‹ Grammaire des langues romanes;Chapitre 133 sur 269 · INFINITIF SEUL COMME RÉGIME · texte numérisé non relu

INFINITIF SEUL COMME RÉGIME

de France, Yonec 270 var,), qmrre : celer ne le vous quier (Enf.

Og. 2127) et ciiidier : ne cuide pas oir maie tumele (Rom. Past.

I, 3, 9), en esp. pensatnos saber (Amadis 9 a), quando omiu

se cuida mas seguro estar (Alex. 2230), ansiaba adquirir honra

(J. Valera, Com. Mend. 22), essa vida fiçieron la que yo Jer (415)

cobdiçio (Berceo, Sil. 53), amô à la gloriosa siempre façer ser-

viçio (Mil. 462), decidiô no intervenir (J. Valera, Com. Mend.

158), non se treven ganar (Cid 57), la merced e la gracia que

me dehesti fer (Berceo, Mil. 545), en port, tratal-os brandamenle

determinan (Lus. i, 96), resolvi obedecer-lhe (Diniz, Pup. 196),

tomara ver-me em terra (Gomes de Amorim, Am. Patr. 29) etc.

— Un autre groupe comprend les verbes croire, craindre,

DOUTER, HÉSITER : en roum. nu te teame a priimi Mariea

muierea ta (Math, i, 20 : ne crains pas de prendre Marie pour

ta femme), nu maî crutai a da (Gaster i, 33, 24 : je n'hésitai

jamais à donner), usage du reste rare, en ital. / soldati teme-

vano esser attaccati, non dubitarono donare (Leop. 124), en

a. -franc, il crient sa painne avoir perdue (Chev. Lyon 892),

se correcier ne vos dotasse (145), qui se rencontre encore

au xvi= siècle, mais plus aujourd'hui, je crois avoir raison, en

esp. temiô meslurado seer (Hita 515), su aver non dubdan con

los pobres partir (Alex. 2072), en port, temo me desobedecer

(Rom. XI, 359), recelasse ser observada (Diniz, Pup. 85), 0 ten-

deiro nào duvidou encetar os estiradissimos capitulas da sua longa

historia morbida (106). — Viennent ensuite commencer,

ESSAYER, CESSER : en roum. începu a podobi cerïul (C. B. i, 345,

25 : il commença à orner le ciel), înceape a curge (Basme 149,

21 : il commence à courir), prînserà a tntreba (180, 33 : ils

commencèrent à demander), nau încetat a aràta vointa (Gaster

2, 54, 20 : il n'a pas cessé de manifester sa volonté), en ital.

comincia pigliare (Sacch. 41), cerchi consumare (Arioste, Cass.

5, 2), en esp. comenxaron jugar (AppoU. 144), empezô en los

clérigos fa:(er grant crueldat (Berceo, Laur. 26), lograron sal-

varse (J. Valera, Com. xMend. 22), procuré esîorbarle (D.

Quich. I, 140), non cessaré nunca gracias â ti render (Berceo,

Mil. 345), en port, conieçou fugir (Rom. XI, 369), tentou

di^er (Diniz, Pup. 95), cada quai procure decifrar 0 que vai

corner (93) etc. Pour finir, il reste à citer les verbes signifiant

DIRE, AJOUTER, ORDONNER, REFUSER, JURER, PROMETTRE, PRE- TENDRE, PRIER : en roum. sa porunceascà a-î face si a-î aduce la odoare a furcà eu caerul {i fusul eu totul de aur (Basme 9 1 , 13 : qu'il ordonne qu'on lui fasse et qu'on lui amène comme cadeau de noce un rouet avec fuseau et quenouille d'or), tu (414) mie îngândui^i a face râû (C. B. II, 229 : tu m'as permis de faire mal), en ital. ha disposto la patenta di Dio mandar di que segni (Serc. 4), giuravano la detta cammella non aver mai veduta (Serc, 12) etc., en franc. // disait se connaître aux pompes de V Orient, il témoignait avoir envie de vous servir y il jura ne r avoir jamais vu, il déclare avoir entendu dire que etc., mais pas après les verbes de commandement, tandis que l'ancienne langue n'hésite pas à dire sa pucele comande aler Isnelement a lui parler (Érec 153), se vos contene:^ a mon sans Si con je vos lo contenir (Chev. Lyon 13 14), en esp. me manda aguardar (D. Quich. I, 2']^,fingia ausentarse (i, 2/Ç), juraria de esto non la fallar (Berceo, Sil. 427), rehusaba entrar (D. Quich. i, 26), en port, prometeulhe voltar (Diniz, Pup. 68). Dans des cas comme l'ital. dammi here (Nov. 22), da mangiare (Sacch. 220), l'esp. diô yantar à las gentes (Berceo, Mil. 257), dare occupe une place à part en ce qu'ici les infinitifs, en vertu de leur signification, se rapprochent plus des substantifs que dans les autres cas. Mais l'a. -franc, se Dieus me doune arrière retorner (Enf. Og. 847) présente également avec donner au sens figuré la construction propre aux verbes exprimant une volonté. Comme on le voit par les constructions qui viennent d'être citées, les langues ne suivent pas des voies absolument identiques; toutefois ici aussi l'on doit renoncer à entrer dans plus de détails. Finalement, il faut encore observer que les expressions composées comprenant un verbe et un substantif-régime peuvent se construire de la même manière que les verbes simples dont ils sont les synonymes : cf. en roum. n'aveti voe a va mat aràta (Basme 158, 10 : vous n'avez pas envie de plus vous montrer), en ital. ho hisogno parlargli (Arioste, Supp. 5, i), aveva speran^a interrompere (i, 3), lei aver voluntà ritornare (Serc. 398), dato Vordine trovarsi (Serc. ^2j),prese pensieri voler tutto sapere (14), en a. -esp. avie cobdicia fallar (Alex. 1825), non avie essi tiempo uso la clereçia deçir ningunas oras (Berceo, Mil. 332), avielo en costumne non fablar (143) etc.

