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Le Régime direct

§ 350. En ESPAGNOL, LE RÉGIME DIRECT EST INTRODUIT PAR â

lorsqu'il désigne un être vivant ou, pour mieux dire, l'espagnol iait en grammaire comme en psychologie une distinction entre les catégories de l'animé et de l'inanimé : il considère les êtres appartenant à la première comme intéressés à une action, et ceux de la dernière comme subissant cette action. Quand le sens du verbe est tel qu'il se rapporte toujours ou généralement à des êtres animés, â reste employé même quand par hasard c'est un régime inanimé; et le contraire se produit aussi. On dit donc temer al agua (Caballero, Nov. 60), llaman al oro vil metal (no), las aves saludan à la aurora, en tanto goxp à mis deseos ha puesto (Amadis 4 a) ou bien inversement la escuela de la guerra es la que forma las grandes capitanes, deshalijar â la balija (D. Q. i, 23). Or ce fait est d'une grande importance pour le sens de bien des verbes. Ainsi perder signifie « perdre » au sens propre et au figuré, c.-à-d. donc aussi « gâter, détruire » . Comme le second emploi est réservé exclusivement aux personnes et le premier généralement aux choses, on distingue entre ese hombre ha perdido sus hijos (cet homme a

Meyer-Lubke, Grammaire III. 2;

perdu ses fils) et ese hombre ha perdido à sus hijos (il a gâté, corrompu ses fils). Il est vrai que cette règle n'est pas absolue et que Fernan Caballero écrit las opiniones y los principios son los que han perdido â Espaha (Nov. 5) à côté de las opiniones y prin- (572) cipios han perdido la Espaha (16). Nous avons dans querer un autre exemple de même espèce : querer un criado (désirer un domestique), querer â un criado (aimer un domestique). On trouve aussi fueron â buscar â un medico estrangero que go:(aba de una grande reputacion à côté de /. â. b. un medico experimentàdo que conociese bien las enfermedades del pais : dans le premier cas, nous traduirons buscar par « appeler », dans le second par « chercher », c.-à-d. que à s'emploie uniquement lorsqu'on envisage un individu déterminé, etc. En d'autres cas, le même verbe se construit des deux manières parce qu'il peut se rapporter également à des êtres animés et inanimés : ahandone su tierra, su casa y à sus padres (Caballero, Cuentos 7) ou he visto dos hombres (11) à côté de lo primero que vi, fué â tu conocido Pedro de Torres (Nov. 104). On voit qu'ici le régime directement uni au verbe se passe encore de Va; c'est aussi le cas dans via los donceles y al doncel de la mar (Amadis 8 a), llevareis este cavallero y à su muger (13 a), llevaban la dueha falsa e al caballero su marido (17 b), mas amades vuestra amiga que â vos (19 a), sans toutefois que cet usage exclue l'emploi de à placé immédiatement après le verbe : veas à la doncella en même temps que viô la doncella (30 b); en réalité, d'ailleurs, il faut signaler une certaine hésitation, surtout dans l'ancien temps : cf. dejé hijos y muger (D. Quich. i, 20) à côté de dejando al jumento y à Rocinante (i, 15), maldecir la muger (Amadis 5 b), estos doncelles ama tu (38 b), este os digo que ameis mas que â otro caballero (20 a). S'il règne une certaine liberté dans l'emploi de à, elle s'expUque peut-être aussi par le fait qu'on rencontre parfois la préposition non pas quand le sens du verbe ou celui du nom la requiert, mais bien là où sa présence est justifiée par une certaine recherche de clarté : unos anteojos que hacen parecer oro al cobre y à la pobreT^a riquexa (D. Quich. 2, 19). A l'inverse, à manque naturellement dans des cas comme envio el hijo al padre, antepongo el Ariosto al Taso, puis souvent après une troisième personne du singulier terminée en -a : mira aquella

