ADVERBES ET PREPOSITIONS
al custode, a sua tnoglie, alla Jiglia, ai due figli maschi e persino ai due secondini (Pellico, Pris. 23), en esp. hasta de don Casimiro me hallo indigna (J. Valera, Com. Mend. 155), en port, até 0 senhor Moraes Soares teria que aprender com elle (Diniz, Pup. i), praticando jovialmente até com 0 mais novo dos sens criados (152), a familia Esquina, até sem excepçâo do elemento masculino, sorriulhe cordialmente (m), até d'ella tomara 0 appellîdo (Gomes de Amorim, Am. Patr. 48) et alors on y dit même nào sei até (36, je ne sais pas encore). A l'inverse, en ne disant pas simplement jusque mais jusquà, le français conserve presque entièrement le caractère prépositionnel, sauf peut-être avec les substantifs au régime : je veux laisser de vous jusquà votre mémoire (Racine, Mithr. 1092).
§ 420. Le PASSAGE DE LA PREPOSITION AUX FONCTIONS d' AD- VERBE est donc à tout prendre un phénomène inconnu aux langues romanes; mais on y trouve les commencements d'un procédé plus ou moins morphologique pour tirer cette dernière espèce de mott. de la première. En ce qui regarde le vieux FRANÇAIS, nous avons déjà consigné au t. II, § 626, les formes ici en question : avuec, senuec, poruec. Leur origine et leur emploi se révèlent immédiatement par des exemples cornme rois sui d'Espagne, si en aras ton don Et Gloriande avoques te donrons (Og. Dan. 193 1), par foi, bien en estes senuec Et des deniers et de l'amie (Barb. Méon, i, 370), il n'en vendra mie senoec Si com je pens et adevin (Th. franc. 192), Charlos refu tost pouroec envoies (Enf. Og. 1853), et quant puroec ala, mut aveit denrn'é (S. Thom. 2043), jou irai pruec, certes, se vous volés (H. Bord. 10299) etc. Un fait plus frappant, c'est que (452) dans la péninsule ibérique inde remplit la fonction dans laquelle en France on rencontre hoc : cf. en esp. ficiole Dios por ende en cielo parcionero (Berceo, Sil. 26), en port, nom sei quando os ar veerei e porem vos quero di^er (Denis 214) et ici il se rapporte même à des noms de choses : en a. -port, vos receheredes por ende (à savoir l'épée) 0 mayor golpe ou chaga, onde averedes pavor de morte (Graal 8). On a d'autres formations analogues dans l'a. -esp. desende : del testamiento viejo quiero , luego fablar, Desent tornar al nuevo (Berceo, Mis. 2), puis
aquende (de ce côté-ci) et allende (de ce côté-là), dont le premier est aujourd'hui vieilli, en port, aquem, alem. Ces deux derniers étant immédiatement explicables, puisqu'on dit alla, acà de alguna cosa, il est peut-être permis d'admettre qu'ils ont servi de modèle pour desende et porende. Au lieu de desende, le portugais emploie desi : Dont Galvam ho jurou primeiro e dessi Lançarot (Graal 21), e sabem que nunca causa coma vos amei, Desi sabem que nunca vos errei (Denis 821), où de la signification « à partir de là », « là-dessus », « en outre » s'est finalement dégagée celle de « aussi ».