‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 110 sur 269 · VERBE AU PLURIEL AVEC SUJET AU SINGULIER · texte numérisé non relu

VERBE AU PLURIEL AVEC SUJET AU SINGULIER

(Gaster I, 71, 24 : l'infanterie en prit beaucoup vifs), en obw. îna part aber devan schlaffadas en sia vista (Alig 275 : mais une partie lui donnaient des coups au visage), sfarfatgia viataschaglia sepatriineschan onn per onn dad ellas (March. 17, 13 : la méchante troupe d'enfants s'empare d'elles année par année), cheu staten la glieut del vitg (17, 6 : là se tiennent les gens du village), en ital. la brigata non seppono (Sacch. 81), dissono (Serc. 5), rispuoseno (6) et autres exemples fréquents, mais naturellement aussi la brigata ritnase (Sacch, 210), tutta la brigata vi fusse (Serc. 7), ensuite un branco arrivano (Capranica, 01. Pamf. 48), tutta Firen:(e andarono (Ss-cch. 120), // mal sente d'Adamo gittansi di quel lito (Enï. 3, 115) et aussi famiglia, pigliaie cestui (Sacch. 195), en a. -franc. // pueples de toutes pars Devant l'ostel sont assemblé (Watr. 17, 466), au port sont arrivet la dieu chevalerie (Bast. Bouill. 6275), se part la compagnie de Vermite et vindrent a Vhostel (C. N. N. 14), ensuite asse^ voi souvent maint ribaut Qui de parler se font si baut (Ruteb. i, 337) etc., mais le français moderne ne connaît le pluriel qu'avec la plupart et peu : la plupart pensent ainsi, peu avaient des fusils, en esp. entendio el pueblo que eran engannados (Alex. 1038), vieron la fuerça (Cid 1002), salieron consejarse la campanna la:(drada (Alex. 1450), pensaron de comer la companya (AppoU. 462) et aussi mucha duena . . . andaban (Berceo, S. Mill. 374), vertieron muchas lagrimas mucho varon rascado (Appoll. 283; cf. pour la signification de mucho p. 69), mais l'esp. mod. n'a conservé le pluriel qu'avec la mitad : la mitad perecieron, en port. todo aquel linhagem se amavam (Graal 24). — Puis on a en roum. sînt 0 multime de suflete (Basme 260, 20 : il y a une multitude d'esprits), en obw. dils quais inapart eran aliénai (C. Mem. 206), en ital. la più parte degli uomini impa:(;(ano (Cellini 17), quanto piccolo numéro di persone sieno assuefatte (Leop. 182), la tondidura delli suai capelli si vendiano a peso d'oro (Nov. 43), che (364) ra^X.^ di pensieri passavano per la testa al suo compagno (Manzoni, Pr. Sp. 23); en français, le pluriel est de règle absolue quand le sujet est un terme adverbial de quantité, catégorie où rentrent aussi force, nombre; le précepte est moins rigoureux quand ce terme est un substantif, avec les nombres fractionnaires et les collectifs, etc. : beamoup de gens pensent ainsi , nombre d'Athéniens

avaient fui, tant d'infortunes nous annoncent que t instant du bonheur est proche, force gens ont été l'instrument de leur mal, un grand nombre de chrétiens reçurent alors la palme du martyre, une multitude de sauterelles ont infesté nos campagnes, toute sorte de livres ne sont pas également bons etc.; en esp. mas de trescientos infieles quedaban muertos (Trueba, H. Cid 55), salieron hasta unaveintena de hombres (40), parecieron una cantidad de cabras (D. Quich. I, 23), andaban una manada de hacas (i, 55), multitud de aves comenxaron (Trueba, H. Cid 3), la larga fila de mulos siguiendo se unos à otros andaban (Caballero, Nov, 112), en port, morreram grau peça délies (Graal 18), aqui dos Scythas grande quantidade vivem (Lus. 3, 9). Enfin, parmi les termes de auANTiTÉ indéterminés, ce qui explique peut-être l'esp. nadi dans nadi nol diessen posada (Cid 25) à côté de que non gela abriese nadi (34), c'est que ce mot est à l'origine un pluriel, même pour la forme : sa véritable place n'est donc pas ici. En outre, les représentants de quisque, eux, n'ont pas de règle fixe. A la vérité, l'ital. sono celebrati ciascuno dessi (Mach., Disc, i, 10), à cause du dessi qui suit ciascuno, se comprend aisément et se trouve en relation très étroite avec le groupe qui vient d'être étudié; mais un exemple plus sûr est vanno a vicenda ciascuna al giudizio (Enf. 5, 14), come ogni uomo desinato ebbero (V.) et il en est de même pour l'a. -esp. cada uno por si sos dones avien dados (Cid 2259); dans le vieux firançais, il faut citer ici : mainte dame en remaint sans mari (Gar. Loh. i, 119) à côté de mainte dame remeisent sans maris (Og. Dan. 7021). Le conflit entre la forme et la signification qui se manifeste dans ce phénomène n'a trouvé de solution qu'en français moderne, en ce sens qu'on y a pris pour règle de mettre le verbe au singulier quand le collectif est déterminé : la foule des affaires l'accable à côté de une foule de gens croient aux influences de la lune, sans que toutefois dans le premier cas le pluriel soit absolument exclu.

(3^5) § 344- Le verbe au singulier avec un sujet au pluriel est, à tout prendre, un phénomène plus rare. Quand Cervantes écrit : si las nubes del polvo que levantaban no les turbara y cegara la vista (D. Quich. i, 18), c'est évidemment polvo qui a déterminé le singulier, et dans l'ital. le gran cose che mi venue fatte

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