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senora, adora un ângel en même temps que adorar A un jimio, où la préposition â s'est fusionnée avec V-a du verbe, comme aussi dans acâ qui se dit au lieu de â acâ (p. 3 10). Enfin, pour ce qui concerne l'câge de cet â, les exemples en sont déjà nombreux dans le Cid : cf. veré a la miiger (228), a todos guias (241), con tan gran go:(o reciben al que en buen ora nasco (245), a ella e a sus (373) fijas e a sus duehas sirvades las est aho (254; cf. my s duehas de quien so yo servida 270), a las sus fijas en braço las prendia (275) et aussi commo a la mi aima yo ianto vos queria (279) etc., mais quin:(e mows matava (472), senos moros mataron (724). En dehors de l'Espagne on rencontre a en Sicile, en Calabre, à Lecce, dans les Abruzzes et à Rome : cf. en sic. illu ceca lu homu si ki illu non canosci a si (Libr. Viz. 16), Vaviti vistu a me. frati (Fiabe 47) , en calabr. piyya a fratetta, kyama a Maria, en abruzz. a tte te piglia (Trad. 57), en rom. sentiteme a me (Belli 2, 8), me konose a mme (ils me connaissent) etc. Cependant l'extension de cet emploi doit être l'objet de recherches encore plus approfondies. A ces régions se rattache à l'Ouest le Portugal, bien qu'il aille aussi moins loin que l'Espagne, c.-à-d. que beaucoup d'écrivains n'emploient ad que si le régime direct est un pronom : cf. vença 0 sogro a ti e 0 genro a este (Lus. 3, 73), 0 velho, a quem tinham jà obrigado os trabalhosos annos ao socego (80) et, exemple particulièrement probant, a vos, a mi e 0 mundo todo doma (6, 30). Ensuite on trouve aussi lia Alexandro a Orner 0 (5, 96), os applaudo como a verdadeiros patriotas (Amorim, Am. Patr. 189), sou 0 Charrôco, a quem vossa senhoria jeT^ mestre (224), os malos que tanto os atormentam a elles (236), é como a gente chama por aqui à todos que veem de fora (246), à isto é que se chama ter patria (248), 0 odio implacavel precipitou-te no barathro da infamia como ao anjo caidoÇ^^^^, aquelle a quem amo (429) à côté de a tripulaçâo da corveta que 0 amava como pae (440), louvou a todos (444), dava se â si como exemplo (Castello Branco, Paç. Nin. 13), uns quasi servos de gleha que 0 temiam como os outros da idade media temiam a seu decimo segundo avô (13). Ici aussi les exemples sont très anciens : vos mate ou vos a mim (Graal 131). Jusqu'ici nous sommes en présence d'une continuité géographique qui s'étend de la pointe Sud-Est de l'Italie jusqu'à l'extrême Ouest du

domaine linguistique roman; mais voici maintenant que nous trouvons aussi cet emploi entièrement isolé dans I'Engadine et la vallée de Munster : amar a Dieu sur tot tas chiasas e al prossem SCO a nu, et ici encore surtout avec le pronom.