§388. ACCUSATIF AVEC l'iNFINITIF 43 1

§ 388. Dans les locutions citées jusqu'ici, ou bien le sujet de l'infinitif n'est en aucune manière exprimé, ou bien il est le même que celui du verbe personnel, ou c'est un régime indirect. Or le latin, comme on le sait, va plus loin et peut, après les verbes indiquant une perception ou une énonciation, employer l'infinitif même quand le sujet de ce dernier ne se (41 S) trouve avec le verbe principal dans aucun des rapports ordinaires. Ce sujet revêt alors la forme de l'accusatif. Quant à savoir comment s'est constituée la tournure de 1' « infinitif avec l'accusatif », c'est une question qui relève de la grammaire latine; celle du roman a seulement à rechercher dans quelle mesure il en est resté des traces. Mais cette recherche est rendue singulièrement difficile par le fait que certains écrivains italiens notamment se sont parfois manifestement efforcés de transporter la tournure latine dans leur langue maternelle, de sorte que seules des études spéciales extrêmement attentives permettront de séparer l'élément populaire de l'imitation étrangère. D'un autre côté cependant les parlers vulgaires paraissent tenir à la forme traditionnelle avec une ténacité que ne connaît aucune des langues littéraires. Ainsi, avec velky un infinitif n'est possible que si le sujet est commun aux deux verbes; or à Rieti l'on dit lo ranu lo oh esse pagatii, littéralement « le grain, je le veux être payé », l'akkyesia lu prête la 0 esse rispettata « l'église, le prêtre la veut être respectée », le olea esse kucite pe ddimani le ire kkamice « elle les voulait être cousues pour demain, les trois chemises » etc. Si la première phrase répond exactement au latin granum solvi volo, le rapport entre l'expression latine et l'italienne n'est cependant pas tout à fait aussi simple qu'il pourrait le paraître. En effet, le lat. te ventre volo n'a pas son correspondant dans te oh eni; il s'agit plutôt simplement de esse avec le participe. Cela nous fait immédiatement penser aux expressions tirées du sicilien au § 3 1 1, et il ne peut y avoir hésitation que sur le point de savoir si, dans les premières, on a omis essiri ou dans celles-ci ajouté esse, ou bien si solutum volo, qui est d'un emploi tout à fait fréquent en latin, n'a gardé de l'ancien infinitif avec accusatif après velle que la seule tournure qui se rapprochait le plus de lui sous la forme romane. Si nous nous tournons vers les

langues écrites, nous voyons que le roumain tout d'abord prend une place à part. On trouve notamment à l'époque ancienne l'infinitif souvent employé après {ti (savoir), grâi (dire), màrturixi (attester) etc. : stiindu aceaieasï diîntru paînràtari în lume a face fratî (Cod. Vor. 164, 2 : sachant que vos frères souffrent les mêmes tourments dans le monde), graïea (416) dumne^eu acela a fi (97, 3 : ils disaient qu'il est un dieu), màrturisescu aceasta a fi deadevâru (164, 14 : j'atteste que cela est vrai), nu pocîu râbda hitleanii si hlapii ^i nemilosiivii a fi in cinstea ta (C. B. i, 372, 24 : je ne puis pas supporter que les traîtres et les misérables et les cruels soient en honneur auprès de toi), acesta nid cà bânuia macar a fi argatul de la gràdinàrie (Basme 241, 10 : il ne se doutait pas même que celui-ci était le garçon jardinier), puis sa porunceascà a se aduce de fatà gàinâreasà (Basme 301, 23 : qu'il ordonne qu'on amène la jeune fille), sa cearà a-i se face treî rândurt de haine (308, 11 : qu'elle exigeât que vos trois robes fussent faites). Il est de toute évidence que ces derniers exemples sont issus de ceux qui ont été étudiés au § 387. On pourrait aussi bien dire sa porunceascà a aduce etc., car il s'agit d'un cas où le sujet de l'infinitif n'est pas exprimé. Mais, comme en pareil cas le roumain recourt à la tournure réfléchie (p. 421) et que donc il peut dire sa se aducà gàinâreasà au lieu de sa aducà pe gàitiàreasà, dès lors le réfléchi s'introduit aussi dans la proposition infinitive, sans autre changement dans l'ordre des mots. Il s'agit donc ici d'une tournure qui doit être absolument indépendante de la tournure latine, tandis que dans les autres cas il faut peut-être voir des dérivés directs de l'accusatif avec l'infinitif. En ITALIEN, comme nous l'avons déjà montré, après les verbes signifiant « voir, observer, dire, savoir », l'infinitif s'emploie très fréquemment, et non seulement après les verbes transitifs comme lo vedo venire, mais aussi après ceux qui sont plus ou moins intransitifs comme dire : avea ditto la canwiella esser con l'occhio manco (Serc. 12), dissero messer Ridolfo aver ben detto (Sacch. 7), gli disse bastargli Vanimo (Verga, Nov. 170), après indovinare et verbes analogues : s'indovind la cosa aver avuto effetto (Lasca 59), conobbe quello esser il precettore (21), stimai tal cammella aver meno un occhio (Serc. 12), pensa lei aver voluntà di

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