J45- 346- NOMBRE DU VERBE AVEC UN SUJET COMPOSÉ
en a. -franc, vis li fu qu'en un liu il et li reis esteit (S. Thom. 3941), mais dieus et droi^ aida a Bernier (R. Cambr. 322) etc., plus tard encore chez Rabelais : ma costume et mon stile est les nommer presages femmes (3 , 84), ensuite avec une fréquence particulière et (cela se comprend) quand le sujet vient après le verbe : ça jus en est li cristals e li ors (Roi. 2296), mult fu gran:i^ li orages, la neif et li grésil^ (Voyage Charlemagne 378), mais naturellement aussi avec le pluriel // et Rollan:^ el champ furent joste:( (Roi. 2779) etc. La grammaire actuelle exige le singulier quand les mots en copulation se trouvent au singulier et n'éveillent pas l'idée d'une totalité ou d'une pluralité : sa piété et sa droiture lui attirait ce respect ; son courage, son intrépidité étonne les plus braves; un seul mot^ un soupir, un coup d'œil vous trahit etc., mais l'ambition, la soif de l'or, l'esprit de rivalité ne dictèrent aucune de ces actions etc. Voici un exemple provençal : el jovens e la forsa l'a laissât (S. Reue 307) et un espagnol, où le sujet vient après le verbe : ordenô la suerte y el diablo (D. Quich. I, 15); cependant le pluriel est en tous cas plus fréquent : la espada y daga que traia, eran un ascita de oro (Nov. ej . I o), la naturale^a y la fortuna le habian favorecido à competencia, causaron (ou causo) à todos admiracion la hora, la soledad, la voiy la destre^a del que cantaba etc. Une mention particulière est encore due à unus et alter, locution qui peut également être suivie du verbe au singulier ou au pluriel : en ital. l'una e l'altra gente ê diretata (Purg. 14, 108) à côté de l'una parte e l'altra avranno fame di te (Enf, 15, 71), l'uno e l'altro di loro morirono (Mach., Hist, i, n) etc., en franc, l'un et l'autre est venu et sont venus (cf. aussi l'a. -franc. // uns vers l'autre brochent Thèb. 5347), en esp. el uno y el otro viene ou vienen etc.
§ 34e. Quand la copulation s'opère au moyen de nec ou de aut, avec nec on a plus souvent le singulier : en ital. né io ne altri crede (Enf. 2, 33), en a. -franc, murs ne citet ni est remes a fraindre (Roi. 5), en franc, mod. ni l'or ni la grandeur ne vous rend ou ne vous rendent heureux, donc faculté d'employer les deux nombres, en général cependant avec une distinction nettement marquée entre eux selon que la négation porte sur les sujets considérés comme un ensemble ou comme des indi-
382 CHAPITRE m : LA PROPOSITION § 346. 347.
vidus distincts : ni le roi ni le prince royal ne présidera le conseil (368) des ministres, mais ni le roi ni le prince royal n'ont assisté à la bénédiction de notre église; en espagnol et en portugais, c'est le pluriel qui domine : en esp. non podien dar consejo nin hembra ni varon (Berceo, Sil. 538), en port, nào iarn a rainha neni 0 régente (G. de Amorim, Am. Patr. 164). — Avec aut, le roumain, l'italien et le français se servent du singulier, l'espagnol du pluriel : cf. en roum. orî Dunineieu orï dracul i-a dat în gînd astà noapte (ou Dieu ou le diable lui a donné dans l'esprit cette nuit), en ital. Vambizione 0 Vira lo muove, en franc, la peur ou la misère lui a fait commettre cette faute, l'un ou Vautre viendra, mais en esp. el miedo ô la mîséria le han hecho cometer este crimen. L'espagnol exige également le pluriel dans tanto la madré como el hijo fueron arrojados etc. On remarque en port. eram esta ou aquella a parede do quarto em que D. Sancha deu à lui^ 0 hritador e mergulhador de don:(eis (Castello Branco, Paç. Nin. 8).
§ 347. Enfin, avec cum, le verbe peut être mis au singulier, et alors ce n'est pas une véritable copulation de deux substantifs qui est exprimée, mais une action accomplie en communauté avec une seconde personne : le père vient avec la mère, où la place des mots déjà révèle une façon différente d'envisager leur rapport; mais le verbe peut aussi se présenter au pluriel, et dans ce cas la phrase exprime une action identique accomplie par plusieurs êtres : outre les exemples cités au § 218, cf. encore en roum. smeoàicà cusmeul nu erau a casa (Basme 194, la géante avec le géant n'étaient pas à la maison), Dafin împàrat {i eu doamna Chiralina plînserà (118, 35), exemple où le ^i eu au lieu du simple eu atteste d'ailleurs une copulation encore plus étroite, en ital. messer Pino con un altro vennero (Sacch. 79), Amerigo col precettore e con un suo compagno si partirono (Lasca 20), // ditto messer P. con alcuno parente se n'andonno (Serc. 3 5 5), io cogli altri vorremmo (341), la donna con la sua compagnia si misero in via (Bocc, Dec. 5, 7) etc. à côté de // mugnajo cou non so quanti contadini là corse (Lasca 92, 10), où sans doute il y a un repos entre mugnajo et con, de même qu'il se produisait un changement d'intonation. En français, les exemples paraissent être plus rares; mais en espagnol, au témoignage