il est plus heureux, plus vertueux de donner que prendre), opu iaste tuturoru gâta a fi {i^j, 14 : il est nécessaire (360) que tous soient prêts), nu se cuviînre aceastea asa a fi (125, i : il ne convient pas que cela soit ainsi), cade-ne-se a^a a tinea sâmbàta (Gaster I, 24, 10 : il nous faut ainsi observer le sabbat) etc. se rencontrent souvent dans la période ancienne; il est vrai qu'aujourd'hui l'on emploie dans tous ces cas sa avec le verbe au mode personnel, bien qu'on lise pourtant encore li se urîse a mal mànea (Basme 336, 9 : il se dégoûta de rester davantage). A propos de Va, voy. p. 26. — En italien, en ESPAGNOL et moins en français, de est dès l'origine en usage à côté de l'infinitif simple : cf. en ital. parendole di dover
sperare tornare a casa (Serc. 405), tnoccorse di dire (387), mi preme di vederla, don Abbondio non si curava di qiiei vantaggi per ottenere i quali facesse bisogno d'adoperarsi molto a d'arrischiarsi un poco (Manzoni, Pr. Sp. i); en vieux français, il est en somme rare : mont li plëust d'acorcier l'an (Mér. 125 1), mes de conter ne de retreire As janx qui je sui ne vos chaille (Ch. Lyon 3728) et l'on a plus souvent a : Sire, dist Guenes, me l envient a suffrir (Roi. 45e), grant angoisse l'en covient a souffrir (Alise. 174), ravines ne vous chielt a cuveiterÇP. O. 61, 10), bien fait a remaneir (Roi. 3798), /// te plaist a oïr (IV Livr. 282), valt mielz^ a servir a mei (29e), de plusurs choses a remembrer li prist (Roi. 2377) etc. En espagnol, à n'apparaît qu'avec convenir \ avec les autres verbes on d. de : me duele de oir, me cumple de fa^er, olvidabaseme de escribir, pesame de ver le, placeme de conocerle; l'ancien espagnol dit aussi me cale de hacer et autr. locutions sembl. ; même chose en portugais. Le de est probablement celui de relation : par conséquent de conter ne vos chaille signifie « relativement ou par rapport à l'action de conter, ne vous inquiétez pas », de sorte donc que le terme qui devrait en vertu du sens être le sujet, devient grâce à sa forme un régime relatif : cf. notamment ne me chaut del recorder (Ch. Lyon 6775) avec les exemples cités au § 365. Il est moins facile de s'expliquer ad. Dans s'il te plaist à oïr, on pourrait s'en rendre compte en lui attribuant sa valeur locative : « si tu éprouves du plaisir dans le fait d'entendre » ou bien ad exprime le but : prist li « il en vint » à remembrer « jusqu'au fait de rappeler »; un sentiment de plaisir, de contrainte etc. saisit une personne au point de la porter à accomplir une action.
A propos du de qui introduit le sujet dans des propositions predicatives, voy. § 409.
(361) 3. Sujet répété
§ 341. Dans certains cas, le sujet peut être exprimé deux
FOIS, PAR UN NOM ET UN PRONOM OU par DEUX PRONOMS. Telle
est la règle en italien et en français lorsqu'une première ou une deuxième personne est exprimée par un substantif ou un nom de nombre; au contraire, en espagnol et en portugais, le pronom n'y est ajouté, même en ce cas, que lorsqu'on doit le