§ 351. A l'espagnol a correspond en roumain pre, du lat. per. Le procédé est donc ici le même : la forme exprimant l'intérêt (374) remplace celle du régime simple. Ce qui étonne d'abord en ceci, c'est que le roumain n'ait pas fait choix du datif qu'il a pourtant conservé, qu'il dise donc non jubesc frateluï, mais jubesc pe frate (j'aime le frère); mais ce phénomène étonnant s'explique en ce que, pour cette nouvelle fonction, on n'a pas eu recours à l'ancienne tournure plus ou moins pétrifiée et servant surtout à marquer le rapport de possession, mais à une tournure nouvelle, plus claire et dont on sentait plus vivement la conformité au génie de la langue. Ensuite il faut remarquer que les deux textes les plus anciens, le manuscrit de Voronetz et le Psaltirea Scheiana et même d'autres vieux documents ne connaissent pas encore pre, que même Coresi dans le dernier quart du xvi^ siècle parait l'éviter, tandis que d'autre part, dans la version de 1574 de l'Évangile selon S. Mathieu, on rencontre pourtant déjà da va frate prea frate pre moarte ^i tatalû feciorul (i^, 14 : un frère livrera le frère à la mort et le père l'enfant), de va goni dracul pe drac (12, 26 : si le diable chassera le diable) et împàràtiea cerîuhâ nevoea^te-se ^i nevoitorii ràpescu pre ea (11, 12 : le royaume du ciel souffre violence et ce sont les violents qui l'emportent); aussi se demande-t-on si l'absence de^r^ est un signe d'ancienneté ou si elle doit s'expliquer par une imitation servile d'un modèle slave employant l'accusatif sans préposition. En ce qui concerne l'emploi respectif des deux tournures à une époque postérieure et dans des textes non imités, on peut dire d'une façon générale que c'est quand le régime suit immédiatement le verbe qu'il est le plus rare de rencontrer ^/-é^; en revanche (et il va de soi que c'est uniquement avec les noms d'êtres vivants ou avec les pronoms qui en tiennent lieu) il s'emploie toujours quand le régime est éloigné du verbe ou bien lorsqu'à cause d'un attribut ou pour une autre raison il ne constitue plus un ensemble fixe avec le verbe : de là pentru

§ 3 5 1 -"3 5 3 • LE ROUMAIN pre avec le régime 3 89

tine goneste domnul pre acela drac (C. B. 2, 285 : par toi le Seigneur chasse ce diable) etc. ; mais ensuite on rencontre aussi immédiatement à côté l'un de l'autre, sans aucune distinction de sens, sa petred cerhiil (Basme né, 24) et petrecu pe cerh (116, 29). Que des êtres autres que des personnes puissent aussi être précédés de pe, comme p. ex. pe ochi negri s'au spalat (Cânt. Mold. 316), le fait s'explique de même que pour Va correspondant de l'espagnol. Mais on est plus surpris de trouver une phrase comme Jiecare individ are u^ul sâû,Jiecare tinippre al sâû (Philippide, 1st. 6), où cependant ^r^ s'explique de nouveau par (375) le même besoin de clarté que dans un des exemples espagnols.

St. Stinghe, Die Anwendimg von pre aïs Akkusatii'ieicben, Rum. Jb. Ill, 183-197 et IV, 228-249.

§ 352. Après ces considérations générales, il n'y a plus rien à observer sur les rapports de forme entre le verbe et le régime; mais la question de sens sollicite d'autant plus l'attention. Tout d'abord on doit se demander auELS verbes exigent un RÉGIME DIRECT. Si l'ou passc en revue toute la série des verbes, on voit de suite qu'il existe une classe qui réclame ordinairement ou toujours un complément de cette espèce, et une autre qui s'en passe de même ordinairement ou toujours; en d'autres termes, il est des verbes dont l'action en général s'étend sur un deuxième être, et d'autres dont l'action reste limitée au sujet : cf. pour les premiers en franc, avoir, faire, bâtir, vendre, acheter etc., pour les seconds être, aller, pleurer, croître etc. Mais il n'est pas possible de tracer une délimitation rigoureuse entre ces deux classes, qu'on peut appeler verbes transitifs et verbes intransiTiFS, car des déplacements continuels s'opèrent entre elles, de sorte qu'il serait permis de dire que chaque verbe en particulier a son histoire à part. Il en résulte donc que l'exposé de ces faits est plutôt aussi du ressort du dictionnaire; la grammaire doit se borner à traiter certains points de vue généraux.

