VERBE AU SINGULIER AVEC SUJET AU PLURIEL
(Cellini 13), ella è una femmina che ne va poche per do:(;^na (Lasca 195, 28), la double valeur de che, sous le rapport de la forme, a pu faciliter l'emploi du singulier pour le verbe. A part ce cas, l'on peut dire en général que le verbe apparaît seulement au singulier lorsqu'il occupe la première place. En d'autres termes voici ce qui arrive : on n'a d'abord aucune idée précise par rapport au nombre des auteurs de l'action; on s'en tient par conséquent au singulier, nombre qui ne préjuge pas celui du sujet, et alors seulement l'on introduit après coup le sujet sous une forme qui, à la rigueur, n'est pas appropriée au verbe. En somme, les exemples appartiennent plutôt à la langue plus négligée de la conversation qu'à la langue plus soignée des écrivains; c'est ainsi qu'en italien on pourra les trouver en très grand nombre notamment chez Malespini ou chez Cellini et même chez Villani : cf. era moltissime per sorte (Cellini 14), venne alquanti soldati (15), intorno era sette tondi nei quali era intagliato e commesso di avorio e osso nero le 7 Virtù (10), comparse molli Spagniwli (46), era uscito fuora tutti H vicini (46) su tutta la Salonia non è venuta tre dita di erba (Verga, Vita Campi 73) etc., puis aussi qui si potrehhe morir tutti (De Marchi, Giac. id. 200). Mais, si Dante va jusqu'à dire fuor délia bocca a ciascun soperchiava d'un peccator li piedi (Enf. 19, 22), il faut observer que le sujet ne vient pas immédiatement après le verbe, circonstance qui augmente encore l'indétermination de ce qui va venir. Le singulier est particulièrement fréquent en italien, même chez de bons écrivains, avec les expressions presque consacrées ce, vi è (il y a), manca (il manque), viva (qu'il vive) : gli era in un chiassetto stretto alcune tavole confitte (Bocc, Dec. 2, 5), non vi fupiù per me ne divertimenti né atnici (Alfieri, Vita 3, 13), non manca osterie in Milano (Manzoni, Pr. Sp. 15) ou bien quand le sujet est introduit par di (p. 366) : si trova, corne negli uomini, dei cavagli che hanno poco animo (Mach., Disc. 2, 17), mi tocca dei rimproveri (Manzoni, Pr. Sp. 2) ou bien enfin avec la tournure réfléchie : si prese Varmi (Mach., Hist. 2, 72), ji pane in le repuhbliche infiniti pericoli e danni (Disc, i, 52). Ces cas diffèrent de ascoltatori non ne mancava (Manzoni, (366) Pr. Sp. 14), soldati non ne verra certamente (29), ainsi que ne le montre. Dans le verbe est contenu un sujet avec lequel le
substantif placé au commencement de la proposition se trouve dans un rapport partitif. — Assez nombreux sont les exemples en VIEUX FRANÇAIS : contreval le moustier pendoit bien chent lampiers (R. Clary 85), vînt fées plenié (Bast. Bouill. 3655), avecques li ala puceles (Mousk. 771), ensuite avec les enumerations distributives : li covenant et li segrei E tuit li fait et li otrei Est en l'autre (Troie 27595), trois generacions cheï En enfer et en terre aussi (S. Graal 21 01), ne remest en la ville ne chauf ne chevelu Ne moine ne abé ordené ne rendu (Berte 3337) etc. Dans la langue moderne on ne rencontre plus guère cet emploi. Il faut y noter la tournure réfléchie : // se trouve des homines; selon lui y il est des oiseaux chastes qui se reproduisent sans s'unir etc. — L'Ouest ne semble offrir que rarement cet emploi, car la tournure réfléchie en espagnol au sens de « on » ne rentre pas dans cette catégorie : en effet, le substantif qui y figure est considéré comme régime (p. m). En dehors de là, il faut entr'autres cas mentionner : en esp. ha acaecido grandes cosas (Amadis T,/\),legô grandes poder es (Alex. 11 40). En portugais, on doit signaler l'expression consacrée é que : julgas acaso que as leis da tua igreja ê que prenderào ao teu 0 meu cor (Gomes de Amorim, Am. Patr. 36), os Portugue:(es é que pagam (165) et aussi eu é que nào me esqueço (385).
Cf. A. ToBLER, Beitr. I, 189-197,
§ 345- Quand le sujet est constitué par l'un des groupes étudiés § 210 sqq., le verbe se comporte fort diversement. Lorsqu'il y a copulation au moyen de et entre substantifs AU singulier, le verbe est mis au pluriel ou au singulier selon qu'on attribue l'action à chacun des sujets considéré individuellement ou bien au contraire à tous les sujets ensemble envisagés comme un tout : on a donc en roum. toatà curtea si toatà împàrâtia era plinà de jale ou erau pline de jale (toute la cour et tout l'empire étai(en)t plein(s) d'afflictioti) , tatal ^i muma mûrira (père et mère moururent), en ital. misericordia e giusti^ia gli sdegna (Enf. 3, 50), tosto che il duca ed io nel legno fui (8, 28), il romore e il tumulto era gravide (Mach., Hist. 2, 90), mais la giovine:{:(a e la fatica erano state più forti (367) dei pensieri (Manzoni, Pr. Sp. 10), il padre e la madré nwrirono.