GENRE DU- PRÉDICAT
ne sera si hardi y rien n'est bon, on m'a dit qtielque chose qui est très plaisant et de même en provençal pour re etc.. Mais il y a encore d'autres cas. Dans Tital. è fatto natte (Arioste, Cass. 4, 2), notte est originairement régime (p. 116), de sorte donc qu'on devrait dire ha fatto notte. Mais alors, comme le participe des verbes unipersonnels prend essere comme auxiliaire (p. 327), on adopte é fatto notte, sans que pour la cause cette modification soit exprimée dans le participe. La tournure gli fu data moglie (Lasca 103, 9) étonne davantage; toutefois ici aussi le point de départ doit être une expression gli hanno data moglie, ou bien même il faut prendre dar tnoglie comme une espèce de tout. Mais voici un autre cas : avec VQS^.fué précisa tada la autoridad (Trueba, H. Cid 36), on se trouve en présence d'une locution dépourvue de sujet, laquelle a été complétée après coup par l'adjonction d'un sujet qui tout d'abord (444), n'était pas encore présent à l'esprit. On s'explique sans peine que, dans les cas où le verbe bien qu'il ne se rapporte qu'à UNE SEULE personne se trouve au pluriel (p. m), le prédicat reste au singulier et qu'on dise donc en ital. voi siete arrivato, franc, vous êtes arrivé, esp. Usted es rico etc. Toutefois un Italien, même lorsqu'il parle de lui seul, dit noi siama convinti, tandis que les Français disent nous sommes convaincu.
§ 414. duand le sujet est un pronom démonstratif, ou bien ce pronom se trouve au neutre ou bien son genre est 'déterminé par celui du prédicat. Ici les langues suivent des voies différentes. Le français dit seulement c'est ma mère, ce sont des bêtises et, dès la période la plus reculée, il s'exprime de la sorte : ço fut gran^;^ dol:;^ (^Altxis 21) et il en est de même en provençal; aune époque assez ancienne, l'italien n'ignore pas^ non plus des tournures comme cid sono Ungheri; en portugais moderne, on trouve isto é alguma charma de carga (Gomes de, Amorim, Am. Patr. 29). En revanche, on dit en roum, actastâ este muma mea, ital. questa è mia madré, esp. aquesta es mi madré et aussi en port, aquesta é minha mai. Quand il s'agit de qualifier au moyen d'un prédicat une idée antérieurement émise ou une action antérieurement accomplie, on rencontre également dans l'Ouest le neutre pour les repré-:
senter : en esp. esto es ver dad, en port, aquillo é cousa que se faça (Diniz, Pup. 243). En ce qui concerne les rapports entre // et ce en français, nous avons déjà formulé p. 102 les observations les plus importantes. A tout prendre, ce possède même encore aujourd'hui un sens plus marqué que //; aussi s'emploie-t-il surtout quand on doit attirer l'attention sur une chose qui précède : la gloire de V Anglais, c'est sa patrie ou bien quand, dans des propositions predicatives, le sujet formé par un infinitif ne vient qu'après le nom-prédicat : cest faiblesse de craindre la philosophie des païens etc. Au surplus, cet usage ne s'est constitué que lentement : cf. chez Molière quoi que je puisse dire, il doit m être permis (Tart. 1371), voulons-nous nous asseoir? Il n'est pas nécessaire (Mis. 878) etc.
§ 415. Lorsque le prédicat est exprimé par un pronom atone (445 représentant un être animé, on a coutume d'employer le mascuhn au sens du neutre : cf. en ital. d madré? lo sono, franc. étes-vous mère ? je le suis et de même en espagnol et en portugais. Dans ce cas, le provençal recourt à son 0. La prédilection particulière qu'ont les langues de l'Ouest pour ce pronom-prédicat atone est attestée par des propositions comme l'esp. el dia que estaba demal humor, se impacientaba, pero el dia que lo estaba de bueno, le daba lastima (Clemencia 26), le port, uma viuva que 0 era d'umfidalgo (Castello Branco, Paç. Nin. 10). S'agit-il d'un individu, l'italien renonce à la tournure predicative, le français recourt au pronom variable : ainsi en ital. é lei la madré di* questo bambino? Sono la madré ou sono io, rarement la sono, mais en franc, je la suis.
§ 41e. Pour le prédicat du régime, le seul emploi important est celui où le terme-prédicat est un participe et le verbe habere. On dit originairement litteras scriptas habeo ou habeo scriptas litteras; toutefois, par suite de l'étroite fusion du participe avec le verbe, de l'assimilation de la tournure habeo cantatu à un temps, il s'est produit à la longue un phénomène de pétrification, et la flexion du participe a été réduite ou complètement abandonnée. Ce sont le roumain, l'espagnol et le portugais qui poussent le plus loin cet emploi vu que, dans toute circonstance, ils conservent habeo cantatu; telle est aussi la situation