§ 353. Sont à l'origine intransitifs entre autres les verbes dérivés de noms où le primitif se trouve avec le verbe dans la relation de régime (II, p. 655) : en roum. încâlicâ, ital. cavalcare, franc, chevaucher, esp. cabalgar (monter un cheval), et c'est seulement quand s'est effacée l'idée du « cheval », essen-

tielle à l'origine, et que seule domine celle de « monter » qu'on peut dire en ital. cavaîcare un cavaîlo, cavalcare un asino, en esp. cahalgar à un caballo, â una mula et aussi en a. -franc. ne tnul ne mule que puissier chevalchier (Roi, 480), usage que le français a toutefois laissé tomber en désuétude. Autre exemple : le franc, hiverner signifie « passer l'hiver». Mais, quand Bourget écrit ceux qui ont hiverné une saison sur la Corniche (Id. trag. i), (376) c'est que l'idée d'hiver s'est déjà tellement effacée qu'elle n'indique plus assez nettement le régime du verbe et qu'à cet affaiblissement de sens on a suppléé en transformant le verbe intransitif en transitif. Si l'on assimile hiverner à l'expression passer l'hiver, on aura dans hiverner une saison à peu près le correspondant ^q passer une saison d'hiver, c'est-à-dire d'un verbe suivi d'un régime composé. Or, d'une manière générale, les langues romanes, surtout en comparaison de l'allemand, ont une très grande facilité à joindre à n'importe quel verbe d'activité un régime direct. Ainsi l'on peut adjoindre à attendere (faire attention) l'objet sur lequel se porte l'attention en expectative; le mot est devenu synonyme de expectare et présente alors une construction analogue : en ital. attendere soccorso, franc, attendre secours. Ensuite consentire (être du même sentiment), consentire helium (consentir à la guerre), d'où viennent donc en ital. consentire, franc, consentir, esp. -port, consentir; dominare (dominer), mais en ital. dominare, franc, dominer, esp. -port. dominar (dominer, régner sur); le lat. tacere Çse taire; taire) et de même en roum. tàcea, ital. tacere, franc, taire, esp. callar, port, calar; le lat. fugere (fuir; éviter), en roum. fugi, ital. fuggire, franc, fuir, esp. hitir, port, fujir; l'ital. guerreggiare, a. -franc, guerroyer (faire la guerre; combattre); puis l'ital. beffare (se moquer; railler), discorrere (discourir) et discorrere il nascimento suo (Mach., Disc. 1,1: discuter sa naissance), parlare (parler; discuter) : con una si pub parlare ogni cosa (3, 3), pensare (penser; penser à quelque chose) : pensare il rimedio (2, i^^, scrivere (écrire; décrire) : Procopio che scrive la guerra che fece Belisario (2, 8); l'a. -franc, crier (s'écrier) et cil de fors fuirent Pur le reis kis criout (Ph. Thaon, Comp. 683), conseillier (conseiller; délibérer) : Damledieus la consaut (Berte 652), sermoner (prêcher) et li apostoiles sermona les Chrestiens

§ 353- 354- VERBES intransitifs et verbes transitifs 391

(Enf. Og. 49 13), sens qui se retrouve dans le franc, mod. prêcher les chrétiens etc., et il n'en est pas autrement dans le français moderne, où l'on peut se borner à citer encore panser (proprement penser, prendre soin de quelqu'un), l'esp. créer los libros (accorder croyance aux livres), vivir una casa (habiter une maison) etc. Cette liste pourrait être allongée à l'infini; qu'il nous suffise ici de mentionner encore que, indépendamment des classes à examiner dans les §§ 354 et 355, ce sont surtout les verbes de mouvement formés au moyen d'un préfixe qui (377) passent facilement à l'état de transitifs, procédé de l'ancien latin qui s'est conservé avec les verbes tirés du latin et qui a été transféré à d'autres encore : tel est en lat. prevenire aliquem et de là en ital. prevenire, franc, prévenir, esp. prévenir, iport. previr; de même alors en ilal. sonnontare, franc, surtnonier, en ital. assaîire, franc, assaillir, esp. asalir, port, assaltar, en ital. contrastare, esp. contrasiar et autr. sembl. Ensuite il faut encore ranger ici l'ital. ecco, a. -franc, e^ du lat. eccum, ecce, qui sont assimilés aux verbes transitifs : en ital. ecco mi, a. -franc, ex^-le vos etc.

§ 354. Comme catégorie spéciale, il faut particulièrement citer les verbes exprimant un mouvement de l'âme, auxquels s'adjoint, en qualité de régime direct, l'être lui-même qui provoque ce mouvement et qui est alors, par conséquent, l'objet de la manifestation de ce mouvement. C'est ainsi qu'on dit déjà en latin lacrimare, plangere, plorare aliquem (pleurer, plaindre quelqu'un), suspirare, gemere aliquid (déplorer quelque chose), ridere aliquid (rire de quelque chose), iremere aliquid (redouter quelque chose) et autr. locutions sembl. Il n'en est pas autrement en roman : cf. en roum. plinge, deplînge (plaindre), rîde (rire) etc., en ital. lacrimare, piangere, compiangere qualcheduno, sospirare la perduta dignità, ridere una cosaÇr'ixe. de quelque chose), tremare, en (ranç. plaindre, pleurer, lamenter, soupirer, autrefois aussi gémir, puis rire, en esp. plànir, llorar, lamentar, reir : rieron todos la agudezci del monarca (Coloma, Peq. 38), en port, temblar, planher, chorar, suspirar, gemer, rir. Il est à remarquer que de nos jours le franc, plaindre n'est même presque plus usité que transitivement, tandis qu'anciennement l'emploi intransitif était tout aussi répandu. Dans

tous ces cas, le régime direct est auteur et objet de l'action, ce qui explique son emploi; mais, à côté de cela, dans la locution trembler la fièvre qui se rencontre déjà en ancien français, fièvre n'est — chose étonnante — que la cause de l'action de trembler. Souvent, au surplus, le régime direct, où nous ne devons peutêtre voir une survivance de la forme transmise par le latin, a cédé sa place au régime relatif (v. § 365).

§ 355. Les verbes de mouvement reçoivent comme régime direct le terme désignant I'espace parcouru ou bien aussi le but (37^) final où tend ce mouvement. En latin déjà l'on emploie ambulare maria, currere aquam, migrare terram, natare fréta, navigare aquas, intrare regnum etc., et le roman étend encore davantage cette tournure : cf. en roum. a îmbla mart {i terï (parcourir mers et terres), en ital. non ti poterono arrivare (Leop. 152, ils ne le purent pas atteindre), camminare il mondo, cavalcare il mare, correre la città (Mach., Disc. 3, 3), girare monti e valu, intrare la città, montare il Vesuvio, navigare il Reno, passeggiare i contorni di Firen^e, perché non sali il dilettoso monte (Enf. I, 77), saltare un fiume, viaggiare l' Italia, en a. -franc. tant vait li ost le pui e la champaigne (Asprem. 39), se tu veul^ cheminer de haute honneur la sente (Watr. 11, 11), puis si chevalchent par mult grant cuntençun La terre Certeine e les vais e les munz^ (Roi. 855), corir une voie herbouse (Rom. Past. I, 57, 52), Gaifiers s'enfuit et mun:( et vais (Brut M. iSoS^ puier les mon:(, sigler les mers, entrer une cité etc. (en français moderne, l'emploi se restreint parfois un peu en ce que p. ex. aller n'a conservé sa valeur transitive que dans la locution aller le droit chemin; mais, à part cette restriction, l'on dit avaler, descendre, monter les degrés, courir les rues, sauter un fossé, passer une rivière etc.), en esp. aruiar montes y valles, anduvo todo el aposentoQ^ov. ej. 173), corrie la tierra (Cid 958), entrar la ciudad, navegar largos mares, saltar Ids paredes etc. , en port, correu todos os apartamentos, desceu a calçada dos clerigos etc. Au sens d'espace parcouru se rattache celui de temps écoulé : en ital. tornare a vivere tutti i mesi del novi^iato (Ferruggia, Fasc. 39), le notti cran grandi ed ella non le poteva dormir tutte (Bocc, Dec, C), en franc, ils ont vécu vieux ans (About, R. Br. H. 4), les heures qu'il avait vécues

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